‹ André Chénier, critique et critiquéChapitre 71 sur 89 · DIVERSES PHASES DE L'HISTOIRE DU TEXTE · texte numérisé non relu

DIVERSES PHASES DE L'HISTOIRE DU TEXTE

i** Œuvres publiées du vivant de Chénier.

1790. Avis au peuple français sur ses véri-

tables ENNEMIS. (Journal de la Société de 178g, 28 août.)

1791. Réflexions sur l'esprit de parti (Paru

en brochure, avril.)

— Le Jeu de Paume, poème, à L. David,

peintre. — Paris, Bleuet, in- 18 de 24 pages.

— Lettre a Guillaume Thomas Raynal.

(Moniteur j 5 juin.)

— Observations sur l'acte constitution-

nel. (Moniteur, 9 août.)

— Sur le choix des députés a la pro-

chaine LÉGISLATURE. (Mouitcur, 4 Septembre.)

— Sur les dissensions des prêtres. (Moni-

teur, 22 octobre.)

ANDRÉ GHÉNIER CRITIQUÉ 327

1791. Sur la candidature de Lafayette.

(Journal de Paris , 12 novembre.)

1792. Observations sur l'éditeur des let-

tres DE Mirabeau. (Journal de Paris^ 12 février.)

— De la cause des désordres qui trou-

blent LA France et arrêtent l'établissement DE LA liberté. (Joumul

de Paris, 26 février; reproduit le I" mars par la Gazette universelle, puis au n'* 22 de Y Ami des Patriotes, enfin, pubKé à part, en une brochure in-8.) — Lettre aux auteurs du Journal de Paris. (Journal de Paris, 7 mars.)

— Sur Brissot. (Journal de Paris, 19

mars.)

— Sur la peinture D'msTOiRE. (Journal de

Paris, 24 mars.)

— Sur l'entrée triomphale qu'on prépare

AUX Suisses de Chateauvieux. (Journal de Paris, 29 mars.)

— De la fête triomphale qu'on prépare

AUX Chateauvieux. (Journal de Paris, 4 avril.)

— Réponse a Gollot d'Herbois. (Journal

de Paris, 10 avril.)

— Réflexions sur la lettre du maire de

Paris a ses concitoyens. (Journal de Paris, 1 3 avril.)

aa8 ANDRÉ GHÉNIER CRITIQUÉ

1792. Hymne sur l'entrée triomphale des Suisses de Ghateauvieux , poème, suivi de quelques lignes de prose.

(Journal de Paris, i5 avril.)

— Sur les sociétés patriotiques. (Journal

de Paris, 29 avril.)

— De l'indiscipune des armées. (Journal

de Paris, 5 mai.)

— Le parti des Jacobins. (Journalde Paris,

1 1 mai.)

— Réponse a une lettre de Marie-Jo-

seph Ghénier. (Journal de Paris, 1 5 et 16 mai.)

— Les conséquences du 10 mars. (Journal

de Paris, 3 juin.)

— Des manoeuvres des Jacobins. (Journal

de Paris, 1 4 juin.)

— La journée du 2 g juin . (Journalde Paris,

27 juin.)

— De la nécessité de l'union. (Journal de

Paris, 5 juillet.)

— De l'aveuglement de l'Assemblée na-

tionale. (Journal de Paris, 10 juillet.)

— Au Roi. (Journal de Paris, 21 juillet.)

— Sur Brissot et le Patriote français.

(Journal de Paris, 27 juillet.)

— Première lettre sur le jugement de

Louis XVL (Mercure français, 25 décembre.)

ANDRÉ GHÉNIER CRITIQUÉ 22^

1792. Deuxième lettre sur le jugement de Louis XVI. (Mercure français^ 29 décembre.)

(N. B. Ces deux lettres attribuées à André Chénier, sont peut-être apocryphes.)

2^ Œuvres publiées de 1794 à 1819 (date de la première édition) .

— 20 nivôse an m. — Publication, dans la Décade, de la Jeune Captive, par les soins de Marie-Joseph Chénier.

^ — 10 thermidor an m. — La Décade pu-

blie l'épître de Le Brun à André Chénier.

t — I- germinal an ix. La Jeune Tarentine

I paraît dans le Mercure.

