TOME I
mansarde , il élaborait de long travaux d'histoire, Andalonsia dévorait ses ennuis dans mie solitude absolue ; elle était accablée de tristesse , elle avait mille caprices et changeait de goûts et didées d'heure en heure , comme la ieuille de laurier change de reflets, quand le vent lagite aux rayons du soleil: larrivée prochaine de son vieil époux venait ajouter encore à ses peines , et à chaque instant elle sentait son cœur se gonfler de soupirs et ses sens brûler d'une ardeur inconnue.
C'est en vain que je veux lutter contre mes devoirs , disait-elle dans ses insommies , c'est en vaiiî que j'ai voulu le fuir afin d'éviter ses regards; j'ai fait l'orgueilleuse , et bien souvent loi guell ressemble ^au javelot qui re- Yural.eu bondissant. Irapper la main qui i'avalt lancé. Jai été blessée avec mes armes Ah! que ne suis-je encore au fond de
«e« belles Espagnes, heureuse au «ir
«esjeunes filles qui toutes .,""'' que ne suis i» 7 «'^lent mes sœurs,
la,me-...E,,„i «"'«n'. carje
'« q"-' y avait rf , "~J'^P''«'"'oul «--^ ^es V;; ''""^P""-'-'*^ '-dresse
fiere et si nobip f m.- ^ ^ ^^^ si
'«'-a-a-sclo::^;;::-'.— ie je me serais courbée
;'. élirais voulu faire ,.esn,oludrescapr.ces.,^a .jepôbien convaincue de la 1^ ^^^
'■*'^"" '* ' rie de Lan.>s sa rtèr.
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'^•^"''^ ^"'"Torts rendre souvent pivosdouleursp^rle ,.,^^^^^^^
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'l-"f«-fa.sau la cour diplomatiquement.
Quelquefois, cette pauvre femme déses-
roe ;:"""'■ ^~" "^^ '-'■^- parole damour du vicomte en songeant, tdgc. . et pour les beaux neurons de sa -ronne ducale, e„e e.. voulu f.ire n2 7 ™ son cœur tous les tourmens de la J^'-'e; mais i, „ait loin, „ „« v^ pas ce. abandon qui co„,blait de joie la moureux diplomate, et ces en
i avenir.
Depuis quelques instans, le Paie soleil de
«l^cembreavait disparu sous un horizon de ua.es blafards et ternes, .e cr.p„scul setdit enfui s vite mi'^« •
^'le, quon n apercevait
p,„s aucune transparence, aucu r « umineux indiquant que le jour ava.tcla.é
,a grande cité. Le froid était excess,.,^ seine charriait d'énormes glaçons. -par
'"''-' r, C'q Wackue savante
dépais bataillons, q«iu"e
dis erse et rame s'amoncela,ent plus ou
po;r aller de nouveau se bnser plus lom.
Le tbarmométre de l'ingénieur Chevalier
o rtparés au-dessous de marquait q«aU.r.e d . ^^^^^^^^^^^^
zéro, et les bons Parisiens ;.,,, eu. et si empressés -tou^^ ,ge indicateur, jetaient «ncup
„,deetséloignaienUrans,s V0lace>.
L^ntune plainte et implorant^ ;^^^^^^^
..o Manies ou de lEspagne qui leur
Irci et demander de la ne.ge.
vitecrier merci, ei u M,-ip„rsdu
,U leur fallait supporter les chaleurs
mois de juillet. RIa's le Parisien est uu animal assez difficile à satisfaire.
Les quais étaient déserts , les rues presque sombres. On fermait les bout ques avant l'heure accoutumée, les voitures publiques ne roulaient plus, et chacun restait chez soi. Or , madame Durosier avait choisi cette malencontreuse soirée pour donner un bal.
Edgar brisé par des tortures physiques et morales, travaillait sans songer nullement à faire ses rpprêtspour ce bal, lorsque Baraville entra chez lui.
— A quoi penses-tu donc mon bon ami ? Comment, il est dix heures, et tu n'es pas encore habillé.
— Madame D'irosier à ta prière mexcusera, mais je suis un peu malade, et le froid est si âpre que je préfère me mettre au lit.
— Ah î la plaisante chose fit Tinsouciant Rainier.
