‹ Anciennes littératures chrétiennesChapitre 6 sur 63 · ABRÉVIATIONS · texte numérisé non relu

ABRÉVIATIONS

ACL — Geschichte der altchristlichen Litteratur bis Eusebüus,

: von À. HARNACK, Leipzig, t. I, 1-2 (1893), t. II, 1 (1897).

Sitzungsberichte — Sitzungsberichte der künigl. preuss. Akademie der Wissenschaften zu Berlin.

CPG = Cursus Patrologiae graecae, auct. J.-P. MIGNE (Paris 1857-1865).

CPL — Cursus Palrologiae latinae, auct. J.-P. MIGNE (Paris 1844-1855).

DCB — Dictionary of christian biography (Londres 1877- 1887).

KL — Kirchenlexikon oder Encyklopädie der katholischen Theologie, 2 édit. (Freiburg 1880...).

RES — Realencyklopädie fur prot. Theologie und Kirche, 3e édit. (Leipzig 1896...).

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LITTÉRATURE ÉPISTOLAÏRE.

La littérature épistolaire est une des plus anciennes formes de l'écriture ecclésiastique. Les églises se recommandaient les unes aux autres par des lettres les frères, — apôtres, prophètes, didascales, ou simples fidèles, — qui circulaient perpétuellement entre elles, -Apollos l’alexandrin, quittant Éphèse pour passer en Achaïe, « les frères écrivent aux disciples qu'ils le reçoivent » (Act. xvur, 27); ceux de Corinthe, quand ils - députent des courriers pour porter àsaint Paul la collecte - qu'ils ont faite, les munissent de lettres de créance (1 Cor. xvr, 3); Paul se défend d’avoir besoin de pareilles lettres auprès de ses églises, ni même nulle part (7/71 Cor. x, 1). Le dernier chapitre de l’épitre aux

É Romains, où « notre sœur Phœbé, de Kenchrées, » est “recommandée aux destinataires de l'épitre, est un spé- cimen de ces lettres d'introduction {xvr, 1). Par lettres aussi se propage l’enseignement, se donnent les direc-

tions et les corrections : telle la lettre des presbytres

de Jérusalem à la communauté d'Antioche; telle

4 ù LITTÉRATURE GRECQUE.

circule même des lettres supposées, forgées pardes faussairés point nécessairement mal intentionnés, et Paul, qui le sait, authentique avec un soin extrème les exemplaires des lettres qu'il dicte. Les épitres aujourd'hui existantes de l'époque apostolique ne peuvent donc être qu'une très infime part de ce qui s’est échangé de lettres entre les églises. L'église de Rome, l’église de Philippes, l'église de Smyrne, l’église de Vienne, dont nous possédons des épitres directes ou encycliques, témoignent longtemps après les apôtres que ce commerce n'a point cessé; la correspondance de saint Ignace suffit à montrer combien il est actif; Irénée a connu une correspondance plus étendue encore de saint Polycarpe. Lorsque les églises s'écriront, non plus pour s’édifier ou s'informer, mais pour se concerter, nous serons à la veille des premiers synodes.

$ 1. — Les épîtres catholiques.

L'épitre de saint Jacques, adressée « aux douze tribus qui sont dans la Dispersion »,est comme un court traité moral écrit par un chrétien juif de naissance et de culture, jusqu'à ce point qu'on a récemment voulu y

1. Les pièces appartenant au canon du N. T. sont étudiés dans des livres spéciaux, les introductions. Les grands travaux contemporains (TISCHENDORF, TREGELLES, WESTcOTT-Horr) sur le texte sont synthétisés dans le Nov. Testam. graece édition stéréotype donnée chez Tauchnitz par 0. von GEnarpr (1881): avecle Novi Testam. graeci supplementum de E. NEsTLE (+014. 1896), on y joindra les Prolegomena de C. R. GREGORY (Leipzig 4884-94) à l'édition (vur maior) critique de TiscmeNporr. Les études de critique historique et littéraire nous laissent à l’heure actuelle: encore bien divisés : on trouvera dans le P. CORNELY S. J., Historica et crilica introductio in N. T. (Paris 1886), l'expression de l’exégèse catholique la plus traditionaliste, et dans A. JueLICUER, Einleitung in das N. T. (Freiburg 1894), celle de l’exégèse protestante libérale. G. SALMON, A hist. introd. to the study of the books of the N. T. (Londres 1889), est

