Hermès, plan du chant i
\^l ARDBÉ CHÉKIER CRITIQUE
attendu qu'il a lu Voltaire et Helvétius, il s'attaquera, en vrai philosophe, aux superstitions issues de la crainte, aux enfers païens et chrétien, aux morales ascétiques qui sont pour les malheureux mortels un surcroit de misères imaginaires. Merveilleuse occasion de rattacher la philosophie de son siècle, qu'il pratique et qu'il prêche, aux théories cosmogoniques et morales des poètes antiques. Il fut leur imitateur, sans nul doute. Lui-même s'en vante bien haut :
. . . Dans la nuit des cœurs qu'osa sonder Homère, Cet aveugle divin et me guide et m*éclaire. *
Tout le passage est à relire. Mais l'élève est un apôtre aussi, et l'on peut discerner en lui, à travers les souvenirs de Lucrèce, l'âme héroïque d'Epicure, unie à la sérénité de Buffon. J'ajoute qu'en résumant la science universelle, en donnant une voix d'or à l'esprit philosophique et encyclopédique, Chénier réalisait un rêve cher aux Grecs d'Alexandrie. Aux fragments de VHermès inachevé nous pouvons opposer les restes mutilés du poème d'Ératosthène.
IV. — Aussi bien, ce serait une erreur de croire que le goût des études grecques fût en contradiction avec le génie du xviii' siècle à