SCÈNE II
ANDRÉ GERARD, TRUPHÈME.
TRUPHÈME, à part.
Comment va-t-il me recevoir?... Monsieur de Morand n'a pas hésité à m’accorder les cent cinquante mille francs, et j’hésiterais à les gagner... allons donc! j’ai vécu jusqu’ici au hasard, il est temps d’assurer ma vie ! (nant.) Bonjour, André.
ANDRÉ GERARD, sc retournant.
Vous?... encore vous?... mais, savez-vous bien...
TRUPHÈME.
Prends, garde. . . si ta fille ou ta femme entrait, elles pourraient entendre de certaines choses qu'il n'est pas utile qu’elles sachent.
ANDRÉ GÉRARD, à paît.
Que vient-il encore me proposer?
TRUPHÈME, à part.
Le voilà calmé. (Haut.) Nous sommes complices... que veuxtu de plus?
Complices?... oui, mais je porte seul la peine.
Oh ! qu’à cela ne tienne. Tu ne me connais pas. Je vais t’écrire en toutes lettres, si lu veux, que tu es innocent, que j'ai seul préparé les cartes, et t’ai fait jouer sans t’avoir prévenu. Tu pourras montrer ma lettre à monsieur de Morand.
Ce serait ajouter l’impudence au crime.
TRUPHÈME.
Alors ne te plains pas.
Ta conscience ne te reproche donc rien?
TRUPHÈME.
Elle crie parfois, je la laisse crier ^on sc lasse de tout, elle se lassera.
Où suis-je tombé?
TRUPHÊME.
L’échinc s’assouplit. — Quel âge a ta fille?
Pourquoi cette demande ?
Quel âge a-t-elle, enfin?
Que t’importe?
TRUPHÊME.
Je t’ai trouvé un gendre... ni vieux ni laid,, plus cinquante mille écus de dot !
Je ne veux pas marier ma fille.
* TRUPHÊME.
Tu ne sais pas encore le nom de ton gendre. Cet homme, c’est moi.
Toi?
TRUPHÊME.
Nous vivrons en famille. Tu aimes les enfants, tu élèveras les miens.
Ton audace surpasse ton cynisme.
TRUPHÊME.
Cent cinquante mille francs?
A qui as-tu volé cet argent ?
TRUPHÊME.
Tu me refuses... moi?
Toi surtout...
TRUPHÊME.
Consulte ta fille.
ANDRÉ G ÉRA RD.
Ma fille !
TR U PHÈME.
Consulte ta femme.