‹ André Chénier, critique et critiquéChapitre 72 sur 89 · I . Éditeurs des Romantiques · texte numérisé non relu

I . Éditeurs des Romantiques

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poète. Telle est l'origine du procès dont nous parlons plus loin.

Après la publication d'autres fragments par Sainte-Beuve (Revue des Deux-Mondes, i" février 1889), l'édition de i833 s'enrichit de ces ébauches, qui furent ajoutées aux exemplaires non encore vendus (iSSg).

iSSg*. — Edition nouvelle des poésies d'André Ghénier, avec notice de De Latouche, suivie de notes et jugements extraits des ouvrages de Chateaubriand, Lebrun, J. Lefèvre, Villemaîn, Victor Hugo, etc. (Charpentier, in-i8, 36o pages, avec portrait.)

Cette édition fut clichée, et fournit le texte de nombreux tirages, en particulier de l'édition de i844 (i vol. in-i8 de xx-f-276 pages).

1889. — Panthéon littéraire. (Desrez) C'est un des premiers recueils encyclopédiques de morceaux choisis des différentes littératures classiques. Quelques passages des œuvres de Chénier y sont cités au tome II des Petits poètes français depuis Malherbes (sic) jusquà nos jours j avec notices par Prosper Poitevin (2 vol. in-4).

En 1889, i84o, i84i, Sainte-Beuve entre-

I. C'est la date adoptée par Becq de Fouquières. G. de Chénier n'est pas d'accord avec lui sur ce point.

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prend de corriger les éditions de H. de Latouche. Il entre en relations avec G. de Chénier, publie des vers inédits, mais recule devant un labeur trop absorbant. — L'helléniste Boissonade esquisse, dans un mémoire remis à Sainte-Beuve, l'idée d'une édition critique, et signale quelques-uns des emprunts faits par A. Ghénier aux poètes anciens.

Le poète Brizeux, lui aussi, s'occupe un instant de rétabUr le texte exact; mais sa bonne volonté se lasse vite.

(Cf. pour plus amples détails la Notice de G. de Ghénier, et surtout dans l'édition critique de Becq de Fouquières, le Premier appendice; bibliographie,)

i84o. — Œuvres en prose d'ÀNDRÉ Ghénier. (Paris, Gosselin, 2 vol. in-12, avec notice littéraire par Eugène Hugo, et une notice historique, contenant toutes les pièces relatives à son procès, par le bibliophile Jacob.)

La notice d'Eugène Hugo, frère aîné de Victor Hugo, mort en i835, est la reproduction d'un article inséré dans le premier volume du Conservateur littéraire^ à propos de la première édition des œuvres de Ghénier.

« Un jeune homme, élevé au milieu du siècle des idées nouvelles, de ce siècle remarquable par tant d'erreurs brillantes, s'attache servilement sur la trace des maîtres... Il traverse (?)

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son siècle, également inconnu à la gloire et à la critique. Tout à coup, il tombe avant le temps : (( Je n'ai rien fait pour la postérité » , dit-il ; du moins a-t-il fait assez pour sa gloire, en montrant ce qu'il aurait pu faire. » Là -dessus, E. Hugo (( laissant (dit-il) à d'autres le triste courage de triompher de ce jeune lion i> (c'est le style du temps), reproche pourtant à André un style incorrect et parfois barbare^ des idées vagues et incohérentes, la manie de mutiler les plurases et de les tailler à la grecque ; des coupes bizarres ; c aucune connaissance du véritable mécanisme de la poésie française. » — C'est presque un éreintement. Qui donc prétendait que le Romantisme reconnut du premier coup son maître dans André Chénier? Mais André était répubUcain. On ne l'était guère parmi la jeunesse d'alors ; et, si Hugo lui pardonne ses convictions, c'est parce qu' « il vint désavouer son siècle sur l'échafaud ».

Le reste de cette notice, amusante par sa date, est une suite de citations. Conclusion : les vers de Chénier « ne veulent pas être jugés, mais sentis ». Et, pour cela, voici un procédé qui ne manque pas de charme : « En général, en lisant Chénier, substituez aux termes qui vous choquent leurs synonymes latins ; il sera rare que vous ne rencontriez pas de beaux vers. » (I)

Sur la notice du bibliophile Jacob (P. La-

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croix), nous n'insisterons pas, car elle est tout historique. On en retrouvera les éléments essentiels dans l'édition des Œuvres en prose donnée par Becq de Fouquières. Elle est assez importante (5o pages), et présente ce mérite d'avoir réuni pour la première fois les pièces et les documents historiques relatifs au procès d'A. Chénier.

