‹ Anciens théâtres de ParisChapitre 22 sur 45 · L' AMBIGU · texte numérisé non relu

L' AMBIGU

L'Ambigu, boule vardSaint-HartiD. — Les Mousquetaires. — LeJulf-Eiranl. — L'acteur Machanette. — Le Crime de Fanerne et Frederick Lemaltre. — L'Ambigu pendant le siège de Paris. — Spartacus. — Une Came eëlébre. — L'Astommoir. — L'As de Trèfle. — Les Deux Gosses.

Après avoir été dévoré par Pincendie, le 13 juillet 1822, au boulevard du Temple, l'^lméit/u, comme lanl d'aulres théâtres, comme la Gaité, comme le Cirque, comme le Lazary^ comme les Déiassemenls- Cowitçwea, renaquit de ses cendres; toutefois, l'auto-

rite exigea sagement que de meilleures précautions fussent prises à l'avenir : ce théâtre devait être isolé et, comme l'espace manquait sur le boulevard du Temple, on fit choix d'un terrain situé près de ce boulevard, dans son prolongement, de l'autre côté de la fontaine du Château-d'Eau, à l'angle de la rue de Lancry, entre le boulevard Saint-Martin et la rue de Bondy. On démolit Vhôtel Murinais^ et c'est sur son emplacement que les architectes Hittorf et Lecointe construisirent une belle salle pouvant contenir 2.000 spectateurs; les travaux coûtèrent près de 1.350.000 francs et, le 8 juin 1828, l'^mhigu fut ouvert au public. Emile de Labédollière donne la nomenclature de quelques-unes des pièces qui y furent jouées à partir de 1830, sans laisser d'autres souvenirs que leurs titres : le Festin de BaUhazar^ V Officier bleu de Paul Foucher, le Facteur^ de Desnoyers, Nabuchodonosor, Glenarvon^ de Mallefille. En 1832, Frédérick-Lemaître et Serres, qui jouaient à la Porte-Saint-Martin Robert Macaire et Bertrand^ furent cités en justice par le directeur de l'Ambigu pour usurpation de costumes^ nous apprend Ch. Maurice dans son Histoire anecdotique ; le directeur de l'Ambigu prétendait que la propri^t^ morale, le poème de ces costumes appartenaient à son théâtre; or, la valeur marchande de ces deux ignobles défroques fut fixée à deux francs quarante, et cette petite cause célèbre ' amusa fort Paris pendant quelques heures.

Les drames succèdent aux drames : Argo, de

Félix Pyat, en 1835 ; mioise et Abeilard, d'Anicel

Bourgeois et Corn» ; enfin, le 14 janvier 1837, Gas-

pardo le Pêcheur^ de Bouchardy, obtint le pluséclatant succès «t tint Tafficlie pendant des centaines de représentations : c'était très fou^ très alerte, très prenant, très palpitant ; puis viennent le Naufrage de la Méduse avec une mise en scène des plus dramatiques, imitée du célèbre tableau de Géricault, et Lazare le Pâtre ^ autre grand succès de Bouchardy ; Paris la Nuit, de Cormon; Paul et Virginie, les Bohémiens de Paris^ de Dennery et Granger; enfin, le 16 octobre 1846, la Clôsrrie des Genêts, de Fr. Soulié, une œuvre vraiment forte et portant parfois trace du meilleur génie dramatique.

Le 27 octobre 1845, A. Dumas avait donné à TAmbigu les Mousquetaires. Tout Paris se pressait pour voir vivantes les figures du roman que chacun avait lu et relu avec passion. Charles P*", c'était Lacressonnière, acteur élégant, émouvant et distingué; et d'Artagnan, c'était MéHngue, et jamais artiste n'incarna mieux le héros qu'il avait à représenter. Les femmes étaient jolies. Dumas avait mis en scène sa pièce avec toute sa science, tout son goût, toute sa gaieté. Ce fut un triomphe. Puis, se succèdent des pièces historiques : LoMesXPY et Marie-Antoinette, où l'excellent Féchter, jouant l'élégant duc de Lauzun, qui — dans la pièce — conduisait la berline emportant à Varennes la famille royale, endossait un costume de postillon crasseux dont Paulin Menier dut se souvenir quand il revêtit le carrick de Pierre Chopard, maqni-

Page 1