I. Cf. à la Bibliographie le résumé de ces objections
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strictement, le classer dans une catégorie, ont fait fausse route. Il y a telle cathédrale (celle de Nevers, par exemple), qui me fait songer à l'œuvre de Chénier. Cette église n'a point de nef, mais un transept entre deux absides, Tune romane, l'autre gothique; l'une tournée vers l'orient, l'autre vers l'occident. De même, il existe deux époques distinctes, au cours de la vie de Chénier. Dans l'une, il se contente d'imiter. Dans la seconde, il commençait à créer. Et, aux deux époques, il a rédigé les lois de sa poétique. Et ces lois ne peuvent naturellement s'accorder. Preuve que Vimpression guidait surtout le critique, comme le poète. Il a composé au moins deux arts poétiques : VÉpî" tre à Le Brun et VInvention\ Le transept qui joint, tant bien que mal, ces deux absides orientées contradictoirement, ce serait le vers trop fameux :
Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques.
Qu'il fut mal inspiré, celui qui le premier voulut nous donner cette boutade pour une devise générale résumant toute l'œuvre du critique I Mais, aux yeux de Chénier lui-même.
I. Il y en a un troisième, improprement intitulé Les Cyclopes littéraires, et même un quatrième qui serait contenu dans son essai d'histoire générale des littératures, publié récemment. Il y en aurait peut-être un cinquième... mais nous n'en finirions pas.
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cette antithèse, inexacte parce qu'elle est trop absolue, constituait-elle une explication? Non, sans doute, puisqu'il est d'abord nécessaire de l'expliquer, delà commenter, de l'atténuer pour la rendre acceptable I C'était un souvenir de la vieille querelle des anciens et des modernes. Combien de poètes, d'ailleurs, ont eu des idées nouvelles ? Ce qui doit être nouveau chez l'artiste, c'est la manière dont les idées et les images se présentent pour se transformer dans son cerveau. Quand il se rencontre chez un poète « des sensations modernes et de la nature vraie' », il est original; nous ne songeons guère à lui demander d'avoir inventé le phonographe ou la Critique de la raison pure.
La vérité est que Chénier, sur le point d'évoluer, s'apercevait que les principes dont il s'était jusque-là contenté manquaient de solidité, et surtout d'élasticité. Imitateur, il s'était fabriqué une loi de l'imitation. Lorsqu'il chercha à créer, il comprit que l'imitation, seule, ne le mènerait pas loin. Il tenta de justifier sa désertion, au moment d'écrire VHermès. Grâce au souvenir d'Eratosthène, il put se figurer qu'en construisant ce vaste édifice à la gloire de la science moderne, il ne quitterait pas pour cela le parti des Anciens. Et, comme un poète est toujours le plus habile des escamoteurs, il dut