voir, Sans raison décisive d’ailleurs, un écrit propre- - ment juif christianisé de seconde main (Spitta). Telle qu'elle est, l’épitre de saint Jacques paraît antérieure à la ruine de Jérusalem et à la persécution néronienne et se peut dater des environs de l'an 60 (Renan, Cornely), sinon 50 (Mayor). Les critiques libéraux en font une pièce composée entre 120 et 140 (Jülicher, Harnack). La première des deux épiîtres qui portent le nom de saint Pierre, adressée « aux élus qui pérégrinent dans Ja Dispersion du Pont, de la Galatie, de la Cappadoce, de l'Asie, de la Bithynie », est sûrement contemporaine de la persécution néronienne, et a été écrite de Rome. Les mêmes critiques en font un apocryphe des environs de l’an 100 (Jülicher), ou une pièce anonyme romaine datant de la période 83-93, peut-être plus ancienne d'une vingtaine d’années, et que l'auteur de la Secunda Petri au milieu du I° siècle aurait délibérément mise sous le nom de l’apôtre Pierre (Harnack). — L'épiître de saint Jude serait pour ces mêmes criliques un apocryphe destiné à combattre les gnostiques et fabriqué entre l’an 100 et l'an 180, en Égypte (Jülicher), ou entre 100 et 130 en Palestine (Harnack). En réalité, cette épître d'une grécité excellente, écrite par un chrétien de culture juive hellénistique, adressée « aux élus aimés en Dieu le Père et conservés pour Jésus-Christ », combat des erreurs analogues à celles que combat l’épitre aux Éphésiens. Mais sa date reste indécise (ca. 55, Renan; ca. 65. Cornely).— La seconde épitre de saint Pierre, adressée à « ceux qui pareille-

très populaire chez les Anglicans; B. Weiss, Lehrbuch der Einleilung in das N. T. (Berlin 1886), chez les protestants centre gauche; F. Goper, Introduction au N. T. t. I (Neuchatel 1893), même nuance. Ces diverses * introductions sont à compléter par le tome IT, 14 de ACL, qui modifie sur bien des points les positions de Jülicher et de la critique libérale,

ment à nous ont reçu la foi en la justice de notre Dieu»,

serait pour certains libéraux une pièce antignostique fabriquée en Égypte entre 150 et 175 (Jülicher,

Harnack) : pour d’autres, écrite par Pierre très peu

avant sa mort, elle aurait été envoyée à ses destinataires après la mort de l'apôtre accompagnée de l’épitre de Jude (Spitta)! Elle semble contemporaine en effet, de l'épitre de Jude; sa très pauvre grécité empêche de eroire qu'elle soit du même rédacteur que la Prima Petri. Mais le problème de son origine reste encore fort obscur.

La première des trois épitres de saint Jean n'est adressée à aucune église et ne porte aucun nom d’au-

teur, mais est sûrement de la même main que le qua-

trième évangile auquel elle aura servi de lettre d'envoi. La seconde est adressée à une église inconnue, éxksx- Ty «voie ; la troisième à un chrétien inconnu, Gaios ; ni l’une ni l’autre ne porte le nom de Jean, l’auteur se nommant simplement «le presbytre ». Ce sont sùrement deux billets de l’auteur de la Prima lohannis. La

question de l'authenticité des trois épitres est connexe

à celle du quatrième évangile.

$ 2. — Les épîtres paulines.

Avec leur rude dialectique de rabbi, avec leur grec sémitisant; les épîtres dictées par saint Paul seraient

déjà un phénomène unique dans l’histoire littéraire. |

Qu'est cela comparé au caractère et à l’action de Paul

qu'elles révèlent, et au monde de pensées qu’elles ont

ouvert?

Les épitres de saint Paul sont classées dans le N. T. non dans l'ordre chronologique, mais par rang de

taille. Les premières en date sont les deux aux Thessa-

loniciens, écrites par l'apôtre au cours de son premier -séjour à Corinthe (4. 53°) : l’une et l’autre porte en sus-

eription : « Paul, Silvanos et Timothée à l’église des Thessaloniciens ». La seconde est de très peu postérieure à la première; mais, tandis que la première est incontestée, l'authenticité de la seconde est combattue par certains critiques avancés qui croient y reconnaître des allusions à la mort de Néron (a. 68), tout en estimant qu'elle est antérieure à la ruine de Jérusalem (a 70). L'épitre aux Galates date du séjour de Paul à Corinthe (a. 53*) et porte en suscription : « Paul apôtre aux églises de Galatie ». — Au séjour à Éphèse (probablement au printemps de 58*) appartient la première aux Corinthiens : « Paul et Sosthènes à l’église de Dieu qui est à Corinthe ». La seconde aux Corinthiens a été

écrite en Macédoine par l’apôtre en route pour Corin-

the et au reçu de la réponse des Corinthiens (a. 58°) :

- © Paul et Timothée à l'église de Dieu qui est à Corin-

the et à tous les saints qui sont dans toute l’Achaïe. » Du second séjour à Corinthe (58*-59*) date l’épitre aux Romains : « Paul à tous ceux qui sont à Rome aimés

de Dieu, saints élus ». L'hypothèse qui voit dans le

dernier chapitre de l’épitre la finale propre à l'exem-

plaire destiné aux Éphésiens, est controversée. — À

l'emprisonnement de Paul à Rome (62*-64*) se rattache

l’épitre aux Philippiens : « Paul et Timothée à tous les saints qui sont à Philippes avec [leurs] épiscopes et [leurs] diacres ». L’authenticité de cette épitre, contestée depuis Baur, tend à être communément reconnue aujourd’hui. L’épitre à Philémon est un billet familier de l’apôtre à un chrétien de Colosses : « Paul prisonnier et Timothée au cher Philémon » : il date de l’emprisonnement à Rome, et son authenticité, contestée

