I. ÉpitreSy i, à Le Brun
a. Hernies, prologue du chant m.
ANDRÉ GHÉNIER CRITIQUE 4^
son nom à la mer transparente. » Preuve nouvelle qu'il ne fut pas un artiste insoucieux des contingences. Dès sa première jeunesse, il sou* haite d'acquérir toutes les connaissances humaines. Ses lectures furent presque universelles. Travail énorme qui, plus d'une fois, compromit sa santé délicate. Il n'improvise donc pas sa méthode. Il n'est pas davantage l'homme d*un seul livre. Cette poésie physique, il la conçoit comme le devait faire un disciple de Lamarck et de Cabanis. Reprenant en son nom le système des atomes, il chante avec feu
Uocéan éternel où bouillonne la vie\
La vie, il la célèbre parce qu'il la sent en toutes choses. Les naturalistes de notre âge n'ont pas professé pour elle un culte plus enthousiaste. Il ira jusqu'à représenter la Terre (( sous l'emblème métaphorique (c'est lui-même qui parle) d'un grand animal qui vit, se meut, et est sujet à des changements..., des fièvres, des dérangements dans la circulation de son sang* )). Comme il est poète, il s'attardera à décrire la naissance des espèces, leurs luttes acharnées et fécondes, leur succession et leurs compétitions à la surface de notre globe. Mais,