CLAUDE MOURIEZ
M . de Pressy, enveloppé dans une robe de chambre de Perse, était assis sur un fauteuil de cuir dans son cabinet de toilette, et livrait l’important travail de sa coiffure à son domestique Valentin. Une discussion sérieuse venait de s’établir entre le maître et le serviteur. M. de Pressy tenait en main une feuille de papier et disait :
— Êtes-vous bien sûr, Valentin, d’avoir copié exactement.
— J'ai déjà dit à monsieur le comte que je ne répondais pas des fautes d’orthographe, mais pour avoir bien copié, j’ai copié les mots sur les mots , avec toute la fidélité dont le vieux Valentin est susceptible. Monsieur le comte m’a mis à l’épreuve assez souvent... Monsieur le comte veut-il que je lui apporte demain le numéro du Mercure de France?...
— Non pas , certes !... laissez le Mercure où il est...
— Le portier de l’hôtel de Grave me dit toujours de l’emporter quand il me voit copier les logogriphes.
— Ce portier est un idiot. Qu’il garde son Mercure, et vous, Valentin, faites toujours ce que je vous dis.
— Oui, monsieur le comte.
— Vous aviez à faire trop de commissions en ville ce matin.