‹ Anciens théâtres de ParisChapitre 28 sur 45 · VAUTRIN · texte numérisé non relu

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d'Arlmglon que Dumas avait remis à un débutant cette spirituelle lettre d'introduction pour le directeur Harel :

Mon cber Ami,

Je vous envoie M. X..., qui désirerait vivement entrer à la Porte-Saint-Martin.

Il se dit comique : s'il Test, remerciez-moi ; s'il ne Test pas, remerciez-le.

A vous.

A. Dumas.

Sous Tadininistration d'Harel furent encore montées d'autres œuvres de réelle valeur : Don Sébastien de Portugais le Pacte de Famine de Paul Foucher, le Brigand et le Philosophe de Félix Pyat et A. Louchet, sans compter un essai de spectacle patriotique consacré à Tindépendance de la Grèce, un ballet en trois actes intitulé Capsali joué en juin 1838 ; ce fut un mélange de cachuchas et de feux de pelotons qui sombra dans le ridicule, j^me ^g ]^^ Vaubalière, par Rougemont, et enfin Vautrin de Balzac^ que le Gouvernement crut devoir interdire. Frederick Lemaître s'y était fait la tête de Louis-Philippe ; de plus, on découvrait, paraît-il, dans cette pièce des allusions politiques blessantes pour la famille royale. En relisant cette énorme comédie, indigne du génie de Balzac, il nous est impossible de le constater. Toujours est-il que Vautrin disparut de Taffiche, le lendemain même de la première et unique représentation.

La pièce avait été donnée le 14 mars 1840, devant une salle regorgeant d'écrivains, d'élégantes, d'artistes, de journalistes, de politiciens. Le bruit cou-

rait, semé par d'habiles émissaires, qu'un scandale polilique éclaterait et, bien que trois commissaires

de police eussent, par ordre, assisié à la répétition générale, on attendait la manifeslafion : elle eut lieu plutôlpar le faitd u directeur Harcl que par le désirde

Frederick Lemaître, pour qui le peintre Louis Boulanger avait dessiné un élégant costume de général mexicain : la perruque et les favoris modifiés entre la répétition générale et la première représentation rappelaient la « poire populaire », qui caricaturait si fort Louis-Philippe. L'entrée du « général » Crustamenté produisit une émotion indescriptible : les uns rirent, les autres sifflèrent, et le duc d'Orléans sortit précipitamment de sa loge ; tandis que Vautrin s'achevait au milieu du tumulte. Le duc, de retour aux Tuileries, réveillait le roi. «Mon père, on vous ridiculise en plein théâtre, le soulîrirezvous?))M.de Rémusat, mandé sur l'heure, recevait des ordres formels, et la seconde représentation du drame, sur lequel Balzac avait, bien à tort, fondé tant d'espérances, était interdite le lendemain. Harel, depuis longtemps déjà à la veille de la faillite; Harel, sur qui un journal de théâtre écrivait le 12 mai 1838: « M. Harel ne quitte pas sa direction, et M"* George ne quitte pas Paris, tant pis pour le public », déposait son bilan et, le 26 mars 1840, la Porte-Saint-Martin fermait ses portes pour rouvrir six mois plus lard sous la direction de MM. Cogniard frères, qui montèrent avec quelque succès deux pièces aux tendances philosophiques, les Deux Serruriers et le Chiffonnier de Paris de Félix Pyat, drame politico-socialiste où Frederick Lemaître se montra tout à fait remarquable ; puis, ce sont des reprises: Rui/BIas, que Frederick avait créé à la Renaissance : Richard d\4.rlinglon, lou-

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jours acclamé ; et Trente Ans ou la Vie d'un Joueur. Marie Dorval, engagée de nouveau, se montra,

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