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romaine, des origines au pontificat de Pontien: dans le cercle de lettrés qui à la cour des Sévères se groupe
autour des impératrices [ulia Domna et Iulia Mammaea, sa voix est écoutée; il est illustre au point que ses admirateurs, exemple unique dans l'antiquité ecclésiastique, lui élèvent une statue; enfin prêtre il est arrêté avec lévèque de Rome et martyr avec lui. Ajoutons qu'il est le dernier représentant de la littérature grecque de Rome : la mort d'Alexandre Sévère (235) ouvre pour
Rome une période, « un enfer d'un demi-siècle, où
sombre toute philosophie » (Renan), toute culture, où l’œuvre mème d'Hippolyte va disparaitre.
$ 3. — La question des « Philosophoumena » et des « Canones Hippolyti ».
La perte de l'œuvre de Caius et d'Hippolyte, les con-
fusions qui se sont si tôt produites sur le souvenir
d'Hippolyte, s'aggravent des divergences d'opinion soulevées par la découverte des Diiocopotuer.
Ce traité anonyme compte dix livres : le livre 1°” avait été publié sous le nom d'Origène par Gronovius (1701); les livres 1v-x ont été publiés pour la première fois par E. Miller (1851) d'après un manuscrit unique (Paris. suppl. gr. 464, XIV® s.) rapporté de l’Athos en
1842; les livres 1-11 sont perdus. Les Philosophou-
mena sont une vaste réfutation de toutes les erreurs, celles des philosophes grecs y compris les Brahmanes et les Druides (liv. 1), celles des astrologues (rv), celles des hérétiques, Gnostiques, Montanistes, Encratites, y compris saint Justin et Tatien (v-vri), enfin celles de Noët, de Calliste et des Juifs (1x), le dernier livre étant
une récapitulation des neufs premiers. Tout ce qui a trait
au pape Calliste est inspiré par une opposition exaltée
comme peut l'être le pamphlet d'un contemporain. « Des raisons internes, écrit Krüger, particulièrement des rappels du Syntagma [le Iloûc dndoug tic aigeces], du Llsgù Tÿç Toù nuvrôs ovoiuc, de la Chronique; des relations non méconnaissables avec des écrits authentiques d'Hippolyte, comme le traité contre Noët et le traité sur l’Antéchrist; l'impossibilité de rendre vraisemblable la composition des PA. par un autre auteur ; tout parait fortifier l'opinion qu'Hippolyte est l’auteur de cette œuvre, qui, il est vrai, n’est mentionnée ni par le marbre, ni par Eusèebe, ni par Jérôme. » Les PA. auront été composés dans les dernières années d'Hippolyte, vers 230 (Krüger), quelques années après la mort de Calliste (Bardenhewer), dont la doctrine et le gouvernement y sont trop violemment attaqués pour que l’auteur n'ait pas été un Romain en rupture avee la grande église !.
L'unanimité est actuellement pour l'identification d'Hippolyte et de l’auteur des PAilosophoumena. Toutefois on peut opposer à cette unanimité de très fortes raisons. — 1° Entre le Sérrayuu noûc äraouç Tag aigéoag authentique d'Hippolyte et les PA., il y a « la différence d'un esprit à un esprit », se marquant dans la description des hérésies, leur suite, leur réfutation, dissemblances de méthode et de conception assez fortes pour indiquer deux auteurs, et non deux
1. E. Miler, Origenis Philosophoumena (Oxford 1851). CPG, t. XVI (reproduit l’édit. de DUNCKER et SCHNEIDEWIN, Gôttingen 4859). Le livre Ier est réédité par H. Dies, Doxographi gr. (Berlin 4879). — Les diverses opinions sur l’auteur sont rapportées par De SMeprt, Dissertationes seleclae (Gand 1876), p. 83, à compléter par BARDENHEWER, p. 134 —
M. STARUELIN, Die gnostischen Quellen Hippolyls in s. Hauptschrift gegen die Häretliker (Leipzig 1890).
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œuvres d'un mème auteur. — 2% Le cycle pascal d'Hippolyte a été à l'usage des catholiques; or ce cycle était inexact d’un jour et demi dès l'an 230 : il a donc été adopté par eux au moment où il a été établi, en 22% au plus tard, savoir au moment du prétendu schisme ? — 3° Nous pouvons ajouter que, non seulement les textes dérivés de la Chronique d'Hippolyte ne mentionnent pas de schisme sous Calliste, mais témoignent que, en 235, sous Pontien, Hippolyte était prêtre : tout souvenir de sa prétendue révolte était-il donc à ce point effacé? et, à sa réconciliation avec l'église, on l'avait donc réintégré dans l'ordre presbytéral? — 4° On objectera que l’auteur des PA. se donne {r, 1) comme ayant composé jadis un exposé et une réfutation en abrégé des opinions des hérétiques, et ensuite {x, 32) un traité Lleoi Tÿç Toù nuytocs oùviug : mais reconnaître lle Srrrayuanodcänaouc tags uioéoas et le Lloôc Ellmras n zeoi toù navros d'Hippolyte, c'est oublier a) que l’exposé et la réfutation des hérésies était un thème commun au temps d'Irénée et de Tertullien, à) que le titre Ieoi Tic Toù nuvrôç otoiag n'est pas exactement le titre que l'inscription du Latran donne au traité d'Hippolyte, et qu'enfin c) le mème auteur des Ph, se donne (vi, 39) comme l’auteur d'un Kara uuywr dirigé contre les Marcosiens, traité que nous serions curieux qu'on retrouvàt parmi les œuvres d'Hippolyte!!
