‹ Anciennes littératures chrétiennesChapitre 85 sur 200 · NoF.LDEKE, Lilerar. Centralblatt, 1889, n · texte numérisé non relu

NoF.LDEKE, Lilerar. Centralblatt, 1889, n

acceptés de tous; il parle, il est vrai, de la Trinité, mais en termes vagues et de manière à ne choquer ni les Juifs ni les Musulmans. La Genèse est pour lui, comme pour les auteurs des Hexamérons, la base de ses dissertations sur l'univers. Ces dissertations portent sur le monde céleste et le monde terrestre, sur l'homme, les animaux, les végétaux et les minéraux, véritable encyclopédie des sciences au moyen âge. En tête de l'ouvrage, une liste indique le sujet traité dans chaque chapitre des neuf livres qui le composaient. Mais, dans les manuscrits qui l'ont conservé, il s'arrête au milieu du second chapitre du livre VU. Cet auteur est au courant de la philosophie mystique des Arabes, pour laquelle il montre une certaine prédilection ; son style est correct et clair, mais énervé par une trop grande prolixité.

Quelques manuscrits ajoutent à la fin de ce livre une courte composition poétique en vers de sept syllabes sur les éléments et leur union, conforme à la description que la Causa cansarum en fait, d'après Aristote, dans le chapitre v du IV*^ livre.

Moïse bar Képha est l'auteur d'un traité sur la prédestination et le libre arbitre divisé en quatre livres. Ce traité, conservé dans le ms. Add. 14731 du Musée britannique, a, comme le chapitre analogue du Candélabre des sanctuaires de Barhebrœus, un caractère dogmatique et théologique et ne présente pas, à beaucoup près, le même intérêt que le dialogue sur le destin attribué à Bardesane.

Nous citerons aussi, quoique écrit en arabe, le traité d'Elias bar Schinaya, métropolitain de Nisibe, intitulé Lwre de la démonstration de la cérité de la foi, qui a un caractère dogmatique et est écrit au point de vue de la doctrine nestorienne. Assémani l'a décrit comme

un ouvrage anonyme '. M. Horst en a publié une traduction allemande"-^.

Le livre de Barliebraeus qui porte le titre de Can~ délabre des sanctuaires, liïio 41^, est un ouvrage du même genre, exposant la doctrine monophysite. Il est divisé en douze hases ou principes sur lesquels l'Église est fondée. Ces bases sont : la science en général, la nature de l'univers, la théologie, l'Incarnation, la connaissance des substances célestes (les anges), le sacerdoce, les démons, l'âme intellectuelle, le libre arbitre et la fatalité, la résurrection, le jugement dernier, le paradis '^ Barhebrœus a écrit encore un Livre des rayons, kj^Jï ii.Do, divisé en dix sections ; cet ouvrage est, en quelque sorte, un abrégé du précédent^.

Ebedjésu de Nisibe a écrit, en 1298, un livre de philosophie et de théologie nestorienne, intitulé La perle, jLJl^-^, et divisé en cinq sections qui traitent de Dieu, de la Création, de la vie chrétienne, des sacrements de l'Eglise et des signes du monde futur. Assémani en a donné une analyse dans sa Bibliotheca orientalis, vol. III, P« partie, 355-360, et le Card. Mai l'a édité avec une traduction latine dans le tome X de sa Scriptorum veterum nova collectio ^. Ebedjésu traduisit lui-même son ouvrage en arabe en 1312, ainsi que

\. B. 0., ni, part. I, 303-30C.

i2. Des Metropoliten Elias von Nisibis Buch vom Bewei's der Wahrheil des Glauhens, Coliiiar, 1880.

3. Assémani, B. O., n, 284. Des nis. fie cet ouvrage se trouvent dans les bibliothèques de Rome, de Paris, de Berlin et de Cambridge. Il en existe une version arabe. Des passages du ms. de Berlin, Coll. Sachau, n" 81, ont été publiés par M. (ioriuEiL sous le litre de A synopsis of (jreek philosop/iy by Bar Ebraya, dans Hebraica, III, !249-!2;)l. La préface en a été publiée par Manna, Morceaux choisis de la littérature araméenne, t. II, p. 3.j8.

