‹ Anciennes littératures chrétiennesChapitre 47 sur 63 · ONE P · texte numérisé non relu

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gie du christianisme contre le zoroastrisme intolérant des Perses. Elle était dédiée à un chorévêque arménien,

Mastoubios, et comptait trois livres, le premier consa- :

cré à exposer les fables dualistes des mages, les deux derniers à exposer la suite du christianisme depuis l’origine du monde, non sans y mêler, « au troisième livre surtout, l'erreur nestorienne », assure Photius (7, c.). I n'en reste que la brève analyse donnée par Photius. — D'un livre Ets rà Ouvuaura ou « des miracles », on a un fragment en grec et en latin.

Photius encore e (cod. 17 7) connait un traité Tloûc roic Rëyovrac qéoe xai où yrouy aTuiey Toùc vOpurouc, signalé par Ebedjesu comme « deux tomes contre ceux qui disent que le péché est inhérent à la nature humaine » : cinq livres dont Photius donne une analyse détaillée. Marius Mercator en a traduit un extrait en latin précédé de la note : « Cuius autem perfidiae sit Theodorus, ex scriptis eius quae de graecis transtulimus approbemus! » L'ouvrage était dirigé contre saint Jérôme et la théologie du péché originel : Théodore y était fermement pélagien.

On connaît de titre quelques autres ouvrages : un « Codex mysticus » dont Facundus {nrr, 2) cite le treizième livre, ou « Livre des mystères » comme l'appelle Ebedjesu : étaient-ce des catéchèses mystagogiques ? Facundus (1x, 3) parle d'un « Liber ad baptizatos », Ebedjesu d’un ouvrage « Sur la foi ». On en a des fragments, appartenant au huitième livre. Il y faut joindre sans doute l'ÆEgumrei ic T0 êr Nixaie oëuboror, dont on à un fragment dans les actes du V° concile. Marius Mercator a édité en latin en l’abrégeant et en le réfutant un Symbolum Theodori Mopsuesteni, dont on a le texte grec, mais sans nom d'auteur, dans les actes du De. d'Éphèse {Maxsr, t. 1v, p. 1348) : authenti-

que formule de la christologie particulière à Théodore: Ebedjesu signale un livre « Sur le sacerdoce »; un autre « Aux moines »; un autre « De la règle de la vie. » Il a existé un recueil de lettres de Théodore : on en trouve trace chez Photius (cod. 177) : Ebedjesu l'aurait vu circuler avec le titre de « Livre des perles »!. Polychronios, frère de Théodore de Mopsueste, a dû être évêque d'Apamée sur l'Oronte, en Syrie : plus jeune que lui, il lui aura survécu de peu, car au concile d'Éphèse un autre que Polychronios est évêque d’Apamée. Le personnage de Polychronios ne nous est connu que par un mot de Théodoret (1. E. v, 40). Mais on l'identifie avec l’auteur de fragments exégétiques que les chaînes mettent sous le nom de Polychronios : scolies sur le Pentateuque: prologue et fragments de commentaire sur Job ; commentaire sur Ézéchiel et sur Daniel !. À ces fragments on peut reconnaître un théologien dont la christologie semble concorder bien avec celle de Théodore, et un exégète érudit, critique, du même littéralisme et d'une pareille indépendance ?.

4, CPG,t. LXVI (bonne collection des restes de Théodore, mais à compléter). Pour le comm. sur les psaumes, Zeëtschrift f. d. alltestam. Wissenschaft, t. N (1885), t. VI (1886), t. VII (1887), articles de Fr. BAETIIGEN. Sur le comm. des psaumes de Mencart, en attendant la publication promise, voy. Theol. Literaturz. t. XXI (1896), p. 361. Pour le comm. sur Jean, Actes du huilième congrès intern. des Orientalistes (Stockholm 1893), p. 11, p. 107, mémoire de BAETuGEN ; el dans le Comple rendu du troisième congrès sc. intern. des catholiques (Bruxelles 1895), p.11, p.213, mémoire de Cuasor. Pour ie comm. sur Paul, H. B. SWETE, Theodori ep. M. in epp. b. Pauli comm. the latin version and greek fragments (Cambridge 1880-2). E. Sacuau, Theodori M. fragmenta syriaca (Leipzig 41869). — Il manque une monographie complète de Théodore. Voyez H. Kiux. Theodor von M. und Junilius Africanus als Exegeten (Freiburg 4886), et SWETE, art. « Theodorus M.» dans le DCB.

