Bull, crit. t. II (1882), p
- Iso WvyTs; un autre enfin Lies le titre obscur de > Fékrnc Sh 18, 4 et 5). — Le Suvrayuu xarû raodr tr = 7Eyevquévoy aigéoewy Où traité contre toutes les héré- sies, n'existe plus : on le connaît par la mention que Justin en fait lui-même {Apol. 1, 26) et qu'Eusèbe {rv, 11, 10) a relevée. Mais Tertullien (Adp. Valentinian. 5), à qui Justin « philosophe et martyr » est connu, l’a dû . utiliser. On suppose même, sans que le fait soit assuré, qu'Hégésippe et Irénée en dépendent. Justin serait ainsi le premier en date de nos hérésiologues.
Les apologies de Justin sont intitulées, la première, - Anoloyiu dnèo octo noûc Arrwvivor Tôr evoe6, et la seconde,” Æxoioyiu vario yooniuvdr noôs tir Pœouaicor ovyxhkntoy. L'authenticité de ces deux pièces est établie . grâce aux nombreuses citations qu’on en trouve dans - Eusèbe. L'hypothèse de Harnack, qui voulait que les . deux apologies n’eussent été séparées qu'au moyen âge, et que, Eusèbe ayant connu deux apologies de Justin . (l’une à Antonin, l’autre à Marc-Aurèle), Papologie de - Justin à Marc Aurèle fut perdue, ou à identifier avec l'apologie qui porte le nom d'Athénagore, cette hypothèse est controuvée. L'apologie à l’empereur est contemporaine d’Antonin le Pieux : de plus elle suppose Lucius Verus (né en 130) d'un âge à être appelé « phi- -losophe » et « ami du savoir » ; elle suppose le Christ né depuis cent cinquante ans; elle suppose Marcion hérétique déclaré : on peut donc la dater de 150 environ. L'apologie au sénat est aussi contemporaine d'Antonin le Pieux et du temps où Lollius Urbicus est préfet de Rome (155*-160) : elle est postérieure à l’autre apologie. Dans l'apologie à l'empereur, Justin établit l'innocence des chrétiens et l'injustice des lois qui les persécutent, puis la vérité du christianisme; dans les
derniers chapitres, avec une hardiesse qu'aucun autre (9
écrivain ancien n'a eue, la liturgie étant pour eux un … mystère qu'on ne doit pas révéler, il traite du baptème … et de l’eucharistie. Dans l'apologie au sénat, il tire du fait mème de la persécution et du spectacle de la constance des martyrs une preuve de la vérité du christia= nisme. à Le Lloùc Tovpova iovdutor dutioyos paraït postérieur aux deux apologies. C’est le récit fait par Justin à un | personnage du nom de Markos Pompeios d'un entre | tien qu'il eut jadis à Éphèse avec un juif lettré et libé= ral, Tryphon {est-ce un interlocuteur fictif? est-ce un » rabbi véritable?) : Justin lui a raconté sa conversion au christianisme; provoqué par l'incrédulité ironique M du juif et de ses compagnons, il a entrepris de leur dé= montrer par l'Écriture la légitimité de l'abolition de la … Loi, la ee RARES et la résurrection du … Christ, la vocation des Gentils et la raison d’être de M PÉotise. Le texte existant est mutilé !.
$ 7. — Les premiers évêques controversistes.
L'entrée des évèques dans la littérature de controverse et d’apologie, dans le mouvement créé par les apologistes laïques, est un phénomène contemporain. du dernier tiers du deuxième siècle. C’est en Asie que cette initiative se manifeste. À la prédication orale «
4. Orro, Corpus, t. I-V. CPG, t. VI (reproduit l'édition de dom MARAN, Paris 1742). G. KRUEGER, Die Apologieen Justins des Märtyrers (Freiburg - 4891). — ACL, t. I, p. 9 el t. II, p. 274. Nombreux essais récents en Allemagne sur la théologie et sur la liturgie de Justin, énumérés par BARDENHEWER, p. 98 (Engelhardt, Harnack, Clemen, Bousset, Zahn...). —
) H. HOLLAND, art. « Justinus m.» du DCB. ALLARD, Hist. des perséc. t. I, ! p. 281. *.
