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Poésies diverses et fragments, vi

ANDRÉ CHÉNIEa CRITIQUE 53

peut s'entretenir, se transformer, par une éducation appropriée :

Dans ce bel art des vers je n'ai point eu de maître; Il n'en est point, ami. Les poètes vantés Sans cesse avec transport lus, relus, médités. Les dieux, l'homme, le ciel, la nature sacrée Sans cesse étudiée, admirée, adorée.

Voilà nos maîtres saints* /. . .

Il existe donc des maîtres. Leurs leçons sont indispensables, quoiqu'elles ne soient pas suffisantes. Le travail est une loi. Si le génie m'a été accordé par la nature, je me dois à moimême de cultiver cette plante précieuse, d'en extraire tous les sucs. C'est exactement ce que demandait Buffon, quand il définissait le génie (( une longue patience » . Que l'artiste reprenne donc souvent son œuvre, qu'il y revienne sans relâche, en ses veilles studieuses, afin de la por lir et de l'améliorer.

Quelle sera maintenant, d'après Chénier, la loi qui régit l'imagination? Précisément celle qu'un siècle auparavant Boileau inscrivait en tête de son code : la loi du bon sens, la règle de la raison :

... Inventer, n'est pas, en un brusque abandon. Blesser la vérité, le bon sens, la raison . . .

. . . Mais l'esprit de lumière Fait naître en ce chaos la concorde et le jour*.

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