‹ André Chénier, critique et critiquéChapitre 40 sur 89 · ANDRÉ CHÉIH'IER CRITIQUE · texte numérisé non relu

ANDRÉ CHÉIH'IER CRITIQUE

On comprend qu'un pareil homme ait excité l'admiration de Boileau. Grâce à ce dernier, Malherbe deviendra le législateur de la poésie réguHère. M. M. Souriau, en étudiant V Evolution du vers français au xvii'' siècle*, le déplore, tout en FexpUquant. Il conclut à la maîtrise de Racine, pour le vers classique. Et il ajoute que, « pour trouver la véritable suite de son système, il faut arriver jusqu'à ces descendants ingrats qui renient leur ancêtre, Chénier et les Romantiques ». (Cette imputation d'ingratitude me parait injuste en ce qui concerne Chénier. Nul n'a parlé de Racine avec plus de respect.) Mais, au xv!!!** siècle, le poèteroi a été (( dépossédé par un usurpateur, Malherbe, et par son premier ministre, Boileau ». Abus du principe d'autorité I — « Malherbe passe, à cette époque, pour le meilleur professeur de versification. » (Ajoutons : et de lyrisme.) Malherbe, certes, n'a point le génie de Racine, mais on a fait de lui un maître dans l'arrangement des mots. Cadence, mélodie, harmonie; les critiques comme Marmontel, Chateaubriand, et déjà Louis Racine lui-même, lui concèdent toutes ces qualités. C'est « le triomphe de la versification étroite sur la prosodie large et fibre » .

On ne saurait mieux dire, ni mieux expfiquer

Page 1