Les mêmes critiques qui attribuent les Philosophoumena à Hippolyte lui attribuent les Canones Hippolyti, dont il nous reste à parler. Ces canons, en trente-huit articles, sont un exposé de la discipline et de la litur-
4. Nous résumons l'argumentation de M. DucuesxE , Origines chrétiennes, p. 300 et suiv. « Le souvenir de saint Hippolyte, » qui lui est en partie commune avec DE Rossi, Bulletino di archeologia crisliana, t. IV (4866), p. 97
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gie chrétienne : des conditions de l’ordination de l'é- de. vèque, des prêtres, des diacres; du presbytérat honoraire des martyrs; de la réception des lecteurs, des veuves, des vierges; du catéchuménat, du baptème et de la pénitence: des rites du baptême, de l’agape, de l’eucharistie, de l’onction des malades; des jeùnes, du mariage, de la prière. Nous n'avons pas de description plus complète et plus explicite des institutions de l’ancienne Église : ce document est de premier ordre. IL n'existe plus qu'en arabe, et a été publié pour lapremière fois intégralement par dom Haneberg (1870) : le texte de Haneberg a été pris dans une collection canonique à l'usage des coptes monophysites, collection formée entre 1241 et 1350. On en a une traduction éthiopienne dans le Fetha-Nagast, le code des Abyssins. Si tardive et dérivée que soit la source et « sauf quelques retou= « ches faciles à reconnaïtre, les 38 canons concordent admirablement avec ce que nous savons de l’organisation, de la discipline, de la liturgie, en vigueur au commencement du IT siècle, à Rome et en Afrique » (Duchesne). En outre, le viu® livre des Constitutions apostoliques (IV* s.) et la Constitution apostolique égyptienne (III s.), dépendent de nos canons. Il est vrai que les 38 canons se donnent pour rédigés par Hippolyte : « Hi sunt canones ecclesiae et praecepla quae scripsit Hippolytus princeps episcoporum = romanorum secundum mandata apostolorum », lit-on au titre. Mais ce titre n’est évidemment pas le titre … original. Achelis a voulu voir dans ces 38 canons l’Anootohuwr nagddoois que le marbre du Latran attribue à Hippolyte : encore faudrait-il établir au préalable que les 38 canons sont l'œuvre d'Hippolyte. Pour cela, Achelis s'est appliqué à prouver que l’auteur des canons est un occidental, et un évêque, et l’évêque d’une
grande ville, et d’une grande ville qui ne peut être que Rome, et Rome antérieurement au pape Fabien. Mais tout cela pour identifier l’auteur des Canons et l'auteur des Philosophoumena. À quoi on peut objecter que « le contenu des Canones Hippolyti est aussi
- peu philosophuméniste que possible : les canons cor- - respondent à la discipline de la grande église romaine, * et non à celle des rigoristes dont l’auteur des PAiloso- » phoumena fut le chef et le porte parole » (Duchesne). » Reste donc que l’auteur des canons est un évêque. Etqui … autre pourrait écrire : « Fratres nostri episcopi in suis - urbibus singula quaeque mandata apostolorum, pa- = trum nostrorum, disposuerunt » ? Ou encore : « Posui- . mus id in fide..… Hoc statuimus unanimes... Nos arcta - unione in virtute coniuncti... »? Ce n'est donc pas le . prêtre Hippolyte qui parle, mais bien un évêque, ou plutôt un groupe d'évèques, savoir un synode. Le pré- -ambule des canons contient la condamnation de « ces
. hommes perdus qui ont blasphémé le Verbe de Dieu », et la proclamation que « le Verbe est le fils de Dieu, créateur de toute créature soit visible, soit invisible ». Ces hérétiques ne sont point le philosophuméniste et ses partisans au temps du pape Calliste, mais bien plutôt les Théodotiens du temps du pape Victor. On peut donc proposer de voir dans les Canones Hippolyti une œuvre synodale de l'église romaine des environs de l'an 195.
$ 4, — Pantène et l’école d'Alexandrie,
À l'instar de Rome, Alexandrie est une église établie dans un milieu d'intense culture : Basilides, Valentin, 4. B. HANEBERG, Canones s. Hippolyli arabice (Munich 1870). H. Acue-
Lis, Die canones Hippolyti (Leipzig 1891). ACL, {. 1, p. 643, Bull, crit. t, XII (1891), p. A. Revue hist. t, XLVIII (1892), p. 384.
