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CONCILES ET CANONS

Sur la fin du second siècle, en pays grecs, on a vu se produire les premiers synodes : «.… Certis in locis concilia ex universis ecclesiis », les appelait Tertullien. Le XIX* canon du concile de Chalcédoine(a.451)se plaint que dans les provinces on ne soit pas fidèle à la régu- Bière tenue des synodes d'évèques; il rappelle que, conformément aux canons des saints pères, deux fois l’an les évêques de chaque province s’assemblent au lieu désigné par l'évêque de la métropole, pour la solution des affaires pendantes. La plus ancienne attestation de la tenue de conciles provinciaux périodiques est fournie par le V* canon du concile de Nicée prescrivant aux évèques de chaque province ou éparchie de se réunir deux fois l'an, la première fois avant le carème, la se-

. conde fois à l'automne. Ces synodes pourvoient aux

sièges vacants, règlent la discipline, jugent des dif-

férends ecclésiastiques. Les conciles généraux sont

convoqués extraordinairement!.

4, L'ouvrage capital pour l’histoire du droit ecclésiastique estcelui de F. MAAssEN, Geschichle der Quellen und der Lilteratur des canonischen Rechts im Abendlande bis zum Ausgange des Miltelallers (Graz 1870). Pour la litt, can. byzantine, on consultera KRUMBACHER, p. 611. Pour l’ancienne litt. canonique, le livre d’Acueus sur les canons d’Hippolyte,

' $ 1. — La littérature des conciles.

On a en grec un recueil de notices sur les synodes, notices rédigées dans la manière de celles du De péris hiéronymien. Ce recueil est appelé Zvrodixév. Il fut publié par J. Pappus {Strasbourg 1601), d’après un ms. que lui avait vendule grec André Darmarios. « Ce livre n'a pas été encore étudié de près et l'on n’a pas tiré au clair la question de savoir s’il ne serait pas une effrontée falsification de Darmarios » (Harnack), ou une compilation contemporaine de Photius, comme l'ont pensé jusqu'ici les érudits. La première notice a trait au « concile des apôtres à Jérusalem »; la 153° et dernière au concile tenu à Constantinople en 872. C'est le seul travail d'ensemble ancien sur les conciles!.

Il a existé des collections de lettres synodales ou simplement de lettres publiques émanées d’évêques ou des empereurs chrétiens, véritables dossiers de telle ou telle question générale. Ainsi le Codex encyclius,

recueil de lettres épiscopales (4. 458) pour la défense

du concile de Chalcédoine ; le grec en est perdu, et l’on n’a que la version latine exécutée par Epiphane le

Die älteslen Quellen des orientalischen Kirchenrechts, I. Buch, die Canones Hipp. (Leipzig 1891), semble annoncer une série d’études, combien désirable ! Le grand ouvrage de MS HEFELE (il en existe une trad. en français, et une en anglais toute récente), Conciliengeschichte (Freiburg 1855 sqq. et 2° édit, 1873 sqq.), reste l'ouvrage classique.

4. Le texte en est donné au mieux par FABRICIUS, t. XII, p. 860 et suiv. On trouvera dans le ms. Paris gr. 572 (XVI° s.) une recension sensiblement différente du même Synodikon : elle commence au concile d’Antioche contre Paul de Samosate et finit au Vif concile écuménique. — FABRIG1US, L. XII, p. 558 et suiv. a dressé une « Notitia conciliorum chronologica collatis editionibus Regia [Paris 1644], Labbei [Paris 1674], Baluzii [Paris 1683], Harduini [Paris 1715] et Mansi [Florence 1759] ».