2. On a aussi des scolies sur les Proverbes, sur le Cantique et sur Jérémie, mais elles sont trop allégorisantes pour pouvoir appartenir à Polychronios d’Apamée (Swete). 11 existe un comm. sur l'Ecclésiaste, inédit, attribué à Polychronios. — 0. BARDENNEWER, Polychronius von

- D'ATHANASE A JUSTINIEN. Speo

On ne sail ajusté à quelle date mettre l'Eouywyn sis : Tüc Oeius youpüs, qui porte le nom d'un Adrien inconnu, mais sûrement antiochien de principes et d'affinités. Cassidore le range au nombre des « introductores - Scripturae FES » (De institut. 70). Peut-être a-t-il - servi à Théodoret. Il serait à ce compte un grammai- rien exégète du cercle de Théodore de Mopsueste!.

$ 5. — Épiphane et Théophile.

» Les Cappadociens et les Antiochiens font penser - aux théologiens et aux exégètes du commencement du XVE siècle; leur temps, à une sorte de halte confiante où l’exégèse se reforme, où la dogmatique semble - complète. Mais les questions se renouvellent : des luttes vont éclater plus violentes dans un champ plus clos. L'esprit spéculatif cher aux Cappadociens, l’es- . prit positif propre aux Antiochiens, vont susciter des troubles profonds, provoquer des anathématismes rigoureux, et des schismes qui durent encore. Pi itane CErupémocs) ouvre le feu. Épiphane est un palestinien, des environs d° Éleuthéropolis ; il a - tout jeune été formé au milieu des moines égyptiens, et tout jeune encore il a fondé un monastère dans son .… village natal de Besanduke. Il y réside jusqu’en 367 où il est fait évêque de Salamis en Chypre. Il occupera ce siège jusqu'à sa mort (4. 403). Son monachisme l'a fait nicéen. Son orthodoxie le fait l'oracle de tout le parti monacal en Chypre, en Palestine, et du clergé le plus

… Apamea, ein Beitrag zur Gesch. der Exegese (Freiburg 1879). SWETE art.

-. « Polychronius » du DCB.

4. CPG, t. XOVIII, p. 1278. F. Gosssuinc, Adrians Etoæywyy (Berlin 1888). | Bull. crit. t. X (1839), p. 1.

militant. Son zèle le fait intervenir à Antioche et à Rome pour la fin du schisme antiochien, pour la condamnation de l'Apollinarisme (376, 382); à Jérusalem pour la condamnation de l’origénisme (394). Il a associé Jérôme à sa campagne contre Jean, évêque de Jérusalem; bientôt il s'associe à Théophile d'Alexandrie dans sa campagne d'abord contre les moines origénistes d'Egypte (398), ensuite contre Jean Chrysostome, en qui ils voient un défenseur des moines qu'ils poursuivent. Épiphane vient à Constantinople (402); il fat. ause commune avec les pires ennemis de Jean … Chrysostome ; et il meurt, avant la déposition de Jean » Chrysostome, au moment où il retourne en Chypre ‘(printemps 403), et sans qu'on soit sûr qu'il ait compris sa faute. Ce saint homme, fougueux de tempérament et borné d'esprit Jusqu'à voir dans Origène l'arsenal de toutes les hérésies, est fort érudit: il sait l'hébreu, le syriaque, le copte, le grec et même le latin; il a amassé, dans ses voyages et dans ses lectures, une . somme peu ordinaire de connaissances; et toute cette érudition tumultuaire est employée par son zèle à la défense de l’orthodoxie la plus littérale.

