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forêt des haras dont il faisait don à sa femme, Thomasse de La Roche-Bernard, en 1298 (1). Au siècle suivant, la forêt de Loudéac contenait environ six cents juments « qui par chacun an étaient d'un grand revenu au vicomte par les pouUains et nourritures de leurs issues )> ; trois cents hommes étaient astreints à <i courir et prendre » ceux de ces animaux dont on avait besoin. En 1558 , les forêts de la seigneurie dé Quintin faisaient encore de fortes ventes « de mâles et de laitrons )> (2) ; et les tenanciers de la forêt de Houallan , aujourd'hui disparue , devaient à la seigneurie de Malros et plus tard à celle de Ruverret , près Châtelaudren , « 5 quevalles , 3 poullains , 2 bêtes aumailles , 37 vaches , 4 veaux , 6 troppes de brebis. »
Celte vigoureuse impulsion donnée par les grands propriétaires à l'élève du cheval explique assez le privilège dont ils jouissaient dans plusieurs foires et marchés , de faire leur choix avant l'ouverture de la vente publique. Il en était ainsi, par exemple, pour les Rohan à la foire de Noyai , où plus de trois mille chevaux étaient amenés chaque année (3).
Mais cette grande abondance commença à décroître sensiblement dans les guerres de succession du xiv^ siècle. Au XVI*, la production locale ne suffisait plus aux besoins ; et l'agriculture en souffrait déjà , quand les guerres de religion vinrent achever d'épuiser le pays (4).
(1) D. Mor. 1 , 856 et 1133.
(2) D. TaiU. Sup. 165, 191.
(3) D. TaiU. Sup. 168.
(4) Les inventaires dont nous avons précédemment parlé ne nous offrent pour le pays de l'intérieur que deux chevaux , Tun de 65 , l'antre de 105 sous, et deux juments , l'une à trois ans valant 70 sous , l'autre à quatorze , en valant 37. Après la guerre , les prix se relèvent : une jument pleine vaut 54 liv. et une autre avec son poulain 35 liv. 2 sous.
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Au XYiii* siècle , les Etats de Bretagne entreprirent pour repeupler la province ce qu'aucun particulier ne pouvait plus ou ne voulait plus tenter. Une trentaine d'années d'efforts pour s'assurer des croisements heureux et éviter les mauvais accouplements , donnèrent plus d'ampleur aux races de trait, sur certaines parties du littoral, par un judicieux emploi du sang danois et allemand ; par le mélange du sang espagnol , on produisit dans le Léon des carrossiers légers et élégants ; et l'on jeta dans la montagne beaucoup de sang arabe, ou il s'est conservé jusqu'en ces derniers temps (1).
Le mulet n'a jamais été , croyons-nous , très-répandu en Bretagne (2). Les diverses espèces de montures qui y sont le plus souvent signalées sont le palefroi , palafridum , la haquenée , gradarium (3) , le roussin , rucanum , et le destrier.
Sur le littoral nord , beaucoup plus qu'au pays de l'intérieur , l'âne a été , de tout temps , utilisé et recherché. La légende a gardé le souvenir des ânes de Rigourden , qui venaient ravager le blé de saint Suliau, et de l'âne que saint Envel attelait à sa charrue. Un document positif montre l'archevêque de Dol payant annuellement, dans le xi* siècle, une mine de froment et un bélier à la villa de Bagar pour soigner ses ânes.
En parlant de la culture pastorale , nous avons établi que
(1) Sur ce point, et en général pour Thistoire agricole de la Bretagne pendant les trois derniers siècles , on peut utilement consulter Tourrage de M. du Chntellier , que nous avons cité plus haut ; et surtout le Corps d'observations publié sous le patronage des Etats.
(2) Toutefois » le cartulaire de S^Serge nous le montre , dès le xi* siècle (D. Mor. 1,496).
(3) Le connétable de Clisson léguait deux haquenées , Tune fauve et Taulre grise , gradarium gritentem et gradarium flavum (D. Mor. II , 782).