4. Assémani, B. 0., H, 297; manuscrits à Home, Paris, Londres, Oxford, Cambridge et Berlin.

5. Badgercn a lait une traduction anglaise dans T/ie Ncstorians and llieir rituals, Londres, 1852, vol. II, p. 380 et suiv.

216 LA PHILOSOPHIE ARISTOTÉLIENNE.

nous l'apprend Amr dans le Livre de la lour, où sont cités d'importants passages'.

§ 2. — La philosophie Aristotélienne.

Les œuvres des Syriens concernant la logique et la métaphysique ont attiré l'attention de savants éminents, non pas que ces œuvres aient un caractère original, car elles ne comprennent que des traductions ou des commentaires des livres d'Aristote, mais les Syriens ont été, dans l'ctude de ces sciences, les initiateurs des Arabes qui dépassèrent promptement leurs maîtres et firent prévaloir leurs idées philosophiques même en Europe au moyen .-îge.

C'est à V École des Perses, la célèbre école d'Edesse, que les Syriens commencèrent à enseigner la philosophie péripatéticienne, au V^ siècle de notre ère. L'Isagogé de Porphyre 2 a été traduite en syriaque au moins trois fois depuis le milieu du V^ siècle jusqu'au miheu du VIP. Les anciens commentaires sur l'isagogé sont indépendants du commentaire grec d'Ammonius ; ils appartiennent à la première floraison des études syrogrecques qui finit avec l'École nestorienne d'E-

\. Il est possible que cette traduction soit l'ouvrage arabe intitule La perle du roi. qu'ÉbeciJésu mentionne dans la liste de ses œuvres, AssÉMANi, B. 0., III, part. I, 3G0.

2. Nous suivons pour cet alinéa A. Bausistark, Aristolelcs bei den Syrcrn voin V-VJII Inhrhundert, Leipzig, 1900. Le volume, le |iremier d'une publication qui doit comprendre la littérature aristotélienne chez les Syriens, renferme : une étude des biographies syriaques et arabes d'Aristote; une étude des commentaires syriaques de l'isagogé, et les textes syriaques avec une traduction allemande de : 1° la vie d'Aristote; -2° le commentaire de VIsagogé par Probus; 3° les fragments du commentaire de l'isagogé d'après Jean Philoponus; 4° les fragments du commentaire d'Etienne d'Alexandrie se trouvant dans les Dialogues de Sévère bar Schakako; 5° les fragments du Livre des définitions de Bazoud.

LA PHILOSOPHIE ARISTOTELIENNE. 247

desse. Vient ensuite l'époque des traductions littérales, du grec. L'Isagogé est étudiée à l'aide des commentaires grecs dépendant d'Ammonius; les Syriens monophysites, Sergius de Reschaina et les moines du couvent de Kennesré, se rattachent à Jean Philoponus et à l'aristotélisme néoplatonicien postérieur. Une troisième période commence dans la seconde moitié du VIP siècle ; elle marque le déclin des études grécosyriaques; la civilisation arabe suscite la brillante activité des traducteurs du IX" et du X" siècle; c'est l'époque des extraits et des compilations.

A la première période appartiennent Ibas, Koumi et Probus qui, suivant le catalogue d'Ebedjésu', traduisent du grec en syriaque les livres de l'Interprète (Théodore de Mopsueste) et l'œuvre d'Aristote. On ne connaît pas de traduction d'Aristote par Ibas (7- 457) ni par Koumi. A Ibas peut être attribuée la plus ancienne des traductions de ITsagogé^. Probus vivait au milieu du V* siècle ; dans un endroit il est appelé presbijter, archidiacre et archiatre d'Antioche. Nous possédons de cet auteur : 1° la deuxième partie, paraphrasée dans un extrait postérieur, d'un commentaire sur risagogé^ ; 2° un commentaire du Ub^I sQ/urjvslaç'' ; un commentaire sur les Premiers analytiques''.

Les travaux de l'Ecole d'Edesse sur la logique furent repris et complétés par Sergius de Reschaina {-\- 536). Cet éminent médecin, quoique monophysite, jouit

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