THÉOLOGIENS ET EXÉGÈTES
Le IE siècle a légué à l'Église le canon de la foi, le IF siècle une exégèse et une philosophie, d’un mot, 4 une science, et une science toute pénétrée de l'individualisme de l'hellénisme en matière de critique et de spéculation. La période où nous entrons est celle des Pères et des Définitions : c’est la lutte de l'indivi- ? À dualisme en critique eten spéculation contre le canon de la foi, lutte terminée par les conciles et donnant naissance à des formules de foi de plus en plus explicites et dirimantes. La lutte s'engage d’abord sur la divinité métaphysique de l'Homme-Dieu : la tradition anténi- céenne est formulée à Nicée, Athanase maintient la = formule nicéenne contre toutes les revisions, les Cap- padociens et Théodose les font accepter de tout l'Orient (313-381). Surgit alors le problème de l'union de l'hu- manité et de la divinité en Jésus-Christ : c'est l'Apollinarisme vaincu par les Cappadociens, c'est le Nestorianisme vaincu par Cyrille d'Alexandrie, c’est l'Eutychianisme vaincu par le pape Léon au concile de . Chalcédoine (383-451). Puis, au milieu des luttes pour et contre Chalcédoine, la condamnation d'Origène et … de Théodore de Mopsueste, de l’individualisme spéculatif et de l'individualisme critique, et l'apparition d'une
théologie d'Empire, avec Zénon, puis Justinien, et d’une
théologie mystique, avec Denys l’Aréopagite es
527). Cèpendant l’exégèse se meurt.
? 4. — Athanase et les Nicéens.
Alexandre est l’évêque d'Alexandrie (312-328) qui assiste à la naissance de la controverse arienne au sein de son clergé et qui la fait aboutir à la définition du
D nistentiele à Nicée. Épiphane (LXIX, 4) a connu une collection de lettres d'Alexandre qui ne comptait pas.
moins de 70 lettres, adressées, dit-il, à Eusèbe de Césarée, à Makarios de Jérusalem, à Asklépios de Gaza, à Longinos d'Ascalon, à Makrinos de Jamnia, à d'autres en Phénicie et en Cœlé-Syrie, tel un certain Zénon à Tyr; et le recueil renfermait les réponses de.
ces personnages se défendant du reproche que leur
adressait Alexandre de soutenir Arius. Nous possédons une encyclique à tous les évèques pour dénoncer Arius et le soutien que lui prète Eusèbe de Nicomédie; une lettre pour signifier la déposition d'Arius et de ses partisans, Kabaigeois ?Agslov: une lettre à Alexandre de Constantinople sur le même sujet, joint à un exposé
du consubstantialisme. On trouve d’autres lettres, à:
Aeglon de Cynopolis, à Philogonios d'Antioche, à Eus= tathios de Béroé, à Constantin, à Arius, au pape Sil- | vestre, toutes lettres mentionnées par Théodoret, Épiphane, Socrates et procédant du même recueil, sans doute. — On a retrouvé en syriaque des fragments qui ont fait partie d'une collection d’homélies d'Alexandre : on y relève une « homilia nona festae » qui a pu être. une homélie ou épitre pascale, et une « homilia
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ia Fe Arianos ». En syriaque encore on a une homélie « de anima et corpore deque passione Domini », dont on ap ttes qu'elle dépend du traité de Méliton, ITeoi Wvync!. , Athanase (AOuvaovos) succède à Alexandre sur le iège d'Alexandrie (17 avril 328). Il a dû naître vers 295, a été fait diacre vers 319, et a pris part aux côtés de * son évêque au concile de Nicée et à la définition du - consubstantiel, que tout son long et intrépide épiscopat sera employé à maintenir, contre les entreprises à évisionnistes des Orientaux. Soutenu par sa fidèle k Égy pte et par Rome, il tient tête à tout l'Orient au nom de l'autorité de la in et de la chose jugée. Banni à Trèves par Constantin en 335, il est rappelé par ses Is en 338 ; chassé par les Ariens en 340, il ne peut reenir à Alexandrie qu'en 346, en dépit du jugement u concile de Sardique (343) qui l’a réhabilité; dix ans lus tard (356) Constance le fait expulser. Il est rappelé, puis exilé par Julien (362). Jovien le ramène à Alexandrie (363-4). Valens l’en exile (365). C'est le cinquième et dernier exil d’Athanase qui, après quatre mois, rentre dans sa ville, où il meurt le 2 mai 373.