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relève du bétail avait eu, dès le principe, un développement considérable. La charte de Lanninoc (1) et plusieurs actes de Redon attestent que le bétail fut abondant dans ces contrées, jusqu'aux invasions du x* siècle.
Cette industrie se releva au xi*, et la fondation des prieurés et abbayes y contribua beaucoup. En 1031 , la vicomtesse Roianteline donnait vingt bœufs et douze vaches à S-Georges de Rennes ; le prieuré de Lamballe, en 1084, avait des bouviers auxquels le seigneur fournissait des chaussures ; et , dans les titres du même bénéfice , nous voyons figurer Aufred , vaccarius seu pastor vaccarum de la comtesse Agnès, mère de Geoffroy Botherel (2).
Le testament de la dame de Plouha, en 1245 , énumère ainsi son bétail : trois bœufs, deux génisses, cinq vaches, trois veaux, dix-sept chefs de brebis, vingt-cinq porcs et sept laeis (3). C'était peu auprès des treize mille bêtes à cornes que se vantait de posséder, en Normandie, Mathilde de S -Valéry (4). A la fin du xiii'' siècle, Alain de Rohan transmettait à sa femme toutes ses vaches des forêts de Quénécan , Loudéac et Poulancre , <( o les maysons la ou ele aont acostume a estre guerdees , et valiez et giens pour les guarder et les prendre » (5) . On le voit déjà par ces exemples , la noblesse , qui n'a pas beaucoup fait pour l'agriculture a ces époques reculées, se livrait volontiers à l'élève du bétail.
(1) SaDS nous exagérer l'importance de ce document contesté , nous pensons que , même rédigé à une époque postérieure , il reproduit des souvenirs , une tradition.
(2) S»-Mart. 2 et 4. — D. Mor. 1 , 371.
(3) Est-ce des laies ou truies ?
(4) Mss. de S*-Germ. cité par M. Delislc. Etude sur les Classes agr. en Norm. 251.
(5) D. Mor. I. 1133.
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La petite exploitation de la côte , dont l'inventaire nous sert de terme de comparaison dans la seconde époque de décadence , avait trois vaches et une génisse valant ensemble 53 liv. ; l'exploitation de la zone intermédiaire avait quatre vaches et une génisse valant 48 liv. ; enfin , l'exploitation de l'intérieur possédait quatre bœufs estimés 19 liv. , deux taureaux d'un an estimés 45 sous , deux autres taureaux valant 7 liv. 5 s., deux génisses d'un an valant 30 s., sept vaches estimées 402 s. 6 d. On le voit , l'intérieur fut toujours plus particulièrement pays d'élevage.
L'antique goût des Gaulois pour la chair de bacon ne s'est pas démenti dans tout le moyen-âge. Les monastères bretons ne négligeaient pas de se procurer dans les forêts seigneuriales le droit de panagium ; le pauvre même en jouissait souvent : c'était le moyen d'engraisser beaucoup de porcs à peu de frais. Les chartes de Redon nous en fournissent plusieurs exemples, dès le ix* siècle (1) ; et, dans la seconde moitié du xi* , nous voyons donner aux moines de S-Florent-sous-Dol, dans la forêt de « Comburnum, pastum peccoribus eorum , et pana$ticum porcorum suorum » (2). Dès-lors, comme aujourd'hui dans nos campagnes, on plaçait donc à moitié chez de pauvres laboureurs, un certain nombre de têtes de bétail , à charge au métayer de les élever et probablement de les vendre.
Les titres de Lantenac , de Beauport , de S -Aubin et de Boquen nous montrent ces maisons se livrant sur une vaste échelle à l'élève du porc. Il fallait que la Bretagne produisit beaucoup de ces animaux , puisque , à une foire de Matignon ,
(1) Voir notamment les Prouves de THist. de Bret. de D. Mor. 1 , 268.
