T. III. IX
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longue ni assez complète pour laisser à la forêt le temps de s'étendre : au contraire, elle recula encore sous la double action de l'imprévoyance et du pillage ; la lande seule gagna.
La lande avec sa grandeur sauvage ne nous arrêtera pas. Tout ce que nous en pouvons dire , c'est que par Técobuage elle fournit de loin en loin une récolte dérobée; puis il faut un long temps pour reformer la couche d'humus ainsi détruite. Pendant cette lente élaboration , un maigre bétail y trouve à peine la plus chétive nourriture.
La forêt, elle, offre à l'historien, à l'économiste, à l'hagiographe de nombreux et piquants sujets d'étude. Après avoir caché dans ses mystérieuses profondeurs le sanctuaire du druide, la dernière retraite du barde, les prodiges opérés par les premiers cénobites , elle devint contre les Gallo [Gaulois) l'impénétrable asile du Breton de tous les temps , depuis les farouches compagnons de Waroch jusqu'à l'indomptable chouan (1). Ce fut toujours le plus utile rempart de l'indépendance nationale et religieuse.
Est-ce là qu'il faut aller chercher la cause des préventions qui existaient contre les « boisilleurs », nom sous
(l) Voici celles que nous nous souvenons d*ayoir rencontrées dans les chartes bretonnes : Ardennes, Avaugour, Bégard» Boquen» Brenguily, Brecilien, Bnhen, Camburien, Camor, Caudan, Cavam, ChAteau-Cren , Coat-an-Nez , Coat-an-Noz, Coatmalonan , Coatmenr, Coëtquen, Correc, Cotla, Fougères. Gahard, Hoallan, Langonnet, Lanmeur, Lanvaux, Lanouée, Lahardouinaye » Lahunaudaie, Larmor, Loudéac, Malaunay, Merdrignac , Moncontoar, Nemet , Poulancre , Paimpont » Plcstin , Plouézec et Plourivo , Qaénécan , Rennes, S*-Aubin, S^-Méen, Senyen, Uzel, etc. — Il faut lire Pline pour se faire une idée de ces forêts de la Gaule, où Ton errait plusieurs semaines sans trouver la lisière ; où les chênes croissaient si vigoureux et si serrés que leurs racines, ne trouvant pas de place dans le sol , formaient des arcades sons lesquelles on passait à cheval. Voir encore le savant travail de M. Maury; celui de M. de Courson au Moniteur de 1854 ; Broceliande, par Baron du Taya.
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lequel on comprenait tout ce qui exploitait la forêt , comme charbonniers , sabotiers , fabricants d'ustensiles de ménage, etc. (I]? Si on ne les confondait pas entièrement avec les brigands leurs voisins , peu s'en fallait.
Il n'en était pas ainsi des moines et des cénobites , ces amis du laboureur, du pauvre et du malade : leur prestige croissait encore aux grandeurs séculaires de la forêt qui les abritait. Aussi de larges concessions leur étaient-elles faites : chaque abbaye, chaque prieuré recevait d'ordinaire, à sa fondation, droit de prendre tout le bois nécessaire tant aux constructions qu'au chauffage [2] ; les richesses forestières semblaient alors inépuisables. De plus, la forêt fournissait aux religieux la nourriture d'un nombreux bétail, du cuir de cerf pour relier les livres de chœur , et même quelquefois les plaisirs de la chasse (3).
Ces libéralités des propriétaires de forêts s'étendaient
(1) Les archives de nos anciennes juridictions sont remplies d'actes de violence, qui attestent que ces préreotions allaient souvent jusqu'à une haine sauvage. Voici un fait entre mille que nous pourrions citer :
Un dimanche matin de l'année 1691 , un boisilleur et sa femme quittaient leur pauvre hutte de branchage pour se rendre au pardon de la chapelle S*-Joseph , qui passe encore aujourd'hui pour disperser les fréquents orages du Mené. En revenant , après la grand'messe , ils demandèrent dans un cabaret quelques pots de cidre qu'ils allèrent boire tranquillement, au coin d'un champ voisin , en compagnie d'un autre boisilleur. Des bouchers du Gouray assaillirent ces malheureux et en tuèrent un sur place. La foule des buveurs faisait cercle, et répondait tranquillement aux passants qui s'enquéraient des causes du tumulte : « Ce sont des boisilleurs qu'on est à battre ». La justice de Boquen évoqua l'affaire et condamna les meurtriers h être pendus. Mais la sentence n'eut pas d'effet , parce que les prisons étaient en ruine et les pots patibulaires depuis longtemps croules ; ce qui prouve du moins que les moines n*en faisaient pas grand usage.