Nous avons des hommes de plus descience, ou de plus d’art, ou de plus de génie spéculatif : celui-ci les passe tous par la rigueur juridique, la ténacité souple, la passion vraie jointe à la mesure. Il a toute la culture d’un Grec et rien d’un homme de lettre; sa théologie aussi bien que sa culture, a une sobriété comme ascétique, qui ne se retrouvera plus après lui?.
Athanase a relativement peu écrit ; de sa correspon-
4. CPG, t. XVII, p. 548. — ACL, L. I, p. 449. 2. CPG, t. XXV-XXVIIL (reproduit l'édition des Mauristes [dom LopiN
et Monrraucon], Paris 4698 (avec les suppléments de Grusriniant el de
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dance, il reste quelques pièces admirables. Avant tout, l'encyclique dans laquelle Athanase dénonce les violen- … ces qui ont accompagné l'intrusion de l'évêque arien, Grégoire de Cappadoce, à Alexandrie (341). Une lettre au moine Drakontios,-qui refusait d'accepter l’épiseopat (354 ou 355). Une lettre encyclique aux évèques d'Égypte et de Libye, pour protester contre l'intrusion de l’'évèque arien Georges de Cappadoce à Alexandrie | (356). Une lettre dont la suscription mentionne qu'elle est écrite par quatre-vingt-dix évèques d'Égypte et de Libye et adressée aux évêques d'Afrique, Æpistula ad Afros, pour les encourager à défendre la foi de Nicée " (369*). Le « Tome aux Antiochiens », lettre synodale au ñom des évêques d'Italie, d'Arabie, d'Égypte, de Libye, réunis à Alexandrie en 362; l’épitre sur l’orthodoxie catholique à l'empereur Jovien (363). De moindres lettres, L à Lucifer de Cagliari (360*), à l'évêque Rufinien (362%), M à Épictétos de Corinthe (371*), à Adelphios et au philo- M sophe Maxime, aux prêtres Jean, Antiochos, Palladios (372*).—- Il subsiste quelques fragments originaux des lettres festales, lesquelles durent être réunies selon l'ordre chronologique en un recueil : on a ainsi des fragments des lettres 22, 24, 27-29, 39, 40, 42-45 : le fragment conservé de la 39° (4. 367) est un important catalogue des livres canoniques. En 1847, Cureton a retrouvé dans un ms du VITSsiècle {A dd. 14569) une versionsyriaquede quinze lettres festales correspondant aux années 329-348, « et en tête de cette moitié de recueil une table analy- «4 tique de tout le recueil, soit des lettres correspondant « aux années 329-373. avec pour chaque année l'indication de la date de Pâques, des consuls, du préfet d'Egypte, et la mention des événements principaux de la vie d’Athanase. Cette table, en ce qui concerne la vie d'Athanase, a été faite d'après l'original du texte
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que r on appelle Historia acephala Arianorum .