. et exégétique des presbytres se substitue une littéra- - ture où se concilie l’esprit positif des presbytres et la culture des apologistes.
Apollinaire (Kiaëdiog *AnoMvägros) est évêque de Hiérapolis en Phrygie, comme l’a été Papias. Un passage d’une lettre de Sérapion d’Antioche (Euseb. v, 19, 2) parle décrits publiés (des lettres?) par lui contre les prophètes montanistes (ca. 170-175). Eusèbe (1v,
- 27) aconnu d’Apollinaire un Hod Ekimruc en cinq livres,
un Jlsoù Ghmbeias en deux livres, probablement contre
les juifs, enfin une apologie proprement dite adressée
- à Marc-Aurèle Zloûc ?Ayrwvivoy vrèo niotewxs. Photius
= (cod. 14) a possédé le Tloôdc Elanras et le Tleoi Ghrnbeias,
. plus un Lei evoeGeiug qui pourrait n’être autre chose
que l’apologie à Marc-Aurèle. L'apologie, adressée à
Marc-Aurèle seul empereur, peut remonter à la période
. 169-176. Tout cela est malheureusement perdu !.
Méliton (Meskirowr) est un autre évèque asiate, il est évêque de Sardes : Polycrate, écrivant au pape Victor, parle de son tombeau à Sardes comme du tombeau d’un
des plus vénérés personnages d'Asie (Euseb. v, 24,5),
et Tertullien dans un écrit perdu reproche aux catholi-
ques de le tenir pour un prophète (Vzr. int. 24). Eusèbe
{xv, 26) a possédé un recueil fort riche d'écrits de Mé-
liton, dont il dresse la liste : — a) deux livres Tlesoù roù
- néoyæ, dont le fragment cité par Eusèbe temoigne
qu'ils ont été écrits à propos d'une controverse sur la
pâque suscitée à Laodicée « du temps du proconsulat
A Orro, Corpus,-t. IX, ACL, t. 1, p. 248 et t. II, p. 358. — On a proposé d'attribuer à Apollinaire la Cohorlatio ad gentiles du pseudo- Justin, mais sans motif décisif. Le Chronicon pascale cite deux frag-
ments d’un prétendu ZZeot roi méoyæ d'Apollinaire : attribution douteuse. HARNACK, art. « Apollinarius » de RE.
100 LITTÉRATURE GRECQUE. Ee
en Asie de Sergius Paulus », c'est-à-dire dans l’inter-
valle de 162 à 167.
— b) deux livres ITeoù noMreiuc xui no0gyTuv, vrai-
semblablement contre les prophètes montanistes, — c) à
un Lleoù &xxhnoiuc, — d) un Leg xvouxÿç, — e) un Ileoi
quoeuc &rOgwrov, — f)un IIegè nadoewc, sur la création de l'homme, — 2) un Lleoi dnuxo?c niotewc aioOntnoiwr " ; £ Q g
. ou de l’obéissance que les sens doivent à la foi, mais le
titre reste obscur, — 2) un Leo Wuyc x ouuuTos, — “4
i) un Lleoù hovrgo, traité du baptème dirigé sans doute
contre Marcion, et dont on a un très curieux fragment,
— j) un Lleoi dAnbetac; — l) un Tleoi xTioewç aa yerécewc
Xaorob, ici encore le titre est obscur, — ») un Ile açognrelas, — n)un [leo quio£eviacs, — 0) un livreintitulé
“H sic, que l'on à cru à tort retrouver dans un lexique latin de symbolismes bibliques tirés des pères latins, — p}un Lleoi Toù dLaB6hov, rai ris anoxalvdyews Iwarvov, encore un titre obscur et qui peut être à dédoubler; — g)
un Lleoi érocœuarov 0s0ù; — r) enfin un Lloûc” Avtwvivoy,
apologie adressée à Marc-Aurèle, dont Eusèbe a sauvé
deux passages très caractéristiques; cette apologie est
postérieure à la mort de Verus (169) et à l'association. de Commode à l'empire (175), elle sera donc de 175-
Eusèbe parle en outre d’ÆExkoyai, c'est-à-dire d'ex=
traits de Moïse et des Prophètes concernant le Christ,
et il en cite la préface, une lettre à un chrétien du nom d'Onésime : ces ’Exoyai, en six livres, ne sont pas né- …
cessairement un ouvrage qu'il faille chercher en dehors de la liste ci-dessus. La préface est le morceau célèbre où Méliton rapporte qu'il a fait un voyage en Palestine
pour s'informer du canon de l'Ancien Testament, il -
entend le canon juif de vingt-deux livres. Le fragment
cité par Anastase le Sinaïte CPG, t. LXXXIX, p. 228
LES PRIMITIES. “JO |
du troisième livre d'un Leo cugxwoewc Xgoroÿ contre - Marcion, est d’une authenticité probable!.
