‹ Anciennes littératures chrétiennesChapitre 17 sur 63 · BARDENHEWER, p. 83. ACL, t. IT, p · texte numérisé non relu

BARDENHEWER, p. 83. ACL, t. IT, p

soit du IT° siècle : elle serait au plus tôt de la fin du IVe

(Ceillier), sinon du VIe {Harnack), qu'il ne faudrait point

en être surpris, car elle semble d'un temps où le paganisme n'existe plus comme culte populaire !.

$ 6. — Saint Justin.

Saint Justin (lovoriroc), grec d’origine, est né dans la Judée, à Flavia-Néapolis l’ancienne Sichem, vraisemblablement vers l'an 100. Il est devenu chrétien à Éphèse au temps d'Hadrien. Puis il est venu à Rome, comme Valentin et Marcion, pour enseigner; il s'y trouve au temps d’Antonin le Pieux (138-161), comme eux à la tête d'un diduoxuleïor, comme eux laïque, sans attache hiérarchique, philosophe de profession et de costume. Il mourra martyr, du temps du préfet Junius Rusticus (disent ses Actes), c'est-à-dire entre 163 et 167. Justin a été élevé dans l'hellénisme le plus cultivé, en mème temps qu'au contact des Juifs instruits : il est éminemment un « rationnel », qui conçoit ou propose le christianisme comme l'expression la plus élevée de la sagesse. Controversiste, il s'applique à éliminer les spéculations gnostiques, falsifications de la philosophie aussi bien que de la foi : apologiste, il établit contre l'incrédulité des juifs le bien fondé en fait de la foi au Christ, et cette foi il la présente aux Grecs comme une vérité révélatrice. On a pu tirer de son œuvre toute une théologie : c'est qu’aussi il pose méthodiquement les questions théologiques que soulève le symbole et il

4. Orro, Corpus, t. IX, p. 1. H. Diecs, Doxographi graeci (Berlin 1879), p. 649. ACL, t, 1, p. 782. BARDENUNEWER, p. 113 (tient pour la fin du If°s. ou le comm. du II).

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s'essaie à les résoudre rationnellement. Il estpar là un initiateur. Joignez-y l'autorité d'une conviction pleine …

de courage et d'ouverture, le charme bien nouveau d’un art littéraire sobre et ingénu.

Une observation, vraie de nos apologistes du IT° siècle, s'applique plus particulièrement à saint Justin. En cherchant une solution rationnelle aux questions soulevées par le symbole, il s'en faut qu'ils aient rencontré la solution qui a prévalu plus tard : de là souvent un désaccord sensible entre les explications qu'ils développent et les formules dogmatiques que les conciles du IVeet du V® siècle ont consacrées. « Tatien, Théophile, Athénagore, saint Justin lui-même, pour ne pas dire saint Justin surtout, devaient paraître grandement hérétiques aux théologiens byzantins » (Duchesne). Leurs

livres furent peu lus, peu cités, peu copiés : il n'existe actuellement qu'un manuscrit des œuvres authentiques .

de Justin (Paris. gr. 450, XIV°s.). On se plut au contraire à le retrouver dans des œuvres qui n'étaient pas de lui, mais qui s'accordaient à la théologie de Nicée et de Chalcédoine : ces suppositions ont été nombreuses et fort accréditées : « Photius, malgré son érudition,

n'a connu de l’apologiste martyr que des livres suppo-

sés, c'est là-dessus qu'il le juge » (Duchesne) !.

Parmi les écrits perdus de Justin on connaît de titre un Zvrrayua noùs Magxiwva cité par Irénée {1v, 6, 2 et v, 26, 2); un Æ6yoç noûc ElAmrac cité par Tatien (Orat. 18), long ouvrage sur la sagesse comparée des chrétiens et des Grecs, ainsi que sur la nature des démons, nous apprend Eusèbe {1v, 18, 3); un ”Ekeyyos noûc ElAnvac, un [leçù 0eov uoraoyias d'après les « livres helléniques » en même temps que d'après les saintes Ecritures; un

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