‹ Anciens évêchés de Bretagne;Chapitre 18 sur 41 · XXXVIII PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

XXXVIII PROLÉGOMÈNES

xiii* siècles , nous en citerons un fort curieux : c'est la sentence de l'évèque de Rennes réglant les rapports entre les moines de S'-Melaine , le recteur de la paroisse de Vitré , le chapelain et les Frères ou « serviteurs des pauvres , servientes paupernm » de Taumônerie du château (1).

Ainsi , dans tout le passé de la Bretagne , du y'' au XVIII' siècle, si les moines ont eu leurs jours de défaillance , ils ont été mêlés à toutes les œuvres de science , de philanthropie et de progrès, comme nous dirions aujourd'hui, de charité , comme on disait plus simplement autrefois ; le plus souvent ils en étaient les provocateurs et les agents principaux. Dans les grandes crises, aux heures d'universel affaissement , la société s'est relevée surtout par leur intelligente initiative. Il n'est pas d'obstacles , pas de ténèbres qui résistent à l'association, au travail organisé, au dévouement absolu , discipliné sous le joug des trois vertus de pauvreté, de chasteté et d'obéissance (2).

Orisine de la Cemmaiie bretonne.

En étudiant la formation de la nationalité armorico-bretonne, nous nous sommes particulièrement attachés jusqu'ici au côté religieux et monacal. Reprenons maintenant

(1) D. Mor. I, 701.

(2) Les femmes ne restèrent pas étrangères à ce mouvement , comme nous Tavons déjà va an T. I ; mais ce fut dans la troisième période qu'elles y prirent la plus grande part.

PROLÉGOMÈNES. xxxix

notre examen sous un autre aspect : cherchons à suivre Télément civil dans son origine et son développement.

Après de longues disputes et des flots d'encre, l'ancienne géographie de la péninsule armoricaine reste ainsi fixée : cinq peuplades , nommées par les Romains Redones , Curiosolites , Ossismii , Veneti , Nannetes. Ces peuplades devenues cités , figurent toutes encore dans la Notice de l'Empire, et par conséquent vers la fin du iv* siècle. Un autre document qu'on croit de 401 , la Notice des Dignités de l'Empire d'Occident, nous fait connaître en plus la ville d'Alet, Aleto , où résidait le Prefectus militum Martemium, relevant d'un haut dignitaire, vir spectabiliSj dux Tracti Armoricani.

En 409 , une révolution éclate : les Armorîques se débarrassent de ce qui restait encore de pouvoir romain dans celle partie des Gaules, c'est-à-dire du mécanisme fiscal qui continuait à les pressurer. Il ne paraît pas que , dans ce pays du moins, l'insurrection ait trouvé beaucoup de résistance , soit que les diverses troupes énumérées dans la Notice des Dignités fussent déjà éloignées , soit que ces mercenaires aient pris parti pour la population.

Nous avons dit combien elle était clair-semée , et comment , pour subsister ou pour se défendre contre les fréquentes invasions de pirates , elle s'était groupée dans les cités et sur quelques points fortifiés par l'art ou par la nature. Nous allons chercher tout-à-l'heure à reconnaître les principaux de ces groupes gallo-romains.

Ici les Bagaudes semblent s'être constituées comme dans le reste de la m* Lyonnaise : les chefs de l'insurrection , sans doute, retinrent l'autorité, chacun sur le point où il commandait. Les cités conférèrent le pouvoir à leurs chefs

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