Son œuvre est avant tout d'un polémiste. — En 374, à la demande d'un prêtre pamphylien, il écrit une exposition de la doctrine catholique, pour réfuter les erreurs du temps, arianisme, macédonianisme, apolli= narisme, et dans toutes ces erreurs Origène. Le livre est intitulé « Le bien ancré », ?4yxvowrôç, que l'on traduit Ancoratus. À la fin, il reproduit le symbole de Nicée sous deux formes plus développées, dont la seconde, rédigée, croit-on, par Épiphane lui-même, sera adoptée, à quelquesmodifications près, par le concile de . Constantinople de 381. — En 375-377, à la demande de moines que l’Ancoratus a consolés, Épiphane com-

- pose « La boîte aux drogues », Ilavdgrov, que nous ap-

pelons [Contra] Haereses. Il y à eu vingt hérésies

avant le Christ, religions païennes, écoles philoso- phiques grecques, partis juifs; il y en a eu soixante

depuis le Christ; quatre-vingt en tout, autant que de concubines chez l'Époux Fe Cantique des Cantiques. Pour les plus récentes, d’Arius à Apollinaire, Épiphane est bien documenté et personnellement informé. Pour les anciennes, il puise chez Irénée et chez

Hippolyte; mais il a aussi des sources distinctes, le

TTeoi évucracewc de Méthodios, l'Anonyme antimontaniste d'Eusèbe, Porphyre, des pièces de Ptolémæos, de Marcion, de Valentin, des apocryphes en circulation encore dans les milieux hérétiques du IVe siècle. Ce pêle-mêle est une mine fort riche, à condition d'être traitée avec la critique qui manque à l’auteur. On négligera les réfutations dont Épiphane accompagne

Fexposé de chaque hérésie. À la fin, il expose en

un discours « bref et vrai » la foi et les pratiques de

l'Église catholique et apostolique » : morceau fort intéressant. — On a une *Æraxepulaiwois où résumé de tout le Zlayaguor, mais ce résumé peut être postérieur à Épiphane.

Le Lleoi pëtowr rai oTubuwr, composé par Épiphane en 392, est sous ce titre bizarre [De mensuris et ponderibus] une façon d'introduction à l'A. T. grec, où il est question du canon, destraductions, des poids etmesures, de la géographie palestinienne. On en a en grec seulement les vingt-quatre premiers chapitres, les autres se sont conservés en syriaque. — Le Leg rüv16" Mo, traite des douze pierres précieuses qui ornent le rational du grand prêtre juif (£xod. xxvin, 17) : il est dédié à Diddore de Tyr; on l'a en grec et en latin.

De la correspondance d' É He il reste deux

lettres, l'une à Jean de Jérusalem, l’autre à Jérôme; :

on.les a seulement en latin, plus un fragment grec d'une troisième".

On a de Théophile d'Alexandrie (385-417) des fragments épistolaires, notamment de lettres pascales, et

quelques rescrits de droit canonique ?.

Un commentaire du Cantique des Cantiques, que Cassiodore (De énstitut., 5) attribuait à Épiphane et fit traduire en latin, porte en grec le nom d’un Philon, évêque de Carpasia en Chypre*.

$ 6. — Théodoret.

Théodoret [Osodpnros)estun antiochien de naissance (ea. 393) : il a reçu là toute la culture hellénique; là il a étudié l'Écriture sous Théodore de Mopsueste. Il sait le grec, le syriaque, l'hébreu, le latin même. Vers sa

vingt-troisième année, il se retire dans un monastère

voisin d'Apamée : sept ans plus tard (423), il y est pris pour être élevé au siège de Cyr, dans la Syrie Euphratésienne. Il mourra là même (ca. 458) après un épiscopat de trente-cinq années environ, consacrées à l’administration la plus zélée et la plus éclairée des huit cents villages de ce très pauvre diocèse , en mème temps qu'à la composition de ses livres : belle vie d'évèque missionnaire et écrivain, à qui l’on voudrait que la Providence eût épargné les épreuves de polémiques trop

4, CPG, t. XLI-XLIII (reproduit Peau, Paris 4622). W. DINDORF, Epiphanii episc. Conslantiae opera (Leipzig 1859-62. Le Panarion dans OEuLER, Corpus haeresiologicwm, t. XI-HT (Berlin 1859-61). — R. A. Lrpsius, Zur Quellenkritik des Epiphanios (Vienne 1863). Lapsius art. « Epiphanius of $.» du DCB. BARDENHEWER, p. 294.

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