Carpocrates sont d'Alexandrie, Apelles s'y est réfugié.
C'est une église, autant que celle de Rome, attachée au
canon traditionnel de la foi, cet dAnOnc Tic uuxuoiuc niorews xavy dont Clément d'A. parle si souvent. Mais elle est mêlée davantage à l’évolution de la culture ecclésiastique. Tandis que, à Rome, les écoles (dducxuheiu) sont des entreprises privées (sauf peut-être du temps d'Hippolyte), à Alexandrie l'église a son école propre et comme officielle, rù Try xurnynoews diduoxulstor, dit Eusèbe (vr, 3, 3). L'origine en doit remonter assez haut : Eustbe parle de l’école catéchétique « établie de coutume ancienne », c'est-à-dire dès avant Pantène, comme d'une institution du IT° siècle !.
Ce Pantène ([ürrœæwog), le premier didascale qui soit mentionné, appartient à la fin du IT° siècle; Clément d'A. est donné dans l'Apologie d'Origène par Pamphile (Photius, cod. 118) pour l’auditeuretle successeur de Pantène, et Pantène comme « l'auditeur de [presbytres] qui avaient vu les apôtres. » Eusèbe (v. 10) en fait un stoïcien converti, et le fait mème prècher un temps le christianisme aux Indes. Clément d’A., dans ses /ypotyposes (ap. Euseb. vr, 13, 2), après avoir nommé Pantène son maitre, reproduisait des interprétations et des traditions de lui {&xdoyac xai nagadodoas), et cela donne l’idée d’une méthode assez archaïque. Une sentence que Clément d'A. cite de lui témoigne d’une exégèse allégorisante déjà très accusée. Il ne semble pas que Pantène ait rien écrit, quoique Jérôme dise le contraire (Vér. int. 36). Clément d'AT. dit de ses Stromates (1, 1) qu'elles sont pour lui un recueil, « qui dans sa vieillesse pourra lui servir de trésor pour remédier au défaut de sa mémoire, et lui représenter, comme dans un miroir obscur ou dans
4. HARNACK, art. « Alexandrinische Katechetenschule » de la REG. C. Bicc, The christian platonists of Alexandria (Oxford 1886), p. 40.
une peinture morte, les discours vifs et animés de ces hommes saints et dignes de toute louange, dont ila eu le bonheur d'être le disciple : l'un en Grèce, il était ionien ; deux autres en Grande-Grèce, l'un était de Cœlé-Syrie, le second d'Égypte: deux autres en Orient, l’un ne, l’autre un Hébreu de Palestine. Mais celui que j'ai rencontré le dernier et qui était le premier pour la valeur, je le trouvai caché en Égypte, et n'en aiplus cherché d'autre que lui. Cette véritable abeille de, Sicile courait les prés et recueillait les fleurs des prophètes et des apôtres pour former dans les âmes de ceux qui lécoutaient une pure richesse de gnose ». Eusèbe (v, 11, 2) identifie le dernier de ces maïîtres inconnus avec Pantène!.
$ 5. — Clément d'Alexandrie.
Si Pantène se rattachait aux presbytres, Clément (Kiurc) se rattache aux apologistes laïques du IT° siècle. IL est probablement Athénien d'origine (ca. 150) et païen converti; il a voyagé en Italie, en Grèce, en Syrie, en Palestine, puis s'est fixé à Alexandrie, où,
après avoir été auditeur de Pantène, il lui succède à la tête du ddaoxahstor chrétien : ce doit être vers 190. Il y enseigne jusqu'au moment de la persécution de Septime Sévère {&. 202-3), où il prit la fuite, et, quoiqu'il fût prêtre, il ne paraît pas qu'il soit jamais revenu. On peut conclure de certains passages de son œuvre (Strom. 1, 2) que son enseignement excitait à Alexandrie de très vives critiques. En 215 * Alexandre de Jérusalem dans une lettre à Origène (Euseb. vr, 14,9) parlera de Clément
1. ACL, t. I, p. 291. CPG, t. V, p. 1327. GWYNN, art. « Panlaenus » du DCB.
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lé LITTÉRATURE GRECQUE.