Le personnage de Théophile, qui figure dans le . catalogue épiscopal d'Antioche (Euseb. 1v, 24) et dont = Eusèbe place l’épiscopat entre 169* et 177*, est iden- tifié par ce même Eusèbe avec l'auteur de quelques écrits qu'il a eus en main : — a) un Iloûç Tr uipeow - “Æguoyévouc, hérétique présenté comme ayant soutenu - l'éternité de la matière; cet écrit perdu a été utilisé par Tertullien (Ads. Hermogenem) et par les Philosophoumena; — b) un Kura Magxiwros, perdu aussi, a été utilisé par Irénée et par Tertullien; — c) un Ioûc Aÿtôkvsor, en trois livres, que nous possédons; — d) quelques autres écrits qu'Eusèbe qualifie de « catéchétiques », sans doute des livres purement didactiques et non plus apologétiques, il ne nous en reste rien. Le Iloûc Avrôkvxoy Elimra neo Tic TÔvY JooTiarv niOTEWG, qui ne s’est conservé qu'en un seul manuscrit (Marcian. . 496, XI° siècle), est attesté par Lactance (/nstit. die. x, . 23) et par Eusèbe {Z. c.), peut-être par Tertullien, Minucius Félix et Novatien. L'auteur s'y applique à montrer l'innocence de la vie chrétienne et la vraisemblance de la résurrection des corps; le troisième livre établit - la vérité et l’antiquité des récits mosaïques sur l’origine du monde et de l'humanité opposés aux récits des Égyptiens et des Grecs. L'auteur, dialecticien de peu de logique, mais esprit insinuant et orné, se donne . comme un païen converti; il est d'un pays proche du > Tigre et de l’'Euphrate; il écrit plusieurs années après - la mort de Marc-Aurèle {180). Cette observation chro-
INCUEE \
4. Orro, Corpus, t. IX. À compléter par Pirr4, Spicil. solesm. . II (entier) et Anal. sacra, t. IH, p.3. Discussion des fragments de Méliton(notamment ceux que produit Pitra), dans ACL, t. I, p. 246 et L. Il, p. 547,
— C. TuomAs, Melilo von Scrdes (Osnabrück 1893).
Vu nd eo Le RE CA TEE, -
nologique, jointe à la méthode même de l’auteur, rend difficile d'y reconnaître l'évêque d'Antioche; mais la
question reste fort obscure’.
$ 8. — Montanistes et antimontanistes.
Le mouvement illuministe, qui a Montan {Movrur6c)
pour initiateur, Priscilla et Maximilla pour principales.
-prophétesses, s'est manifesté en Asie aux environs de 170. Dès 177 nous avons vu les martyrs lyonnais écrire à ce sujet aux fidèles d'Asie et de Phrygie en même temps qu’un pape Éleuthère. Le montanisme se propage en Orient et en Occident : à Rome, centre de toute propagande, il a des docteurs, Proklos, par exemple, et l'église romaine hésite un temps à le répudier : en Afrique, Tertullien sera conquis par lui. Puis le montanisme s'éclipse presque subitement, du vivant mème du pape Zéphirin (199-217), qui, après lui avoir paru favorable, s’est finalement prononcé contre. 11 ne subsistera plus qu'à l’état de secte fanatique localisée en Phrygie.
