LIVRES ET ARTICLES DE CRITIQUE SUR A. CHÉNIER ET SON ŒUVRE
Parmi les littérateurs qui ont deviné et encouragé André Chénier de son vivant, citons :
Le Brun (dit Le Brun-Pindare), qui, alors en pleine renommée, présidait la petite société d'amis choisis où André s'exerçait aux débats littéraires. Voici quelques vers de Tépître qu'il lui adressait :
Phébus vit à la fois naître, aux murs de Byzance, Chez un peuple farouche et des arts ennemi, A la Gloire un amant, à mon cœur un ami.
Lui-même sur les flots guida la nef agile Qui portait des neuf Sœurs V espérance fragile; Lui-même, sur nos bords, dans ton sein généreux Souffla V amour des arts, V espoir d'un nom fameux. Le vulgaire jamais n'eut cet instinct sublime. Sur les arides monts que voit au loin Solyme, Le cèdre, dans son germe invisible à nos yeux. Médite ses rameaux qui toucheront les deux.
Ton laurier doit un jour ombrager le Parnasse; J'entrevois sa hauteur dans sa naissante audace. Si, modeste en son luxe et docile aux neuf Sœurs, Il permet de leurs soins les heureuses lenteurs,,.
Ces vers sont bien plats, et d'une banalité singulièrement compassée. Voilà pourtant ce que Népomucène Lemercier, dans un article sur les poésies de Chénier*, appelle « une sublime épître )). Et le même Népomucène, au cours de cette étude, juge que Chénier n'a pas trop bien réussi dans Tépîtrel
Florian lui adressait des vers espagnols (7 février 1786), dans lesquels il célébrait « la grande fertilité de la France, le génie et l'habileté de ses fils ». (Cf. la notice de G. de Chénier, et la traduction de ces vers dans l'édition de L. Moland.)
Niemkevicz, poète polonais, en 1786, composait en l'honneur d'André des vers français assez insignifiants, cités par 6. de Chénier dans sa notice.
Alfieri entretint une correspondance avec André, qui parle de lui, non sans estime, dans son ouvrage inachevé : De la perfection des Arts.
Palissot, l'ennemi de Diderot et des philosophes, en 1788, lui consacrait une notice. Il admirait, dans les essais qu'il avait pu voir, (( un