‹ Anciennes littératures chrétiennes (volume 2)Chapitre 182 sur 247 · Voir ci-dessus, p. 20 et · texte numérisé non relu

Voir ci-dessus, p. 20 et

2. Dans la recension du ms. de Paris, voir la note 2 de la page précédente.

JUSQU’AU Ve SIÈCLE.

chauve et imberbe1. » On vantait sa charité dont il donna de touchants exemples pendant une famine à

Edesse.

Saint Ephrem naquit à Nisibe au commencement du IVe siècle , d’un père qui était prêtre d une idole appelée Abnil ( car . Abizal). Dès sa naissance il se crut prédestiné à travailler pour le culte du vrai Dieu2. Il s’attacha, comme disciple, à saint Jacques, évêque de Nisibe, mais il est douteux qu'il ait accompagné cet évêque au concile de Nicée. C’est par ses miracles, diton, que Sapor fut obligé en 338 de lever le siège qu’il avait mis devant Nisibe3 4. Lorsque cette ville fut cédée au roi perse en 363, saint Ephrem s’expatria avec les notables; il se retira à Edesse après avoir passé par Beit-Garbaya et Amid; il pouvait avoir alors cinquante-sept ans h Pendant son séjour à Nisibe, Ephrem s’était fait connaître par des hymnes sur les sièges subis par cette ville et sur les évêques qui l'administrèrent, Jacques, Babou et Yologèse. Ces hymnes sont conservées dans un recueil, qui semble avoir été formé par leur auteur lui-même et qui est intitulé « Tome des hymnes de Nisibe composées par le Bienheureux Mar Ephrem ». Le titre n'est pas très exact, car des soixante-dix-sept hymnes de ce volume les vingt -une

1. L’auteur du portrait de saint Éphrem, gravé en tête de l’édition romaine, ne s’est pas inspiré de cette description; il a représenté un personnage de haute stature avec une longue barbe et vêtu d’une longue robe irréprochable.

2. Comp. Le testament de saint Éphrem. dans l’éd. romaine, II, p. 230 et suiv. et la Confession de saint Éphrem conservée en grec, ibid ., partie grecque, I, 19. Ces deux documents semblent être apocryphes.

3. Théodoret, Hist. eccl ., II, 26; Barhebræus, Chron. syr., éd. Bruns, p. 66, éd. Bedjan, p. 61.

4. L’anecdote de saint Éphrem arrivant à Édesse et des laveuses sur le bord du Daiçan se trouvait dans la rédaction primitive des Actes. Elle est rapportée, d’après ces Actes, par Grégoire de Nysse, Sozomène et Métaphraste.

LES ÉCRIVAINS

premières seules furent écrites à Nisibe , les autres le furent à Éclesse 1 .

Eplirem vécut dix ans à Edesse, et ces dix années furent consacrées aux publications qui forment la majeure partie de ses oeuvres. Ses premiers travaux dans la capitale deFOsrhoène semblent être les commentaires bibliques (voir ci-dessus p. 75), qui lui valurent une chaire à l’Ecole des Perses, où il eut de nombreux disciples , dont quelques-uns sont connus2. Il est même admissible que saint Ephrem et les docteurs qui l’accompagnèrent en quittant Nisibe, furent les fondateurs de la célèbre école d’Edesse. Le nom sous lequel cette école est désignée [Ecole des Perses), favorise cette conjecture , car les Syriens occidentaux désignaient sous le nom de Perses leurs coreligionnaires dans l’empire des Sassanîdes. L’enseignement de ce Père comprenait, outre l'exégèse biblique, l'explication des dogmes, et c’est à l’occasion de cet enseignement qu’il fît paraître ses hymnes contre les hérétiques et les sceptiques 3.

Si grande que fut l'activité intellectuelle de saint Ephrem, ses œuvres suffisent grandement à remplir les dix années que ce fécond auteur passa à Edesse. On doit considérer comme controuvés ses voyages en Egypte où il aurait séjourné huit ans, et à Césarée de Cappadoce où il aurait visité saint Basile. La légende de sa prédication en Egypte contre les Ariens est peutêtre née d’une confusion avec Ephrem l’Égyptien;

\. Ce recueil a été édité, de la manière la plus digne d’éloges, par Bickell, S. Ephræmi syri carmina Nisibena , Leipzig, 18G6. Il y a une lacune pour les hymnes 22-24 qui manquent.