La littérature montaniste, en grec, se réduit à peu
de choses. Les montanistes recueillaient religieusement les oracles prononcés par les voyants de leur secte dans leurs transports prophétiques : on a quelques curieux
oracles de Priscilla, de Maximilla, de Quintilla.., re- 1 9
levés dans Tertullien, Origène, Eusèbe, Epiphane. Le catalogue gélasien mentionne des « opuscula Montani, Priscillae et Maximillae ». Epiphane cite à plusieurs
4. Orro, Corpus, t. VIII. CPG,t.IV (éd, de dom Maran). — Jérôme (Var. int. 25) parle de commentaires (perdus) In evangelium et proverbia Salomonis attribués de son temps à Théophile et qui lui paraissent suppo-
sés. — ACL, t. I, p. 496 tt. If, p. 319. E. VENABLES, art. « Th. of. Ant. » du DCB.
ro dE
. reprises une Movrurod nçogmrela (xLvur, 4, 10, 11).
Un montaniste du nom d'Astérios (4orégcos OoBuvés) est signalé comme ayant été réfuté par l'Anonyme dont
il sera question plus loin (Euseb. v, 16, 17), et un autre
du nom de Thémison (Osuiowy) comme ayant écrit à la manière des apôtres une « épître catholique ». Parmi les catholiques qui ont écrit contre les montanistes, il faut compter, sinon l’apologiste Miltiades, du moins Apollinaire évêque de Hiérapolis, Méliton évéque de Sardes, Sérapion évêque d'Antioche. — Tertullien montaniste avait écrit contre un catholique du nom d'Apollonios un livre que Jérôme a connu {Vir. énl. 40). Eusèbe (v, 18) a possédé le traité même d’Apollonios contre les montanistes : il en donne six fragments, l’un entre autres où l’auteur témoigne que le monta-
. nisme date de quarante ans, c’est dire qu'il écrit vers
200-210. — Un autre auteur dont Eusèbe, par qui seul on le connaït, n’a point su le nom, ce qui lui vaut d’être appelé | « Anonyme antimontaniste d'Eusèbe », avait adressé un traité en trois livres à un certain ? Æovioxoç Müoxehoc : dans sa préface (Euseb. v, 16, 3-5), l'Anonyme exprime qu'il s'est récemment rendu à Ancyre en Galatie, où il a trouvé l'église bouleversée par le montanisme, et où plusieurs jours durant il a disputé contre les novateurs; les presbytres du lieu lui ont demandé de laisser un mémoire de ce qui a été dit «en présence de notre compresbytre Zotikos d'Otrous ». Eusèbe a sauvé neuf fragments ayant trait à l'histoire de la secte. On voit par l'un d’eux que l’auteur écrit treize ans environ après la mort de Maximilla et au milieu d’une période de paix, ce qui le reporterait au temps d’Alexandre Sévère (222-235), peut-être plus tôt".
4. ACL, t.I, p. 238 (avec un relevé des oracles montanistes). Sur le
$ 9. — Saint Irénée.
lrénée (Eigmvaïoc) est un asiate qui a dû naître vers … 125 et a grandi dans les entours de Polycarpe de … Smyrne (+ 155), au milieu des presbytres qui comme Polycarpe ont « conversé avec Jean et les autres témoins … du Seigneur ». En 177, il est à Lyon, en Gaule, prêtre, … et il est chargé de porter au pape Éleuthère la lettre des Confessours lyonnais « pour la paix des églises » : sans doute est-ce lui le rédacteur de la lettre de l'église de Lyon sur le martyre de saint Pothin et de ses compagnons. Au moment où se pose la question pascale, | il est évèque des fidèles de Gaule et il intervient comme un arbitre dans le conflit entre le pape Victor et Po= lycrate d'Éphèse. La date de sa mort est inconnue. Ce disciple des presbytres asiates a passé par Rome au temps où Justin y enseignait et il est possible qu'il y. ait lui-même enseigné. Comme Justin il est ouvert à la culture hellénique et capable de citer Homère et … Platon. Comme Méliton, il est soucieux de contrôle et de faits : il connaît les hérétiques par leurs propres œuvres. Mais, moins spéculatif qu'exégète, c'est sur le: terrain de l'Écriture qu'il les entreprend de préférence, de l'Écriture considérée comme une parole divine, de
montanisme, DUCHESNE, Origines chrèliennes, p. 228. SEEBERG, Dogmengeschichte, t. I, p. 65. ACL, L. II, p. 363 sur la chronologie du montanisme. — W. Ramsay a retrouvé dans une même vallée de Phrygie (Sandukli) l'emplacement de trois villes antiques, Brouzos, Otrous, Hiéropolis. Le « compresbytre Zotikos d'Otrous » est évidemment l’évêque … d'Otrous : il est possible que cet Aoviomos Maoxelos ne soit autre que l’évêque d'Hiéropolis, Aberkios. Bull. erit. t. III (1882), p. 135.
a LES PRIMITIFS. : 105
l'Écriture interprétée selon l'Église. Il est le premier
théologien de l’infaillibilité de l’ "Église!
