LITURGIES, HOMÉLISTES, SPIRITUELS, POËTES
Le culte chrétien entre dans sa période de fixation. Les liturgies vont apparaitre après trois siècles d’existence et de développement silencieux. La catéchèse,
l'homélie, le panégyrique vont avoir leurs classiques. La poésie seule manquera, faute de s'être émancipée
de limitation de l'antique. Mais voici naître la littérature ascétique, et, dans l’âme de contemplatifs et d’anachorètes, une sagesse et un merveilleux qui va être la
- nouveauté de ces deux siècles.
$ 1. — Liturgies.
Les historiens de la liturgie distinguent deux types anciens de liturgie chez les Grecs, le type alexandrin
et le type syrien".
La liturgie alexandrine est à peine attestée par les écrivains alexandrins du ITI° au V° siècle. Après le concile de Chalcédoine, le schisme de Dioscore divise les Égyptiens en monophysites et en catholiques; les
1. C. E. HaMMow», Lilurgies easlern and western (Oxford 1878). C. A. SwArnson, The greek liturgies (Cambridge 1884). Noussuivons DUCHESNE, Origines du culle chrélien, p. 5% et suiv.
premiers deviendront coptes de langue liturgique, les catholiques adopteront les usages liturgiques de Constantinople. Il existe un ÆAarovoylu Toù dyiov anoovokov Magxov. Cette liturgie de la messe « contient sans doute beaucoup de retouches byzantines, mais les. parties essentielles sont conformes au type et souvent à la teneur mème des meilleurs textes d'autre provenance; il n’est pas douteux qu'elle ne remonte très haut, au V® siècle pour le moins » (Duchesne). Les textes d'autre provenance sont les liturgies copte et éthiopienne.
La liturgie syrienne, comme type, est attestée au mieux par les Catéchèses de saint Cyrille, par les homélies de saint Jean Chrysostome, par les Constitutions apostoliques. Les pièces liturgiques qui en dépendent peuvent se répartir en trois groupes. — 1° Âu groupe de Syrie (patriarcats d’Antioche etde Jérusalem, plus Chypre), appartient une Æearovoyiæ Toù dytou dnootokov ‘IuxwBov, encore en usage à Jérusalem le jour de la fête de saint Jacques le Mineur. Elle est mentionnée par le concile /n trullo (can. xxx), en692, « mais elle doit remonter beaucoup plus haut que le VII siècle. Le fait que les Jacobites [les tenants du schisme monophysite de Jacques Baradaï, a. 541] l'ont conservée en syriaque comme liturgie fondamentale, prouve qu'elle était déjà [dès le VI° siècle] consacrée par un long usage. Saint Jérôme paraît l'avoir connue ; il est sûr, au moins, qu'il cite [Ado. Pelag. 11, 23] un texte liturgique que l’on retrouve dans la liturgie de saint Jacques » (Duchesne). — 2° La liturgie pratiquée à Constantinople est dérivée de celle d'Antioche et n’est qu'une variété du type syrien. On a une Æarovoyiu Toù y Gylois nuroùs mur Baoukelov Toù ueyélov, une Ae- Tovoyia Toù êy Gyios nuroÙù Audv Iwarrov Toù Xov000-
Touov, enfin une Æarovoyiu TÔr ngomyiuouévwr, liturgie des présanctifiés. La liturgie dite de saint Basile a été d’abord la liturgie normale; elle n’est plus d'usage au- - Jourd’hui qu'aux dimanches de carême, jeudi saint, samedi saint, et quelques autres solennités, tandis que la liturgie dite de saint Chrysostome est devenue la liturgie normale. La messe des présanctifiés est d'usage aux féries de carême, le samedi excepté. L’attribution de ces liturgies à des auteurs déterminés n’est aucunement fondée. La liturgie dite de saint Basile, quiest « la plus ancienne des trois » et dont le « texte actuel est attesté dès le commencement du VI° siècle » (Duchesne), est attestée sous le nom de saint Basile par le concile /n trullo (can. xxxn). Le même concile (can. Lu) règle l'usage de la liturgie des présanctifiés, sans l’attribuer nommément à aucun Pere.