également depuis Baur, tend de même à être acceptée. L'opposition aux épîtres aux Colossiens et aux Ephésiens est plus lente à désarmer : elles seraient deux apocryphes fabriqués contre les gnostiques des dernières années du premier siècle. Il est probable que Eph. dépend de Col. encore qu’elles soient du même temps. En tête de Col. on lit : « Paul et Timothée à ceux [qui sont] à Colosses saints et fidèles frères dans le Christ. » Eph. est une circulaire aux fidèles d'Asie, plutôt qu'une lettre spéciale à ceux d'Éphèse : « Paul apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu aux saints qui sont (à Éphèse).… », le nom manque à certains mss. de valeur. Col. et Eph. datent, pour nous, de la captivité de Paul à Rome.

A la période postérieure à la libération de Paul{a. 64* et suiv.) appartiennent les trois épitres dites Pastorales. Les critiques libéraux sont à peu près unanimes à en rejeter l'authenticité, défendue au contraire et solidement par les critiques ecclésiastiques. On est d'accord sur ce point qu'elles sont toutes trois d'un même auteur; /7 Tim. semble antérieure à 7 Tim. et à Tüit.; la grécité de ces trois morceaux, sensiblement différente de celle de Paul, est plutôt latinisante. Sûrement ici la part laissée par Paul au rédacteur de ses épitres est plus large qu'à l'ordinaire, encore que nombre de traits soient caractéristiques de Paul à tel point que certains critiques libéraux admettent que le faussaire a

4. Nous donnons ci-dessus la chronologie de CorNELy et de RENAN. HaRNACK (ACL, t. II, p. 233), date la conversion de Paul de 30*; I et II Thess. de 48-49; Gal. (?) et I et II Cor. de 53; Rom. de 53-54; l'emprisonnement de Paul à Césarée de 54-56; le voyage et l’emprisonnement à Rome de 56-59; Col. Phile. Eph. Phili. de 57-59; les billets dont les Pastorales seraient le développement, de 59-64. HARNACK tient Eph. pour

douteuse, mais il admet (comme Juericuer) l'authenticité de II Thess, devant laquelle WEIZSAECKER hésitait encore.

utilisé des billets authentiques de l'apôtre, trois pour II Tim., un pour Tir.! Nous pensons que les Pastorales appartiennent aux dernières années, à la période sans histoire connue, de la vie de Paul : nos adversaires y voient trois pièces tendant à attribuer à Paul des sentiments favorables à l’esprit de tradition et de hiérarchie et fabriquées à l'époque de Domitien (Jülicher), sinon entre 90-110, c'est-à-dire avant saint Polycarpe qui les cite, mais interpolées au milieu du u* siècle (Harnack).

Il y a trace de lettres perdues de saint Paul : une aux Corinthiens, antérieure à 7 Cor., témoin l’allusion que l’apôtre y fait {7 Cor. v, 9); peut-être une autre aux Corinthiens, qui prendrait date entre Z Cor. et 11 Cor.., et à laquelle on croit voir une allusion dans 7 Cor. 11, 3; une aux Laodicéens contemporaine de l'épiître aux Colossiens (Col. 1v, 16). L’allusion que l’on a cru rencontrer dans le De aleatoribus (ch. 3) à une lettre perdue aux Corinthiens ne se soutient pas. Polycarpe (Philip. nr, 2) parle de plusieurs lettres adressées par Paul aux Philippiens. Et il y a trace aussi de lettres anciennement supposées : le Muratorianum parle d’une épître aux Laodicéens et d'une épiître aux Alexandrins, d'origine marcionite. Quant à la correspondance de Sénèque et de saint Paul, quatorze épitres du philosophe, six de l’apôtre, elle est antérieure à saint Jérôme (Wir. énl. 12),mais ne semble pas antérieure au 1v° siècle : il reste à en déterminer l'origine!.