Un Ileoi uovagyiac? neoi toù un ebvou Toy 0edv mourir xaxwy, lettre adressée à un prêtre, Florinos, tombé dans le valentinianisme et chef d'une petite église schis- matique à Rome, est cité par Eusèbe à qui on en doit
- un fragment très important concernant saint Polycarpe
(v, 20, 4-8). Un Ileoù oyiouuros était une autre lettre adressée à un Romain nommé Blastos du parti de Flo-
… rinos (v, 15 et 20, 1). Irénée avait connu ce Florinos
en Asie, auditeur de saint Polycarpe. Un Isoù dydodd0c,
. mentionné par Eusèbe (v, 20, 1-3), réfutait les opi-
- nions valentiniennes embrassées par Florinos. — Eusèbe (v, 26) a connu un Llsgi émoruns et un Loos Muo-
«uavovy : le premier de ces deux écrits était une brève mais solide apologie qui s'adressait aux Grecs, le
second une démonstration de la prédication apostolique (èmideEis Toù anocroluxoù xmovyuaroc). On n’en sait rien
de plus. Du B161ov dulssewr dupégwr signalé par Eu-
- sèbe (v, 26) on a quelques vestiges qui font penser à des homélies. On a relevé dans Maxime le confesseur
(VII s.) deux fragments d'un Llegi niorewc adressé à
4. CPG, t. VII (reproduit l’édition de dom Massuer, Paris 1710.) Éditions | plus récentes de STIEREN (Leipzig 1848-53) et de HARVEY (Cambridge 187). F. Loors, Die Handschriften der lat. Ucberselzung des Irendüus (Leips zig 4890). — Les fragments de Pfaff sont quatre fragments grecs publiés par Pfaff en 1744 et tirés d’un manuscrit de Turin non relrouvé encore. JIs ne semblent pas être d'Irénée, dont ils portent le nom, mais peuvent être du II° siècle et sont dans la même nuance doctrinale qu'Irénée - (Harnack). — Prrra, Analecla sacra, t. II, p. 188 et suiv. ACL, t. I, p. 263 et t. II, p. 320 et 517. Les dissertations de dom MAssuET (reproduites dans CPG) restent toujours à lire. Lapsius art. « Jrenaeus » du DCB. BARDENHEWER, p 119. Dom F. Camroz « La doctrine de saint Irénée », Science catholique, t. V (1891), p. 97, 241, 304. Dom J. CHAPMAN, « le témoignage de saint Irénée en faveur de la primauté romaine » Rev. Bénédictine , t. XII (4895), p. 49. W. Sanpay prépare un Sancti Irenaei Novum Testamentum.
Démétrios diacre de Vienne; Pitra en a retrouvé un
troisième. Nousrappelons pour mémoire les lettres d'Irénée sur la question de la pâque.
Il reste pour apprécier la doctrine d'Irénée son
"Exeyyoc oi draroonn Tr pevdwrduou yrdosws. Photius (cod. 120) possédait encore ce grand traité contre les
gnostiques désigné d'ordinaire sous le titre de Contra haereses. De l'original grec, il subsiste seule-.
ment les citations qu' ‘on en recueille dans les PAilosophoumena, Eusèbe, Épiphane, Théodoret.. On trouve
des vestiges d'une version syriaque et d’une version
arménienne. Mais on a une version latine intégrale, très littérale et d'un latin barbare, qui est sûrement antérieure à saint Augustin qui la cite, et que Tertullien (dans son Adp. Valentinianos, 210*-230°) a pu connaître ; serait-ce une version lyonnaise ? Les manuscrits en sont nombreux. Dans son Contra haereses (11, 3, 3), rapportant le catalogue épiscopal de l'église romaine, Irénée l’arrête à oi dont il ie comme d’un vivant; et comme ailleurs (v, praef.) il témoigne qu'il
est lui-même investi de la charge épiscopale, l’on en.