- Scholastique pour Cassiodore (De instit. 11). Ainsi la collection canonique latine dite du diacre Théodose; - dont fait partie l'Æistoria acephala arianorum, collec- tion faite pour une part de lettres extraites de recueils grees. Sozomène {1, 1) parle de recueils de ce genre concernant les affaires ecclésiastiques du IV® siècle, recueils qui se trouvaient, dit-il, couramment dans les palais, dans les églises et chez les érudits. Ainsi le Synodicon adversus tragoediam Irenaei (VI° s.) composé, en partie d’après les recueils de lettres conservés au monastère des Acœmètes de Constantinople. Tant de lettres épiscopales du IV® au VI: siècle, conservées en dehors des actes de conciles, et que l’on retrouve dans les collections canoniques ou chez les historiens, sont dérivées de semblables anciens recueils. Mais de bonne heure certaines épitres épiscopales ou synodales avaient acquis la valeur d'instruments de droit écrit : c'était le cas de telles lettres de Denys d’Alexandrie, de Pierre d'Alexandrie, de Grégoire de Néocésarée, de saint Basile. Le canon IT du concile 7n trullo {Constantinople a. 692) énumère les épiîtres épiscopales reçues ainsi Comme canoniques, à la façon de décrétales!.

On donne le nom d'actes de conciles aux procès-verbaux officiels de ces assemblées, rédigés par les notaires du concile.

Nous avons trouvé de semblables procès-verbaux au IIIe siècle signalés à propos des synodes d’Antioche contre Paul de Samosate. La coutume de dresser des procès-verbaux authentiques était une règle dans les

4. Le Codex encyclius dans Mawsi, t. VIE, p. 785. Sur la coll. du diacre Théodose, MAASSEN, p. 516. Sur le Synodicon casinense, MAASSEN, P. 733. Sur les anciennes coll. can. lat. de pièces grecques, MAASSEN, p. 42. Les épiîtres canoniques sont réunies par Pirr4, Zuris eccl. gr. t. I.

conciles latins : témoin la forme des canons du premier

concile de Carthage («. 348) ou du concile de Sardique (a. 343). Dans les conciles grecs la coutume de dresser des actes semble ne s'être imposée que plus tard. Le

concile de Nicée n’a pas eu d'actes rédigés ainsi, en

dépit de ce que l’on a cru longtemps sur une indication

inexacte de Gélase de Cyzique, ou fabuleuse des apo-

cryphes arabes. On a des fragments d'actes du concile | arien de Nikè (&. 359), du concile de Constantinople de | 394. Mais nous possédons les actes authentiques du concile et de l’anticoncile d'Éphèse (a. 431), du concile | de Constantinople de 448, du conciliabule appelé Bri-

gandage d'Éphèse (4. 449), du concile de Chalcé- doine (a. 451).

Nombre de conciles particuliers n'ont laissé aucune -

trace historique. D’autres ne sont connus que de nom. Pour d’autres on possède seulement la lettre circulaire (quelquefois la profession de foi) rédigée au nom de l'assemblée dont elle exprime les résolutions. Pareilles lettres devaient porter les souscriptions des membres du concile, mais il n’en est qu'un petit nombre qui nous soient ainsi parvenues avec leurs souscriptions in-

tégralement reproduites. Pour d’autres conciles on a, avec ou sans lettre synodale, avec ou sans souscrip-

tions, les canons disciplinaires qui y furent arrêtés.

Nous avons ainsi, en grec, vingt-cinq canons du con=

cile d'Ancyre (a. 314); quinze canons du concile de Néocésarée (entre 314 et 325); le symbole, vingt canons et les souscriptions des « trois cent dix-huit pères » du concile de Nicée (a. 325); la synodale, les souscriptions

1.Les actes de ces conciles dans Maxsi de préférence. Sur les versions

latines qu’on en à, MAASSEN, p. 430 et suiv., p. 721 et suiv. Tout estàfaire :

pour l'établissement du texte de nos actes de conciles. P. MARTIN, Actes du brigandage d'Ephèse (Paris 1875).