(4) La Correspondance apocryphe de saint Paul et des Corinthiens, publiée par A. CARRIÈRE €t S. BERGER (Paris 1891) et par E. BRATRE, Theol. z. t. XVII (1892), p. 2 et 585, existe en latin et en arménien, mais non en grec, et est dérivée d’un original syriaque datant des environs de 200 P. VErTER, Theol. Qu. 1895, p. 622. L'épitre aux Laodicéens latine.est déri vée d’un original grec perdu, 1v° siècle : Zaux, Geschichle, {. Il, p.584;

L'épitre aux Hébreux dans le texte grec ne porte pas

le nom de Paul, et la tradition qui l’attribue à Paul n’est

ni la plus ancienne, ni la mieux autorisée. Cette épitre anonyme semble avoir été écrite en [talie (à Rome), par un chrétien tout.pénétré de l’enseignement de Paul, mais de culture plutôt alexandrine, et composée vers 65-70 (Renan). Sûrement antérieure à la Prima Clementis, qui est son premier témoin, elle serait selon Harnack de la période 65-95. « Le caractère du style de l’épitre qui a pour titre Aux Hébreux n’a pas la rusticité de celui de Paul: elle est pour l’arrangement des mots bien plus hellénique... Quant à savoir qui a

re

écrit cette épître, Dieu sait la vérité ». Ce jugementest

d'Origène (Euseb. vr, 25, 11).

$ 8. — Épiître de saint Barnabé.

L'épitre qui porte en titre le nom de saint Barnabé et en suscription : « Salut, fils et filles, au nom du Seigneur qui nous à aimés, dans la paix »,est moins une épitre qu'un petit traité apologétique contre les juifs. Au chapitre IV ,en une brève allusion à la fin prochaine du monde, l’auteur calcule que la prophétie de Daniel est à la veille de s’accomplir, puisque l’on a eu dix rois [Auguste, Tibère, Caligula, Claude, Néron, Galba, Othon, Vitellius, Vespasien, Titus], plus un petit roi [Nerva], qui humilie trois rois [Flaviens] réduits à un [Domitien]. Cette interprétation (Renan, Funk, Bardenhewer) fixerait au temps de Nerva (96-98), ou mieux à l'époque qui suit immédiatement la mort de Nerva, la Rev. bibl. 1. V (1896), p. 221. C. CazLEwWAERT, Une lettre perdue de saint

Paul et le De aleatoribus (Louvain 1893). ACL, t. I, p. 3 et 37; t. If, p. 506.

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LES PRIMITIFS. Sen

composition de l’épitre : mais cette interprétation n’est

pas sans difficultés. Il est possible que l’épître soit exactement contemporaine de la reconstruction de Jérusalem par Hadrien, c’est-à-dire de 130-131, reconstruction à

laquelle l'auteur ferait allusion en xvr, 4 (Harnack). En aucune hypothèse cet auteur, postérieur à la ruine de Jérusalem, ne saurait être l’apôtre Barnabé : son exégèse allégorique fait penser à un Alexandrin. Citée fréquemment par Clément d'A. son plus ancien témoin,

et par Origène, notre épitre paraît avoir été inconnue

en dehors d'Alexandrie. Nous possédons l'original grec P 8 8

en plusieurs mss. (notamment dans le Codex sinaiticus

N, IV®s. et dans le ms. qui contient la Didachè, XT°$.), et une version latine ancienne en un ms. unique, à

Saint-Pétersbourg (X° s.). L'hypothèse qui voit dans l'épitre de Barnabé un texte fortement interpolé par une seconde main, n'est pas plausible : même les cha-

pitres xviri-xx1, qui manquent à la version latine et qui sont une exposition de pure morale apparentée à la Didachè, ne sauraient être un appendice de seconde main ; ils ont pour source le texte juif qui sert de base aux six premiers chapitres de la Didachè, loin de dé-

pendre de la Didachè ou inversement !.

$ 4. — Saint Clément de Rome.

« L'église de Dieu qui pérégrine à Rome à l’église

de Dieu qui pérégrine à Corinthe, aux élus sanctifiés

dans la volonté de Dieu par Notre Seigneur Jésus- Christ. », telle est l'adresse de l’épitre communément

A. GeptrART-HanNack, Barnabae epistula (Leipzig 1878). FUNK, Opp patr. apostol. t. 1 (Tübingen 1887). CPG, t. Il, p. 727 (reproduit le texte

- de HErëLE, Tübingen 4842). ACL, t, I, p. 58 et t. I, p. 410.