Sur ces entrefaites. Chateaubriand et ChênedoUé s'intéressent aux manuscrits inédits, dont ils connaissent l'existence.

1802. — Chateaubriand (Génie du Christianisme, 2* partie, livre III, chapitre vi, en note, et dans une note de ses Éclaircissements), a signalé, l'un des premiers, le génie poétique d'André Chénier. Ces quelques lignes sont demeurées justement célèbres.

(( La Révolution nous a enlevé un homme

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qui promettait on rare talent dans Téglog^e ; c'était M. André Ghénier. Nous avons vu de lui un recueil d'idylles manuscrites, où l'on trouve des choses dignes de Théocrite. Cela explique le mot de cet infortuné jeune homme sur Téchaf aud ; il disait en se frappant le front : « Mourir I j'avais quelque chose là! » C'était la Muse qui lui révélait son talent au moment de la mort. »

(Chateaubriand, en écrivant ces mots, inaugurait la légende qui fut fréquemment reprise par la suite, et développée selon le goût romantique).

Aux Éclaircissements (note i5), il cite quelques fragments, soi-disant (( retenus de mémoire )) (?) Accours, jeune Chromis. . . et Souvent las d'être esclave... De ces derniers vers, on peut inférer que Chénier eut parfois des velléités de suicide. Chateaubriand y voit, naturellement, des traces de la mélancoUe romantique.

Il termine ainsi : (( Les écrits de ce jeune homme, ses connaissances variées, son courage, sa noble proposition à M. de Malesherbes, ses malheurs et sa mort, tout sert à répandre le plus vif intérêt sur sa mémoire.

« 11 est remarquable que la France a perdu sur la fin du dernier siècle, trois beaux talents à leur aurore : Malfilâtre, Gilbert et André Chénier; les deux premiers sont morts de misère, le troisième a péri sur Téchafaud. »

A. de Vigny avait certainement lu ces lignes quand il entreprit d'écrire Stelh.

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En i8ii, à la mort de M.-J. Chénier, les manuscrits d'André passent entre les maîns de Daunou. ChênedoUé les parcourt et presse Daunou de les publier (lettre du 5 octobre 1 8 1 4) .

i8i4-i8i6. — Mille voye publie ses œuvres en cinq volumes. Dans une note de ses Elégies j il cite des fragments de Y Aveugle.

i8i6. — FayoUe, dans ses Mélanges littéraires (Paris, Pouplin, in-i6), publie des vers inédits d'André Chénier, parmi des fragments de Diderot, Caylus, Rivarol, Thomas, etc.

3^ De f édition de De Latouche aux éditions de Becq de Fouquières et de Gabriel de Chénier (1819-1874)'.

181 9- — Œuvres poétiques d'André Chénier. (Paris, Beaudoin frères. Foulon et C*% in.8.)

Réimpression, l'année suivante (1820), format in-i 8.

C'est l'édition princeps, avec notice de Henri de Latouche. Certains exemplaires ont été

I. On trouvera dans les Documents sur André Chénier , de Becq de Fouquières, la liste des pièces qui composent chacune des éditions principales.

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livrés au public avec huit pages de musique gravée : « La Jeune captive^ ode d'André Chénier, mise en musique par Yemier, première harpe de l'Académie royale de musique» membre de la Société des Enfans d'Apollon. » (Cf. pour plus ample description, le Manuel de Varnaleur de livres du xix'' siècle, par Georges Vicaire, au tome II.)

La notice de De Latouche est surtout historique. Les principaux événements de la vie d'André Ghénier y sont contés non sans netteté et avec une exactitude louable pour l'époque. Là se trouve la fameuse hypothèse des trois portefeuilles, légende dont G. de Chénier a fait justice (voir l'introduction de l'édition de 1874); et aussi le projet de préface que Chénier aurait écrit pour le portefeuille n** i. On sait que le manuscrit n'en a jamais été vu depuis, et la réputation de De Latouche comme mysti^ ficateur justifie toutes les réserves relatives à l'authenticité de ces lignes. Si c'est un pastiche, il est remarquable. — A noter également les accents bien romantiques avec lesquels l'éditeur s'excuse d'avoir sorti de l'ombre les ébauches d'un jeune poète « à la fois inconnu et célèbre » . — (( Peut-être y a-t-il quelque chose d'irréligieux à soulever le voile qui couvre une renommée d'innocence et de mystère. » De tels scrupules semblent déplacés, aujourd'hui que nous n'hésiterions pas, comme dit M. Brune--