— Puis, je rencontrerai encore ce fat, ce Bréval d'un autre genre, le bélître de clerc de notaire qui professe l'athéisme afin qu'on le remarque ; et tu sais que je hais d'entendre des blasphèmes.
— Bah ! tu le laisseras dire et ton silence le fera taire, d'ailleurs il ne s'agit pas de ce sot, et Dieu merci! nous aurons assez d'autres distractions. Tu verras comme Hébé sera enchanteresse en toilette de bal ; il est impossible de rien voir de plus aérien ; je n'ai jamais admiré d'aussi blanches épaules; c'est une fée, mon cher, et nous nous aimons comme deux anges. Ah ! çà ne t'avise pas d'en devenir amoureux.
— Quelle folle idée ! s'écria Edgar déchiré par une émotion terrible.
*— Du reste je te le permets jusqu'à ce
que je sois marié reprit Baraville en riant, mais ne viens pas essayer de troubler notre lune de miel car nous nous éloignerions de toi à tout jamais.... Mais que faistu donc rêveur, tu ne m'écoutes pas ?
allons, hàte-toi , voici dix heures et demie. Chaque parole de ce bon et franc Rainier était comme un coup de stylet pour Edgar.
— J'ai eu une idée mon cher continua Rainier sur le même ton; comme tu es d'un diable de caractère triste et que la solitude te ronge , tu viendras demeurer avec nous; la vue continuelle de deux jeunes mariés qui s'aiment fera fuir ta tristesse, tu comprendras tout ce qu'il y a de bonheur dans l'union de deux âmes
— Allons, puisque tu m'as fait endosser la livrée du plaisir dt Edgar en l'interrompant brusquement, partons !
— Quelles épreuves n'ai-je pas àssubir pensaiKl; me trouver en rivalité avec le seul homme qui m'ait vraiment témoigné de l'amitié; être forcé de lui ravir cette folle enfant qui aurait de l'aversion pour lui s'il n'avait un si bon et si noble cœur; cependant si elle ne le hait point elle reste froide auprès de lui, et c'est moi qui suis venu briser l'harmonie de ces deux existences ! Ah ! mon Dieu, envoie une étincelle de raison à cette jeune fille afin qu'elle puisse vivre d'une vie toute calme; car il n'y a que misère et profond déespoir pour les êtres comme moi qui n'ont en partage que d'épouvantables passions ! pauvre Baraville ! toi qui m'as accueilli en frère et consolé dans ma détresse j'irais détruire tes chères espérances , te voler ton bien; ah ! ce serait le comble de l'ignom'nie ! Il vaut mieux ne pas
,a revoir car Venivremcnl que me causeraU la vue de ses charmes pourra, me
rendre faible »'- ^^^^^ '•*"' ,,'" Tas
porte, puisque riK-reiaUle ne do,t pas
succéder au soleil de dema>n !
:Tuasp.utôtVairda„eràunserv.c
,. „a c:r.ir<ip di-nsante d\t loui funèbre qn a une so\ree u. >■ lunemc ^ slence
à coup Baraville ennuvé du long
de son ami. . „ :„ =„is
TU ne veux p^^s cro>re que je su<s
.alade, et que ,e froid excessif me U.e^
Vas , prends courage . nous sommes
.>enu. arrivés. Ktlamoureu^K^m^^^^^^^^^^
,l,rè.er le trajet recommença lhisto.re de
;!: lonbeur et brisa tellement le cce« dEdgar que. succombant sous le mal^ tomba évanoui à la porte du salon de ma
dame Durosier....
Quand la vit» rpi,.ni „ •
"" ''"""^''" l'-'s (rails
dEdgar,q„a„d ses yeux se rouvrirent à '» '«mière il se trouvait couché tout vêtu
^^ un large divan dans une chambre
Wanche comn.e la cellule d une ursuline.