comme d’un mort. Son influence a été nulle sur les théologiens d’après lui. Mais Clément d'A. est demeuré très cher aux humanistes pour ses qualités de lettré, pour l’étendue de son érudition profane, pour la séduisante candeur de son esprit, pour son éclectisme et son atticisme. » Aux yeux de critiques plusdifficiles, ce rhéteur incapable d'ordre, de clarté, de sobriété, est un des esprits les plus faux de l'antiquité chrétienne. Jérôme le juge au mieux, croyant le louer, quand il écrit de ses livres : « Quidin illis indoctum ? immo quid non de media philosophia est » (Epist. Lxx, 4)? Plus sévère le catalogue gélasien mentionne les « opuscula Clementis alexandrini » pour … les mettre au rang des livres « qui nullatenus a nobis recipi debent ». C'est sur le témoignage plus sévère 1 encore de Photius concernant un ouvrage perdu, les Hypotyposes, que Benoît XIV se fondera pour rayer Clément du martyrologe !. 4 On observe que l'Exhortation aux Grecs, le Pédagogue et les Stromates forment une suite: Clément conduit É son lecteur du paganisme à la croyance, de la croyance à la discipline, de la discipline à la gnose, ces trois étapes correspondant aux trois degrés des néo-platoniciens, la purification, l'initiation, la vision.— Le [oorosntix0s no | J Emrac. composé vers 190, est une apologie : Clément
ET
y montre la transcendance du christianisme, par la cri= tique de l’hellénisme, de ses mythes, de ses cultes, “de 0 . . ” : * er ses philosophies; puis, concédant que philosophes et 3 poètes ont entrevu la vérité prêchée par les prophètes, 1.CPG,t. VHTIX (reproduit l'édition Porrer, Oxford 1713). Nouvelle édition par W. Dinporr (Oxford 1869). ZAuN, Forschungen, t. III, « Supplementum Clementinum » (1884). Prrra, Analecta sacra, t. If, p. 347. — ACL, t. 1, p. 296. O0. STAEHELIN, Beilräüge sur Kenntnis der Handschriften des C. Al. (Nüremberg 1895). Wesrcorr, art. « Clement of A. » du DCB. BiGG, 0, c. — Pour mémoire : J. CoGxar, Clément d'A. (Paris 1859); E. FREPPEL. Clément d'A. (Paris 1865).
. ilmontre cette vérité intégrale dansle Christ seul. Cette apologie s'est conservée en un ms unique (Paris. gr. 451, X° s.). — Le Iludaywyds (en trois livres) est postérieur à l'apologie et antérieur aux Stromates : Clément s'y propose d'élever son auditeur, qu'il suppose chrétien déjà, par une vie meilleure à l'intelligence de la gnose véritable : Jésus est le pédagogue, et la vie chré- = tienne une pédagogie, le traité une œuvre de morale . indulgente s'adressant à une société bien peu séparée de la société paienne. — A la fin du Pédagogue se lisent deux hymnes, l’une “Ywvos roù éyiov cwrÿgos Xooroù - porte lenom de Clément et est sujette à caution, l’autre Eic tôr nœuduywyôy anonyme est tenue pour apocryphe. Nombreux mss. — Le mot de Stromates, sac ou tapisserie, désignaît dès avant Clément {il a servi à Plutarque) des ouvrages de genre mêlé : le titre intégral de Clément est Kara Tv @}n07 quhocoqgiay root Érropuwmudror [dxro] oromuareis. L'ouvrage est postérieur à la mort de Commode {4. 192). Clément y veut établir que l'Évangile satisfait tous les désirs de l’homme et fait l'unité de tout son savoir (Westcott) : la vie chrétienne est la perfection de la sagesse, la théodicée chrétienne une philosophie mieux éclairée. Les Stromates nous sont parvenues en un ms. unique (Laurentianus V, 3, du X[I° $.), les premières pages manquant; le VII livre ne paraît pas avoir été jamais rédigé !. L'opuscule Tiç 6 cubôueros nhotoroc, dont Eusèbe (nr,
1. Par Eusébe (VI, 43, 1) et par Photius (cod. 111) on sait que les S{romates comptaient huit livres, et à la fin du VII‘ livre Clément lui-même annonce une suite. Déjà Photius connaissait des mss. où en guise de Vie livre figurait l’opuscule Quis dives salvetur, d’autres où ce VIII° livre avait pour incipit 2444 ov0ë où ralatraror Tür quovopor :le Laurentianus est de ces derniers. Mais ce prétendu YII[® livre n’est qu’un morceau détaché d’un traité de logique, loin d’être une conclusion. Zahn croit que ce morceau et deux autres encore, savoir les Ex Toy
23, 5) a extrait l'histoire du voleur converti par l’apôtre |
saint, Jean, est un discours où Clément montre que la richesse n’est point condamnée par l'Évangile et quel usage un chrétien en peut faire pour son salut. Iei encore un seul ms. (Vat. gr. 623). La date de ce Quis dives salvetur n’est pas déterminée.
Les “Yrorurwoag (un mot que Rufin traduit Dispositiones) étaient selon Eusèbe (vi, 13, 2) un ouvrage en huit livres. Photius (cod. 109) le décrit comme une suite d'expositions sur des textes de l'Ancien et du Nouveau Testament, spécialement la Genèse, l'Exode, les psaumes, l'Ecclésiaste, les épîtres paulines , les épiîtres catholiques; il déclare que l'ouvrage est sur certains points orthodoxe, sur d'autres tissu « d’impiétés et de fables », éternité de la matière, création du Fils, pluralité des A6yo, métempsychose, androgynie d'Adam, etc. Eusèbe (vr, 14, 1) donne les //ypotyposes pour une explication abrégée de toute l'Écriture, y compris les livres contestés comme les épitres catholiques, l’épitre de Barnabé, l'apocalypse de Pierre. On n’en a que des fragments, mais nombreux, en grec dans Eusèbe, dans Oekuménios, dans Maxime le confesseur, dans Jean Moschos, en latin dans le morceau {texte latin, d'origine inconnue, mais peut-être antérieur à Cassiodore) intitulé Adumbrationes Clementis alexandrini in epistulas canonicas".