2. Voir les Actes de saint Èplirem dans les deux recensions et Le testament de saint Éphrem, cité ci-dessus.

3. Un recueil de cinquante-six hymnes contre les hérétiques dans le second volume de l'éd . romaine, p. 437-339; et, au commencement du troisième volume, quatre-vingt-sept hymnes contre les sceptiques.

JUSQU’AU \e SIECLE.

celle de la visite à saint Basile a pu être occasionnée par les passages des écrits de ce Père grec où il est fait mention du Syrien '.

Erronée est aussi la notice des Actes concernant la

relation faite par Ephrem de l’invasion des Huns1 2; cette invasion eut lieu au mois de juillet 396., trois ans après la mort de ce Père. Fausse encore l’attribution à Ephrem d’une poésie sur les persécutions de Aralens et l’exil de l’évêque d’Edesse, Barsès ; cet exil eut lieu au mois de septembre 373, trois mois après la mort d’Ephrem3 4 5. Apocryphe également le panégyrique de saint Basile par saint Ephrem; celui-ci précéda dans la tombe l’évêque de Césarée h

Saint Ephrem écrivit peu en prose : quelques discours exégétiques3, en dehors de ses commentaires bibliques. Nombreuses, au contraire, sont ses poésies qui comprennent plusieurs genres et dont nous avons esquissé les principaux traits plus haut, p. 19 et suiv.°

1. Le passage des Actes relatifs à la Doxologie se trouve dans le De Spiritu sancto de Basile, XXXIX, 74; pour Genèse , i, 2, où saint Basile aurait appris d’un Syrien à remplacer le mot planait par couvait , voir la deuxième homélie de l’Hexaméron de Basile. Le voyage d’Éphrem à Césarée est relaté par Grégoire de Nysse, Sozomène et Métaphraste.

2. L’homélie, mise sous le nom d’Éphrem, sur la fin des temps et où il est question des Huns, est publiée dans l’éd. Lamy, III, 187; M. Noeldeke, Beitrage zur Geschichte des Alexander romans, p. 31, a montré que la composition de cette homélie est postérieure à la conquête arabe.

3. Éphrem écrivit des hymnes sur les persécutions de Valens et des Ariens, antérieurement à l’exil de Barsès. Ces hymnes sont conservées dans le recueil des Carmina Nisibena, édité par Bickell. Sur le récit auquel se réfère la poésie en question, voir Socrate, IV, 18; Sozomène, VI, 18; Tiiéodoret, IV, 14 et 15. Sous l’influence du Roman de Julien l'Apostat , voir ci-dessus, p. 190-191 , la persécution est rapportée dans le ms. du Vatican non pas à Valens, mais à Julien, et la poésie y est citée avec de nombreuses variantes.

4. Ce panégyrique existe en grec, éd. romaine, Op. græce et latine , IL 289.

5. Publiés dans l’éd. rom., t. II, à la suite de différentes homélies métriques.

G. Les œuvres de saint Éphrem ne peuvent être ici citées en détail;

LES ECRIVAINS

Mais toutes les homélies et hymnes mises sous le nom de ce célèbre auteur ne sont pas sorties de sa plume; il en est qu’on peut revendiquer pour Isaac d’Antioche et Narsès (voir ci-dessus p. 19) ou pour d’autres auteurs (comp. p. préc.). La caverne des trésors , (ci-dessus, p. 90), Le testament de saint Ephrem ] et le poème sur Joseph, fils de Jacob2, appartiennent

