CPG, t. LXXXVI, p
SE
grec le plus ancien, celui du IV° et du V° siècle, — si ce monachisme n'avait enfanté une littérature de mira-
bilia, recueils de dits et de gestes des moines les plus notables, où tout l'esprit de leur institution première
est représenté au mieux. Ces recueils, telle l’Ærstoire lausiaque, telle la Grande prairie, telle plus tard (VI° siècle) la Prairie spirituelle de Jean Moschos, avec des énormités de crédulité et de simplicité, renferment des moralités du sens le plus ingénieux et du tour le
plus ingénument achevé. Ils comptent parmi les ou- … vrages les plus lus, chez les grecs comme chez les latins, les plus imités aussi, et leur influence sur les
croyances populaires dure encore.
Nous grouperons les écrits de la littérature ascétique par groupes géographiques. D'abord le groupe égyptien et palestinien. — Antoine (Æyrwroc| est originaire d’un village de la Basse-Égypte et meurt (a. 356) dans la montagne de Kolzim aux bords de la mer Rouge. C'est un égyptien plus copte que grec, mais demeuré en contact avec Alexandrie; il est l'original légendaire des solitaires, et l’ami d’Athanase. Du temps de Jérôme (Vir. inl. 88), on connaissait sept lettres d'Antoine à divers monastères, lettres « d’accent et de langage
- apostoliques et qui ont été traduites en grec ». C'est . dire qu'elles avaient été écrites en copte. On les a en latin. Dans l'épitre d'Ammon à Théophile est insérée une
lettre grecque d'Antoine à saint Théodore, traduite du copte. On trouve enfin dans la vie de saint Antoine une série d'instructions du saint aux moines, dont le biographe (ch. 16) assure qu'elles ont été prononcées en cople".
La vie de saint Antoine, qui porte le nom d’Atha-
4. CPG, t. XL, p. 977. La lettre d’Ammon, 20id. p. 1065. Les pièces traduites de l'arabe (ibid. p. 961) sont supposées. BARDENHEWER, p. 24%
Ja eS Soie À
nase, est d’original grec, et le texte grec que nous en .
possédôns paraît bien être l'original même. Elle peut dater de 357*. On en a une version latine, œuvre d'Evagrios d'Antioche, faite à Verceil entre 363 et 370 : « Vitam beati Antonii de graeco Athanasii in sermonem nostrum transtulit », dit Jérôme (Vér. nl. 125). Rufin (7. £. 1, 28) connaît aussi « ..…. ille libellus qui ab Athanasio scriptus etiam latino sermone editus est. » L’authentieité athanasienne de l'original a été controversée (Weingarten, Gwatkin), mais ne semble pas douteuse (Bardenhewer, Loofs) !
Le souvenir de saint Pachôme ([uyœuoçs) est attaché à la grande île monachale de Tabennes sur le Nil, Ta-
bennesos en Thébaïde, où il s’est établi en 317 : origi-.
naire de Thébaïde et jusqu'à vingt et un ans « moine »
du temple de Sérapis, il est le législateur légendaire des … cénobites (+ 340 *). Dès l'an 404, Jérôme met en latin une.
Regula Pachomii, en cent quatre-vingt quatorze courts articles : il la publie, dit-il, d'après une version grecque faite sur l'original copte, et il la publie à Pusage des nombreux latins qui habitent dans les monastères du Delta. Jérôme joint à cette règle onze petites épîtres pour une part en langage chiffré, dont on cherche encore la clé : cela aussi traduit du copte sur le grec. Gennadius (Vér. nl. 7) a connu ce recueil hiéronymien.
Je ne sache pas que l’original, soit grec, soit copte, de.
ce recueil ait été retrouvé : on a un texte grec de la règle, en cinquante articles, un autre en soixante articles, un
résumé dans Palladios (/ist. laus. 38), une amplifica= w tion en éthiopien. — Denys le Petit (VI®s.) a mis en.
latin une vie de Pachôme et de son disciple Théodore, dont le grec subsiste, et dont on a un texte copte plus
. CPG, LL XXVI, p. 835 donne le grec d’Athanase et le latin d’ Évagrios. — Le hag. gr. p. 10.