Osodorovu didaoxallus Euro ue etles "Ex Tor TToogpnror éxloyor sont desextraits du VII livre : D’Arnim au contraire que ce sont des matériaux préparés par Clément et non mis en œuvre. Les 86 fragments de la dida-
sealie de Théodote sont des citations textuelles, sans suite, très précieuses
pour l’histoire du gnosticisme. Les 63 extraits sur les prophètes sont, non des citations, mais des notes sans suite, sur divers textes ou sujets scripluraires. D’ARNIM, De octavo Clementis Stromatorum libro (Rostock 1894).
4. Une édition du Quid dives salv. par K. KoEsTER (Freiburg 1895). Une édition des Adumbrationes dans ZAux, 0. c.
On signale d'autres écrits de Clément. — Un Tsoi tot nüoyw, écrit « à cause du livre de Méliton » sur le même sujet, est cité par Eusèbe (1v, 26, 4 et vr, 13, 9) : « Les amis de Clément, dit-il, l'obligèrent à mettre par écrit les traditions qu'il avait recueillies des anciens presbytres » : il citait Méliton, Irénée et d’autres encore. On en a quelques fragments. — Un Kavovr &xxinoiaotixds 7 no0s Trois iovdaitorras, dédié à l’évêque de Jérusalem, Alexandre, est signalé par Eusèbe (vr, 13, 3) et l’on en a un fragment. Eusèbe (vi, 13, 3) parle encore de ÆAuleseis neoi vnotelas rai neoi xaralolios, instruction sur le jeûne et sur la médisance, sans doute deux opuscules analogues au Quis dives salpetur, et d’un loorosntixdc sig Ünouorÿr ÿ noûs Toùc vewori Pebunriouévorc, exhortation aux nouveaux baptisés sur la constance !.
$ 6. — Origène.
Peu d’existences sont mieux connues que celle d'Origène : Eusèbe lui consacre presque en entier le livre VI de son Hist. eccl.; l'éloge s’est conservé que prononça de lui Grégoire le Thaumaturge; et si de l'°4xooyiu Qovyévous, composée par Pamphile, il ne nous reste que le premier livre sur dix, Jérôme et Photius, qui l'ont
4. Un ITeot weovotus, dont on relève des traces chez Maxime le Confesseur et chez Anastasele Sinaïte, reste d’une authenticité problématique. L'existence d’un Jeot door xu Oeoloyius est déduite par Zahn de deux passages peu clairs de Clément et reste douteuse. — Zahn a relevé dans les Stromates plusieurs sujets que Clément se proposait de traiter : Et zyv yéreouw, Iegt moopyretus, Ileot puy: Ie dyaoTacews. — Palladios (Hist. Laus. 139) attribue à « Clément le tapissier » un Æë TOY zeopyry Auws mais cette attribution est de peu d'autorité.
eue en mains, y suppléent pour une part en ce qu'ils »
en rapportent.
Jérôme {Vär. énl. 54) parle d’un catalogue des œuvres
d'Origène : « Et quia indicem operum eius in volumi-
nibus epistularum quas ad Paulam scripsimus, in quadam epistula contra Varronis opera conferens, posui,
nune omitto ». Ce catalogue dépendait vraisemblablement de celui qu'Eusèbe assure {vr, 32, 3) avoir inséré dans sa biographie perdue de Pamphile. Il a été retrouvé de nos jours dans un ms. d'Arras (n° 854, XIT°s.)!. Au total on est loin des six mille livres qu ‘Épiphane attribue (Lxiv, 63) à Origène : on est loin aussi du compte de ceux qui se sont conservés. Les Grecs, depuis Épiphane et Théophile, très animés contre l'origénisme, ont laissé décimer l’œuvre de leur plus beau
génie : plus de la moitié de ce qui subsiste, subsiste en des traductions latines (1v°-v° s.) trop libres où trop re-
touchées, pour qu'on puisse les prendre à la lettre. Origène (Ogyernc * Adaudyrios) est égyptien d'origine, comme son nom de fils d'Orus l'indique : il est né vers 185 et de parents chrétiens. Il a été l'auditeur de Pantène et de Clément; puis, ce dernier ayant pris la fuite en pleine persécution, Origène, à peine âgé de dix-huit ans et laïque, a été appelé à prendre sa place au diduoxakstor d'Alexandrie (203). Ce premier enseignement remplit douze années, interrompu seulement par une visite à Rome, y dpymorérnr ‘Pouaiwvy &xxniur, comme il l'appelait (Euseb. vi, 14, 10). En 215*, Alexandrie en proie à la guerre, Origène se retire à Césarée de Palestine, où l'évêque (Théoktistos) Le fait
4. Reproduit dans ACL, t.T, p. 334. — La Philocalie, compilée par saint Grégoire de Nazianze et saint Basile (ca. 382) est un recueil de morceaux choisis d’Origène, auquel on doit nombre de fragments originaux : édition critique, A. RorINSON, The Philocalia of Origen (Cambridge 1893).