elles ont été publiées à différentes époques et il suffira de rappeler ces publications. La grande édition de Rome, Ephræmus syrus , opéra omnia , 1737-1743, comprend en six: volumes les textes conservés dans des ms. du Vatican; trois volumes renferment les textes syriaques, et les trois autres volumes les textes traduits en grec; commencée par Pierre Mobàrak ou Benedictus, de la Société de Jésus, elle fut achevée par Étienne Évode Assémani. En 1865, M. Overbeck a édité de nouveaux textes à Oxford, d’après des ms. du Musée britannique, S. Ephræmi syri... opéra selecta, Oxford, 1865. En 1866, M. Bickell a fait connaître le recueil intitulé Carmina Nisibena , mentionné ci-dessus. Les précédentes éditions ont été complétées par M. Lamy, d’après les ms. de Londres, d’Oxford et de Paris, S. Ephræmi syri hymni et sermones, t. l-III, Malines, 1882-1889, comp. Noeldeke, Gôttingische Gelehrte Anzeigen , 1882, n° 48; 1887, n° 3; Wiener Zeitschrift , 1891, p. 245. Quelques hymnes et homélies ont été éditées ou rééditées dans la chrestomathie de Hahn et Siefert, dans la chrestomathie de Uiilemann, dans les tomes I et It des Monumenta syriaca du P. Zingerle. Le recueil des homélies pour les Rogations a été imprimé par M. Bedjan à la fin du premier volume de son Breviarium Chaldaicum , Paris, 1886-1887, et réimprimé dans le troisième volume de l’éd. Lamy. L’homélie sur l’exil, c’est-à-dire, sur la vie ici-bas, a été rééditée par M. Haffneii, en 1896, dans les Sitzungsbericlite de l’Académie des Sciences de Vienne, t. XXXV, n° IX, Die Homilie des heiligen Ephrcim von Syrien über das Pilgerleben; elle avait déjà été imprimée dans le IIIe vol. de l’éd. romaine.

1. Imprimé en grec et en syriaque dans le IIe vol., partie grecque, de l’édition romaine; réimprimé en syriaque, d’après d’autres manuscrits, par Overbeck, S. Ephræmi... op. sel., p. 137.

2. Salomon de Bassora, dans son livre de L'Abeille , éd. Budge , p. 47, attribue ce poème à saint Éphrem. Un ms. du Musée britannique, du VIe siècle, qui renferme les chants I et VIII, édités par Overbeck, S. Ephræmi... op. sel., p. 270-330, indique Balai comme l’auteur de l’ouvrage. Cette épopée, une des meilleures compositions de ce genre, comprend douze chants, et elle est suivie d’une homélie sur la translation des reliques de Joseph à Constantinople, composée par un certain Bani. Elle a été éditée par M. Bedjan , Histoire complète de Joseph , Paris, 1891. En 1887, M. Bedjan avait fait une première édition d’après un autre ms. qui ne renfermait que les dix premiers chants; ces

JUSQU’AU Ve SIÈCLE.

vraisemblablement à l’école d’Edesse, mais non à saint Éphrem lui-même. Une vie d’ Abraham de Kidouna, publiée par M. Lamy dans le Xe vol. des Acta Bollandiana ne peut être non plus de ce Père , car elle fait mention d’événements qui lui sont postérieurs.

Les disciples de saint Ephrem ne brillèrent pas, bien loin de là, du même éclat que leur illustre maître. On cite de Mar Aba des commentaires bibliques (voir cidessus, p. 76); de Zenobius, qui était diacre de l’Église d’Édesse, des traités contre Marcion et Pamphyle, des épîtres et une vie d’Ephrem ] ; de Paulonas ou Paulinus, qui est traité d’hérétique dans Le testament de saint Ephrem, des hymnes et divers écrits contre Marcion et les sceptiques 2.

A la lin du IVe siècle vivait Balai 3 , qui semble avoir été chorévêque du diocèse d’Alep. Ses hymnes, écrites dans le mètre pentasyllabique, perpétuèrent son nom 4.

La vie de Cyrillona est aussi peu connue que celle de Balai, dont il était le contemporain. Cyrillona est l’auteur d’un poème sur les calamités qui arrivèrent de son temps : le fléau des sauterelles et l’invasion des Huns. Dans un passage de ce poème il est dit : « Une

dix chants ont été réimprimés et traduits par M. Lamy, S. Ephræmi syri hymni et sermones , t. III.

1. Assémani , B. O., I, 1G8. On a cru que Zenobius était de Gozarte,

parce que, dans Le testament de S. Ephrem , l’épithète de est

accolée à son nom, mais le mot syriaque signifie « vaillant » et non pas « de Gozarte ».

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