La Vallée de Passeyer, par Weber
On était à la veille de la terrible explosion et les autorités bavaroises se croyaient en parfaite sécurité. Monlgelas, plus clairvoyant à Munich qu'on ne l'était en Tyrol, avait cependant prescrit la plus active vigilance, défendu tout transport d'armes, ordonné de se défier des étrangers, des messagers, etc. ; ce fut inutile, magistrats et commandants militaires s'endormaient dans une fatale quiétude dont les premiers coups de fusil ne les firent pas sortir.
Déjà, sur plusieurs points, les jeunes gens,
pour échapper à la conscription, s'étaient organisés en bandes nombreuses et bien armées, résolus à s'exposer à toutes les extrémités plutôt que d'obéir à une loi qui forçait tous les hommes de seize à quarante ans de combattre contre l'Autriche, dans les rangs des Bavarois et pour le compte de Napoléon. Les garnisons qui occupaient les localités où se multipliaient les ré-
fractaires ayant commis toute sorte d'excès, avaient été plus d'une fois désarmées et chas-
sées ; k Axams, un détachement de 250 hommes attaqué par les paysans avait dû s'enfuir honteusement, laissant aux mains des vainqueurs 19 blessés et 28 prisonniers. On ne voulut voir dans ces faits que des émeutes sans conséquence occasionnées par l'horreur qu'inspirait au peuple la loi de recrutement. C'était pourtant l'insurrection générale qui s'annonçait ; elle commençait en Tyrol comme autrefois en Vendée.
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