‹ Anciens théâtres de ParisChapitre 19 sur 45 · LE CHEVALIER DE HAISON-ROUGE · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER DE HAISON-ROUGE

ALBtANDRE DUHAS ET AUGUSTE UAQUET

Z^". îK=--jrs=-

WSï%::w

avaient donné à ce boulevard du Temple oii, de six heures à minuit, tous les soirs, sur toutes les planches de tous les théâtres, tant de sang était ré-

pandu, tant de larmes coulaient, tant d'innocents étaient persécutés, tant d'enfants ravis à leurs mères, sous les yeux mouillés des spectateurs assoiffés d'émotions.

Le Chevalier de Maison-Rouge^ qui fut la deuxième œuvre jouée au Théâtre- Historique^ fut un succès qui surpassa encore celui de la Reine Margot, Pendant cent trente-quatre représentations consécutives, chiffre inconnu à cette époque, le public acclama Mélingue qui jouait avec tout son talent, tout son cœur et tout son esprit, Lorin, ainsi que Laferrière et Atala Beauchêne qui faisaient les deux amoureux.

Le Comte Hermann^ Pauline^ la Jeunesse clés Mousquetaires^ les Frères Corses^ la Guerre des femmes^ le Chevalier d' Harmenthal^ etc., se succédèrent.

Monte Cristo, qu'Alexandre Dumas donna plus tard, primitivement se joua en deux soirées! C'était un peu long, et Cham, l'amusant et spirituel caricaturiste, consacra deux croquis à cette bizarre innovation. Un homme tout guilleret montait les marches du Théâtre-Historique, le regard vainqueur, le jarret tendu : c'était l'entrée à Monte Cristo» Un vieillard chauvç, à peu près aveugle, soutenu par deux béquilles, s'éloignait péniblement : c'était la sortie de Monte Cristo !

Presque toutes ces pièces réussirent, mais les frais étaient considérables : les événements politiques éloignaient le public du théâtre et, après avoir

Page 1