désignée sous le nom de première épitre de saint Clément (Kimunç). L'authenticité de cette attribution n’est pas contestée : Irénée cite cette épitre romaine en l’attribuant au temps où Clément était évèque de Rome (Euseb. v, 6, 3); Hégésippe la connaît (id. 1v, 22, 1); Denys de Corinthe, dans une réponse à unelettre des Romains, leur rappelle « l’autre épiître, celle qui est écrite par Clément » (id. 1v, 23, 11). L’épître, tout impersonnelle et collective qu'elle est, peut donc bien avoir été rédigée par Clément. Elle est postérieure à la persécution néronienne où Pierre et Paul ont péri « avec une immense multitude d'élus » : l’église romaine dit sortir à peine « d'épreuves soudaines et répétées », et elle prie Dieu de « relever ceux qui ont failli et de délivrer ceux qui souffrent en prison » : on voit là justement des allusions aux derniers temps du règne de Domitien (a. 93-95). C'est une épitre de correction, où l’église romaine, de son propre mouvement, réprimande les fidèles de Corinthe d’avoir contre tout droit déposé les « higoumènes » de leur église, véritable déclaration du droit divin de la hiérarchie. Nous possédons l'original grec en deux mss., l’un incomplet des derniers chapitres (Lvr, 6-Lxv), le Codex alexandrinus de la Bible {Ve siècle), l’autre complet, le ms. même de la Didachè (XI° siècle); une version syriaque non encore publiée dans un ms. de Cambridge (Add. 1700, XIIe siècle); une version latine, remontant peut-être à la seconde moitié du Ile siècle, retrouvée récemment dans un ms. unique (XI° siècle) à Namur. La Prima Clementis est tout ce qui nous reste de Clément disciple des apôtres Pierre et Paul {fren. 1, 3), sans-qu’on soit autorisé à l'identifier avec le consul Flavius Clemens ou le Clément de PAili. 1v, 3. Son souvenir a été exceptionnellement exploité par les faussaires grecs,

syriens, latins. C’est qu'aussi son souvenir « est, après celui des apôtres, le plus important de toute l'antiquité chrétienne. ; en lui se personnifie l'idée de succession apostolique, de gouvernement et de législation ecclésiastique » (Duchesne). Nul doute que sa lettre, qui a marqué plus qu'aucune autre dans la formation de l’esprit catholique, n’ait suscité toute cette littérature apocryphe!.

$ 5. — Épiîtres de saint Ignace.

Des épitres portant le nom de saint Ienace PTyraruoc), évêque d’Antioche martyrisé à Rome du temps de Trajan, nous sont parvenues sous trois formes textuelles. — A) Un recueil de sept lettres (Éphésiens, Magnésiens, Tralliotes, Romains, Philadelphiens, Smyrniotes, Polycarpe), recueil dont il existe un ms. grec (Laurentianus 1vu, 7 : XI°Ss.) pour six lettres, et un autre ms. grec pour la lettre {aux Romains) manquant au précédent (Paris. gr. 1451 : XI° s.). Ce texte grec a été publié pour la première fois par Vossius (1646), et l’on en a une version latine, œuvre de Robert Grosseteste, évêque de Lincoln {XIII s.), publiée pour la première fois par Ussher (1644), plus une version arménienne (V®s. ?) éditée par Petermann (1849), plus des fragments de version syriaque et copte étudiés plus récemment. — B) Un recueil de treize lettres (Marie de Kastabala à Ignace, Ignace à Marie de K.,

4. GEBHART-HARNACK, Clementis rom. ad Corinthios quae dicuntur epistulae (Leipzig 1876). FUNK, Opp. patr. apostol. t. I. LicurFoor, Saint Clement of Rome (Londres 1890). G. Morin, S. Clementis rom. ad Cor. epist. versio latina antiquissima [Anecdota Maredsolana, t. II] (Maredsous 1894). — ACL, t. I,p. 89 ett. II, p.251. SALMON, art. « Clemens Romanus » du DCB. — G. Courrois, l’Épitre de Clément de Rome (Montau-

ban 189%).

Trall., Magn., Tarsiotes, Philippiens, Philad., Smyrn.; Pol., Antiochiens, Héron, Eph., Rom.), donnentles sept épîtres du premier recueil mais remaniées, plus six épitres nouvelles : ce recueil a été le plus répandu et l’on en à de nombreux mss. grecs, l'édition princeps en a été donnée par Paceus î 1557); on en a une version latine ancienne (VIII: s.), publiée pour la première fois par Lefèvre d'Étaples (1498). — €) Un recueil de trois lettres (Eph. Rom. Pol.) en syriaque et dans une recension abrégée : il a été publié pour la première fois per Cureton 1849).

On est aujourd'hui d'accord pour considérer le recueil B comme un remaniement et un faux, dont l’auteur serait le même à qui nous devons la rédaction actuelle des Constitutions apostoliques; il aurait travaillé au temps de Constance ou de Valens et serait un semiarien {Zahn, Harnack), ou bien au commencement du V®s. et serait un apollinariste (Funk). Le recueil C que quelques-uns (Cureton, Ritschl) prenaient pour l’état premier et le texte authentique des épiîtres d'Ignace, n'est au contraire qu'un extrait du recueil B. Le recueil À nous donne l'Ignace authentique et original. Ces conclusions, longtemps et âprement controversées, sont aujourd'hui définitivement acquises!

Eusèbe (nr, 36), a eu en mains la collection des sept lettres qu'il énumère dans l’ordre Eph., Magn., Trall., Rom., Philad., Smyrn., Polyc., l'ordre même où nous les avons, et la citation qu'il fait de l'épître aux Romains montre l'identité de son texte et du nôtre. Origène cite l'épitre aux Romains et l’ “épitre aux Éphésiens, Clé

1. ZanN, Ignatii el Polycarpi epistulae (Leipzig 1876). FUNK, Opp. patr. apostol. &. II (Tübingen 1881). Licurroor, S£ Ignatius, St Polycarp (Londres 1885). CPG, t. V (reproduit l'édition de HereLE, Tübingen 4847). — ACL, t.I, p. 75.

