ACTE
Tu as un état?
Un état charmant.
Quel est-il?
Je dîne en ville.
TRUPHÊME.
TRUPHÊME.
Un parasite?
TRUPHÊME.
Entends-tu par parasite un homme qui ne fait rien , ne veut « rien faire et vit comme il peut... est-ce cela?
Chevalier d’industrie, si tu aimes mieux?...
De toutes les industries, oui.— Où est le mal, de vivre de son esprit quand tant de sots vivent de leurs sottises?... Je n’en suis pas fier, voilà tout. *
Tu amuses les autres?
TRUPHÊME, se promenant dans l'atelier en examinant les tableaux avec son lorgnoo .
Et j’en profite!
Prends garde, Truphême, l’oisiveté conduit...
. TRUPHÊME.
Au crime, oui, je sais cela... je prendrai le chemin le plus long, sois tranquille. A propos, ton brave homme de père a été gravement malade.
ANDRÉ GÉRARD, douloureusement.
11 ne me l’a même pas fait savoir 1
TRUPHÊME.
Rassure-toi... il se porte bien à cette heure... Une rechute seule est à craindre. — Seras-tu son héritier?
11 songera peut-être à mes enfants !
TRUPHÊME.
11 a un bâtard... Il le croit du moins... et cette dernière vanité peut vous être fatale. (Redescendant.) Porterais-tu son deuil?
ANDBÉ GÉRARD.
Ce n'est plus du cynisme, c’est de l’impiété.
• TRUPHÈME.
Je n’ai pas de préjugés.
Songez à Dieu.
TRUPHÈME.
La vie est longue!...
La vieillesse viendra. .
TRUPHÈME,
Il n’y a que les imbéciles qui vieillissent. (Simon para>uuric souil.)
Et les égoïstes aussi, croyez-moi.
TRUPHÈME.
Alors l’hôpital est là. .
SIMON, entrant.
Vous avez de beaux principes, monsieur!
ANDRÉ GÉRARD, à part.
Simon !
TRUPHÈME, saluant Simon.
A votre service, (a André.) J’attends aujourd’hui même des lettres de l’Eauzan... tu sais... de la petite Fanchclte... mon premier amour... elle m’envoie de temps en temps dos cigares, que je fume à son intention. — En veux-tu un?
Merci.
TRUPHÈME, allumant son cigare.
Oh ! tu es sans défaut... Tu n’as que des vertus, toi. — Adieu... je te donnerai des nouvelles du pays en passant, (il sort.)