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tière, à publier, si nous les retrouvions par fortune, les comptes de Bossuet et de sa blanchisseuse I

Au cours des éditions suivantes, de Latouche, en réimprimant sa notice, éprouva le besoin de se disculper des suppressions et des coupures qu'il avait opérées dans le texte. Il me semble qu'on n'a pas tenu compte de ces explications, quand on lui a reproché, assez vivement parfois, d'avoir à la légère tronqué le texte de son auteur. « Je n'osai (dit-il) publier d'abord tous les fragments... la réputation du poète était toute à faire, et pouvait être compromise longtemps par tant d'imparfaites ébauches... et je savais la critique de 1 819 plus sensible aux défauts qu'aux qualités d'un ouvrage. » De Latouche ne s'était point trompé dans ses prévisions, puisqu'un important journal de l'époque s'exprima en ces termes : (( Il est fâcheux que l'éditeur n'ait pas fait justice d'une grande moitié de ces essais ; il eût mieux servi les intérêts de son auteur, et il eût rendu le succès du livre moins problématique. y> On croyait donc tenir l'œuvre entière de Chénier, et l'on était d'avis qu'une notable partie de cette œuvre ne méritait pas l'examen . Encore une fois « la Critique de 1 8 1 9 » n'était point curieuse de documents : elle exigeait que les poètes eussent terminé les pièces qu'ils osaient lui présenter ; et la mort violente n'était pas une circonstance atténuante.

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1826. — Œuvres posthumes d'André Ché- NiER, édition nouvelle publiée par D. Charles Robert. (Paris, Guillaume, 1824-1826 ; 2 vol. in-8, avec un fac-similé.)

L'édition ordinaire coûtait quinze francs. Les exemplaires de luxe, « sur grand papier vélin », tirés à tout petit nombre, se vendaient 36 francs. Cette édition qui prenait déjà les allures d'une édition commentée, renfermait, entre autres pièces, dix-neuf lettres écrites au Journal de Paris en 1792, les deux lettres de Madame de Chénier mère sur les danses grecques et sur les enterrements grecs, les Autels de la Peur (en prose), et le premier chapitre de l'ouvrage projeté : De la perfection et de la décadence des lettres.

Cette publication, dans laquelle de Latouche ne fut pour rien, ne vaut pas celle de 1 8 1 9 . Si elle ajoute quelques morceaux inédits, elle altère souvent le texte. Beaucoup d'images furent atténuées, beaucoup de vers corrigés mal à propos. De là, des contre-sens, des inexactitudes, reproduits dans les éditions postérieures.

1829. — Charles Nodier prétendait (Mélanges tirés d'une petite bibliothèque, 1829, in-8) qu'il possédait un autographe inédit d'André Chénier. Quand on a affaire à Nodier, il faut toujours prendre garde d'être dupe. Voici, sous

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toutes réserves, et à titre de simple curiosité, la transcription de ce passage :

Plus beau que ce coursier, ce superbe Cyllare, Cher aux lyres de Grèce, et que vit le Ténare Obéir à la main du frère de Castor; Plus beau même que toi, coursier au noble essor Qu*élevait Babylone aux amours de la reine.

Quand ta la vis souvent, la belle Assyrienne, Dans ta crèche de marbre elle-même f offrir El Vorge et le froment qui devaient te nourrir. Et tresser de ses doigts ta crinière flottante. Et ton flanc retentir sous sa main caressante.

i833. — André Ghénier. Poésies posthumes ET INÉDITES (Paris, Charpentier et RenduelS 2 vol. in-8.)

Dès 1828, Sainte-Beuve, en son Tableau de la poésie française au xvi* siècle, chantsat les louanges d'André Ghénier. La jeune école romantique allait suivre le mouvement. De Latouche, comprenant que le moment était venu de publier les fragments d'André Ghénier, sans se heurter à des scrupules surannés de grammaire ou de goût classique, les fit paraître dans la Revue de Paris (décembre 1829, mars i83o). Ge sont ces additions qui constituent la partie nouvelle de l'édition de i833. La famille de Ghénier avait, à cette date, vendu à l'éditeur Gharpentier les œuvres édites et inédites du

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