‹ Anciennes littératures chrétiennesChapitre 7 sur 63 · ACL, t. I, p. 235 ett. Il, p · texte numérisé non relu

ACL, t. I, p. 235 ett. Il, p

martyr, un Aelios Pouplios Toulios de Debeltos en Thrace, où l’on voit l'extraordinaire extension de cette correspondance épiscopale. Eusèbe (vr, 12,2) connaît de Sérapion « d’autres lettres encore à d’autres destinataires, nommément une à l’église de Rossos en Syrie, dont il cite un passage, le plus ancien témoignage existant sur l'évangile de saint Pierre. Saint Athanase (Socrat. /1. E. nx1, 8) semble avoir connu quelque autre écrit de Sérapion !.

La controverse pascale {ca. 190) donne lieu à un nouvel échange d’épitres épiscopales, dont Eusèbe a possédé le recueil. Il mentionne une lettre collective des évèques de Palestine, portant la signature de Narkissos de Jérusalem, de Théophile de Césarée, de Cassios de Tyr, de Claros de Ptolémaïs... (v, 23, 2 et 25) Eusèbe en transcrit quelques lignes, où les évèques demandent que leur lettre soit communiquée à toutes les églises. Une lettre des « paroisses de Gaule dont Irénée est évêque (v, 23, 2 et 3). Une des Romains signée de leur évèque Victor; une des évèques de Pont, signée par Palmas « le plus ancien »; une des évêques d'Osroëne; une de l’évèque de Corinthe Bacchyllos: et de « nombre d'autres encore, unanimes à accepter l'usage pascal romain (/. c.). Toute cette consultation avait été provoquée sur l'initiative du pape Victor.

Polycrate, évèque d'Éphèse, écrivit à Victor une lettre dont Eusèbe (v, 24) a cité deux fragments célèbres qui comptent au nombre des plus précieux débris de la littérature primitive, pour défendre l'usage asiate comme la tradition la plus authentique.

Victor répondit en proposant de séparer les tenants de l'usage asiate de la communion catholique, lettre

4; ACL, t. 1, p. 503,

mentionnée par Eusèbe (v, 24, 9), qui ne semble pas l'avoir eue en mains. Les protestations les plus vives S’élevèrent aussitôt contre Victor : Eusèbe (v, 24, 10) en a lu divers spécimens, entre autres une lettre d’'Irénée au nom « des frères de Gaule », adressée à Victor en même temps qu’ « aux divers et nombreux chefs d’églises », et dont Eusèbe cite un fragment de première importance !.

$ 9. — Le fragment de Muratori.

Après la question du Montanisme, après la question de la Pâque, il est possible qu'il y ait eu une question du canon, provoquant une pareille consultation des évèques, Tertullien (Pudicit. 10) écrit « ...cederem tibi si scriptura Pastoris ...divino instrumento meruisset incidi, si non ab omni concilio ecclesiarum etiam vestrarum inter apocrypha et falsa iudicaretur ». Et il est possible que le Muratorianum ? soit une pièce se rattachant à une telle consultation. Ce texte latin, découvert par Muratori dans le manuscrit J. 101 (VIIIe- IX: siècle) de la bibliothèque ambrosienne et publié par lui en 1740 au t. III de ses Antiquitates tlalicae, est mutilé en tête et à la fin {il compte 85 lignes d'écriture onciale) et a sûrement été copié tel quel {sauf les fautes propres au copiste) sur un archétype mutilé déjà. Ce n’est pas moins qu’une description du Nouveau Testament, avec indication des pièces non canoniques à ré-

4. ACL, t. I, p. 50 et t. IT, p. 322. DUCHESNE, les Origines chrétiennes (cours autographié) nous citons le premier tirage [Paris 18811), p. 237.

2, Le texte du Muralorianum dans E. PREUSCHEN, Analecta (Freiburg 1893), p.429. Zann, Geschichte, t. IL, p. 14-143. —- Licurroor, Saënt Clement, t. Il, p. 405. ACL, t. I, p. 646. M£ Ceriani en promet une édition photo-

typique.

pudier. L'origine romaine de ce texte est très vraisemblable (Harnack, Jülicher); de mème la rédaction en grec de l'original (Zahn, Lightfoot). La mention du pasteur d'Hermas comme d’un écrit composé « nuperrime » à Rome du temps de Pius (140*-155*) fait remonter notre fragment à la seconde moité du IT° siècle. Ce n'est point une citation de Caius, puisque Caius ne recevait pas l’Apocalypse et que le fragment la reçoit. Le fait de parler des écrits de saint Jean comme d'écrits indiscutés semble indiquer une époque antérieure aux controverses des Aloges et des Théodotiens condamnés par le pape Victor. On ne peut pas se tromper de beaucoup en cherchant entre 175 et 190 la daté d'origine du Muratorianum. Le style ne fait penser ni à un canon, ni à un traité, mais plutôt à une épitre.

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