(2) D. Mor. 1 , 433. — Outre les porcs des métayers , il y avait ceux des vilains et du seigneur, porei dominici, porci vilhnorum {Ibid. 361, 373\
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en 13314, les moines da Mont-S^-Michel en achetèrent à eux seuls quatre-vingt-dix-huit, moyennant 97 liv. 19 s. 6 d. (1). L'appauvrissement apparaît ici , comme dans les autres espèces , au xvi* siècle. Â peine si nos inventaires signalent quelques porcs valant 14 s. dans le centre , et 40 s. sur la côte : l'inventaire de LanvoUon mentionne a trois pourceaulx nourriture )> , valant ensemble 4 liv. 1S s.
Les moutons s'étaient mieux conservés dans les landes et sur les falaises. L'inventaire de Plougonver donne a quinze chieilis de brebis valant Tune dans l'autre chacune 3 s. 3 d. » ; celui de Pommorio, une chèvre, dix brebis et cinq agneaux, estimés ensemble Si6 liv. 10 s. C'était surtout sur le littoral que l'on attachait le plus de prix au lanagium et à Vovor gium : en effet, nos plus anciennes chartes établissent la valeur qui était dès-lors attribuée aux moutons de prés salés (Si).
Nous n'avons pu nous procurer aucun document positif sur les espèces de volailles les plus répandues ; mais les nombreuses redevances en poules et en chapons, l'importance attachée au droit de colombier dans les siècles postérieurs, prouvent suffisamment que les volatiles domestiques n'étaient pas négligés en Bretagne. Nous n'y avons découvert aucune trace de faisans ; mais dans la châtellenie de Moncontour, à Bréhand, par exemple, et à Trédaniel, il y avait des redevances de perdrix , et sur quelques points de bécasses. Les canards ne paraissent pas avoir été très-cultivés dans nos basses-cours; mais un acte de Boquen, de ISITSI, nous parle des oies, « avons )>, pour lesquelles il se tenait dans le Penthièvre dés foires considérables.
(1) M. DeUsle, p. 242.
(2) Consulter à cet égard les Actes de S*-Rion et de Beauport, entre antres la charte de 1189.
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Nous clorons cet aperçu du premier groupe de nos industries par quelques mots sur la culture des abeilles. La place occupée dans la consommation générale par le miel à une époque où le sucre était peu ou point connu , et le luxe de cire que le moyen-âge vit se développer autour des autels, des reliques , des tombeaux et même des églises entières , donnèrent à cette production une importance considérable.
Les actes antérieurs au xi® siècle parlent souvent des ruches d'abeilles. L'abbaye de Redon en avait quatre dans son jardin : un voleur en enleva une pendant la nuit ; mais , arrivé chez lui , il ne put la décharger de ses épaules ; il dut venir tout confus prier les moines de le débarrasser de ce fardeau.
Après Tinvasion normande , ce fut une des premières industries à renaître : vers 1040 , le frère du comte Hoël donnait k S'*-Croix de Quimperlé une terre tributaire de trois mesures de miel ; une autre , chargée de la même redevance , était aumônée a Téglise de S*-Corentin. Dans le même temps, une parcelle, particulam terre ^ voisine de Pleubian, rapportait six mesures de miel, sex crateros mellis. En 1107, le comte Alain donnait au même monastère a quatuor ciatos id est halo fat mellis » ; et, vingtquatre ans auparavant, le prieur de Chaméré avait reçu la libre disposition des essaims d'abeilles de la forêt de Rais , omnia vasa apvm que vasa truncos vocant vel eroisa. Citons enfin le « dimidium cyathi mellis », donné à Daoulas par le vicomte de Léon, en 11721 (1].
(1) D. Mor. 1, 378, 379, 405, 513, 547, 669.— D. Lob. II, 173.— Du Gange traduit natorellement truncos par les troncs d'arbres où se réfagiaient les essaims ; mais il nons parait avoir été moins heureux en cherchant l'étymologie de eroisa (Gloss. 111 , 131;.