(2) Voir notamment les actes 8 et 9 de S*- Aubin , 9 de Boquen , les premiers actes de Beauport, de S'-Martin de Lamballe, etc.
(3) B. Mor. I, 378. — Ces droits de chasse, dont les moines ne voulaient pas aux XII' et xiif siècles, étaient hautement revendiqués par eux, au xviii*.
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parfois aux laïques qui leur avaient rendu des services éminents. C'est à ce titre que Pierre Mauclerc donnait à Olivier Toumemine, en \t\i, la forêt de Lamballe on de Lanmur (1). En 1256, un chevalier, du nom de Kareo, obtenait dans la forêt de Loudéac le pasnagiutn , sa provision de litière et le chauffage de son manoir de Bodegat, « videlicet ad buccham siccam et ad bucham ad terrain ». Mêmes droits de panage et de glandée étaient attribués dans la forêt de Boquen au manoir de Groschêne, jadis nommé la Grand'maison de Ranlastre. Les seigneurs du Parc revendiquaient dans la même forêt, en 1358, avec le droit de chauffage , celui de <( hérault et de chasse )> (2).
Nous attendrons à traiter la féodalité pour présenter l'historique de la chasse , qui , en Bretagne , nous parsut avoir été de tout temps réservée au seigneur. Bornons-nous à dire en ce moment que le goût ou plutôt la passion de cet exercice ne fut pas moindre ici que dans le reste de l'Europe. L'homme des champs eut à en souffrir dans plusieurs circonstances : non-seulement il fut souvent appelé <( à la huée », comme nous le verrons dans le comté de Guingamp, mais quelquefois même ses cultures furent transformées en forêt, pour ménager au seigneur le plaisir de courre plus longtemps le cerf et le sanglier. Ainsi firent Guy do Laval et André de Vitré à la fin du xi** siècle (3) ; ces faits toutefois sont beaucoup plus rares de ce côté de la Manche que de l'autre côté où , d'un seul coup , vingt-six paroisses furent ruinées par un caprice de ce genre.
(1) D Mor. I, 824.
(2) Arch. des Côtes-du-Nord . Fonds de Boqaen. ^3} D. Mor. 1, 495. — D. Lobin. II, 258.
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Si la forêt ainsi étendue devenait fatale au paysan , celui-ci d'ordinaire y trouvait de nombreuses ressources en bois, en fer (1), en herbage. C'est ce qu'énumère fort bien un arrêt de la a Table de Marbre » de 1586, réformant un jugement du « maître particulier de la forêt de Quintin ». Il en résulte que les paroissiens du Bodéo , de Lanfains , de La Harmoye , de S -Bihy et du Vieux-Bourg pouvaient prendre dans cette forêt « des houssats , espines , aulnes , sauldres, bourdaines et aultres menus bois, pour deffandre et haïer leurs bleds et terres , sans en payer taux ne amendes ». De temps immémorial, les convenanciers avaient également droit « aux gens (ajoncs), genêts, bruières, foulgëres et aultres litières pour leur aider à amender et angresser leurs terres , et iceux emporter avec chevaux et charrestes sans en paier taux ne amendes , fors la sixième gerbe des bleds qui croissent en leurs terres ». Ce n'était pas tout : les convenanciers pouvaient encore , en présence des forestiers, s'approprier « raisonnablement du bois pour faire essieux , quesseux (brancards) et timons de charrestes, et pots et lates et charrues , et aultres bois pour servir à leur manaige et labouraige » , ne devant en retour que les charrois du maître. Ils avaient la faculté de « mettre es dits bois et forests , landes et frotaiges > à paistre et pasturer leur bestail, fors aux bois de bois taillis qui leur sont défendus pour les six premières années après la coupe d'iceulx » ; ce pourquoi ils devaient payer « par chacune vache donnant laict et les aultres bestes franches deux sols monnoie par an » , payables en deux termes , à Noël et à la S -Jean. Enfin il leur était permis « de serrer en icelle forest
(1) La plupart des forêts avaient leurs forges et leurs haras, comme nous le verrons bientôt.
