‹ André ChénierChapitre 8 sur 15 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ANDBÉ.

Roucher ! jusqucs à quand verrons-nous tn silence, Sur nous insolemment régner la violence?

BOUCHER

Qu'as-tu ?

ANDUË.

Jusqucs à quand, Roucher, les factions, Nous voat-cllcs frapper de leurs proscriptions.

DEUXIÉVIE ÉPOQUE, SCÈNE V. 45

BOUCHER

André!

ANDRÉ

Jusques à quand, effrayés de nos tâches L'un et l'autre, Roucher, resterons-nous des lâches? Parle; jusques à quand?

HOUCUEB.

Apaise ce transport.

ANDRÉ

Seras- tu mon second?

BOUCHER

C'est couru- à la mort.

ANDRÉ

C'est courir à la mort, tu l'as dit. Qu'est la vie

De tant de déshonneur et d'opprobre suivie ?

Pour moi, quand la taverne et quand les mauvais lieux,

Nous vomissent le flot de leurs ambitieux ,

Quand des législateurs sortent de cette fange.

Vertu, de tant d'affronts il faut que je te venge !

Il faut que l'avenir sache qu'un citoyen,

Chcnier, n'a pas rougi d'être un homme de bien,

En plein jour; que, témoin des triomphes du vice,

H osa cependant lui parler de justice.

Et que nulle terreur enfin ne l'a forcé

')e ployer le genou devant le sang versé.

A Ions, viens!

BOUCHER

Ton courage aussi gagne mon âme.

Oui, Chénier, tu dis vrai , c'est assez vivre infâme. France, si nos c fForîs demeurent impuissants, Si nous devons mourir encore qu'innocents, 0 France! ô mon paysl reçois le sacrifice Du sang de deux amis frappés à ton service; Et les joignant encore à leurs derniers instants, Fais-les mourir ensemble. Ils se tiendront contents 1

Ils sortent. — La toil« tombe.

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