PAUVRES DE PARIS
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faisait réciter la Cigale el la Fourmi à un petit paysan qui, sa fable terminée, se mcltait à rire : "Pourquoi ris-tu, petiot?
— Dame, c*que dit la fourmi, c'est drôle
— Non, c'est mauvais plutôt... Voyons, il faut donc la laisser mourir de faim, la pauvre petite cigale? Tu Tentends bien dans les champs quand tu passes : elle a ce petit cri que tu ne trouves peut-être pas très joli, mais enfin elle fait ce qu'elle peut, et elle chante toujours. EHe chante en plein midi, quand il fait si chaud ; elle chante la nuit, quand tu dors, toi ; elle chante à tout le monde, aux enfants, aux passants et, quand il n'y a personne, au bon Dieu. Eh bien, parce qu'elle ne sait que ça, chanter Tété, il faut donc qu'elle meure l'hiver?»
Le 21 avril, l'Ambigu donne la Nuit du ^0 septembre^ par X. de Monlépin, et, dans l'indication des personnages, se trouve cette dénomination bizarre : «L'idiot (paraissant très vieux) : M. Castellano.»
Le 5 septembre 1856, un d rame de Brisebarre et Nus — les Pauvres de Paris — obtient le plus vif succès. Paul Meurice, cet esprit charmant, ce fin lettré, compose pour Mélingue son amusant Fanfan la Tulipe^ et Mélingue est exquis dans ce personnage pittoresque, gai, rieur, bretteur, casseur de cœurs et casseur d'assiettes : c'est un gros succès. Victor Séjour, en 1860, fait jouer le Compère Guillery,
Le 20 décembre 1855, nous apprend le très intéressant et très spirituel « Journal d'un Comédien de Fr. Febvre de la Comédie-Française^». — Dumas convia le public à assister à la première
i. Ollendorf, éditeur.
* THÉÂTRES DES BOULEVAnDI
représentation du Vampire. La veille, à la répétition, Dumas s'étail levé après le second tableau,
mécontent. « Décidément, ce tableau ne vaut rien, il faut le refaire. » Le directeur Chilly, qui voulait passer le lendemain, fit des objections. La pièce est annoncée, la presse est convoquée, ce changement va entraîner un grand retard... «Aucun retard, riposta Dumas. Continuez à travailler sans moi, je vais m'enfermer dans votre cabinet. Il est deux heures; à cinq heures, tout sera fait; ce soir, on copiera les rôles ; demain matin, collation à onze heures. A midi, je mettrai en scène. Rien ne sera changé. »
Tout marcha comme Dumas Tavait prévu et, le lendemain, le malin même de la première représentation, à midi. Ton mettait en scène; et Fauteur, qui n'avait pas eu le temps de déjeuner, dirigeait cette pittoresque répétition, en manches de chemise, tout en dévorant une salade de bœuf à rhuile.
La même année, l'Ambigu donnait une autre pièce au titre également macabre : la Rose et le Croque-Mort^ cinq actes, de Brisebarre. Le bon gros acteur Laurent y jouait un personnage que la misère amenait à entrer aux pompes funèbres... Mais il n'y restait pas et prenait gaiement congé de cette triste corporation sur ce mot délicieux : « Ils ne sont pas gais... je les lâche... mais je garde l'habit noir... j'y ferai mettre un collet de velours.»
Puis vinrent le Marchand de Coco, un gros drame à spectacle où triompha Frederick Lemaître, et la
Maison du Pont Notre-Dame (22 septembre 1860), un mélodrame de Th. Barrit^re el Henry de Kock,