Les textes liturgiques se rapportant, non plus à la messe, comme les précédents, mais soit au rituel et au pontifical, soit à l'office divin, constituent une littérature dont nous ne pouvons indiquer ici que la plus élémentaire bibliographie?.
4. Les liturgies de Marc, de Jacques, de Basile, de Chrysostome, des présanctifiés, dans SWAINSON, 0. c. J. ROBERTSON, The divine liturgies of Chrysostom and Basil (Londres 189%). HammonD, The ancient liturgy of Antioch (Oxford 1879). F. Prozsr, Lilurgie des vierlten Jahrhunderts und deren Reform (MünsrTEr 1893).
2. J. GOAR, Ev 701610 sive riluale Graecorum (Paris 1641). E. RENAUpor, Liturgiarum orientalium collectio (Paris 4746). A. DANIEL, Codex liturgicus ecclesiae orientalis in epilomen redactus (Leipzig 1833) : capital. N. NiLLES, Kalendarium manuale utlriusque ecclesiae or. el occid. (Innsbruck 1879; 21 éd. 1896).
$ 2. — Catéchèses de saint Cyrille de Jérusalem.
On donne le nom de catéchèses aux instructions qui étaient faites aux catéchumènes élus ‘pour recevoir le baptème dans la vigile de Pâques. Ces instructions étaient faites tous les jours, à partir du premier dimanche de carême, le samedi et le dimanche exceptés. On y expliquait l'Écriture Sainte d’abord, puis le symbole et les saints mystères.
Saint Cyrille (Kvgioç) a été fait évèque de Jérusalem en 350", après avoir été diacre, puis prètre, de cette église. C’est à titre de prètre qu’il dut prononcer ses Catechèses, en 347 ou 348. Nul doute que Cyrille n'ait été persécuté par Acace et les Homéens : il fut trois fois chassé de Jérusalem, et son troisième exil (367-378), sous Valens, ne dura pas moins de onze années. Nul doute aussi qu'il n’ait été opposé à la doctrine subordinatienne, mais sans aller dans ses homélies jusqu'à l'affirmation formelle du consubstantialisme. Il mourut en 386, après avoir pris part au concile œcuménique de 381 à Constantinople.
Les Catéchèses de saint Cyrille sont aujourd'hui d'une authenticité indiscutée. Elles comprennent une procatéchèse ou allocution préliminaire, puis dix-huit catéchèses ou instructions, trois sur le baptême, quinze sur le symbole, enfin cinq catéchèses mystagogiques
“ou instructions sur les saints mystères de la liturgie. Cette série de vingt-quatre instructions est la plus anclenne « catéchèse » que nous possédions, encore les instructions sur l'Écriture Sainte y manquent-elles. La discipline du secret, si elle a eu peu d’effet dans
ee a
D NR meet mr VA RE ‘ LR Cr -
notre littérature en ce qui est du symbole, en a eu un
grand en ce qui est de la liturgie sacramentelle : ici pour la première fois le voile se lève sur tous les rites et leur signification. Ajoutez l'attrait d'une éloquence vive et colorée, d'autant plus sensible dans une rédaction probablement sténographiée, comme est celle que nous avons. !
Sous le nom de Cyrille, on a une lettre à l'empereur Constance, récit d’une apparition miraculeuse de la croix à Jérusalem le 7 mai 351, lettre authentique aux yeux de certains (Tillemont, Bardenhewer), suspecte à d’autres, sûrement aussi ancienne que Sozomène qui la mentionne le premier {1v, 5).
$ 8. — Saint Grégoire de Nazianze.