omplet et plus primitif. On l’a encore en syriaque et arabe'. On a en latin une Doctrina de institutione monachorum portant le nom d'Orsisios (- 380*), qui t disciple de Pachôme : cette version est de date indécise. Le grec n’est pas signalé; l'original a été probablement copte. Gennadius (Vér.. int. 8) a connu trois Exhortationis epistulae de Théodore (+ 363*), autre disciple de Pachôme : elles n’existent plus ?. Un recueil de cinquante homélies, Oui nrevuariui porte le nom d'un Makarios, moine égyptien, que Gen- nadius (Wér. énl. 10) connait comme l’auteur d'une épi- tre « ad iuniores professionis suae ». On fait de ce. … Makarios (+ 391) un disciple de saint Antoine ,et un hi- goumène du désert de Scété, et le maître d'Évagrios le Pontique. L'épitre signalée par Gennadius existe core en latin; on en a une autre plus développée en grec. Bardenhewer signale les omélies pneumatiques comme ayant eu une grande vogue et comme - plaçant leur auteur au rang d'un « éminent représen- tant de la mystique ecclésiastique la plus ancienne »*. Ona vingt-neuf discours qui portent le nom d'un cerain Isaïas, dont on fait un moine de Scété du IV® sièele : elles ont été éditées en latin, le grec est inédit encore, le tout de peu de prix *.
moines égyptiens qui aurait pour auteur Timothée, pince d'Alexandrie (381-5). M. Lucius ÿ a rendu très
4. CPG, t. XL, p. 947. CPL, t. XXII, p. 62 ett. LXXIIT, p. 227. — Biblioth hag. gr. p.99. G. GRürzMACHER, Pachomius und das älteste Klosterleben - (Freiburg 1896). Theol. Literaturz. t. XXI (1896), p. 240.
2, CPG, t. XL, p. 869. BARDENHEWER, P. 245.
| 3. CPG,t. XXXIV, p. 405. BARDENIIEWER, P. 245.
4. CPG, t. XL, p. 4105. CPL, t. CINI, p. 427. BARDENHEWER, P. 247.
Ë 5. P. Lucius, « Die Quellen der älteren Gesch. des äg. Môünchstums » . dans la Zeïtschr. f. Kirchengesch. t. VIL (1884-5), p.163,
CR
Sozomène (vi, 29) mentionne un recueil de vies de.
2h41 LITTÉRATURE GRECQUE.
vraisemblable l'hypothèse que ce recueil perdu est …
0 4 7 Re . » \ 74 la ‘source où ont puisé Palladios, Rufin et Sozo- |
mène, et que l’auteur, qui ne peut pas être l’évêque Timothée, a servi de modèle à une série de recueils.
de dits et gestes des solitaires égyptiens, recueils M
dont la généalogie reste à étudier. — Nous avons en latin, traduit du grec par un diacre Pélagius, que l’on identifie avec le clerc romain qui fut plus tard le pape Pélage (556-561), un recueil qui est évidemment celui dont Photius (cod. 198) a possédé et décrit l'original grec sous le titre de Bi6210ç &rdo&v éyiwr et qu'il
donne comme un abrégé d’une compilation plus vaste = e]
intitulée Æaucwvaguoy uëyæ. Cette « Grande prairie » M doit être la source d’où est dérivé le complément latin = publié par le diacre Paschasius et dédié à un « Martin \
prêtre et abbé », sans doute Martin de Braga (VIesièele). .
Les Apophtegmata Patrum de Cotelier sont une com=
pilation où les dits sont rangés dans l’ordre alphabé-
tique des noms de leurs auteurs : Bardenhewer y voit M
un travail postérieur au concile de Chalcédoine. — Le compilateur fait observer dans sa préface que « nom= «
breux sont les livres où les dits et les gestes des saints vieillards sont rapportés sans ordre aucun »!.
On a peu dit quand on a rappelé que Nil (NeîAoç), après avoir été préfet du prétoire à Constantinople et marié,
quitta le monde pour se retirer au Sinaï avec son fils
Théodoulos vers 390, et qu'il y mourut vers 430 : Nil est
probablement, soit comme moraliste, soit comme écri= ê
vain, le plus cultivé de nos auteurs ascétiques. On a de lui des traités de longue haleine : un Lleoù noocevyÿe
4. Le latin de Pélagius forme les livres v-vr des « Vitae Patrum » deRos- WEYD, CPL, &. LXXII, p. 855. La traduction latine des quatre derniers chapitres est d’un «Ioanness. romanae ecclesiae subdiaconus ». Le latin, de Paschasius forme le livre vi de Rosweyp, 1bëd. p. 1025,
autre de la eos volontaire, à no doi
. d’Ancyre; plusieurs autres opuscules du même genre.