conclut que le Contra haereses a dù ètre composé entre 177* où lrénée était prêtre encore et 189* où Éleuthère est mort. Un ami, dont le nom n'est pas donné, a demandé à Irénée des explications sur l'hérésie valentinienne et une réfutation : la réponse est ce traité en cinq livres, le premier consacré à exposer la doctrine de Valentin et subsidiairement des autres gnostiques, le second l’absurdité et les contradictions du système, les livres II-V sa réfutation par l’exégèse. Les sources d'Irénée sont les écrits mêmes des rune dont il traite, mais aussi (1, 22-27) un traité hérésiologique antérieur (réfutation de Simon, Ménandre, Saturnin, Basilides, Carpocrates, Cérinthe [Valentin], Cerdon
en $ LES PRIMITIFS. - 107
et Marcion), traité qui ne serait autre que le Sérrayuc de saint Justin; sûrement entre autres dits de presby-
- tres comme Polycarpe où Pothin, les Exégèses de Papias; et encore la première apologie de Justin, les commentaires d'Hégésippe et l'épitre aux Romains de saint Ignace. On peut estimer à ce compte la valeur du Contra haereses comme représentation de la théologie catholique à la fin du II° siècle et comme source de l’histoire littéraire chrétienne.
$ 1. — La liturgie.
.. « Quant au mystère du culte chrétien, n’espère l'ap-. prendre de personne, » dit l’épitre à Diognèête (Ev, 6). . Nous avons marqué que saint Justin est le seul écrivain
| primitif qui sur les saints mystères, le baptème et l’eu-
- charistie, se soit clairement exprimé. Pour tous les
- autres, c'est un sujet réservé. Encore saint Justin dé-
- crit-il les réunions chrétiennes et ce qui s’y pratique,
. sans citer aucune formule rituelle. On lit dans Fir-
- milien (Cyprian. ÆEpistul. 1xxv, 10) : « Ante XXII
- fere annos temporibus post Alexandrum imperato-
rem..., emersit istic subito quaedam mulier, quae in
-extasim constituta propheten se praeferret... Etiam hoc
- frequenter ausa est ut et invocatione non contempti-
bili sanctificare se panem et eucharistiam facere simu-
laret, et sacrificium Domino sine sacramento solitae
- praedicationis offerret, baptizaret quoque multos usitata
» et legitima verba interrogationis usurpans, ut nil di-
screpare ab ecclesiastica regula videretur. » Voilà
bien, au début du IIT° siècle, la constatation d’une li-
- turgie consacrée : mais c’est tout.
Dans la Prima Clementis (11x-1x1) est inséré «un morceau d'un caractère liturgique évident » : c’est - une prière à Dieu dans le « style de la prière so- LITTÉRATURE GRECQUE. 7
lennelle, telle que l'exprimaient [à la fin du I°* siècle] les chefs ecclésiastiques dans les réunions de culte » (Duchesne). Il existe d’autres spécimens de ce style : telles sont les prières eucharistiques de la Didachè et des Acta lohannis gnostiques. La Didachè donne une bénédiction du calice, une bénédiction du pain, une action de grâce après la consommation du vin et du pain, trois prières coupées de doxologies comme « Gloire à toi dans les siècles », ou d’exclamations hébraïques comme Amen, Maranatha, Hosanna, et d'une couleur tout à fait primitive. Cependant ces prières constituent une « solita praedicatio », plutôt que l’ « invocatio non contemptibilis », c'est-à-dire la formule canonique pour la confection du sacrement eucharistique. De même et mieux encore les prières eucharistiques des Acta lohannis (éd. ZaAux, p. 243) : « Et ayant demandé du pain, il [l'apôtre Jean] rendit grâces en disant : Quelle louange, ou quelle offrande, ou quelle eucharistie, en rompant le pain, évoquerons-nous, sinon toi seul? Nous glorifions ton nom dit par (#0) le Père. Nous glorifions ton nom dit par (&a) le Fils. Nous glorifions ton entrée par la Porte. Nous glorifions la Résurrection à nous montrée par toi. Nous glorifions de toi la semence, le logos, la grâce, l'indicible pierre précieuse, le trésor, le labour, la pèche (owyryr), la grandeur, le diadème, le vocable de fils de l'homme, la vérité, le repos, la gnose, la liberté, le refuge en toi. Car « toi seul es le Seigneur, la racine de l’immortalité, la source de l'incorruptibilité, le siège des éons.. » ete. Les canons dits de saint Hippolyte, présentent des formules liturgiques ressemblant davantage à celles de nos sacramentaires : prière pour l’ordination de l'évêque, du prêtre, du diacre; pour la liturgie du bap- % tème; pour les oblations. Ces mêmes canons donnent, -
ne.