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les bois morts , vielles souches , bris demeurant à laron , desquelles ils pouvaient emporter sans cousteau ne vignée , fors quelles pièces seulement où ils pourront mestre cognée à un pied hors terre et en terre se ils s'en trouve » , à charge de payer par ménage et famille dix sous tournois par an, en deux termes , « quel debvoir s'appelle les corvées et pasnaiges de la forêt de Quintin » (1).
Ces droits usagers , à peu près les mêmes dans chaque forêt , ne variaient que dans le détail (â) , et pouvaient se résumer ainsi : droit de pâturage pour le bétail , droit qui allait quelquefois jusqu'à mettre le feu aux halliers , en mars ef avril , pour obtenir une bonne récolte d'herbe (3) ; droit de prendre du bois pour le labourage et la défense du sol ; droit de chauffage , qui ne s'arrêtait pas toujours au bois mort , à terre ou sur pied , mais qui s'étendait parfois jusqu'au « mort- bois , c'est-à-dire aux saux , morsaux, espines, aulnes, gênez, genevrons, etc. ». Les coulumiers ne furent pas rédigés avant le xv® siècle; mais les droits qu'ils réglaient remontaient à la plus haute antiquité : il faudrait peut-être en rattacher l'origine à cet ancien usage germain et gaulois , qui considérait la silva comme un bien appartenant à tous , comme un commun ; ce régime se maintint jusqu'à la foresta , qui fut propriété privée (4).
(1) Arch. des Côles-du-Nord.
(2) A Beaaport , d'après les anciens tarifs , on devait pour chaque tète de bétail paissant dans la forêt , vache , jument , chèvre ou mouton , 12 deniers '* il était défendu d'enlever les émondes et bois mort.
(3) Un pareil droit donnait lieu à de fréquents accidents : soit par méchan> ceté , soit par maladresse , de riches quartiers de bois furent ainsi brûlés. Aussi le coutumier de Rohan l'attribua-t-il aux forestiers seuls.
(4) N'est-ce pas là aussi qu'il faut rattacher la prétention des rois de France de posséder toute forêt de main-morte et toutes celles dont le propriétaire ne
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INe pourrait-OQ pas reconnaitre la réactioD de ce dernier système, dès 1210, dans l'enquête ouverte pour constater les droits respectifs des sires de Fougères et d'Ardenne sur la forêt de ce nom (1) ? A partir du xni* siècle, on s'efforça de réduire de plus en plus les concessions anciennes : il en fut ainsi de l'abbaye de Boquen , qui , après avoir joui pendant plusieurs siècles de la propriété de sa forêt, s'en vit un jour dépouillée par l'Etat (2]. De même pour Lantenac, à l'égard des Rohan ; pour Beauport, à l'égard des sires de Goëllo ou leurs représentants (3). A la vérité, les moines s'occupèrent de défrichement plus que de reboisement ; et trop souvent , surtout à partir du xiv* siècle , ils gaspillèrent de grandes ressources forestières.
Cependant , dès le xii® , la société laïque commença à se préoccuper de la conservation des forêts. Alors on vit naître les premiers essais de sylviculture , qui furent , comme la garde et l'aménagement des bois, confiés à des mains nobles.
pouvait justifier de sou droit par titres authentiques? — Quoi qu'il en soit, c*est sans doute parce que les droits usagers des populations furent généralement respectés par les grands propriétaires en Bretagne, qu'on n*y yit pas, comme en Normandie et sur plusieurs autres points , de ces luttes acharnées et presque sauvages pour la transition de la silva à la foresta,
(1) Cité par les Bénédictins d'après le Caituiaire d'Alençon ; Pr. 1 , 818.