… Les ÆAnyquora, où il fait le récit de la dévastation du … Sinaï par les Arabes et de la délivrance merveilleuse
» de Théodoulos, sont une apologie de la Providence sous
- une forme emphatique, mais colorée et pittoresque. Enfin sa correspondance, qui compte plus de mille lettres ou extraits de lettres, est un spécimen original de direction en même temps qu'une vraie source d'’in- . formations sur les usages monastiques et séculiers du 1 temps". Ilexiste, attribué àsaint Nil, nous ignorons d’après quelle autorité, un abrégé du Manuel d Épictète ?, Groupe cappadocien.
Il faudrait que quelqu'un entreprit une minutieuse
… comparaison des avis aux moines, qui abondent dans
la correspondance desaint Basile, et des règles monasti- > ques qui lui sont attribuées. D'une part, Basile (Æpist. > xxm)semble répudier la pensée de substituer unediscipline de son fait « aux maximes des saints pères et à
> leurs expositions écrites : » d'autre part, des392, Jérôme
> (Vir. inl. 116) parle d'un ’Aoxqrixdr de Basile, et dès
- 397* Rufin publie en latin ses /nstituta monachorum,
adaptation des" Oguxarèmiäros et des" Ogo ur èmrourr. — Photius (codd. 144 et 191) a eu en mains des Aoxnruuà de Basile, en deux livres : le premier contenait l’opuscule Llegi xoiuuroc 0eoù et l’opuscule Tleoi . aioreuc; le second les quatre-vingts règles ou "Hüuxt, les cinquante-cinq “Oo xurà nhdros [Regulae fusius
4. CPG, t. LXXIX (avec une bonne notice de FESSLER, p. 9). 2, CPG, t. LXXIX, D. 1285.
tractatae|, et les trois cent treize “Ogu rar Emrourr [Regulae brevius tractatae]. — On y joint aujourd’hui sur la foi des mss. : 1° une soi-disant préface [Praevia & institutio|, homélie banale et apocryphe sur la vie chré- : tienne ; 2° deux Æ6yo éoxnruxot, l'un sur le renoncement au monde, l'autre sur la discipline ascétique, tous deux « suspects, et que rien ne rattache au reste de la collec-
tion; 3° des ?Aoxmrixoi duaréseuc, de bon aloi, mais non
de Basile; 4° enfin un tarif pénitentiel, "Enrua : [Poenae in monachos delinquentes]|, apocryphe. Ce re= cueil, tel que Photius l’a possédé, représente pour bien M des critiques d'aujourd'hui l'?4oxqrix6r authentique de M Basile, et c'est cela mème qui serait à vérifier. Selon « Sozomène (11, 14) lÆAoxmrixr BiBloc de Basile était par” quelques personnes revendiquée pour Eustathios de. Sébaste !. #3 Évagrios de Pont, né vers 345, accompagnait en qua à lité de diacre Grégoire de Nysse au concile de 381 à Constantinople, et Re un temps à CS auprès du patriarche Nektarios : puis il quitta le monde; « visita Jérusalem et les lieux saints, et vint se fixer en * Égypte au désert de Nitrie, où il mourut vers 400. Socrates (iv, 23) lui attribue un livre intitulé Llooyv-. worixa npo6lyuura, recueil de six cents maximes. ascétiques, perdu; un Morayôc 7 neoi TQOUXTIXNS, QUE Gennadius (Vir. intl. 11) appelle le livre des Centum « sententiarum, conservé; un [yooriwxéc, le livre des” Quinquaginta sententiarum de Gennadius, perdu; un "Ayrigomqrixôs, qui est le même que le traité des huit pen- » sées de malice (LTeoù Tür dx Loyiou@y, que nous pos=" sédons en grec et dont on a un remaniement syriaque;
un traité Jloûc roùc uorayoëc, que Gennadius qualifie de …