. Les écrits d'Athanase sont surtout des opuscules de - circonstance, controverse ou apologie. — L’4r0k0y1nmuxdc xura * Agaurdvr date de 350* : Athanase y réfute toutes les accusations personnelles dont les Ariens l'ont voulu charger à Tyr et à Sardique. — Le traité, que l’on intitule communément De decretis nicaenae synodi et qui en grec s'intitule : « Que le concile de Nicée, vu la poire des Eusébiens, a for mulé comme il fallait et selon
Cfa hation du consubstantiel Etre le ES de nouveauté et de n'être point scripluraire : il date de la période 350-3. — Au même temps appartient le traité intitulé communément De sententia Dionysüi, et en grec … « De Denys, l’évêque d'Alexandrie, que son sentiment 46 était, autant que celui du concile de Nicée, contraire à |: l'hérésie arienne, et que les Ariens le calomnient qui le disent de leur avis. » — La [lodc rôr Buoukéa Koworévrioy dnohoyiæ est de 357. Athanase s'y défend contre les imputations des Ariens qui l’ont repré- … senté comme un séditieux. — En 357 ou 358, il publie … l4rooylu neo tic puyÿe, pour se défendre contre les mêmes ennemis d'avoir fui Alexandrie devant les vio- lences du dux Syrianos. — En 358, l’opuscule que, faute du titre authentique, on appelle Æéstoria arianorum ad monachos, et qui est incomplet des premiers chapitres, le récit commençant ex abrupto à l'année 335. — La courte épître à Sérapion, récit de la mort d’Arius, est une sorte d'épilogue à l’opuscule précédent. — En 359, Athanase écrit, sous forme de lettre, le livre que que nous intitulons De synodis et dont le titre est « Des
4. W. CuRETON, The festal lellers of A. (Londres 1848). Mat en à fail une version latine que reproduit, CPGt. XXVI, p. 4351.
synodes qui se sont tenus à Rimini d'Italie et à Séleusie d'Isaurie » : il y fait le procès des deux synodes. où les intrigues ariennes ont cru triompher décidément.
Plus considérable est le Karè * Agaurwoy en quatre livres (16yor): il date du troisième exil d’Athanase (356-361) selon Montfaucon, de 338-339 plutôt selon Loofs : c’est sur la divinité du Fils l’œuvre didactique maïtresse d'Athanase. L'hypothèse de Dräseke, qui les retire à Athanase pour les attribuer un « philosophe » Maxime, n’est pas justifiée. — Les quatre lettres à Sérapion, qui datent de 356-361, complètent l'exposition par une défense de la divinité de l'Esprit. En titre à la première : « Contre ceux qui blasphèment et disent que l'Esprit saint est un être créé ». — Les deux traités intitulés respectivement -4670c regi Tic vurdowrnoeus Toù Acyow, et Kara &lkrror k67oç, constituent une apologie du christianisme selon la méthode traditionnelle, critique. de l'hellénisme, preuve de l'incarnation : c’est une apo- ; logie sobre et vigoureuse que Jérôme désigne sous le titre de « Adversum gentes duo libri ». Elle ne peut appartenir qu'à la jeunesse d’Athanase (ca. 318*). L'authenticité en est combattue par certains (Dräseke), défendue par d’autres (Loofs), et le dernier mot ne semble pas dit sur la question. — On a sous le nom d'Athanase une” ÆxŸeovc et niorews dont l'authenticité n’est pas mise en doute. De mème pour leTlsoi niorewç 16yog 6 uaelÿwy, étroitement apparenté à l’’Ex9eox, sans qu'on puisse dire lequ el des deux écrits est le plus ancien. Le Liber de Trini tate et Spiritu sancto, que l'on a seulement en latin et que Loofs juge plutôt douteux, reste à étudier. Nous ne parlerons pas des pièces exégétiques attribuées à Athanase, qui, à l'exception de l’opuscule sur le texte « Omnia mihi tradita sunt a Patre meo »
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inl. 99), qui vante l'élégance de son esprit et l'affection
um titulis, et enfin un recueil de lettres. Nous avons … le traité (ou partie du traité) contre les Manichéens, - en grec. Ce traité a cireulé sous le nom d’Athanase, au témoignage de Facundus {xr, 2). Le De psalmorum titulis n'existe plus. Maï a retrouvé deux lettres de Séapion : l’une à un évêque du nom d'Eudoxios, inconnu ; autre aux moines d'Alexandrie, éloge de la vie monastique, d’une rhétorique médiocre ?.