(2) La forêt , enlevée à cette abbaye , moitié par ruse , moitié par violence, ne lui était pas encore contestée en 1549 , époque à laquelle Tabbé reconnaissait au roi « la chasse des bcstes saulvages en ladicte forest , et les autours et esperviers ; la moytié des taux et amendes sur les délinquants *. L'abbé ajoutait : c II (le roi), par ses officiers, peult et doibt mettre ung forestier, et lesdiz abbé et couvent ung aultre forestier pour garder ladicte forest. Et si le forestier par lesdiz abbé et couvent mis estoit trouvé malfaisant, il peult estre destitué et déposé par les officiers dudict seigneur ; et sont tenuz et subjectz lesdiz abbé et couvent en présenter nng aultre , quel est tenu faire serment soy y porter deubroent , devant les officiers dudict seigneur » .
(3) Plus loin , nous raconterons les dém-^lës de cette abbaye avcr le surintendant Fouquet.
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Des privilèges considérables furent attribués aux oSiciers des forêts : Raoul de Fougères recevait en toute propriété une partie de la forêt de Rennes , en raison de sa charge héréditaire de grand-forestier; Hersard de la Hersardaye. forestier des Tournemine, jouissait dans leurs bois de droits importants. Alain Du Cosquer , « maistre de vénerie au diocèse de Treguier » , avait , pour surveiller les bois et organiser les chasses, droit de chasser lui-même, et de plus il recevait 20 livres de gage. Les forestiers de Camburien , tous écuyers , fixaient leurs prérogatives par un traité authentique avec leur seigneur , le vicomte de Léon. En 1392, un de ces ofiices héréditaires était vendu devant la cour de Guingamp (1).
Le coutumier des forêts de Rohan nous donne une idée de la manière dont était organisée la surveillance forestière, au XV* siècle. Chaque forêt était divisée en cantons, confiés à des gardes particuliers : celle de Loudéac en avait neuf, celle de Lanouée six , celle de Quénécan sept , celle de Branguily trois. Un surgarde-verdier était chargé de toute la forêt , dont , une fois par trimestre au moins , il devait parcourir tous les cantons ; il recevait les rapports des gardes, et déférait au grand-veneur, ou à son défaut au procureur fiscal , « les malversations et forfaictz )> commis dans sa circonscription. Les verdiers, astreints à la résidence, déposaient un cautionnement de 200 liv. Ils avaient une part de 8 sous au moins sur chaque condamnation, profitaient du <i bois gisant et du bois mort » , ainsi que de celui qui dans les ventes ne pouvait entrer dans les lots , et
(1) Arch. de TArgentaye. — S*-Aubm, n* 322. — D. Mor. 1 , 662, 1176. — Annuaire des Côtes -dti- Nord, an. 1860, p. 78, art. de M. Gantier du Mottay.
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jouissaient pour leur bétail du droit de pâturage dans les lieux, et durant le temps permis.
Le grand-maître devait faire, au moins tous les deux ans, une visite générale des forêts, en régler les coupes et les ventes : il y avait aussi des receveurs des forêts. Personne ne pouvait entrer dans la forêt « avec scie ou harpont » sans une autorisation spéciale du forestier, qui fixait le temps pendant lequel on pouvait se servir de ces instruments.
Comme la population des boisilleurs était d'autant plus déprédatrice qu'elle était plus insolvable , les propriétaires des huttes qu'ils habitaient étaient responsables , de même que ceux des domaines oii ils se réfugiaient après quelque délit. Les charbonniers ne pouvaient établir leurs fosses à charbon que dans les landes et lieux indiqués par les surgardes.