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et vingt-cinq canons du concile d'Antioche « in encaeniis » (a. 341); la synodale, les souscriptions et vingt - canons ou résolutions du concile de Sardique (a. 343); un recueil ou plutôt le sommaire de soixante canons - attribués à un concile inconnu d’ailleurs de Laodicée en Phrygie (IV* siècle, mais pas antérieur à 381); la synodale, les souscriptions et vingt et un canons d’un concile de Gangres (ca. 365); la synodale, les souscriptions, le symbole et sept canons du concile de - Constantinople de 3811.

Les professions de foi, à cause de l'intérêt qu’elles présentent aux historiens des dogmes, ont été de nos jours l’objet d’études méthodiques. On ne saurait trop recommander l'étude des canons, des souscriptions, des collections canoniques, des actes de conciles, vaste champ trop délaissé encore.

$ 2. — Constitutions et canons apostoliques.

Le nom de Constitutions apostoliques ([ÆAoarayai Toy dyiwy Gnootükwyr) est porté par un ouvrage en huit livres que l’on partage en trois sections. La première (liv. I-VI) à trait aux devoirs des fidèles en général, puis aux devoirs des clercs (évêques, prêtres, diacres), puis aux veuves, orphelins, vierges, martyrs, enfin aux hérétiques, c'est une description des obligations morales et liturgiques des membres de la société ecclé-

4. Pour les formulaires de foi, on pourra consulter A. HAaun, Bibliothek der Symbole, la troisième édition (Breslau 1897). Pour les canons, Consulter le recueil excellent, sinon comme texte, au moins comme références, de F. LAucuEerT, Die Kanones der wichtigsten altkirchlichen Concilien (Freiburg 1896). H. GELZER, H. HILGENFELD et O. CONTZ, Patrum nicaenorum nomina graece, latine, syriace, coplice, arabice, armeniace (annoncé). Les souscriptions de Nicée, telles qu’on les a, inspirent des doutes sur leur authenticité : BernouILr. Das Konzilvon Nicüa (Leipzig 1896), p. 34.

siastique. La seconde section (liv. VII) est pour une part (ch. 1-32) une exposition de la morale chrétienne, pour une autre part (ch. 33-49) un recueil de prières rituelles. La troisième section (liv. VIIT), intitulée Tleoi AOQIOLOTOY HUÙ ELQOTOVLDY HUÙ AUVOVWY EXXANOLAOTLAGOP, a trait aux rites des ordinations, des saints mystères, des prières liturgiques ou privées.

A l’époque patristique, Euthalios d’AI. (V° s.) est l'unique référence des Const. ap., car saint Épiphane ne les a pas connues sous leur présente forme. Le concile Zn trullo (a. 692) les répudie ; mais Maxime le Confesseur (VIT s.) les accepte; Photius (cod. 112) ne les estime pas irréprochables, mais ne doute pas qu'elles

ne soient de saint Clément ; tout le moyen âge byzantin

les tient pour authentiquement apostoliques. Depuis leur publication par le jésuite Turrianus (Venise 1563), les avis ont été partagés sur la question de leur origine plus ou moins tardive, mais non sur leur caractère apocryphe. À l'heure actuelle, où la connaissance de leurs sources a été poussée aussi loin que possible, la date exacte de la compilation reste en question. Premièrement les Const. ap. sont une compilation.

Les six premiers livres sont une adaptation de la Didas- :

calie des apôtres du HE s. que saint Épiphane a connue encore (ca. 375). La première partie du septième livre (ch. 1-32) est une adaptation de la Didaché. La seconde moitié (ch. 33-49) a pour sources des textes liturgiques dont l’origine reste à déterminer. Le huitième livre est une adaptation du Règlement ecclésiastique égyptien, dérivé lui-même des Canons dits d’Hippolyte (Funk est seul à n’admettre pas ces dépendances). Le rédacteur de ces diverses adaptations est un seul et mème auteur. Cet auteur est le même à qui l’on doit l'édition interpolée des épitres de saint Ignace. C'était

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