‹ André Chénier, critique et critiquéChapitre 34 sur 89 · I. £m. Faguet · texte numérisé non relu

I. £m. Faguet

74 ANDRÉ GHÉNIER CRITIQUE

couler l'airain en fusion, les cloches sont terminées. Ici, le poète nous dénonce son procédé de travail, et nous explique en même temps comment la mort, qui l'arrêta dans son œuvre, ne nous a guère laissé de lui que des firagments.

2** Ces poèmes, je les compose successivement, en m'inspirant des auteurs anciens. Par une série d'heureux larcins, je tisse à mon tour un riche manteau, dont Vor et la soie me sont fournis par les Grecs et les Romains. Gare au critique imprudent qui viendra me censurer. Il risque, selon le mot de Montaigne, de donner (( à Plutarque une nasarde sur mon nez » .

S'il en fallait croire de tous points cette première poétique, Chénier n'aurait fait autre chose qu'adapter et imiter, et il n'aurait pas voulu faire autre chose. Lisez, en effet, les Poèmes antiques, les Idylles, lesÉpigrammes, les Élégies antiques, bon nombre d'Études et de Fragments; vous y découvrirez uniquement l'application, très perfectionnée, du système exposé dans VÉpttre à Le Brun. D'ailleurs, Chénier est revenu là-dessus à plusieurs reprises. Voici la liste, à peu près complète, des passages où il analyse sa méthode :

Œuvres poétiques.

(Edition Becq de Fouquières, i8j2) :

Page 3 : Prologue des Poésies antiques : (( Je veux qu'on imite les Anciens. . . »

ANDRÉ GHËNIER CRITIQUE 7O

Pages 1 36-1 44 : Petits fragments et notes.

Page i44 : Epilogue : « Ma Muse pastorale... ))

Page 160 : Élégie v, à Le Brun.

Page i8g : Elégie xiv. Impressions d'Italie.

Page 199 : Élégie xix, qui se termine par le vers caractéristique :

Je remplis lentement ma ruche industrieuse.

Page 828 : Epître v, au marquis de Brazais.

{Édition Gabriel de Chénier) :

Tome I, page ii3 : Invocation à la Poésie; ainsi que les fragments et indications recueillis à la suite des Eghgues.

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