‹ Anciens évêchés de Bretagne;Chapitre 25 sur 41 · T. II · texte numérisé non relu

T. II

(3) Arch. de Penth. — Mss. Comillef.

4} D. Mor. 1, 621.

cxLiv PUOLEiJOMÉNES.

flis aux moines , et aussi la rivière d'Oust entre telles et telles pêcheries, exclma (1)- Au xi* siècle, il en existait sur la Rance, sur le Gouessant, sur la Loire, sur TErdre, etc. Quelquefois elles étaient Tobjet d'aumônes à un monastère, comme de précieux immeubles ; il en fut ainsi de la pêcherie, pùcariam, du pont de Dinan, à la fondation du prieuré de la Madeleine (2). D'autres fois, au contraire, on les détruisait pour leur substituer des moulins , comme le montrera la charte 6 du prieuré de S-Martin. Il s'agissait sans doute ici de ces pêcheries en pierres, braca, dont il est question aux titres de Marmoutiers , à l'occasion du prieuré de Châteauceaux ; mais d'autres fois elles étaient en clayonnage et s'adaptaient précisément aux moulins : ainsi , dans une charte de Redon, de 1669 environ, Constancius donnait sa part « de molendinis Erde aque et de aumona et de piscibm qui de molendinn exeunt » (3).

Un impôt était sur certains points assis sur les pêcheries ou sur leurs produits. Nous voyons en effet donner à S*-Florent-sur-Dol « medietatem census sepiarum in fluvio Rentia ad Sanctum Ciliacum, excepta redecima que est monachorum Sancti Martini » (4).

Au xiii* siècle, les chartes de Beauport montreront le Lem ou Leff et le Trieux couverts de ces pêcheries , trèsproductives en saumon surtout : et au siècle suivant , nous avons vu le prévôt de l'évêque de S-Brieuc interdire les siennes à son seigneur (5).

(1) D. Mor. 1 , 300. — « Donamus cxdusam ad capiendot pitcet factam » (Âp. Da Gange, III, 213).

(2) D. Mor. I, 384, 385, 439.

(3) Ihid. 434.

(4) Ihid, 433.

PROLÉGOMÈNES. cxlv

Les moines , privés de Tusage de la viande , attachèrent naturellement un grand prix aux ressources alimentaires que les cours d'eau , les étangs et les viviers pouvaient leur offrir. À un certain moment , Boquen , faisant le tableau de sa détresse , insistait particulièrement sur ce que les oiseaux de proie rendaient impossible la reproduction du poisson dans ses nombreux réservoirs. Nos chartes vont fournir plusieurs données nouvelles sur la pêche fluviale , et , entre autres , un droit sur les anguilles que Tabbaye de S'-Àubin se réservait en affermant ses moulins.

La pêche maritime s'exerça à pied et en bateau dès les époques les plus reculées. Le livre écrit au xii* siècle par l'Arabe Edrisi nous montre les Bretons se livrant à la pêche « sur les bords de la mer Ténébreuse, qui malgré l'effrayante hauteur de ses vagues nourrissait beaucoup et d'excellents poissons » (1). Trois cents ans auparavant, le cartulaire de Redon cite un lieu donné aux moines pour faire une pêcherie sur le rivage , exclmam in mare ; ce que sur nos grèves on nommait dernièrement encore un parc (2). Les Actes de S'-Malo de Dinan noteront, en 1108, l'évêque de Dol donnant l'île d'Aaron , mais en se réservant son pêcheur et la maison habitée par celui-ci. Le même prélat avait sur la grève , dans tout le cours du xii'' siècle , piscaria et tesure (3). Les chartes de Beauport et les aveux des fiefs du littoral prouveront partout l'existence de pêcheries permanentes , condamnées aujourd'hui comme destructives du frai. A aucune époque pourtant, nos côtes ne furent visitées par autant de poissons de toutes sortes , y compris les plus

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