Grégoire, fils de l'évêque de Nazianze en Cappadoce, est né en 330* et mort en 390*. I a passé par les écoles de Césarée de Palestine, d'Alexandrie, d'Athènes, où il a reçu la meilleure culture hellénique. L'intimité de saint Basile l’a conquis à la théologie consubstantialiste et à l’ascétisme. Son père l’a fait prêtre de Nazianze (361*), et saint Basile l’a fait évêque de Sasimes (372°), où il ne mettra pas les pieds. Grégoire résidera tour à tour à Nazianze jusque vers 375, à Séleucie jusqu’en 379,
4. CPG, t. XXXII (texte de dom TouTTÉE, Paris 1720). — J. MARQUARDT, S. Cyrillus hier. quid de contentionibus et placitis Arianorum senserit (Braunsberg 1880-1881, progr.). Id. S. Cyrillus hier. baptismi chrismatis eucharisliae mysteriorum îinterpres (Leipzig 1882), Bar- DENHEWER, p. 249. Pour la chronologie des catéchèses de Cyrille voir dom Caroc, Les églises de Jérusalem, la discipline et la liturgie au IVe siècle (Paris 1895), p. 455. KarTeNBuscu, Das apostolische Symbol. L. I, p. 40. Anal. bolland. t. XIII (4894), p. 53. — Les fragments homilétiques sur saint Jean (CPG, p. 1181) attribuées à Cyrille, ne paraissent pas antérieurs au concile de Chalcédoine.
à Constantinople de 379 à 381. Ce séjour de moins
de trois années à Constantinople coïncide avec l'avènement de Théodose : Grégoire, par ses prédications, rétablit la popularité de l’orthodoxie dans une cité infestée par l’arianisme ; il est élevé sur le siège de Constantinople par le concile (381), mais devant l’opposition de quelques évèques, il se démet spontanément et regagne la Cappadoce, où sa vie s'achève dans la retraite à Arianze.
Grégoire a souffert de la contrariété d’une âme faite pour la méditation, les lettres et la solitude, et d'une destinée de luttes et d'épreuves où l'ont entraîné les Cappadociens dont il est. Inférieur à Grégoire de Nysse comme homme de pensée, inférieur à Basile comme homme d’action, il est un homme de sentiment, pathétique, inconstant, attachant malgré tout. Il est aussi le rhéteur élégant, attique, avant tout l'avocat insinuant et vigoureux de la doctrine nicéenne, notre plus classique écrivain et notre plus mesuré doctrinaire.
On a quarante-cinq 2oyo de saint Grégoire dont on doit à Tillemont et aux Mauristes d’avoir établi la chronologie solidement. I-IIT datent de 362; IV-VI de la fin de 363 ou du début de 364; VII-XIX de 368 à 375; XX-XXV de 379; XXVI-XXX VIII de 380; XXXIX- XLIIT de 381 ; XLIV de 383; XLV de 385*. La série XX- XLIT est la série des discours prononcés à Constantinople, parmi lesquels les discours XXVII-XXXI, Tlsoù desokoyius, apologie de l’orthodoxie consubstantialiste contre les Eunoniens et les Macédoniens, sont ceux qui ont valu à Grégoire le surnom de « Théologien » par excellence. Les discours IV-V contre l’empereur Julien sont plutôt des œuvres écrites, que des œuvres prêchées : ce sont deux manières de philippiques, qui ont le tort d’être postérieures à la mort de l’empereur.
ve
La plupart des compositions poétiques de Grégoire - appartiennent au temps de sa retraite. Il nous révèle
qu'il a entrepris d'écrire en vers d’abord pour maîtriser sa facilité, ensuite pour offrir aux jeunes gens des poésies qui les porteraient au bien, enfin pour que les chré- - tiens n'aient rien à envier aux païens (11, 1; xxxix, 33 et suiv.). Les Apollinaires, avant lui, avaient eu une semblable ambition et y avaient réussi moins encore. - Les Mauristes ont partagé les poésies de Grégoire en
deux livres : poésies théologiques (soit dogmatiques, soit morales), poésies historiques (poésies sur lui-même et poésies sur les autres) : cent quatre-vingt-cinq pièces. Les Mauristes ont mis à la suite les Æpitaphia, cent vingt-neuf inscriptions funéraires métriques, et les Epigrammala, quatre-vingt-quatorze petites pièces de genre gnomique. Épigrammes ou plus longs poèmes, toute l’œuvre est de peu de prix : «la poésie de Grégoire n'est le plus souvent rien d'autre que de la prose versifiée, languissante et redondante : quelques petites pièces élégiaques peuvent cependant prétendre à quelque valeur poétique » (Bardenhewer). Le long poème leo £avroù a un intérêt historique comme source de la biographie de Grégoire. Versificateur, Grégoire s'est exercé dans les principaux mètres dactyliques et iambiques de la prosodie classique : on remarque toutefois deux curieuses pièces de lui, un vwros ëonegurôç (1, 1 : xxx) et un Lloûc mugüevouc nagoauverundg (1, 2 : 111) écrits en rythmes toniques.
