PA LOS
leur des synoptiques, aucun dans celle de saint Jean, et semblent dérivés d'un original non grec, soit ara-
-méen, soit hébreu t.
L'hypothèse de sources des synoptiques dont on pourrait retrouver la trace en dehors même des synoptiques a été développée par Resch. Supposé, comme il est probable, que Mathieu et Luc soient indépendants l’un de l’autre, que Marc ait été utilisé par Mathieu et par Luc, il faut admettre que Mathieu et Luc ont eu des sources autres que Marc et en partie connues de Marc mème : quelles seront ces sources? Resch croit pouvoir conclure de ses minutieuses recherches
. qu'il a existé un évangile primitif, écrit en hébreu, qui
dans cet état a étéaux mains des apôtres, Pierre, Jacques, Paul..., et a été la source principale de la littérature du N. T., l'écrit fondamental des trois synoptiques : ce devait être un récit des miracles et des discours de Jésus, portant un titre comme y1w% 927 (1oy:«”Inooù), composé sans doute par l’apôtre Mathieu, commençant à l'entrée en scène de Jean Baptiste (Mt. 111, 1 : Me. x, 1: Lc. im, 1) et s’achevant sur l'ascension de Jésus et la séparation des apôtres : il serait sûrement antérieur à l'an 50. L’évangile de saint Marc serait un remaniement
grec des y1w 1127 combinés avec des souvenirs pro-
pres à saint Pierre. L'évangile de saint Mathieu actuel, grec d’original, aurait combiné les yiw 127 et l'évangile grec de Marc; il aurait eu, pour le récit de l'enfance et la généalogie, une source spéciale (1, 1-15, 23), et pour des passages comme xIv, 28-31, xvi1, 24-
4. A. REescn, Agrapha, aussercanonische Evangelienfragmente (Leipzig 1889). J. H. Rores, Die Sprüche Jesu, die in den kan. Ev. nicht überliefert sind, eine krit. Bearbeitung des von A. Resch gesammellen Mate-
rials (Leipzig 1896). Un choix d’Agrapha dans NESTLE, N.T.Suppl. p. 89.
Au
27, xxvir, 3-10, 52-53, 62-66, xxvII1, 2-4, 9-15, une source qualifiée par Resch de « tradition pétrine hiérosolymite ». L'évangile de saint Luc aurait combiné aussi les ya? 1127 et l'évangile de Marc, plus une Bibhos yeréoeus °Incoù où y nitoin en hébreu, d’où il aurait tiré son récit de l'enfance et la généalo-. gie ; subsidiairement, il aurait utilisé notre évangile de saint Mathieu et des souvenirs traditionnels !.
$ 2. — Les évangiles synoptiques.
L'existence de sources écrites primitives, probable comme elle est reconnue de tous, a relégué au second plan la question de date et d'authenticité des trois synoptiques et donne moins d'importance aux dissentiments que cette question a soulevés entre critiques ecclésiastiques et critiques libéraux.
Parmi nous, l'évangile selon saint Mathieu est présenté comme l’œuvre propre de l'apôtre de ce nom, rédigée en grec, écrite pour des chrétiens « hellénistes », syriens peut-être, tendant à montrer l'accomplissement en Jésus des prophéties messianiques, et datant de la période 60*-70*. — L'évangile selon saint Mare est l'œuvre propre du Marc qui sur la fin accompagnait saint Pierre à Rome (7 Pe. v, 13); il a été écrit en grec sous l'influence sinon sous la dictée de l'apôtre, à qui il doit ce qu'il a, de plus que les deux autres synoptiques, de couleur archaïque et
4, À. Rescn, Aussercanonische Parallelteæte, t. I-II. ACL, t. I, p. 590. Rev. bibl. t. V (1896), p. 284, et t. VI (4897), p. 134.
LES PRIMITIFS. al
personnelle; destiné à des chrétiens de race non juive, ceux de Rome sans doute, il tend à mettre en lumière en Jésus le caractère de thaumaturge et de Fils de
Dieu: il serait antérieur à Mathieu et à Luc. — L'évan-
gile selon saint Luc est l'œuvre propre du Luc, mé- - decin (d'Antioche?) et compagnon de saint Paul (Col. - 1v, 14); écrit en grec, dédié à un converti de qualité du » nom de Théophile pour qu'il connût le fondement «certain de la catéchèse orale » qu'il avait reçue, et composé après que plusieurs avaient déjà entrepris d'écrire les mêmes choses selon les témoignages « de ceux qui dès le début furent témoins oculaires et ont été les serviteurs de la parole » (voyez tout le prologue), il serait contemporain de la captivité de Paul à Rome, sinon des débuts de la guerre juive, mais pas postérieur à la ruine de Jérusalem.
A ces conclusions les critiques libéraux opposent les suivantes. Le second évangile, des trois le plus ancien, est en effet l’œuvre de Marc de Jérusalem, compagnon de - Pierre et de Paul : il se rattache à la personnalité et à l’enseignement de Pierre, et la présence de latinismes comme eyéwr, #7v00c, xerruglor, où d'explications comme celle du quadrans (xn, 42), autorise à conjec- » turer que, si Mare a séjourné à Rome, il ya pu rédiger son évangile et pour les Romains. Il daterait d’une période dont le terminus a quo serait l'an 70, mais il serait en toute hypothèse antérieur à la fin du premier siècle. Le premier évangile, dans le texte grec où nous le lisons, ne saurait être l'œuvre d’un disciple immédiat de Jésus : c'est une œuvre tendentieuse et légendaire du temps de Domitien (81-96). Le troisième évangile est - sûrement l’œuvre de Luc et du même auteur que les Actes des Apôtres : mais ce Luc est-il le compagnon de saint Paul? la réponse dépend de la question de