LE COURRIER DE LYON
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quignon, dit l'Aimable), un de ces types inoubliables qui se gravent dans l'esprit, comme une apparition effroyablement grotesque. Après l'avoir aperçue, qui de nous n'a gardé le souvenir effrayant de cette
tête de dogue, de ces yeux de proie brillants sous la touffe épaisse des sourcils, de ce menton enfoui dans les plis dune cravate crasseuse, de cette bouche édentée, de ce nez rubescent, de ces courtes pattes de lapin sur des joues violacées, de ce petit chapeau claque enfoncé sur un crâne simiesque, de ce gilet de hussard qui devait avoir été rouge et où pendaient encore quelques boulons de cuivre, de cet extraordinaire carrick h collets, de ce fouet de chasse au manche court, de ces botles éhmées, de cette culotte de peau zébrée de reprises et de coutures, et surtout de la voix élonnante qui sortait de ce pantin macabre, cette voix éraillée, crapuleuse, alcoolique , lançant son inoubliable : « Ici, Fouinard! n PAuuN ■ Paulin Ménier,
grand artiste intelligent, lettré, ayant le culte de son art, sachant «habiller" son personnage et dessiner une silhouette de la plus pittoresque façon, atteignit dans celte création de Chopard la perfection dramatique. Plusieurs milliers de repré-
sentotions n'ont pas épuisé la vogue du Courrier de Lyon, et Paulin Méniers'y estfaitapplaudirjua-