. Didyme (Æduuoc) comme Sérapion est du groupe es amis d'Athanase : il mourut à plus de 80 ans dans le dernier decennium du IV: siècle. Tout aveugle qu'il fût, préposé à l’école catéchétique d’ Mie où sa renommée attire Rufin et Jérôme, ency clopédiste à qui » rhétorique, dialectique, géométrie, musique, astrono-
"4, J. Drasseke « Athanasiana » dans les Theol. Studien und Kriliken, . &. LXVI (4893), p.251 ; « Zur Athanasiosfrage » dans la Zeitschrift f.wiss. Theol. t. XXXVIII (1895), p. 238, et « Athanasios pseudepigraphos », bid., p. 517. La controverse rapportée par Weymanx dans le Byzant. Z.t. V (4896), p. 223. — Sur l'Exdecusrrlorews, etle 40 yos à juellwr, voir KATTEN- … susc, Apost. Symb. t. I, p. 838. DRAESEKE nous semble avoir bien établi ; (Patrist. Untersuch. p. 469) que les deux livres contre Apollinaire ITeot COQ#U)OELS sont pseudépigraphes, encore que datant de 375 environ. Douteuse aussi la Æguyrela eès TO oÿubolor (Loofs). Douteux le TZeot 4 évavOgwrrnoes. Pour l’œuvre exégélique d’Athanase, voir notre article - « Athanase » du Dictionnaire de la Bible. — Sur Athanase en général, - Loors, art. « Athanasius » de RE.
2, CPG, t. XL, p. 899. Sitzungsberichle, 489%, p. 479, mémoire de = BRINKMANN.
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mie, dogme, exégèse sont autant de spécialités, il passe pour le ro de l'Église. Jérôme (Vér. énl. 109) connaît de lui des commentaires : {x psalmos omnes, In evangelium Matthaei et loannis, In Isaiam (dix-huit tomes), /n Osee (trôis livres), 2x Zachariam (cinq lvres), /n Tob... Tout cela perdu. Cassiodore possédait en grec et fit publier en latin par son ami Epiphane le Scolastique un commentaire des épitres catholiques,
qui nous est parvenu dans la traduction assez libre d'Épiphane, /n epistulas canonicas enarratio, et dont on à quelques passages grecs tirés des chaînes. Maï a publié des scolies grecques sur Z7 Cor., sur les Proverbes et sur les Psaumes, dont Bardenhewer ne tient pas l'authenticité pour certaine, encore que l’auteur soit alexandrin et allégorisant. — Jérôme cite -un De spiritu sancto (un livre) : le texte grec nous manque, mais nous avons la version latine qu’en a donnée Jérôme : c’est l'écrit le plus démonstratif et le plus méthodique de tous ceux que les anciens ont composés pour prouver la divinité du Saint-Esprit, selon Du Pin. Jérôme parle d’un autre ouvrage, De dogmatibus, et de deux livres Contra arianos, perdus : le De dogmatibus est sans doute le même travail que Didyme, dans son livre sur le Saint-Esprit (5 et 32), intitule : « Sectarum volumen » et « Dogmatum volumen ». — Nous avons en grec un assez pauvre morceau Kara ur- Jzaiwr. Plus intéressant est le Tlsoè Toados (en trois livres), tout mal conservé qu'il est : il a dû être composé après l'avènement de Théodose et réfute l’arianisme. Mais nous attacherions plus de prix à l’ouvrage perdu que Jérôme qualifie de « in [soi doyür libros breves commentarioli », apologie de la doctrine d'Origène, qui permettrait de voir en Didyme dans ses idées théologiques comme dans sa méthode
De de, le très orthodoxe disciple d'Origène!. Hegémonios est, d'après Héraklianos cité par Pho-
tius éd: 85), l’ ne des Acta disputationis Archelai … episcopi Mesopotamiae et Mancetis hacrestarchae. Le #4 texte original de ces Acta, dont on a quelques fragments, était grec plus vraisemblablement que syriaque, et la rédaction a pu en être faite dans la première moitié - du IV* siècle. Nous avons les Acta en une version latine ancienne. La dispute de l'évèque et de l'hé- résiarque est une fiction littéraire adoptée par l'auteur pour réfuter le manichéisme ; mais les sources manichéennes auxquelles il a puisé font de son œuvre une précieuse mine d'informations ?.