1842. — Poésies de François Malherbe, avec un commentaire inédit par André Chénier. précédées d'une notice sur la vie de Malherbe et d'une lettre sur le Commentaire. Seule édition complète, publiée par M. de Latour. (Paris, Charpentier, in-12).

oc André n'avait pas la mauvaise habitude d'écrire sur ses livres, déclarait M. Gabriel de Chénier, défendant, comme le dit spirituellement M. A. France, la réputation de son jeune oncle\ G. de Chénier oubUait cet exemplaire de Malherbe (édition Barbou, 1776), sur lequel André a laissé des notes dont quelques-unes méritaient d'être sauvées del'oubU. Cependant, dans la notice même de son édition de 1874,

I. On raconte de M"* Michelet une anecdote analogue. Elle vint un jour visiter le lycée Gharlemagne, et le proviseur, lui montrant la vieille classe de rhétorique, prétendit lui faire voir le nom de Michelet encore grave sur un des bancs. Mais la vénérable femme ne voulut rien entendre : a Monsieur, dit-elle, M. Michelet n'était point de ces mauvais élèves qui inscrivent leur nom sur les tables ! »

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G. de Ghénier rapporte qu'au sortir du collège, André, voulant tout lire, tout analyser, entreprit de (( sacrifier un exemplaire de chaque auteur soumis à son examen critique, et de consigner sur les marges, avec sa petite écriture la plus nette, les annotations qu'il pourrait, plus tard, consulter au besoin ». Il choisit, pour commencer, Malherbe. Ce choix est suggestif (Cf. I" partie, chap. III). Le volume ainsi annoté, conservé par Constantin de Chénier, frère du poète, fut vendu par lui, avec d'autres, « à la sollicitation d'un libraire » ; G. de Chénier ne craint pas d'expliquer ce sacrilège par (c l'affaiblissement des facultés intellectuelles » de son oncle Constantin. Le précieux bouquin tomba entre les mains de J.-B. Tenant de Latour, ancien garde du corps, bibliothécaire du château de Compiègne, et, plus tard, auteur des Mémoires d'un bibliophile. C'est ainsi que furent conservées ces impressions fugitives. Ce sont des notes, en général courtes, mais très vives. (( Ce qui domine avant tout (dit l'éditeur), c'est le soin du bon goût, de la véritable poésie lyrique, et des beaux sentiments. »

1862. — Poésies d'André Chénier, publiées par Becq de Fouquières. (Charpentier, in-12), édition critique.

Dans cette édition, qu'il compléta magistralement dix ans plus tard, Becq de Fouquières

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livre au public lés premiers résultats de son travail de bénédictin sur la vie du poète et le texte de ses œuvres poétiques. L'appareil critique, déjà considérable, sera développé encore en 1872. Brunet, dans son Manuel du libraire, juge qu'il y a dans ce travail « peut-être un peu trop de citations grecques et latines » . Il oublie qu'il s'agit d'une édition critique.

1864. — Huit lettres de G. de Chénier, parues dans le journal F Ordre et la Liberté, de Caen. Elles relèvent certaines erreurs, et prennent violemment à parti H. de Latouche, « le premier éditeur » .

A noter, pour mémoire, le débat entre G. de Chénier et P. Lacroix dans l'Intermédiaire des chercheurs et curieux (i864), à propos de l'authenticité de quelques vers inédits de Chénier, publiés par M. Anatole France. Ce sont les vers : (( Proserpine incertaine... » (Cf. édition Becq de Fouquières, i872,p.i35).M. France, bien jeune alors, mais déjà probabiliste, jouit de la querelle, sans s'y mêler, et, vingt-trois ans plus tard, y fit une allusion discrète dans son article sur Becq de Fouquières. (Vie littéraire, tome L)

Dès 1867, Egger rétablit et publie un certain nombre de morceaux jusque-là inconnus, soit en vers, soit en prose. On les lira dans Vllistoire de F Hellénisme en France (Voir ci-après).

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1869. — Leçon Éadte au Collège de France, le 3 février, par Guillaume Guizot, sur A. Chénier, et, particulièrement, sur les manuscrits alors inédits. Cette leçon a été analysée par Fr. Sarcey dans le Journal de Paris du 9 février 1869. Becq de Fouquières Ta résumée dans un appendice de son édition critique de

1872 (pp. LXXXVI-XCIl).

1872. — Poésies de André Chénier, édition critique (deuxième édition), par Becq de Fouquières. (Charpentier, in-i8.)

Cette édition, qui complète celle de 1862, avec des remaniements considérables, demeure la plus précieuse à consulter. Les notes y sont très nombreuses ; elles renferment l'indication des passages empruntés par le poète aux auteurs anciens et modernes. U Avertissement est daté de février 1870. Après une longue étude, à la fois biographique et littéraire, un premier appendice nous offre une sérieuse bibliographie, la première qui ait été rédigée. Cette bibliographie^ satisfaisante en ce qui concerne les premières phases de Thistoire du texte, donne une liste insuffisante des livres et articles consacrés à A. Chénier. Elle est, d'ailleurs, forcément incomplète, puisqu'elle s'arrête en 1872, c'està-dire au moment précis où l'œuvre de Chénier devenait un sujet d'études et de polémiques.