La correspondance de Grégoire compte deux cent quarante-quatre lettres ou billets que les Mauristes ont éditées autant que possible dans l'ordre chronologique : la plus ancienne est de 357-358, la plupart de la période 383-389, c’est-à-dire du retour de Grégoire à Arianze, la plus récente des derniers jours de Grégoire ;
un certain nombre d'époque indéterminée. Ces lettres se.
distinguent à leur langue excellente et à leur élégance un peu vaine : la collection, pour la plus grande partie, en fut faite par Grégoire lui-même, une sorte de florilège où il avait mis aussi un choix de lettres de saint Basile (cf. Epist. 52 et 53).
$ 4. — Saïnt Jean Chrysostome.
Jean est né à Antioche {ca. 344). Il a été formé par Libanios, le grand rhéteur païen. Il a débuté à Antioche par des Hlaidos ers. Puis, attiré par l'Église, il a reçu le baptème (a. 369) et a passé à l’école de Diodore; de
ln €
là, il s’est retiré dans la solitude parmi les moines des
entours d'Antioche. Mélèce, évèque d’Antioche, l'y est venu prendre (a. 381) pour l’élever au diaconat. Flavien,
successeur de Mélèce, l’a fait prêtre (a. 386). Jean est.
prêtre dix ans à Antioche (387-397), dix années données au ministère de la parole avec un incomparable éclat d'éloquence et de caractère. L'admiration du clergé de Constantinople le désigne au ministre Eutrope
pour successeur de l’évêque de Constantinople Nek-.
tarios (27 sept. 397) : Jean est intronisé à Constan-
tinople (26 février 398). Mais bientôt l'intrépide har- … diesse de sa parole autant que la vigueur réformatrice.
de son gouvernement soulèvent contre lui la cour et le clergé; Eutrope, l'impératrice Eudoxie, Théophile d'Alexandrie, Épiphane, animent la sables qui se résout en un concile, le concile tenu à Chalcédoine
4. CPG,t. XXXV-XXX VIII (édition des Mauristes [dom CLÉMENCET], Paris 1778, terminée par CAILLAU, Paris 1840). — Sur les scoliastes anciens de Grégoire, BARDENHEWER, p. 270. — Sur les anciennes versions de Grégoire en latin, en syriaque, en slavon, etc. (ibid. p. 271), presque tout est à faire. <
dE
- Ad quercum, où Jean est déposé sans avoir consenti . à comparaitre (403). Exilé par l’empereur, rappelé par une émeute populaire, exilé définitivement (404), il est + relégué à Cucuse en Arménie d’abord, puis à Arabissos, enfin à Pityonte sur la mer Noire (juin 407), et c’est en route pour Pityonte, à Comanes de Pont, qu’il meurt (14 sept. 407).
