‹ Anciens évêchés de Bretagne;Chapitre 8 sur 41 · X PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

X PROLÉGOMÈNES

buffles et des sangliers )^ ; saint Gildas enseignant les enfants qa*on loi conduisait en foule; saint Halo ramenant à Dieu les habitants d*Àlet ; saint Samson arrachant la Domnonée à Fusurpation et à la tyrannie , pour lui donner Tordre, des lois et la liberté (1). Chacun selon ses forces attaquait la stérilité du sol et les halliers de Tintelligence ; chacun battait en brèche la barbarie : cette action bienfaisante est parfaitement symbolisée dans la légende par les sources d'eau vive que ces Saints faisaient jaillir d'une terre aride, et par les monstres auxquels ils passaient une étole au cou pour les précipiter dans la mer.

Comment se régularisa l'action de nos premiers missionnaires? k quelle époque se sont constitués les diocèses fixes de la Petite-Bretagne ? Nous allons essayer de résumer à cet égard l'état actuel de la science , confirmant par des faits nouveaux nos premières inductions , ou avouant franchement nos méprises.

Les prélats venus de l'autre côté de la Manche , quelque titre qu'on leur donne aujourd'hui, évèques-vicaires , évèques-auxiliaires ou régionnaires , évèques-abbés ou abbés-

(1) Àcta Sanctor,, et D. Lobincaa, Vie des Saints de Bretagne, aux mois de jany., mars, mai, jail. et nor. — Àcta Sancti Gild,, Saneti Mach., Sancti Sam. ap, D. Mor. I, 188, 189, 192, 194. — Longtemps la Bretagne a été conyerte de monuments qui constataient les bienfaits de ses premiers apôtres : anjoord'hai ces témoignages sont derenus rares. Nons citerons toutefois le Titrail de S*-Armel où se déroule la légende du Saint, et celui beaucoup moins connu de S'-Envel , où cet ermite est représenté labourant et défendant sa moisson contre les oiseaux, et son ftne contre un loup. Le loup mange l'âne, mais le Saint attelle le glouton à sa charrue. L'église de La Méaugon avait aussi jadis , sur Terre , la légende de son fondateur : il n*en reste plus que la représentation de saint Méaugon , conservée dans une fenêtre moderne.

PROLÉGOMÈNES. u

évoques , chorévêques , si Ton veut ; en un mol , ces epùcopi vacantes que nous traduirons par éTêques-mission* naires , tous paraissent avoir exercé leur ministère où ils se trouvaient , sans s'astreindre à des limites fixes , et surtout sans chercher à circonscrire leurs juridictions dans des divisions gallo-romaines qui n'existaient plus guère que par le souvenir. Le seul d'entre eux qui figure dans un acte officiel , Mansuetus , ne prend rang au concile de Tours , en 461 , qu'après les prélats titulaires des sièges armoricains , et avec le simple titre « d'évèque des Bretons ».

Le premier diocèse à limite fixe , fondé par les émigrés de la Grande-Bretagne , fut celui de Corisopitum (Quîmper] [\]y créé par Gradlon pour l'ensemble de ses £tats, c'est-à-dire pour toute la Gornouaille ; saint Gorentin en fut le premier évêque , il ne peut y avoir aucun doute à cet égard (2).

Il n'en est pas ainsi pour ce qui est des évèchés de Léon, de Dol et d'Alet (S'-Malo). Gependant, après avoir soigneusement comparé de nouveau les textes les plus anciens, nous sommes tout portés à considérer le siège de S*-Paul-Aurélien comme presque contemporain de celui de S^-Gorentin , ayant comme lui sa série d'évèques et ses limites fixes. Quelques légendaires le désignent sous le nom d'Occismor , sans doute parce que les pays d'Ach et de Léon, dont il se composait, étaient compris dans l'ancien te^ ritoire de la cité des Ossismiens.

(1) Voir sur ce mot la dissertation de M. de La Borderie» Annuaire de 1861 , p. 60 et sniv.

(3) En rangeant cet ëvéché au nombre des sièges gallo-romains dans notre T. I, Introd., xxxvii et xlvii, nous avons commis une faute, dont aujourd'hui nous sommes nous-mêmes surpris.

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