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Deuxième Groupe. — Dans les diverses industries qui se rattachent au vêtement , nous signalerons en passât les draperies de Dinan , dont les chartes de S -Aubin nous parleront plus d'une fois (1) ; celles de Rennes, d'Âcigné, de Josselin et de la Trinité-Porhoët [2] ; les tapisseries et les « toiles crues de brin de la façon de Dinannais » ; les coutils y canevas , aulones , écardes , sauvagines , sargeries » laines fines et grosses , courte-pointes , plumes , fils blancs et écrus » merceries fines et grosses , et autres produits énumérés dans la pancarte de 1481. Nous ne nous arrêterons pas aux potiers du Penthièvre , aux chapeliers de Châtelaudren et de Guingamp , aux pelletiers et tanneurs de Lamballe (3) , de Dinan (4) et de Fougères. La pelleterie de celte dernière ville fut donnée à l'abbaye de Rillé , en 1150 (5).
Rarement le pouvoir central s'immisçait dans les affaires de l'industrie , tout entière aux mains des seigneurs « des moines ou des riches associations. Cependant nous l'avons
(1) S'-Aubin, 92, 93, 97. — Voir aussi les Mél. d'Hist. etd'Archéol. bret. par M. de La Borderie, t. I, p, 16. — En 1306, la corporation des drapiers de Dinan procédait contre le prieur de la Madelaine-du-Pont , pour le contraindre à chauffer « l'ève » qui servait à la préparation de leurs étoffes.
(2) Au XYi' siècle , les Rohan appelèrent dans ces deux villes , pour relever cette industrie , des familles calvinistes de Montauban qui ne sont pas encore éteintes. Elles sont désignées dans le pays sous le nom de c Calvin-grais- 80UX », et ne se mêlent pas au reste de la population. Nous devons ces renseignements à M. Bergounioux, régisseur du chAtean de Kerguehennec.
(3) Qui ne connaît ces terrassiers si renommés, désignés sous le nom de Lamballais ?
(4) Ordonnances des Rois de France , t. YIII , p. 316. — 11 y a plusieurs éditions des statuts et règlements de cette corporation , dans lesquels sont rappelés les privilèges concédés par les rois de France^ ainsi que les obligations des confrères de N.-D. de la Fontaine. — Voy. Mél. hist. et archéol. 4» cahier , et S'-Aubin , n»' 92 , 93.
(5) D. Mor. 1 , 606.
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vu intervenir quelquefois au nom de la sécurité publique : ainsi la Constitution du duc Jean Y défend aux texiers (tisserands) d'employer d'autre laine que l'ancienne, aux pintiers de mêler du plomb à Tétain des vases destinés aux usages domestiques, etc.
Nous serons plus explicites en parlant d'une industrie qui, après avoir développé dans le Porhoël et le Quintin une richesse considérable, a laissé derrière elle des désastres que plusieurs siècles ne suflBront peut-être pas à effacer. Tel est le caractère saillant de l'industrie : à un certain jour , elle se venge sur l'homme par de longues souffrances du bien-être qu'elle lui a donné (1).
En trouvant, dans une enquête de 1599, la mention de moulins à sérancer , appartenant aux moines de Lantenac, nous nous étions demandé si l'industrie linière n'était pas plus ancienne en ce pays qu'on ne le croit généralement. Mais toutes nos recherches n'ayant pu nous révéler tin fait positif à l'appui de cette hypothèse, nous nous sommes rangés à l'avis de M. de Kerigant, qui attribue l'importation de cette industrie à Jean de Laval. Celui-ci , dans la seconde moitié du xv® siècle , épousa Jeanne du Perrier , héritière du Quintin , et dota son nouveau fief de de la fabrication des toiles qui , depuis plus de deux cents ans, florissait au pays de Laval (2).
Jeanne du Perrier épousa en secondes noces Pierre de
(1) Aa moment où nous écrivons ces lignes, la France entière rôle au secours de nos départements les pins riches, cmellement atteints par la crise cotonnière , triste contre-conp de la guerre d'Amérique. La solidarité entre les peuples , cette grande loi de l'industrie moderne , n'i^xistait pas , au moyen-âge , avec ses avantages et ses inconvénients.