— Un deuxième appendice est consacré à Tana-

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1} se de la leçon de Guillaume Guizot au Collège de France (Cf. sapra). Ne pouvant consulter lui-même les manuscrits inédits, Becq de Fouquières faisait son possible pour les voir par les yeux d'autrui.

1872. — Œuvres en prose de André Ché- NiER, nouvelle édition revue sur les textes originauxj précédée d'une étude sur la vie et les écrits politiques d'André Chénier et sur la conspiration de Saint-Lazare^ accompagnée de notes historiques, par Becq de Fouquières. (Charpentier, in-iâ.)

Excellente édition. Le texte en est très soigneusement établi. On y trouvera réunis tous les écrits politiques de Chénier, ainsi que les fragments et mélanges historiques et Uttéraires, jusque-là disséminés un peu partout. Le recueil était complet naguère encore. De récentes exhumations nous font aujourd'hui réclamer une édition définitive.

1874. — Œuvres poétiques d'André de Chénier, publiées par Gabriel de Chénier.

(Lemerre, 3 vol. in-i6, collection elzévirienne.)

Cette édition qui, si longtemps attendue, fit tant de bruit et causa quelques déceptions, s'ouvre par une longue notice (167 pages), consacrée surtout à la biographie du poète. Gabriel de Chénier s'y est particulièrement attaché à préciser quelques points douteux de la vie

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intime ou publique de son oncle, et aussi à combattre certaines légendes qui lui déplaisaient. La part de l'appréciation littéraire y est presque insignifiante. On y trouvera néanmoins quelques détails sur les projets d'André à sa sortie du collège, sur l'étude qu'il entreprit des poètes bucoliques italiens des xv' et xvi'' siècle, ainsi que sur ses lectures .

Le tome I contient les Églogues et les Idylles.

Le tome II, les Poèmes ^ les fragments dramatiques, et les Satires, ainsi que quelques Poésies diverses.

Le tome III, après un Avertissement où Gabriel de Chénier entreprend de défendre la (c moralité » de son oncle, renferme les Élégies, les Épîtres, les Hymnes, les Odes et les ïambes.

Des Notes abondantes terminent chaque volume.

4° Polémiques, — Procès pour la propriété des œuvres inédites. — Editions « du domaine

commun ».

1875. — Documents nouveaux sur André Chenier et examen critique de la nouvelle édition de ses œuvres, par Becq de Fouquières. (Charpentier, in- 18.)

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Avec ce livre commence une longue polémique. Après une préface, oii il déplore que Tédition de 1874 n'ait pas, à son avis, rempli l'attente qu'on avait fondée sur elle, Becq de Fouquières rétablit, en se servant des documents les plus récents, la biographie de son poète favori. Cette nouvelle biographie n'a pas moins de 82 pages. Viennent ensuite des Appendices sur le marquis de Brazais, les frères Trudaine, François de Pange, madame de Bonneuil et la duchesse de Fleury.

Passant alors à la critique du texte et à l'histoire Uttéraire, Becq de Fouquières narre d'abord les aventures des manuscrits et discute la valeur des éditions antérieures à 1874. H étudie ensuite la manière dont fut constitué le texte de 1874, et la juge assez sévèrement.

Enfin il examine tour à tour les Bucoliques , les Élégies, le Théâtre, les Poèmes, en s'efibrçant de tirer des conclusions sur le texte même et sur le sens de l'œuvre du poète. Le dernier chapitre, où, sans avoir pu voir les manuscrits, il corrige et restitue certains passages des ïambes, avec le seul secours des fac-similé contenus dans l'édition de 1874, est un étonnant tour de force. Cette analyse magistrale nous fait regretter amèrement que, en raison d'un malentendu qui dura trop, Becq de Fouquières n'ait pu, avant de mourir, exercer son sens critique sur les manuscrits eux-mêmes.

itx.

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1878. — Etude sur la propriété littéraire, suivie du Procès des Œuvres posthumes d'André Ghènier, par Fernand Worms, avec une préface de M. E. Pouillet. (Lemerre, 2 vol. in-i6, collection elzévirienne.)

La première partie est relative au procès qui s'engagea entre les éditeurs Charpentier et Lemerre, à propos de la propriété des œuvres posthumes d'André Chénier. L'occasion de ce procès fut la publication de l'édition de Gabriel de Chénier, en 1874. Ce fut un beau tournoi oratoire. Il n'occupa pas moins de cinq audiences de la première chambre du tribunal civil de la Seine. M"" Nogent Saint-Laurens, Léon Cléry, E. Rousse y prirent successivement la parole, et le jugement du 11 août 1876 débouta Charpentier de sa demande.

