I. Élégies, i, i
tl2 ANDRÉ GHÉNIBR CRITIQUE
du droit, rastronomie, la physique, les xnathé> matiqués étaient, tour à tour, rendues accessibles aux honnêtes gens par des ouvrages dont quelques-uns furent remarquables et qui tous jouirent de la vogue. Il fallait que l'impulsion fût irrésistible pour que Voltaire y cédât et adressât des mémoires à T Académie des sciences. L'Encyclopédie réveille ces aspirations, leur façonne un corps, et y souffle l'âme du siècle. Mais l'Encyclopédie était, aux yeux d'un poète, singulièrement lourde et compacte. Elle ne parlait point le langage des Dieux. Chénier voulut la rendre plus éloquente et lui prêter des ailes. Telle fut l'idée première de VHermès. S'il l'avait réalisée, il aurait écrit vraiment le poème de son temps. Delille aussi s'y efforçait, avec une haleine plus courte, quand il composait les Trois Règnes, Fontanes et Le Brun ressentirent la même ambition. C'est pourquoi Chénier admire Le Brun, qu'il déclare
Digne de la Nature et digne de Buffon! *
Eloge de complaisance, peut-être. Mais il n'est pas accordé à tout le monde d'avoir « un génie égal à la majesté de la nature ». Chénier s'élancera vers les mêmes étoiles, de son vol « armé des ailes de Buffon »*, au risque de ce donner