Théophile d'Alexandrie, et à sa suite Épiphane et » Jérôme, ont poursuivi ou cru poursuivre en Chrysostome un origéniste : mais l’origénisme est pour peu dans les épreuves de Chrysostome, et Chrysostome joue un rôle effacé dans l'histoire des idées théologiques. Il est orateur, il est l’orateur catholique, et le plus abondant, … le plus varié, le plus populaire. « Sa facilité est prodi- - gieuse, même pour un oriental; il a le mouvement et | Ja passion ; il a l'harmonie, non pas le nombre sonore, - la périodelarge et puissante d’un Romain, mais la grâce syrienne, parfois un peu molle, toujours élégante, souvent touchante; il a surtout l'image, l’inépuisable invention de la métaphore originale, la comparaison juste et frappante... Et ce qui est vraiment supérieur, ce qui le rend sans égal..., c’est le tour pratique de son - éloquence (Puech). » De là sa familiarité, son ironie, son pathétique, ses digressions, ses épanchements, tout ce - qui révèle un orateur en communication directe avec son . auditoire : il veut, lui-même le dit, que chacun ait son » mot et que nul ne retourne à la maison les mains vides : « Nous interprétons l’'Ecriture, non pas pour que vous connaissiez l'Écriture, mais pour que vous corrigiez vos mœurs : sans cela, vaine est la lecture, vaine - l'exégèse » (Proph. obscur. 11, 7). Sa préparation exé- - gétique et spéculative est celle d’un Antiochien formé à l’école de Diodore : Théodore de Mopsueste et lui re- È présentent bien le développement opposé de la méthode FER 14
antiochienne, Théodore vers la science, Chrysostome vers la vie!.
L'œuvre de Jean compte d’abord quelques écrits de morale ou de spiritualité. L’exhortation sig Osodwgor &xneodvra, en deux parties distinctes, deux lettres d’exhortation à un ami tombé dans le déréglement : il ne s’agit pas de Théodore de Mopsueste; ce serait le plus ancien écrit de Jean (Antioche 369*). Trois opuscules sur la vie monastique, que l’on a coutume de désigner sous le titre commun de Adversus oppugnatores vitae monasticae, dateraient de 376 * et du temps de la persécution des moines par l'empereur Valens. Un opuscule, communément désigné sous le titre de Comparatio regis et monachi, éloge de la vie monastique, semble du même temps. Autant il en faut dire des deux livres sur la componction, [soi xururvsews, dédiés le premier à Démétrios, le second à Stéléchios, deux amis de l’auteur. Les trois livres Tlods Zruyeiguor, adressés à un ascète d’Antioche tourmenté par le démon, sont un traité sur les épreuves de la vie spirituelle : ils datent des derniers temps du séjour de Jean dans la solitude. Les six livres en forme de dialogue Leoi tsowovrns, ou de l'épiscopat (— De sacerdotio) et de son éminente dignité, ont été écrits pour un ami de Jean, Basile (de Raphanée?), que son élévation à l’épiscopat remplissait de scrupules. Socrates (vi, 3) attribue le Llepi tepcwobrme, comme aussi le Ilocc Ztuysiguoy, au temps du diaconat de Jean à An-
1. CPG, t. XLVII-XLIV (édition des Mauristes, dom MOoNTFAUCON, Paris 1718-1738). L'œuvre de MonTrAucoN laisse beaucoup à désirer; on préfère comme texte l'édition de H. SAviLe (Eton 1612). Cf. BARDENHEWER, P. 496. — Sur les versions latines, arméniennes, coptes, slayonnes, éthiopiennes de Chrysostome, 24. p. 328. — Sur Chrysostome, voir la notice de BARDENHEWER, P. 306-330. A, PuEcu, Un réformateur de la société chrétienne au 1Ve siècle, saint Jean Chrysostome et les mœurs de son lemps (Paris 1891). Cf. Anal. bolland. t. XIE (4893), p. 76.
= tioche, mais les deux écrits paraissent plutôt dater de la solitude.