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interpréter l'Écriture à l’église. Mais Démétrios, l'évèque d'Alexandrie, le réclame et Origène revient (218*). - Ce second enseignement à Alexandrie se poursuit jus- que vers 228, où soudain, pour des raisons demeurées obscures, Origène quitte Alexandrie. Il va à Césarée - de Palestine, y est élevé à la prètrise, puis visite … Éphèse, ! Nicomédie, Athènes; à son retour à Alexan- - drie (231), Démétrios lui retire la catéchèse et le dépose de la prêtrise. Origène s'établit alors à Césarée : ce troisième stade de son enseignement interrompu seulement par la persécution de Maximin (235-7), à laquelle il échappe, se termine à la persécution de Dèce (250-1), où il passe par la prison et par la torture, des suites ” desquelles, en 253, à Tyr, il meurt.
. Origène est toute la science de son temps : la logique, la physique, l'éthique sont pour lui plus spécialement les préparations nécessaires de la science des choses divines. Cette science des choses divines il la possède, disons mieux, il la fait dans tous ses divers états : critique du texte biblique, scolies et commen- taires de l'Écriture, apologie, réfutation des hérétiques, théologie positive, métaphysique chrétienne, spiritua- . lité : et en toutes ces applications il est prodigieux.
« Il est le premier grand scholar, le premier grand - écrivain spirituel, le premier grand commentateur, le premier grand dogmatiste » (Bigg). 11 est aussi notre premier grand prédicateur.
Saint Augustin excepté, aucun théologien n'aura une influence pareille à la sienne, soit qu'on le suive, soit qu'on le combatte : il est, a-t-on pu dire, le « créa-
teur de la dogmatique ecclésiastique » (Harnack), il synthétise ce que les Apologistes, les Presbytres, et les Gnostiques même ont enseigné, et il pose tous les problèmes que la spéculation et que l’histoire doivent
soulever (Id.). Mais aussi, par lui la vérité chrétienne |
est transformée en une sorte de gnose platonicienne, l'Écriture en une révélation superlittérale : là est le danger,le système que l'Église répudiera,l'origénisme!.
La critique textuelle d'Origène sur le N. T. n'a laissé de trace que dans les leçons qu'il présente en ses commentaires. On est d'accord pour juger sévèrement l'élément personnel de cette critique : Origène corrige ou altère son texte avec peu de méthode; une raison d’allégorie ou de doctrine, une identification topographique lui suffit; souvent son autorité a accrédité des confusions. Toutefois il a eu à sa disposition des manuscrits dont on imagine le prix comme témoins de l’état du texte au troisième siècle. Peut-être a-t-il luimême corrigé ou ponctué de signes critiques des manuscrits, tels les « Adamantii exemplaria », dont parle saint Jérôme. — Pour l'A. T.il fit établir les Æexaples (ra E£anÀd drriyouqu), exemplaires en six colonnes parallèles donnant : 1° le texte hébreu non vocalisé, 2° sa transcription et vocalisation en caractères grecs, 3° le grec d'Aquila, 4° le grec de Symmaque, 5° le grec des Septante, 6° le grec de Théodotion. Pour plusieurs livres de l'A. T., notamment pour les livres poétiques, Origène ajoutait trois autres versions grecques, cellesci anonymes (Quinta, Sexta, Septima). Plus tard il fit établir des Tétraples, où ne figuraient que les Sep-
1. Les œuvres complètes d’Origène dans CPG, t. XI-XVII (reproduit pour le fond l'édition de dom pe LA RUE, Paris 1733-59, avec les Hexaples de Montfaucon, les suppléments de Mai, etc.). Les Allemands citent de préférence l'édition de Lommarzscn (Berlin 1831-48). Nous attendons l’édition de l’Acad. de Berlin. — Sur Origène, P. Huer, Origeniana, Rouen 1668 (reproduit dans CPG, t. XVII), reste fondamental. E. REDEPENNING, Origenes (Bonn 1841-6). WESTCOTT, art. « Origenes » du DCB, très bon. BIGG, 0. c. — Pour mémoire : FREPPEL, Origène (Paris 1868); J. DENIS, De la philosophie d'Origène (Paris 1884).
