CIG, n° 9595a. RENAN, t. VII, p
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- aujourd'hui au Latran) du marbre même de l'épitaphe
de saint Aberkios. Voici le texte intégral de l'épitaphe, . nous soulignons les mots que donnent les fragments du marbre! :
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« Citoyen d'une ville distinguée, j'ai fait ce [monument] de mon vivant, afin d'y avoir un jour une place pour mon corps. Je me nomme Aberkios; je suis disciple d’un saint pasteur, qui fait paitre ses troupeaux de brebis sur les montagnes et dans les plaines, qui a
4. DE Rossi, t. I, p. XVIII. Pour Ja critique du texte, A. DIETERICH, Die Grabschrift des Aberkios (Leipzig 1896) p. 6.
de grands yeux dont le regard atteint partout. C'est lui qui m'a enseigné les écritures fidèles. C’est lui qui m'envoya à Rome, contempler la cité souveraine et voir une reine aux vêtements d’or, aux chaussures d'or. Je vis là un peuple qui porte un sceau brillant. Fai vu aussi la plaine de Syrie, et toutes les villes, Nisibe au-delà de l'Euphrate. Partout j'ai trouvé des confrères. Paulos était mon compagnon. La foi me conduisait partout; partout elle m'a servi en nourriture un poisson desource, très grand, pur, pêché par une vierge sainte : elle le donnait sans cesse à manger aux amis; elle possède un vin délicieux qu'elle donne avec le pain. — J'ai fait écrire ici ces choses, moi, Aberkios, à l'âge de soixante-douze ans. Que le confrère qui les comprend prie pour Aberkios. — On ne doit pas mettre un autre tombeau audessus du mien sous peine d'amende : deux mille pièces d'or pour le fise romain; mille pour ma chère patrie, Hiéropolis ».
En ces derniers temps des prodiges d'ingéniosité ont été faits pour éliminer l'épitaphe d'Aberkios de la littérature chrétienne : G. Ficker y a voulu voir l'épitaphe d’un prêtre de Cybèle; Harnack l’épitaphe d'un membre d'un collège gnostico-païen synthétisant les mystères païens et ceux du christianisme; Dieterich une épitaphe imitée de celle d'Alexandre fils d'Antonios, postérieure donc à 216, et contemporaine d'Héliogabale et du culte de la déesse Mestis (pour Iiome, le marbre ayant une brisure sur ce mot!) Nous ne croyons pas qu'on ait réussi à laïciser saint Aberkios!.
1. La controverse est résumée au mieux dans les Anal. bolland. t. XIII (4894) p.402 et t. XV (1896), p. 331. Ficker dans les Siézungsberichte, 1894, D. 87; HARNACK, Zur Abercius-Inschrift(Leipzig, 4895); lire la réfutation de FickEer par DUCHESNE, Bull. crèt. t. XV (1894), p.177, et de HARNACK par le même, Mélanges de l'École fr. de Rome, t. XV (1895) p. 155 et suiv.; la
LES PRIMITIFS. po
Un dernier mot sur l'épigraphie chrétienne grecque en général, aussi bien celle des temps primitifs que celle des IHI-V* siècles. On avait récemment annoncé la mise sur chantier d'une Sylloge inscriptionum christianarum graecarum, entreprise que l'Ecole d'Athènes penserait à transformer en Corpus des inscriptions chré- tiennes et byzantines. Puisse-t-elle aboutir! « Je ne sais s'il existe une catégorie de textes épigraphiques, qui soit plus mal connue aujourd'hui que les inscriptions chrétiennes de l'empire d'Orient... » Le tome IV du Corpus de Boeckh est le seul recueil général et combien insuffisant? Cependant, « les inscriptions grecques peuvent rendre des services multiples à l’histoire ecclésiastique. Elles livrent à l'hagiographe des renseignements plus précis et surtout plus authentiques (?) que ceux qui lui sont fournis par les Acta sanctorum, elles complètent et corrigent les listes d’évèques que Lequien a dressées autrefois avec un soin admirable dans son Oriens christianus, elles donnent des indications précieuses sur les titres, la hiérarchie, le pouvoir et la richesse du clergé. On y retrouve les traces de tous les grands événements qui ont troublé l'Église, persécutions, défaite du paganisme, lutte contre les hérésies. Mais leur importance est surtout considérable pour l'étude de la société chrétienne primitive, parce qu'elles y suppléent dans une certaine mesure à l’insuffisance des sources manuscrites. Elles nous laissent entrevoir les sentiments intimes, elles nous éclairent sur les préoccupations ordinaires, elles nous révèlent même les superstitions des premiers fidèles, et l’on peut juger combien l'état d'esprit de ceux-ci est encore mal apprécié, à la bizarrerie de certaines hypothèses
réfutation de Dretericn dans Anal. bolland. t. XVI (1897), p. 74. et Bull, erit. t. XVIII (4897), p.401.
vieux ‘suit do vient précisément. Fi # cbr »!,
4. F. CRE « Les inscriptions AREeRnes de PAsie Mineure » d es Mélanges de l’École française de Rome, t. XV (1895), p. 245 et n trouvera dans cet article de F. CumonT une bibliographie som t un véritable programme de la méthode à appliquer à l'épigraph
£ chrétienne grecque. Y joindre C. Bayer, De lilulis ATH ee HN (Paris 1878).
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