- L'opuscule Eiç vewréqur ynostouoar est un traité sur le veuvage à une dame de qualité qui venait de perdre son mari, Thérasios : il date de 380 ou 381. Le Ileoù movardgius où de la persévérance dans le veuvage, est moins un livre qu'un sermon prêché et qui s'adresse à . toutes les veuves en général; on le joint sans motif suf- …. fisant à l’opuscule précédent : la date est indéterminée. … Le Iso nug9evius ou de la virginité, est de date indé- » cise : Jean y fait allusion dans ses homélies {x1x, 6) sur 1 Cor., qui ont été prêchées à Antioche : on en fait de là un écrit datant du diaconat, sinon des années de solitude de Jean, mais il parait être plutôt du temps de sa prêtrise, comme les homélies antiochiennes. L'opus- - cule contre les clercs qui ont des femmes dans leur —. demeure, Tlodc roùc Eyorrus nugherovc ovracuxrovc, et … l'opuscule contre les vierges consacrées à Dieu qui ha- … bitent dans une maison où il y a des hommes, Zleoi toù … récruvomxèc pe ovvouxeir vdouor, sont attribués à l'épiscopat de Jean. — Le Æ46y0ç sig TÔr puuxaguor BaBvhur xui - zxurè Lovuarod xai noùç Ekimras, est une manière de —. philippique contre l’empereur Julien : elle se donne … comme écrite une vingtaine d'années après la mort de » l’empereur, elle est sûrement antiochienne d'origine : - nous voudrions qu'il fût bien établi qu’elle est de Jean. Le Toëc te iovdaiovc ai Ellmruçs dnodaEis ovr êort Oedc 6 Xoorcc, un opuscule sur l’accomplissement des prob. phéties du Christ, est, croyons-nous, plus suspect encore que le précédent.
C'est par centaines que se comptent les homélies portant le nom de Chrysostome, son nom ayant été mis … en tête de tous les recueils de sermons de la plus basse “ époque susceptibles d'être prèchés, ou ayant abrité les
sermons d'auteurs anciens que leur nom ne recommandait pas !.
Sur la Genèse, on a une série de soixante-sept homélies de carème embrassant toute la suite du livre de la
Genèse : elles datent d'Antioche, peut-être de 388. On.
a en outre une série de huit homélies sur les trois pre-
miers chapitres de la Genèse, homélies de carème, An-
tioche 386. Le soi-disant neuvième sermon de la même série est postérieur à 388. Sur les Rois, on a cinq homélies sur Anne, temps pascal 387, et trois homélies sur David et Saül, même temps. Sur les psaumes, il nous reste moins des homélies que des sortes d’élévations sur soixante psaumes choisis : elles peuvent avoir été faites d’après des homélies, des homélies prèchées à Antioche, mais la date est indéterminée. On a des fragments sur Job, sur les Proverbes, sur Jérémie, tirés des chaînes et qui sont à contrôler. Les deux homélies sur l’obscurité des prophéties datent d’Antioche, vers 386. Le commentaire sur les huit premiers chapitres d'Isaïe, comme le commentaire sur les Psaumes, est une exhortation écrite sans doute d’après des homélies : Constantinople 397 (?). Mais on a six homélies sur Isaïe, en titre sur Ozias et les Séraphins, Antioche 388. Le commentaire sur Daniel est très discuté : Bardenhewer y voit une collection de scolies tirées des chaînes.
Suidas {s. p. ?/w. *Æyr.), qui attribue à Jean des com-
mentaires sur « toute l'Ecriture, soit la judaïque, soit
4. FaBRiCIUS, L. VII, p. 463 et suiv, a dressé un « Index homiliarum et tractatuum Ioannis Chrysostomi » publiées dans les éditions de F, du Duc, de Savile, de Montfaucon. C’estun index alphabétique selon les incipit de chaque homélie: il est reproduit par CPG, t. LXIV, p. 1327. Il n'existe
pas de catalogue ancien des œuvres de Chrysostome : celui querenferme.
le ms. Paris gr. 11 A (XIe s.), fol. 269(— OÙ d 700 rod Xov00070 uou
yrmo1or A0 yoi) est sans valeur. CPG, L. LXIV, p. 141 en donne une répli-
que d’après un ms. d’Augsbourg.