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LES PRIMITIFS. set)

ment d'Alexandrie l'épitre aux Éphésiens, Irénée l’épitre aux Romains. Le païen Lucien, dans sa satire De morte Peregrini (ca. 170), fait allusion (il semble bien) à la correspondance d'Ignace. Le plus ancien témoignage est fourni par l’épitre de Polycarpe (xt, 1-2) : « Vous m'avez écrit, dit-il aux Philippiens, et Ignace aussi [allusion à une lettre perdue des Philippiens et à la lettre d'Ignace à Polycarpe].…. : les épitres d’Ignace à nous adressées par lui et toutes les autres que nous possédions de lui, nous vous les avons fait tenir selon votre demande, elles sont jointes à la présente lettre. » Peu de textes sont mieux documentés que les épiîtres ignatiennes.

L'évèque d’Antioche, arrêté et condamné à Antioche, a été désigné pour être livré aux bêtes à Rome : il est mené à Rome prisonnier, suivant d’escale en escale les côtes d'Asie, de Macédoine, d’Achaïe. À chaque station il est visité par les églises prochaines auxquelles Ja nouvelle de sa condamnation est parvenue. De là cette correspondance : lettres de remerciements et d’exhortations pleines de traits exprimant les croyances et les institutions chrétiennes du temps, surtout l’idée d'unité par la hiérarchie en chaque église, et de cohésion entre églises : la formule xwboluxr éxxhnoia est employée ici pour la première fois. Tout cela dans un style rude, obscur, énigmatique, plein de répétitions et d’insistances, mais d'une énergie continue et çà et là un éclat saisissant. L'épitre aux Romains avec sa suscription singulière est la plus caractéristique.

Les principales objections que l'on énonçait contre l'authenticité des sept épitres ignatiennes se ramenaient à leur reprocher d'être un factum en faveur de la monarchie épiscopale et contre un gnosticisme avancé, institutions et doctrines, croyait-on, plus voisines d’I-

rénée que d’Ignace. À quoi l’on a répondu que les épitres ignatiennes étant le plus ancien texte aussi explicite sur le fait de l’épiscopat monarchique, argumenter ici de la tardive apparition de l'épiscopat monarchique est une pétition de principe. Quant au gnosticisme auquel Ignace fait allusion, ce n’est assurément le gnosticisme d'aucun des grands gnostiques du second siècle, Valentin ou Marcion; et soit dans les épitres paulines (Pastorales, Éphésiens, Colossiens), soit dans les écrits johanniques, qui dans l'hypothèse la plus fâcheuse seraient du commencement du second siècle, on trouve trace d’hérésies analogues à celles que combat Ignace !. Seule la date précise du martyre d’Ignace demeure controversée. Harnack, croyant artificielle la chronologie des premiers évêques d'Antioche telle qu’elle se déduit d'Eusèbe, proposait d'en rejeter le témoignage et de faire Ignace contemporain d'Hadrien (ca. 130) : ce système est aujourd'hui abandonné par son auteur même, qui date actuellement les épitres Ignatiennes de la période 110-117. D'autre part, on possède deux récits grecs de la passion d'Ignace; on désigne ces deux textes sous le nom de Martyrium colbertinum et de Martyrium vaticanum, le premier est du IVe ou V® siècle, le second du V°, vraisemblablement. Ils sont sans valeur historique, mais, indépendants, ils s'accordent à fixer à l'an IX de Trajan (a. 107) la condamnation et la mort d'Ignace. M. de Rossi défendait cette donnée chronologique, la tenant pour empruntée à une source liturgique ancienne; Light-

1. On à infiniment écrit sur saint Ignace au cours de la controverse sur l'authenticité de ses épitres et depuis. Retenir E. v. d. Gourz, Ignalius von Antiochien als Christ und Theologe (Leipzig 1894). Funk, Die Echtheit der ign. Briefe (Tübingen 1883). Harxack, Die Zeit des Ignatius (Leipzig 1878). R. Suiru, art. « St. Ignatius » du DCB. J. RÉVILLE, Les ortgines de l'épiscopat, t. I (Paris 1894). ACL, &. IT, p. 381.

foot croit qu'elle dérive de la Chronique d'Eusèbe, qui sur ce point serait de peu d'autorité, et il s’en tient à la tradition imprécise qui place sous Trajan (98-117) le martyre d'Ignace. M. de Goltz incline à dater les épitres des environs de 110. M. Allard pense que, si le martyre a eu lieu sous Trajan et à Rome, l'an 107 convient davantage aux circonstances historiques que ce martyre suppose!.