Eustathios, évêque d'Antioche au moment du con- Cile de Nicée et resté fidèle au consubstantialisme, est déposé par le parti eusébien en 330* et meurt
exilé en 337*. Sozomène (11, 19), qui a connu des A6yor de lui, estime son beau langage à tournure archaïque: et son bon sens; Euloge (Photius, cod. 225) mentionne un Karû doauroy en six livres, cité aussi par Facundus (xx, 1). Jérôme (Vér. inl. 85) connaît de lui « infinitae epistulae », dont aucune ne nous est parvenue, un traité De anima 7 autre De engastrimytho adversus Origenem. Nous avons ce dernier en grec, précédé de Vho- * mélie d'Origène sur l'évocation de Samuel par la sorcière d'Endor. Eustathios y cherche une via media entre le littéralisme strict et le pur allégorisme : c'est au demeurant une vigoureuse critique de la méthode d'exégèse alexandrine ?. 3 Éphrem d'Antioche{(VI° siècle), cité par Photius (cod.
4, CPG,t. XXXIX, p. 270. BARDENHEWER, p. 290.
2, CPG, t. X, p. 1429 (texte de ZAcaGnr, Rome 1698). BARDENHEWER, P. 247.
3. CPG, t. XVII, p. 614. — A. Jan, Des h. Eustathios Beurtheilung des Origenes (Leipzig 1886). Bull. cril. t. VIII (1887), p. 5.
F ES 229), mentionne un Cyriaque (Kvgiuxdç), évèque de Pa-
phos, qui aurait assisté au concile de Nicée, et qui se-
rait auteur d'un Hepi àvar0gunioeus et d’un discours Eic rà 0gogéma. Ce Cyriaque est le même que le Cyrille
évèque de Paphos dont le nom figure dans les sous-
criptions de Nicée. Mais Cyrille-Cyriaque n'a vraisem= blablement rien écrit. Attesté seulement au VE siècle,
par Éphrem et par Léonce de B. ses écrits peuvent être
des fictions forgées pour le besoin des controverses du
Ve siècle. Il faudrait voir si le Leo rurOgwnnoews très
douteusement attribué à saint Athanase (CPG, t. xxwr,
p- 983) ne serait pas celui du prétendu Cyriaque de Pa= phos.
Marcel (Maoxehoc), évèque d'Ancyre en Galatie, a assisté au concile de Nicée et n'a cessé d’être un nicéen : le concile de Sardique (4. 343) le déclare indemne
du reproche de sabellianisme que lui font les Ariens :
les Nicéens de la veille, comme Athanase, lui sont indulgents, mais niles Cappadociens, ni les Apollinaristes ne lui épargneront l’anathème. Photin (Doravdc),
évêque de Sirmium en Ilyricum (+ 376*), galate d'ori-
œine, a été diacre et disciple de Marcel : il va sans doute jusqu'au bout de la pensée de Marcel, tombe dans l’a doptianisme et est condamné aussi bien par les Occidentaux que par les Orientaux. Marcel était auteur d’un Leoiricrod viod Énoruync | Desubiectione Domini Chris-
ti], traité de polémique contre l'arien Astérios publié
vers 335. Ce traité est perdu : on a la réfutation qu’en a faite Eusèbe de Césarée dans le Contra Marcellum et le De theologia ecclesiastica, et les passages nombreux qu'Eusèbe en a cités. Il a été réfuté de même par Astérios et par Acace. « À Sardique, Marcel dut en
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exhiber une édition fortement expurgée, car on con-
cevrait difficilement qu'il eût été renvoyé indemme après
onservé des Rénette si peu orthodoxes » Put É iphane (LXXIT, “o- -3) produit la lettre et la profession de i adressées par Marcel au pape Jules pour se jusüfier du soupçon du Sabellianisme. Jérôme (Vrr. énl. 86) a connu de Marcel un traité « Adversus arianos », qui est sans doute le traité De subiectione contre Astérios, et en outre « multa diversarum hypotheseon volumina», dont il n'existe plus de trace!.