Deux lemmes veillaient à son chevet, at-
<en«ves autant peut-être qu'une tendre
•nere l>st prés du berceau de son enfant
malade; runed'ellesélaitjeune, elle avait de grands yeux bleus humides de larmes.
des cheveux ondes, la peau veloutée comme
une pèche; l'autre était plus petite, beaucoup plus âgée quoiqu'elle fût aussi très
jolie; elle avait l'embompoint d'une femme de trente ans et ses yeux noirs et brillans exprimaient l'inquiétude. - c'était madame Durosier et sa fille :
Edgar, brisé par tant de secousses violentes . s'imagina être la proie d'un songe en-
On entendit alors uu ^
naient a loieiuc et madame
Durosier soitit at
""""e ne sais ce que tout ce tapage sl-
.n^e M Daunin aura sans doute avan é gnitie, m- ^ ^ -^ que 3 y
-:rr ::%::::-
il n'aura point trouve le docieui , ''"honre qui souHrc toujours nais-lu.
eune bomme q
,,,,,er de -ve-Jes-., ^^^^^^^^^ l'évanouissement ceshera,viei
rnon entant. ^^^^^^^
^'"'^''"^•''"''^"'^«'•--a'tses longues
Ptnte une sueur glacée inondait son frl et ses jambes chancelaient • ,on k 7 était grand et o. h u ' ""'"'"'■
celtesoir;^"^'"'"'''"^^" hasard, teue solitude accordée à «nr. o
av;iit t.nf ^ . " ^°^^"^' qu'elle
avau tant de (ois rêvée nn'^n
levée, quelle avait invn
;"'^eà,-l,euredesespriéresdansso rdJ --^e, tout cela lui laisait peur. -0 1
jprend.e„ souvent li.„.„enced.„ p.
"^ qu à 1 heure où il animrî^îf a .
^1/ •. , ^Apparaît dans toute sa
P-én..de. Mais bientôt, secouant cette stu peur .n». elle se pencha davantae
e<i,vanetpritda„ssesn,ainsunedesLl u jeune homme; le pouls battait avec une force .régulière. Alors, sétonnant de cet" ™-b„„écontinue, eue approcha sa bel r^ grac,eusetétedelasien„e.siprés.,ue,i
boucles ondoyantes de ses cheveux cendrés frémissaient sur le large front d'Edgar. — Si près, que les deux visages semblaient l'un sur l'autre attachés. — Que l'haleine de l'un était aspirée par l'autre avec délices! Ah! qui ne voudrait avoir de pareils instans dans son existence !
L'imprudente Hébé s'abandonnait à une ivresse infinie en face de ce corps chez qui la vie semblait près de s'éteindre ; elle venait d'acquérir là , dans l'ombre et le silence, la hardiesse d'une femme audacieuse, et désormais rien ne pourrait la faire regarder en arrière.
Alors Edgar s'agita. Ces mains tremblantes qui carressaient les siennes , le contact brûlant de cette figure veloutée qui effleurait sa figure , lui firent enfin comprendre que ce n'était pas un rêve : et , rouvrant ses yeux à
demi-éteiiits, il s'écria d'une voix faible, mais pleine de tendresse :
— Ah ! c'est vous mademoiselle.
— Oui , oui , c'est moi , répartit la jeune fille , c'est moi qui depuis un quart d'heure veille corps et âme à vos côtés, c'est moi qui souffre de vous savoir souffrir.
— Mais je ne souffre pas , repartit Edgar en essayant de retirer ses mains.
Il y eut un long et éloquent silence pendant lequel, Hébé, encouragée par celte circonstance extraordinaire , et par la joie aveugle qui l'animait , calcula toutes les chances possibles en sa faveur , et s'abandonnant à son caractère fougueux , elle se laissa vancre par une passion effrénée.
— Pourquoi me repoussez-vous , lui ditelle avec le ton soumis d'une esclave ; une de vos larmes vient de tomber sur mes mains que vous rejetez. Allez , quand la main offre
un bienfait , iut-ce celle d'un ennemi , on doit accepter, ; les bienfaits sont trop rares dans cette rude et sèche époque pour qu'on les méprise ; c'est comme un pauvre rayon de soleil qui vient nous faire sourire au milieu d'une sombre et froide journée d'hiver.
— Vous êtes une bonne et adorable femme, répartit Edgar en l'interrompant; dans d'autres circonstances je bénirais le ciel de vous avoir jetée sur la voie douloureuse dans laquelle je marche , mais mon existence est une trop misérable chose, . . Ah! je me sens tout à fait bien , si vous vouliez , mademoiselle , nous pourrions rentrer au salon en attendant que Rainier me reconduise chez moi.
— J'a'me mieux rester ici, répliqua la jeune fille avec vivacité; l'air d'un salon m'étouffe; et puis il y a des gens qui m'attristent — et, vous êtes encore très pâle, vous souffrez.