Nulle part il n'existait d'abord de juridiction propre aux forêts : des officiers spéciaux réglaient l'aménagement et déféraient les délits à la justice du seigneur. Mais en 1S34, deux ans à peine après l'annexion de la Bretagne à la France , le roi créa dans cette province et pour les forêts de l'Etat toute une hiérarchie de magistrats particuliers , au sommet de laquelle étaient placés un grand-maître général et un tribunal supérieur; celui-ci, k Rennes comme à Paris, prit le nom de « Table de Marbre » (1).
A l'exemple du roi , la plupart des seigneurs possédant forêt, y réorganisèrent la surveillance : les uns y joignirent une juridiction spéciale, les autres s'en dispensèrent. Ce fut alors un véritable luxe de gruyers , verdiers , fores-
(1) Hevin , Quesl. sur les Fiefs , 151 . 334. — Les appels do ce tribunal allaient au Parlement; on donna au grand-maltrc , on 1555, un lieutenant par diocèse.
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tiers (I), gardes, surgardes, gardes-marlaux , maîtres grands et petits , qui ne parvinrent pas à empêcher la disparition de plusieurs des plus belles forêts de la province (â). Il est vrai que trop souvent les apparences d'un zèle outré couvraient au fond peu de probité : il nous souvient , par exemple , d'une pauvre veuve condamnée avec son enfant pour avoir ramassé quelques broussailles dans la forêt de Boquen, en 1620; et, dans le même temps, « des chênes de six pieds de circonférence » disparaissaient impunément en plein midi (3).
L'anarchie de la fin du xvi* siècle déchaîna les instincts destructeurs et pillards des populations , et le régime forestier de la Bretagne en reçut les plus rudes atteintes. Les habitudes de déprédation étaient passées dans les mœurs , à ce point que les paysans voisins de la forêt de Plouézec ne se contentaient pas d'enlever les arbres à leur convenance ; ils mettaient même leurs bestiaux à brouter les jeunes pousses ; et , quand ils voulaient se donner des pâturages, ils incendiaient le premier quartier venu de la forêt. C'est ainsi que disparurent les beaux bois qui s'étendaient entre le Trieux et la mer , et tant d'autres avec eux , comme l'attestent des pièces judiciaires de la cour de S'-Brieuc (4).
Par une sévérité qui alla jusqu'à condamner les moines
(1) Le propriétaire du manoir de La Gaallière, à cause de soo fief, était chargé de présenter on garde de la forêt de Boquen k Tabbé ; en 1652 , Tabbé refusait le candidat comme infecté d*hérésie calviniste. N*ayant pas voula abjurer , il fut chassé de l'audience comme renégat , et le S' de La GauUière invité à en présenter un autre dans le délai de trois jours.
(2) Nous citerons, dans nos parages, Buhen, Hoallan, Coat-Mur, dit aujourd'hui Bois-Meur, qui de bois n'ont guère conservé que le nom.
(:î) Arch. des Côtes-du-Nord.
{V. Arch. des Côtcs-du Nord , sous la dulc de 1001.
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de Boquen pour n'avoir pas conservé de baliveaux en coupant leurs propres taillis , la monarchie s'efforça d'arrêter le désordre. Mais il était trop tard : déjà, avec nos principales forêts , avaient disparu sans retour les grands abris de l'agriculture , les barrières les plus puissantes contre les inondations, de précieuses ressources pour l'Etat, pour les particuliers et surtout pour le pauvre.
Arts et Industrie.
Le pays dont nous étudions le passé fut toujours plus agricole qu'industriel. En recherchant ce que furent ses principales industries , nous nous attacherons de préférence à celles qui se lient plus étroitement à l'agriculture.
Au point de vue général , le travail appliqué à la matière a pour but de nourrir l'homme , de le vêtir, de l'abriter (1). De là trois groupes de produits que nous allons parcourir rapidement.
Premier Groupe. — Nous avons précédemment exposé les méthodes anciennement employées pour la production du grain. Quant à sa transformation en farine, nous ne saurions préciser l'époque où l'on cessa de se servir du
(1) Nous dirions aassi : et de le défendre , si ce qui nous reste à ajouter à nos précédents rolumcs sur le système militaire ancien , ne devait être naturellement reporté à une autre partie do cet ouvrage , où nous traiterons de la féodalité.