En appel, le procès occupa six audiences.

On y entendit M** 0. de Vallée, E. Rousse, F. Worms, L. Cléry, et l'arrêt du 29 mars 1878 confirma le premier jugement.

M. Worms a annexé à son ouvrage une étude sur le décret du i*"* germinal an XIII , relatif à la propriété des œuvres posthumes, un choix de la jurisprudence concernant cette délicate question, le texte des deux arrêts, et la reproduction des plaidoiries. Ces dernières sont utiles à lire, même au point de vue littéraire. Celle de M* Rousse (aujourd'hui académicien), au

tribunal de première instance, contient de très jolies pages sur le poète. L'historique du texte est résumé, çà et là, avec netteté.

Curieuse aventure que Fhistoire de la restitution de ce texte, parmi maints procès et maintes polémiques I

1879. — A PROPOS d'André Chemer. Etude

SUR LA PROPRIÉTÉ DES ŒUVRES POSTHUMES, par

Emile Collet et Charles Le Senne. (Charpentier, in-i2.)

Etude publiée à l'occasion du procès engagé entre les éditeurs Charpentier et Lemerre. C'est la réponse au livre de M. Worms. D est amusant de voir, dans cet étrange débat, M. Charpentier défendre le droit des auteurs et de leur famille contre un descendant direct d'André Chénier , « devenu l'avocat du domaine public » . Nous n'analyserons pas ce recueil, où se rencontrent, mêlées à des textes de droit et à des consultations de juristes, les opinions de Victor Hugo, Lamartine, etc. sur la propriété littéraire, ainsi que la plaidoirie de M* Rousse, qui ne risquait point de ne pas passer à la postérité. La conclusion est une protestation (platonique) contre l'arrêt du 29 mars 1878, lequel est déclaré (( contraire au texte de la loi » . Souvenonsnous qu'en hbrairie on a plus de vingt-quatre heures pour maudire ses juges.

187g. — Œuvres en prose d'André Ché-

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d'A^IHEÉ Cffi^IER ET D£:« JkCTZS I>E CE.

\ofnreIle édition^ mue en oidre et annolee» par lam% MobDid. (Gamier, in-is. »

La notice rfonme les liai aux anléneors et donne les textes de l'acte d^ancstatîon et du jugement, ainsi qne le proccs-Terbal de l'into'rogatoire do poète.

Les œnrres d'André Chénier étant, de par le jagement mentionné ci-dessns, dédarées tombées dans le domaine public, chaque maison d'édition Ta s'efforcer de publier son Chénier.

1879, LeÇ05S yOirVBLLES FT REMARQUES

.hi;r le texte de nn-ERS auteurs, par Reinhold Dezeimeris. (Annales de la PacuUé de Bordeaux^ juillet 1879, Bordeaux, librairie Duthu.)

Sons le même titre avait paru déjà à Bordeaux, en 1876, une brochure d'une érudition ingénieuse, que R. Dezeimeris consacrait à l'examen critique des œuvres de Mathurin Régnier, d'André Chénier et d'Ausone. — Cette seconde étude renferme une lettre de Dezeimeris à Becq de Fouquières, sur les poésies d'André Chénier. Il y signale quelques corrections de détail, pour faire suite à celles qui avaient été indiquées dans la brochure. Viennent ensuite quelques remarques sur Théodore Prodrome, sur les emprunts que Chénier a pu faire

ANDRÉ CHÉMBR CRITIQUÉ S^Q

à cet auteur, sur Longus, Stobée, etc. L'article se termine par un parallèle, assez littéraire, entre la manière de Ronsard et celle d'André Chénier : « Certes, Ronsard connaissait bien la grâce; mais, pour la rencontrer, il avait besoin de n'être que lui-même. Lorsqu'il empruntait aux anciens, il prenait de toutes pièces et perdait souvent, par érudition, le charme personnel. . . Il allait cueillant avec vénération les fleurs de l'Attique, pour les insérer, plus ou moins desséchées, dans ses doctes cahiers. Ces fleurs, Chénier s'inquiétait peu de conserver leur squelette authentique, mais il s'appropriait leur parfum et le distillait ensuite en toute occasion opportune... Il était tellement à l'aise dans ce milieu devenu sien, que, lorsqu'il imitait les Grecs, son vers, loin de subir une contrainte, semblait se permettre une liberté. Chez l'un, en un mot... l'imitation directe était souvent une entrave à l'élégance ; chez l'autre, moins puissant peut-être, mais plus athénien, elle devenait presque toujours le motif même de la plus élégante création. » — Ces lignes sont utiles à retenir. Elles répondent par avance à des objections récemment soulevées par certains critiques.

1881. — Poésies d'André Cuénier, par Becq de Fouquières. (Charpentier, in-32.)

C'est la troisième édition, qui reproduit en

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