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tante, Aquila, Symmaque et Théodotion. La vocalisation de l'hébreu, devançant la ponctuation massorétique, si elle s'était conservée, serait une œuvre capitale. L'hébreu et les recensions grecques étaient reproduits tels quels : sur le texte des Septante Origène marquait les astérisques et les obèles destinés à noter
ce que les Septante avaient de plus ou de moins que
l’hébreu {très littéralement représenté par Théodotion). Origène avait pensé, pour « remédier à la discordance
des exemplaires de l'A. T. », fixer le texte vrai, en pre-
nant pour étalon l’hébreu. Voyez Comm. in Mt. xv, 14 où il expose lui-même sa méthode. Ce travail énorme fut exécuté vraisemblablement à Césarée, entre 237 et 250. — Pamphile fit copier des manuscrits des Septante avec les obèles et les astérisques de l'édition hexaplaire : « Alexandria et Aegyptus in Septuaginta suis Hesychium laudat auctorem. Constantinopolis usque Antiochiam Luciani martyris exemplaria probat. Mediae inter has provinciae palaestinos codices legunt quos ab Origene elaboratos Eusebius et Pamphilus vulgaserunt » (Hieron. praef. in Paralip.). Le mème Jérôme put collationner son texte des Septante sur les Æexaples originaux de Césarée : «.. Nobis curae fuit omnes veteris legis libros, quos vir doctus Adamantius in Hexapla digesserat , de caesariensi bibliotheca descriptos ex ipsis authenticis emendare » (Comm.in Tit. rx, 9). Quelques manuscrits actuellement existants des Septante dérivent sûrement des « palaestini codices » dont parle Jérôme : tel le Codex marchalianus (Vatican.gr. 2125, VIe s.) des prophètes, tel le Codex chisianus (Chigi R. VII, 45, IX° s.) de Daniel. Une version syriaque des Septante d’après les Hexaples fut exécutée vers 617 par Paul, évêque de Tella, version dont on
possède le texte presque intégral. Tout récemment
(1896) on a découvert dans un manuscrit grec de la”
bibliothèque ambrosienne (O0. 39, XITI-XIV°s.) quelques feuillets palimpsestes [X°s.) contenant des fragments de onze psaumes hexaplaires".
Comme commentateur des Écritures, Origène passe
tous ses devanciers. Avec Théodore de Mopsuesté et saint Augustin il représente l'interprétation ecclésiastique, et personnellement le parti pris de l'interprétation allégorique, comme Théodore celui de l'interprétation littérale, et Augustin une sorte de pia media entre les deux systèmes. L'exégèse d’ Origène
compred trois espèces distinctes de travaux. «.… Seal
Origenis opuscula in omnem Scripturam esse triplicia. Primum eius opus excerpta quae graece oyôuw nuncupantur, in quibus ea quae sibi videbantur obscura atque habere aliquid difficultatis sammatim breviterque perstrinxit. Secundum homiliaticum genus... Tertium quod ipse inscripsit rouwovç, nos volumina possumus
be
nuncupare, in quo opere tota ingenii sui vela spiran-
tibus ventis dedit et recedens a terra in medium pelagus aufugit » (Hieronym. Prol. interpret. homil. in Ezech.). Dans ses Scolies Origène appliquait à la Bible la méthode appliquée par les scoliastes alexan=
drins aux auteurs anciens comme Aristophane ou Aris- … tote : des notules interprétatives à la marge du texte. Les homélies étaient les « tractatus quos paene cotidie
in ecclesia habebat ex tempore, quos et describentes notarii ad monimentum posteritatis tradebant ». Les
4. CPG, t. XV-XVI (reproduit l'édition de Montfaucon, Paris 1713). Une nouvelle édition par F. FIELD (Oxford 1875). — ACL, t.I, p.339. C. TAYLOR, art. « Hexapla » du DCB. Bull. cril.,t. VII (1886), p. 199. P. LAGRANGE, « Origène, la critique textuelle et la tradition topographique », Revue bibl. L. IV (1895), p. 501, et t. V (1896), p. 87. G. Mercarr, Un palimpsesto am-
brosiano dei salmi esapli (Turin 1896), tiré à part des ce. r. de l’Acad. des
sciences de Turin, séance du 19 avril 4896.
tomes étaient les traités proprement dits, expositions de longue haleine partagées, non en livres, mais en
« tomes », expressions synonymes.
Le catalogue hiéronymien des œuvres d'Origène énumère des scolies sur les parties suivantes de l’'Écriture : l’Exode, le Lévitique, Isaïe, les psaumes, l'Ecclésiaste, enfin sur quelques passages de saint Jean. Il ne s’est conservé aucun manuscrit de scolies d'Origène; mais on pense que pour une large part ces scolies ont dû être absorbées par les chaînes grecques, le Commentaire sur l’Octateuque de Prokopios de Gaza en première ligne.
Le catalogue hiéronymien énumère les séries suivantes d'homélies : « Localium homiliarum 1. IT. — In Genesim hom. XVII. — In Exodo hom. VIII. — In Levitico hom. XI. — In Numeris hom. XX VIII. — In Deuteronomio hom. XIII. — In lesu Nave hom.