Er “4
mieux encore, un véritable rituel de l'ordination, du . baptème, de la messe. On a là le plus ancien état de la liturgie pratiquée à Rome.
$ 2.— La poésie.
Après la prière liturgique, le chant liturgique : dès l'origine, à l'imitation aussi bien des synagogues que
. de certains collèges religieux païens, les assemblées chrétiennes étaient mêlées de chants (1 Cor. x1v,-15 et 26; Col. 111, 16; Ep. v, 19), et ce n'étaient point . seulement des chants individuels et improvisés comme . Tertullien en a entendu (Apol. 39), c'étaient aussi des ensembles (Ignat. £ph. iv, 1 et Rom. 11, 2), et par
- conséquent des chants écrits et consacrés. Pline . (Epist. x, 96) ne parle-t-il pas de la coutume des - chrétiens de Bithynie et de Pont de « carmen dicere Christo quasi deo secum invicem »? L’Anonyme con- tre Artémon, de psaumes et de cantiques écrits depuis - l'origine par les fidèles pour célébrer le Christ (Euseb. -v, 28, 5 : waluoi xaù wa... youpeiou)? Eusèbe, des . psaumes en l'honneur du Christ qui se chantaient à Antioche et que Paul de Samosate supprima sous le prétexte qu'ils étaient, au contraire des psaumes da- vidiques, des compositions nouvelles et d'hommes nouveaux (vit, 30, 10)? Il ne reste presque rien de cette s littérature lyrique et didactique. Irénée attribue à son
4. F.-E. BRIGUTMAN, Lilurgies easlern and western, t. 1 (Oxford 1896).
DucItESNE, Origines du culte chrétien (Paris 1889), p. 45. P. Savi, La dot-
- {rina degli Apostoli (Rome 1893), p.76, sur l’eucharistie dans la Didachè.
- Sur les éléments johanniques des prières de la Didachè, REsCH Ausser-
can. Paralleltexæte, t. IV, p. 2. Bickell a découvert dans un papyrus
(LHI-IVe s.) du Faioum un curieux fragment de priére liturgique grecque : le texte dans ACL, t. I, p. 467.
« divin presbytre et héraut de la vérité » (est-ce saint Polycarpe?) un fragment didactique contre le gnostique Markos, qui se trouve être une suite de huit vers iambiques sénaires! :.
; Eidwilorrow, More, #ût TEOUTOUXOME..
Dans un autre fragment des presbytres d'Irénée on a pensé retrouver le même mètre :
+.ETTLULY/T] La 1 ge 2 Al » ÿ 2 » | À à O yalxos ei; TOY Koyvoor, T3 EUxOÂwS
à 3 3; à , durmoëra ToùTor éxéouos doxuaoa;
Ailleurs ce ne sont plus des mètres, mais une prose parallélique : tel est un passage des épitres pastorales {x Tim. xx, 16) :
Egpareowôn èr oapxt,è dixcuw0m ër Trrevuarr, 1 2 2 > LA > >»
opôn &yyélous, ëxnovy0n Ër Ebreow, émoret0y ër xoouw, dre up0y ër dOE.
Et tel un autre de la Prima Clementis (L1x, 3) :
Toy juôror ŸyxoTor Er viorous
LA 2 Le # 2 Là «y1oy ËY ŒYyLOLS KYCTTAVOUEVOY...
Les Constitutions apostoliques ont sauvé le texte de trois pièces du même genre : la première est le Æ46£w Da ie, D . . ‘ . à ê&r vyiorous (notre Gloria in excelsis), qui peut être du IIIe siècle; la seconde, Æiveire nuides xvquoy, est une
variante de la première ; la troisième, Doc taçôr ayiug
escale dite ant