(2) Elle y avait été introduite par Béatrice de Ganre , qui épousa Guy IX de Laval. Il ne serait pas sans intérêt d'observer à de longues périodes la marche des grandes industries , suivant les alliances des grandes familles.
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Rohan , second fils du vicomte Alain , et elle fit participer le pays de Loudéac aux bienfaits de la nouvelle industrie. Il paraît que les Bénédictins s'associèrent à cette entreprise : la dispersion des titres de Lantenac nous prive de témoignages qui auraient aujourd'hui un haut intérêt pour l'histoire de la fabrique des toiles.
Malgré les efforts faits à diverses reprises pour obtenir la matière première dans le pays de l'intérieur, le lin n'a jamais été cultivé en grand avec succès que sur le littoral. Les Rohan y avaient un vaste domaine , au fief de Plouha ; la production du lin s'est répandue de là sur toute la côte du Goëllo entre le Trieux et l'Ic : tandis que le chanvre destiné surtout à la marine se multipliait sur le littoral des évêchés de Tréguier et de Léon.
La Livonie nous fournissait les graines de nos textiles , tandis qu'elle recherchait elle-même nos graines dégénérées (1). Quelques grandes familles, notamment les Choiseul, ont tenté d'emprunter de cette province russe les routoirs et les instruments de teillage perfectionnés ; mais à part le moulin à sérancer dont il a été question , les inventaires des XVI® et xvii® siècles ne nous montrent que « la brée, le pescet et le peigne à main ». Les Etats s'élevaient au milieu du xviii* siècle contre ces instruments grossiers; comme aussi contre le rouissage dans les cours d'eau , qui nuisait au lin et détruisait le poisson. Cette première préparation seule se faisait au pays de production ; parce que la matière première, portée à dos de cheval, devait être expédiée en bois.
Malgré ces procédés défectueux , dès 1520, les toiles de Quintin commençaient à avoir de la réputation , et , en
(1) Corps d'Observ. Ann. 1759, 1760, p. 170 et suit.
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1546, elles étaient choisies comme les plus belles pour orner les autels de S -Nicolas à Nantes [1]. Les poètes du temps les célébraient (2) ; mais elles atteignirent leur plus grande vogue après le règlement du 7 février 1736. « Il en coûta des peines , des soins et des actes de sévérité pour le mettre en vigueur, dit un mémoire de 1777; mais aussi, dans Tespace de quarante ans , les toiles de Bretagne rapportèrent au royaume trois cents millions au moins. » En effet, les marchés de TEspagne, du Portugal et d'une grande partie de TAmérique étaient conquis à nos toiles. L'état fourni par Fintendant de la province établit que, de 1749 à 1774, l'Espagne seule en avait reçu cent cinquante-sept mille cinq cent cinquante-huit balles , à 1 ,000 liv. Tune. Quintin et le pays environnant expédiaient alors pour dix millions et plus chaque année [3).
Troisième Groupe. — Nous ne pouvons songer à faire ici rhistoire de l'art et des industries qui s'y rattachent.
(1) Amiales nant. 1 , 88 ; II , 17.
(2) Dans l'Ovide traresti, Inachus dit à sa fille lo, transformée en rache :
« Qu'est derena Totre équipage , > Vos pieds , vos mains , votre visage , » Votre beau collet de Quintin » Et votre jupe de satin ? »
— « La gorge honestement couverte » D'un petit Quintain clair ouverte. »
(Bibl. Elzev. 1,344.)
(3) Arrêtée par la Révolution , cette industrie reprit à la paix , et éleva à quatorze millions ses exportations. Elle est tombée surtout, parce que ceux qui la dirigeaient , ayant fait leur fortune , n'ont pas voulu subir les embarras de la tranformation de la filature et du tissage à la main en procédés mécaniques. Mais cette chute a été d'autant plus regrettable que le travail se faisait en grande partie dans la famUle ; les agglomérations d'ouvriers et tous les dangers qui en sont la suite étaient ainsi évités.