$ 6. — Épîtres de saint Polycarpe.

Le nom de Polycarpe{Iloivxugroc), évêque de Smyrne, disciple de l’apôtre Jean, mort martyr le 23 février 155 à l’âge de 86 ans, et dont la personnalité est bien connue soit par le témoignage d’Irénée son disciple, soit par le récit de sa passion, le nom de Polycarpe se lit en tête d'une épître qui nous est parvenue en grec grâce à un unique manuscrit aujourd’hui perdu et dont on n’a plus que des copies de la Renaissance : encore ce texte grec est-il incomplet des derniers chapitres (x-xiv). On en a une version latine complète, insérée dans le recueil B des épitres Ignatiennes, mais sans être l'œuvre du traducteur latin du dit recueil. Irénée, cité par Eusèbe (v, 20, 8), a connu une collection de lettres de saint Polycarpe adressées « soit aux églises prochaines pour les confirmer, soit à des frères pour les reprendre ou les encourager », et il a connu aussi et comme à part (aer. 1, 3, 4) une lettre de Polycarpe aux Philippiens, qui semble bien être celle que nous pos-

4. Sur le martyre d’Ignace, Biblioth. hag. gr. p. 57, et les éditions précitées des épiîtres ignatiennes, particulièrement LIGNTFOOT. Ar- LARD, Histoire des persécutions, t. I (Paris 1885), p. 179. Bull. crit. t. NII (1887), p. 124. ACL, t. HI, p. 405.

sédons. Eusèbe la cite à plusieurs reprises, et Jérôme ‘{Vér. inl. 17) témoigne que de son temps on la lisait publiquement dans les églises d'Asie. Elle porte en tête : « Polycarpe et les presbytres [qui sont] avec lui à l'église de Dieu qui pérégrine à Philippes » : c’est une réponse à une lettre des Philippiens. Elle est toute en exhortations qui seraient d'un intérêt médiocre, si (ur, 2) elle n’annonçait aux Philippiens l'envoi d’une copie de toutes les lettres que les Smyrniotes possèdent d'Ignace : « Elles sont jointes à la présente lettre... » L'authenticité de cette épitre, liée longtemps à l'authenticité des épîtres ignatiennes, ne fait plus question. Mais la date est difficile à fixer entre celle de la mort d'Ignace, car Ignace est mort au moment où Polycarpe écrit (ix, 2), et la propre mort de Polycarpe, soit entre 107 et 155. On incline toutefois à la croire de peu postérieure à la mort d'Ignace (xx, 2)!.

$ 7. — Épiîtres des Smyrniotes et des Lyonnais.

« L'église de Dieu qui pérégrine à Smyrne à l’église de Dieu qui pérégrine à Philomélium [en Phrygie] et à toutes les paroisses en tout lieu de l’église catholique... », telle est l'adresse d'une lettre écrite au nom des chrétiens de Smyrne et renfermant le récit du martyre de Polycarpe leur évêque. Nous en avons le

4. ZAUN, FUNK, LIGUTFOOT, ut sup. CPG, t. V, p. 1003 (reproduit le texte de HErFELE, Tübingen 1847), SALMON art. « Polycarpus of Smyrna » du DCB. — Une trace d’un écrit de Polycarpe inconnu d’ailleurs, dans le théologien arménien Vardan Vardapet (XII° s.), a été signalée par CoxyBrarr. Cf. Theol. Literaturz. t. XIX (1894), p. 583. — Les cinq fragments latins soi-disant de Polycarpe publiés par Feuardent (1639) et reproduits par CPG, t V, p. 1025, sont pseudépigraphes, mais anciens (II s., Harnack). ACL, t. I, p. 69, et t. II, p. 382.

LES PRIMITIFS. nr

texte grec et une version latine ancienne : Eu-

sèbe (1v, 15) a inséré la meilleure part du texte grec «ans son Aistoire, et cet extrait d'Eusèbe a passé en copte. L'exemplaire adressé aux chrétiens de Philomélium donne le nom de qui l’a copié, Évaristos , et de qui la porte à Philomélium, Markion; les chrétiens de Philomelium sont priés de transmettre l’épître aux frères plus éloignés. Suit la date : « Le bienheureux Polycarpe a été martyr le deux du mois de xantique, le sept des calendes de mars : le samedi à huit heures il avait été arrêté par Hérodes, sous le pontificat de Philippos Trallianos et le proconsulat de Statius Quadratus [a. 1551». Cette date est de seconde main, mais de valeur. Quant à l’épitre c'est le plus ancien specimen d'actes authentiques de martyre.

