‹ André Chénier, critique et critiquéChapitre 74 sur 89 · I. Ci. p. et V. Glachant, Papiers d'autrefois · texte numérisé non relu

I. Ci. p. et V. Glachant, Papiers d'autrefois

IV. Projets et plans.de poésies, mêlés de quelques beaux vers.

V. Quadri; expression assez obscure, que Ghénier emploie souvent, sans qu'on puisse exactement définir s'il s'agit, dans son idée, d'une composition descriptive en vers, ou d'un petit tableau. On sait qu'il peignait. Parmi les personnages qui posent devant sa fantaisie, nous voyons défiler tour à tour Homère, Mahomet, Achille, Germanicus, sainte Thérèse, Ossian et Malvina.

Ainsi se pose à nouveau, par la découverte de morceaux inédits, la question qui semblait résolue tant bien que mal. Nous n'avons pas encore d'édition complète d'André Chénier*.

C'est cette lacune que M. J.-M. de Heredia entreprend, dit-on, de combler, d'après les manuscrits, et en consultant les travaux antérieurs.

En ce moment, en efiet, André Ghénier retrouve comme un regain d'actualité. On le dis-

I . Il existe à la bibliothèque de Garcassonne quelques pages autographes d'André Ghénier. Elles ne renferment rien d*inédit et font partie d'un fonds assez considérable, don de M"* Élisa de Ghénier. Le reste des papiers de ce fonds a trait à Sauveur de Ghénier, le frère aine d'André.

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cute chaudement. On le conteste; on l'admire; on l'étudié de plus près, ce qui vaut mieux; et l'on met au jour des œuvres inconnues qui témoignent de la souplesse et de la fécondité de son jeune talent. On commence à s'apercevoir que, s'il ne fut guère le maître des Romantiques, en dépit des assertions de Sainte-Beuve, il a fréquemment inspiré les Parnassiens. C'est pourquoi M. José-Maria de Herediaa entrepris, dit-on, de nous donner de lui une édition définitive. Y a-t-il longtemps que l'auteur des Trophées caresse cette idée? Je le croirais, car il ne fait rien à la légère. Son tempérament ne comporte point l'improvisation. Déjà, voilà deux ans, à propos d'une de ces consultations chères aux journaux, il fut prié de désigner les maîtres de la poésie anglaise. Après avoir réservé, parmi les anciens, Shakespeare, il nomma, parmi les modernes, le poète d'-É^ndymion, Keats, parce que, ajoutait-il, il fut (( l'André Chénier anglais ». Plus heureux que son éminent prédécesseur, Becq de Fouquières, M. de Heredia a entre les mains tous les manuscrits de l'auteur des ïambes ^ jalousement cachés aux profanes par Gabriel de Chénier, et, depuis peu, rendus publics. Je ne crois pas que cette édition nouvelle fasse oublier le travail d^ Becq de Fouquières. Comme appareil critique, comme accumulation de documents et de références, il est difficile d'aller plus loin. Les trois

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éditions qu'il donna successivement, les volumes Documents nouveaux et Lettres critiques, qui les complètent, demeureront indispensables à quiconque prétendra connaître la vie du poète et son œuvre. Mais l'édition annoncée pourra et devra présenter un attrait d'un genre particulier. Il est toujours intéressant de voir comment un poète commente un autre poète. A ce compte, je préfère l'étude de Sully Prudhomme sur le premier livre de Lucrèce à toute autre. Actuellement, l'intérêt grandit encore, car Chénier sera édité par un poète qui, à bien des égards, lui ressemble et fait partie de la même famille intellectuelle.

Que fut Chénier? Un Ronsardiste attardé?

Parnassien précurseur? Les critiques les plus récents ont insisté exclusivement sur ce qu'il a de (( XVIII' siècle». Ils feraient de lui, si on les en croyait, un Delille ou un Lebrun plus réussi. Le paradoxe est aisé. Quoi qu'il en soit, si Chénier fut grec d'esprit (et ce point n'est pas contestable), nul n'était mieux désigné pour le comprendre que M. J.-M. de Heredia.

M. A. Albalat, en deux articles fort bien pensés, l'a démontré jusqu'à l'évidence*. Dans l'un de ces articles, il étudie La Critique contemporaine et ses rapports avec la littérature grecque. Dans

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