… Photin, assure Jérôme (Vrr. énl. 107), avait écrit «plura volumina », dont les plus importants étaient un = {traité Contra gentes et un autre ad Valentinianum. So- - crate (17, 30) lui attribue un traité « contre toutes les … hérésies », dans lequel, ajoute-t-il malicieusement, - Photin n'avait omis que la sienne propre. Socrates n (Z. c.) témoigne que Photin, qui savait le latin (lIllyri- - cum était un pays latin), publia ses écrits en latin en - même temps qu’en grec. Rien n’en a été retrouvé.
. «Maxime le Philosophe » est cet aventurier alexanà drin qui, à Constantinople, surprit la bonne foi de
EE ople à la aLeAction de toute l'Église, et fut Déhasse par le concile de 381. Jérôme (Vér. oh 127) lui + attribue un « insignem De ide adyersus arianos li- . brum», qui ne s’est pas conservé ?.
$ 2. — La littérature arienne.
0 PE: dehors de l'Égypte, la littérature grecque chrétienne de Constantin à Valens, c’est-à-dire jusqu'à k.
1. CPG, L, XVII, p.1299 (reproduit les Marcelliana de RETTBERG, Gôt- - tingen 1794). Zau, Marcellus von Ancyra (Gotha 1867). Casparr, Quellen, De tit. p. 28.
. 2. VENABLES, art. « M. the Cynic » du DCB.
l'entrée en scène des Cappadociens, est une littérature … plûs ou moins vouée à l’arianisme : cinquante années, et davantage, fertiles en exégètes, en dialecticiens, en controversistes, en orateurs, et dont (Eusèbe de Césarée
-mis à part) il n’est à peu près rien demeuré’.
Arius (‘4gaoç), un disciple de saint Lucien, estprêtre | d'Alexandrie. En 318, il entre en conflit avec son évê-. que Alexandre; en 321, il est déposé par le synode d'Alexandrie; en 325, Nicée le condamne. Les historiens anciens présentent Arius (+336) comme un dialecticien obstiné (Socr. 1, 5; Sozom. 1, 15). Il fait figure d'orateur et d’argumentateur plus que d'écrivain. Les Ariens avaient dressé un recueil de lettres d’Arius, dont il reste une lettre à Eusèbe de Nicomédie (conservée par Théodoret, 71. E. 1, 4), une à Alexandre d’Alexandrie (conservée par Athanase, De synod. 16, et par Épiphane, zxix, 7). Nous possédons un formulaire signé par lui et adressé à Constantin (Socr. r, 26 et Sozom. 1, 27.) Il avait composé des sortes de cantiques populaires pour propager sa doctrine (Philostorg. 11, 2), et un livre intitulé Ousia dont faisaient peut-être partie les cantiques ci-dessus, livre de prose mêlée de vers que saint Athanase (Orat. ec. arianos, 1, 4) lui reproche d’avoir imilés du païen Sotades et de laisser chanter par ses partisans en guise de chansons à boire : il ne nous en reste que les citations qu'en fait Athanase ?.
Eusèbe, évèque de Nicomédie (314 ?-338), puis de Cons-
4. Sur l’Arianisme, J. “e NEWMANN, The Arians of the fourlh century
(4° éd. Londres 1876). H. M. GWATKIN, Studies of Arianism (Cambridge 1882). Loors, art. es » de RE3.
2. ACL. 1.1, p. 531. Loors (p. 13), restitue en vers soladiques une citation faite par Athanase (0. c. 5) de la Thalia : Kar@ niorw éxlexTor 0eoù, oursror 0eoù, ratdwy Ayiwr, Sg0orouÿr, &'yvor eo rved ua AaGoyrowy " LAN 1 27 Tade Eualor Éywye, UTO Tüy coplas LETEYOVTUY...