DONPE RES 22 AP D CR Po. 1
- la chrétienne», lui attribue des commentaires sur Ma- . thieu, sur Mare, sur Luc et sur Jean. Si tant est que # de ne s'est pas trompé, rien ne nous sera par- - venu de Chrysostome sur Mare, ni sur Luc, à l’exception de sept homélies sur Lazare (Le. xvr, 19). Mais . nous avons quatre-vingt-huit homélies sur saint Jean, ne: prêchées à Antioche en 388*, et quatre-vingt-dix homé- … lies sur Mathieu, prêchées à Antioche en 390*. Les ho- - mélies sur Mathieu ont été traduites en latin par le pélaà - gien Anianus (V* siècle). — Les cinquante-cinq homélies » sur les Actes datent de Constantinople, 400 ou 401, ” tandis que les quatre homélies sur le commencement des Actes sont d'Antioche 388, ainsi que les quatre ho- . mélies sur la vocation de Paul. — Pour les épîtres, on à trente-deux homélies sur Rom. (Antioche 391); qua- rante- -quatre homélies sur 7 Cor. et trente sur Z7 Cor. Antioche 392); un commentaire en six chapitres tiré homélies sur Gal. (Antioche); vingt-quatre homélies sur Éph. (Antioche); quinze sur PAïli.; douze sur > Col. (Constantinople 399); onze sur 7 Thess. et cinq sur /1 Thess. (C. P.); dix-huit sur Z Tim. et neuf sur // Tim. (Antioche?); six sur 7%t. (Antioche); trois sur Phile.; trente-quatre sur /eb. (Antioche). Ces der- -nières ont été traduites en latin par Mutianus sous la > direction de Cassiodore; le texte grec mentionne au titre qu’elles ont été publiées après la mort de Jean et = d'après ses notes (oquetu) par un prêtre d’Antioche du nom de Constantin. Les chaïnes donnent des fragments (à vérifier) sur les épitres catholiques.
Les homélies sur divers sujets se groupent en plusieurs séries : douze homélies contre les Anoméens, 4 eo dxataamnrov, prononcées partie à Antioche, partie … à Constantinople; huit homélies contre les juifs (Antio-
* che 387- -9); vingt et une homélies sur les statues, à Pac-
casion de la sédition des Antiochiens contre Théodose (387); deux homélies aux catéchumènes (Antioche, carèême 387) ; trois homélies catéchétiques sur les démons (Antioche, carème 388); neuf homélies sur la pénitence, les trois dernières suspectes (Antioche 395°).
Viennent enfin les sermons de fêtes liturgiques : sur la naissance du Sauveur, sur son baptème, sur la trahison de Judas, sur la passion, la résurrection, l’ascension, la pentecôte ; les panégyriques de saint Paul, de Mélèce d'Antioche, de Lucien d’Antioche, de Babylas d'Antioche, de saint Ignace d’Antioche, d'Eustathios d’Antioche, quelques autres encore : au total quarantecinq discours. — Il y faut joindre les sermons détachés sur des textes scripturaires ou sur des points de morale : homélie sur la parabole de celui qui devait dix mille talents, sur le texte « Pater si possibile est , transeat a me calix iste », sur le texte « Salutate Priscillam », sur l’aumône, etc. ; au total trente-quatre discours. — Les Mauristes mettent à part l'homélie de Chrysostome sur son ordination sacerdotale ; les deux homélies sur la disgrâce d'Eutrope, l'homélie sur l'exil de Saturninus et d'Aurelianus; les quatre homélies au moment et au retour de son premier exil. Ce sont là des pièces historiques au premier chef. — On y joindra les homélies stationales prononcées à Constantinople en diverses basiliques nommées; elles forment un groupe de onze discours retrouvés par les Mauristes.
Enfin, la correspondance de Jean, telle qu’elle s'est conservée, compte deux cent quarante-deux pièces, la plupart de courts billets, la plupart de son second et dernier exil. L'opuscule communément intitulé Quod nemo laeditur nisi a seïpso est une sorte de lettre à. ses amis sur le bon usage des tribulations (Cucuse 406). Et l'opuscule intitulé de mème Ad eos qui scandalizati
sunt est une consolation à ces mêmes amis et fait suite au précédent (derniers mois de la vie de Jean). A la dé-
fense de Jean appartiennent ses deux lettres au pape
Innocent (404 et 406) et sa lettre aux évèques, aux prètres et aux diacres emprisonnés pour sa cause (404).
$ 5. — Homélistes moindres.
Sévérien (Ses67ouurdc) fut évêque de Gabala en Syrie.
Gennadius | Vzr.inl. 21) dit de lui : «.. in divinis scrip-
turis eruditus et in homiliis declamator admirabilis fuit, unde et frequenter ab episcopo loanne [saint Chrysos-