Eusèbe (v, 1-3) possédait le texte intégral d'une épitre adressée par « les serviteurs du Christ qui pérégrinent à Vienne et à Lyon de Gaule aux frères qui partagent leur foi... en Asie et en Phrygie », et de ce texte qui était intégralement reproduit dans sa Zvruywyn rér doyalor magrvotwyr, il a inséré dans son Histoire la majeure part. Cette épitre était le récit de la passion des martyrs lyonnais, Pothin, Blandine, etc., rédigé aussitôt après, rédigé en grec, et dont il est possible qu'Irénée ait été le rédacteur. Le texte inséré dans la Zuraywyn d'Eusèbe contenait un quadruple

4. ZAUN, FUNK LicurrooT, wt sup. CGP, t. V, p. 1029. — Bibliot. hagiog. gr. p. 4112. ACL, .I, p. 74. Surle copte, Theol. Lileralurz. L. XIV (1889), p. 30. Surla date, WapDINGToN, Fasles des provinces asiatiques (Paris 1872), p. 219, et Studia biblica, t. 1(Oxford 4885), p. 175 et t. II (1890), p. 105. — L'Epistula encyclica presbyteroruwm el diaconorum Achaïae de martyrio sancti Andreae (C P G,t. I, p. 1247), IV° s., est imitée de l’épitre des Smyrniotes, — La Vila Polycarpi de Pionios, en grec (ap. Fuxk ct Licurroor), est une pièce sans intérêt historique du IV° siècle. ALLARD, Hist. des persécutions, t. I, p. 296.

catalogue des martyrs : ceux qui avaient été décapités ,' ceux qui avaient été livrés aux bêtes, ceux qui étaient morts en prison, ceux qui survivaient au moment où la lettre est écrite : ce catalogue s’est conservé dans le Martyrologe hiéronymien. Grégoire de Tours (De glor. mart. 49) a probablement connu une ancienne version latine du texte de notre épître, y compris le catalogue. La date, rapportée par Eusèbe, du martyre des lyonnais est la dix-septième année de Marc- Aurèle, soit 177-178; la lettre est contemporaine".

Ces mêmes martyrs lyonnais durant leur emprisonnement adressèrent diverses lettres, à la façon d'Ignace, à diverses églises : Eusèbe (v, 3, 4) qui en a possédé le recueil parle de lettres aux frères d'Asie et de Phrygie ainsi qu'à Éleuthère « alors évêque des Romains », lettres qui avaient pour objet « la paix des églises », sans doute dans la question naissante du Montanisme. On voit à ce trait quelle extension cette correspondance catholique tend à prendre et comme Rome s'en manifeste le centre. Un fragment de l’épitre à Eleuthère cité par Eusèbe (v, 4, 2) en recommande le porteur aux Romains, Irénée « presbytre de l'église » de Lyon?.

$ 8. — Denys de Corinthe, Sérapion d’Antioche, Polycrate d'Éphèse.

Eusèbe a eu en mains un recueil de lettres de Denys. qui fut évêque de Corinthe du temps que Soter l'était

4. FUNK, ZANN, LIGHTFOOT, ut sup. — Biblioth. hagiog. gr. p.114. ACL, t I, p.262 Ctt. IT, p. 316. Ducs, Les sources du martyrologe hiéronymien (Rome 1885), p. 20. ALLARD, 0. €. p. 391.

2 ACL, t. [, p. 261.

de Rome (166*-175*), et il en fait quelques citations (iv, 23) qui sont tout ce qui nous en est parvenu. On relève ainsi la trace de huit lettres : savoir respective- ment aux églises de Lacédémone, d'Athènes, de Nicomédie (Bithynie), de Gortyne (Crète), d'Amastris (Pont), de Knosse (Crète), de Rome, cette dernière nommément adressée à l'évèque Soter (Eusèbe en donne quatre précieux fragments), enfin une à Chrysophora, une dame chrétienne. Dans un des fragments de l’épitre aux Romains, Denys se plaint que les « apôtres du diable » aient altéré le texte de ses lettres, ce qui donne une idée de la circulation et de l'importance des lettres d’évèques à pareille date. La lettre de Denys à Soter était une réponse : la lettre des Romains n’est connue que par l’allusion qu'y fait Denys (iv, 23, 11) : toute cette correspondance épiscopale avait trait à la question du Montanisme. Comme aussi la réponse de l’évêque de Knosse, Pinutos, à la lettre de Denys, et dont Eusèbe cite quelques mots (iv, 23, 8). Cette action collective est contemporaine de Marc-Aurèle (ea. 170)!.

Une vingtaine d'années plus tard, Sérapion (Æuouair) était évêque d’Antioche (192*-209*), Sérapion dont Eusèbe a possédé un recueil d'épitres, analogue au recueil de Denys. Il en mentionne (vr, 12, 1) une adressée à un certain Domninos, qui, failli dans la persécution de Septime Sévère (a. 202), avait passé au judaïsme. Une autre à deux « hommes ecclésiastiques » (des évêques?), Pontios et Carikos, et dont Eusèbe (v, 19) donne deux fragments, était dirigée contre les Montanistes et portait la signature de nombreux évêques, parmi lesquels un Aurelios Kurenios (de Cyréne?).

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