Voir ci-dessus, p
HISTOIRE GENERALE
Les auteurs syriaques du VIe siècle qui traitèrent de l'histoire de l’Eglise possédaient déjà des versions des histoires grecques d’Eusèbe, de Socrate, de Théodoret, sans doute aussi de Sozomène.
La version de l’histoire ecclésiastique d’Eusèbe est conservée, avec des lacunes, dans deux ms. principaux provenant du couvent des Syriens dans le désert de Nitrie : l’un d'eux, actuellement à Saint-Pétersbourg, est daté de 462 et contient les dix livres d’Eusèbe, à l’exception du sixième; en outre, les livres Y et Vil sont incomplets. Le second ms., du VIe siècle, est au Musée britannique, Add. 14639; il ne renferme que les cinq premiers livres , et le premier livre présente des lacunes; il manque des parties de l'index des chapitres i, ii et ni. Divers fragments se trouvent encore dans plusieurs manuscrits du Musée britannique; les plus importants (chap. xvi, xvn et xxv du livre YI) sont ceux du ms. Add. 14620.
De la version syriaque dérive la version arménienne qui a été imprimée en 1876 d’après des ms. de la bibliothèque des Méchitaristes à Venise. La version arménienne, qui joint à l’avantage d’être ancienne celui d’être exacte et presque complète, est d’une grande utilité pour la critique de la version syriaque 1 . Pseudo-Moïse, dans son histoire arménienne , rapporte que la traduction d’Eusèbe avait été faite à l’instigation de Mesrop (*}* 441) ; on était porté à croire que la version syriaque devait exister depuis environ un siècle lorsqu’elle passa en arménien; elle aurait été faite du vivant même d’Eusèbe ou peu de temps après la mort de celui-ci. Au-
1. Merx, De Eusebianæ hist. eccl. versionibus syriaca et armeniaca dans les Actes du IV0 Congrès des Orientalistes, Florence, 1880, I, 199 et suiv., et Préface de l’édition citée ci-après de Norman Mac Lean,
p. XIII-XVII.
HISTOIRE GENERALE
jourd’hui qu’il est démontré que l'histoire attribuée à Moïse de Ivhorène est une compilation de beaucoup postérieure, où la légende tient autant de place que l’histoire, la même certitude n'existe plus. Cependant on peut encore, avec M. Merx, s'en tenir à la tradition dont Pseudo-Moïse s’est fait l’écho, concernant l'âge de la version arménienne.
La version syriaque a été faite sur un original grec qui , comparé avec le texte grec actuel , présentait des variantes nombreuses et parfois préférables. Elle se distingue par son axactitude et, malgré les fautes et les omissions qu’elle contient, elle fournit un document de valeur non seulement pour remédier aux lacunes du grec, mais aussi pour une nouvelle édition critique de l’histoire d’Eusèbe.
Wright avait entrepris de cette version syriaque , une édition que la mort de ce regretté orientaliste vint interrompre. Elle a été reprise par M. Norman Mac Lean avec le concours, pour l’arménien, de M. Merx, et elle a paru en 1898 à Cambridge L L’année précédente, M. Bedjan en avait donné à Leipzig une première édition qui reproduit le texte du ms. de Saint-Pétersbourg et du ms. Add. 14639 du Musée britannique 1 2. La publication de M. Mac Lean, plus complète, est basée sur les mêmes ms.; elle ajoute en appendice les chapitres conservés dans le ms. Add. 14620; elle donne, en outre, les variantes de la version arménienne.
Ebedjésu mentionne dans son catalogue 3 une ver-
1. The ecclesiastical hystory of Eusebius in syriac by the late William Wright and Norman M. Lean , with a collation of the ancient arme nian version by Dr Adalbert Merx.
2. Histoire ecclésiastique d’Eusèbe de Césarée. Quelques passages de la version syriaque avaient été publiés précédemment par Cureton, Ancient syriac documents , p.l et suiv.; et par Paul de Lagaiide, Prætermissorum libri duo , p. 249.