XXVI. — In libro ludicum hom. IX. — In primo Regnorum libro kom. IV. — In Iob hom. XXII. — In Hagomuius hom. VIT. — In Ecclesiasten hom. VIII. —
In Cantica canticorum hom. 11. — In Isaiam hom. XXXII. — In leremiam hom. XXIV. — In Ezechiel hom XII. — De psalmis...?. — In evangelium sara
1. ACL, t. I, p. 403, fait le relevé des fragments origéniens tirés des
chaînes. E. KLOSTERMANN, Griechische Excerpte aus Homilien des Origenes
(Leipzig 189%).
2, Le catalogue énumère les divers psaumes commentés : au total 109 homélies, mais plusieurs chiffres manquent, qui élèveraient le total. — Plus loin le catalogue énumère 25 hom. sur Mt., c’est un double des 25 tomes sur Mt. — Les Localium homiliarum lib. IT, du catalogue ne sont pas connus d’ailleurs et l’on ignore ce que ce titre désigne (ACL LI, p. 344). Peut-être sont-ce des homélies sur une suite de passages des Livres Saints, et faut-il les identifier avec les Tractalus Origenis de libris sanctarum scriplurarum relrouvés par nous à Orléans et que nous publierons incessamment : Revue biblique, t. V (1896), p. 434, « De dix-huit homélies inédites attribuées à Origène », et t. VI (1897), p. à « Homélie inédite d’Origène sur Daniel. »
Aovxër hom. XXXIX. — In Actus apostolorum hom. XXVII. — In epistulam ad Corinthios secundum hom. XI.— In epistulam ad Thessalonicenses hom. IL. — In epistulam ad Galatas hom. VII. — In epistulam ad Titum hom. 1. — In epistulam ad Hebraeos hom. XVIII. » Voici ce qui en subsiste :
Gexèse : XVII homélies traduites par Rufin, plus deux fragments grecs de la I[° homélie.
Exope : XIII homélies traduites par R., plus deux fragments grecs de la VIII.
Lévirique : XVI homélies traduites par R., plus un fragment grec de la Il°, deux de la VITE.
Nousres : XXVIII homélies traduites par R., plus un fragment grec de la XII°.
Josué : XXVI homélies traduites par R., plus un fragment grec de la XX°.
Jucss : IX homélies traduites par R.
SAMUEL-Rois : une homélie sur Elkana (7 Sam. 1 et n) traduite en latin par un inconnu : une homélie Eiç tir éyyaoroiuvhor (1 Sam. xxvu) en grec.
Jos : un fragment en latin, traduction de saint Hilaire, cité par saint Augustin.
Psauues : neuf homélies (Ps. XXXVI-XXXVIII) traduites par R., nombreux fragments grecs dans les chaînes.
CaxriQue : IT homélies traduites par Jérôme.
Isare : IX homélies traduites par J.
JéréMIE : XIX homélies en grec, dont XII traduites par Jérôme, plus deux en outre traduites par le même et qui n'existent plus en grec; un fragment grec de la XXXIX° homélie.
Ezécniez : XIV homélies traduites par J.
Luc : XXXIX homélies traduites par J.
Acres : un fragment grec de la IV® homélie.
Hésreux : deux fragments grecs.
L'intérêt des homélies origéniennes est trop peu remarqué : elles sont les premiers spécimens de l’éloquénce de la chaire ecclésiastique, et elles ont certai-
nement eu, surtout chez les Latins où elles ont davantage été lues, une influence sensible sur le développement du genre. Prèchées à l’église, en présence des fidèles et des catéchumènes, quelquefois mème en présence de païens et de juifs, ces homélies sont pour la plupart des improvisations sténogra- phiées, de forme très simple, pleines de traits de mœurs. Origène y reste l’'exégète allégoriste systèmatique qu'il est toujours : mais le moraliste et le catéchiste y ont une part plus grande, et qu'il conviendrait d'étudier. — La chronologie des homélies est mal déterminée. Les homélies sur la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres, Josué, Samuel, les Rois, Jérémie, Ézéchiel, sont postérieures à 244 ; les homélies sur le Cantique et sur les Juges sont antérieures à 244; les homélies sur Lucsontantérieures aux tomessur Jean. Si les homélies sont l’exégèse vulgarisée, les tomes sont les commentaires savants : « Tota ingenii sui vela spirantibus ventis dedit et recedens a terra in medium pelagus aufugit, » dit Jérôme. Le développement du sens allégorique s'y montre dans toute sa richesse, mélé à la discussion des problèmes de critique, de concordance, de dogmatique, aussi bien qu'aux moralités. L'ordre, la clarté, les qualités classiques y font trop défaut : le sens de la littéralité et de l’histoire n'y manque pas moins : mais c'est Origène même que cette abondance entraïnante, cette sagacité et ce symbolisme démesuré.
La chronologie des tomes n’est guère mieux déter-
minée que celle des homélies. Les cinq premiers