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naguère exilés, le gymnase de Méran ; aux Franciscains, celui de Bozen qu'on avait supprimé ; bien plus, il donna tous ses soins à une meilleure organisation de l'université d'Inspruck, et rendit en sa faveur de sages ordonnances (1).
Sa modération fut d'autant plus louable qu'il eut à se prémunir contre les conseils de ces esprits exagérés qui ne voient de parfaits que les partis extrêmes. C'est ainsi qu'un noble personnage étant venu lui proposer de soumettre à un sévère examen tous les livres de la bibliothèque publique et de brûler ce qu'on trouverait d'ouvrages hérétiques ou dangereux, reçut cette brève réponse : « Le gouvernement de
l. Ouverte par les Jésuites en 1562, définitivement fondée en 1G77 par l'empereur Léopold I er , sur le modèle de l'université d'Ingolstadt et avec les mêmes privilèges que celles de Vienne et de Prague, l'université Léopoldine devint un simple Lycée sous Joseph II ; rétablie par François I er en 1792 à la prière des États du Tyrol, placée en 1800 sous la haute administration de l'archiduc Jean reclor perpétuas, abolie par les Bavarois en 1810, eUe a repris son rang et son titre depuis 1826.
Bavière n'a pas eu le temps d'envoyer des livres, et certainement celui d'Autriche n'en avait pas mis là de mauvais. »
Au milieu de ces graves préoccupations, le sandwirth n'oubliait pas la vallée natale, et tout ce qui lui rappelait Passeyer remuait profondément son cœur. Lorsque les grands troupeaux, précédés par les pâtres enrubannés, et rangés en divers bataillons, par ordre de mérite et de beauté, s'avançaient vers la Burg en quittant ou regagnant leurs alpes (I), Hofer, à l'étourdissant carillon des clochettes, ne se contenait plus. Laissant là conseillers et secrétaires, il courait à la plate-forme et passait en revue moutons, chèvres, vaches, taureaux, prodiguant les applaudissements au fier et superbe animal à qui ses victoires dans les combats valaient le premier rang.
1. Une alpe est un pâturage de montagne où du mois de juin à la fin de septembre séjournent pasteurs et troupeaux.
Ainsi vivait, depuis son dernier exploit, le commandant du Tyrol, quand, le 29 septembre au soir, deux de ses amis arrivèrent à la Burg: c'étaient son lieutenant Eisenstecken et le major Sieberer, qui, s'étant rendus en Autriche, à la suite de Buol, en revenaient à leurs risques et périls porteurs d'un message de l'empereur François. Le prince louait la belle conduite d'André, le confirmait dans le poste où l'avaient placé son mérite et la confiance du peuple, lui promettait un prompt secours et lui faisait remettre, avec une somme considérable, une grande médaille d'or suspendue à une chaîne de même métal.
Quelques jours plus tard, le 4 octobre, fête de l'empereur, les autorités et une foule considérable remplissaient l'église de la cour; le prélat de Wilten, Marcus Egle, recevait, au milieu de la nef, le sandwirth escorté d'une
compagnie de paysans, et le conduisait jusqu'au • prie-Dieu placé devant le maître-autel. Un
vieux jésuite, le PèreTschiderer, fit alors un discours pour prouver qu'à Dieu seul revenait tout l'honneur des derniers succès. <r Ce ne sont pas les balles de vos fusils, disait-il, mais les grains de vos rosaires qui ont mis en fuite l'ennemi. » C'était le commentaire du Te Deum qui fut ensuite chanté. Enfin, après que le prélat eut passé la chaîne d'or au cou du rustique triomphateur, celui-ci reprit solennellement, au son des cloches, le chemin de la Burg, rayonnant de joie et fendant avec peine les flots du peuple.
l'agonie d'un peuple.
Hélas ! pour Hofer avait sonné déjà l'heure des cruels revers, et cette ovation brillante était ce qu'un de ses historiens nomme l'ironie du bonheur. Le soir même il recevait les plus tristes nouvelles du Sud-Tyrol envahi par les Français; quelques jours plus tard (16 octobre), le général comte Drouet d'Erlon passait la frontière du nord avec trois divisions bavaroises, commandées par le prince royal de Bavière (plus tard Louis I er ) , par Wrede et par Deroy.
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La paix élait faite entre Napoléon et l'Autriche, et le Tyrol encore abandonné !
Les paysans, à qui l'armée d'invasion en apportait la première nouvelle., n'y crurent pas plus qu'à l'armistice de Znaïm et se jetèrent au devant de l'ennemi. Tout fut inutile ; Speckbacher, battu à Meleck, s'échappait au prix d'efforts inouïs, laissant son jeune fils aux mains du vainqueur (l). Le capucin fuyait vers Muhrau avec les débris de ses bandes ; Drouet s'avançait à grandes journées, et le 21,Hofer se retirait au Berg-Jsel, appelant à lui les derniers défenseurs de la liberté et résolu à tout
sacrifier pour elle.
Au général qui lui notifiait la paix conclue, il répliquait : « Ainsi, vous l'avouez, la
paix est faite entre l'Autriche et la France, et cependant vous vous avancez en ennemi dans le pays, vous prenez des ôtages, vous menacez
1. Le fils de Speckbacher devint colonel autrichien : il est mort il y a peu d'années.
les propriétés et lespersonnes. Cela vraiment ne s'appelle pas respecter la parole sacrée de deux empereurs! Du reste un regard autour de vous, général, vous convaincra que des milliers de mes compatriotes sont à toute heure prêts au combat.»
11 disait vrai ; exaltées par leurs trois victoires, les bandes du landsturm affluaient vers Inspruck. Hofer avait parlé, on comptait sur Dieu et sur lui et rien ne semblait impossible ; et puis l'indépendance était conquise et plus ce trésor avait été chèrement payé, plus on s'obstinait à le défendre.
Les parlementaires envoyés sur divers points pour ébranler la résolution du peuple, raconte
un Bavarois, recevaient partout la même réponse : « Nous sommes de pauvres gens, tous nous ne souhaitons rien tant que la paix ; mais nous ne pouvons abandonner nos postes, parce que le commandant l'a défendu. >
C'était évidemment ce dernier qu'il fallait gagner et convaincre.
Le 27, un dragon portant le drapeau blanc se présenta aux portes d'Inçpruck et remit, pour Hofer et pour les magistrats de la ville, des exemplaires d'une proclamation du viceroi d'Italie. Cette pièce imprimée était datée de Villach, 25 octobre. La distance qu'avait dû parcourir le courrier, la circonstance, peu im*
portante mais fort commentée, que le papier était encore tout humide, fournirent aux soupçonneux paysans des motifs pour douter de l'authenticité de ce document. Enfin, deux jours plus tard, le baron de Lichtenthurn arrivait au Schœnberg où Hofer avait établi son quartier et lui remettait un billet autographe de l'archiduc Jean : la paix étant conclue, on invitait les Tyroliens, de la part de S. M. l'Empereur, à ne pas se sacrifier inutilement. Le porteur du message, sujet à des attaques d'épilepsie, fut si vivement ému de la désolation de ces malheureux, qu'il tomba poussant un grand cri.
Hofer réunit ses officiers en conseil, se résigna avec eux à poser les armes et résolut même de se rendre au camp ennemi et de se présenter au prince Louis de Bavière. Déjà les chevaux étaient à la voiture et le sandwirth prêt à partir, quand survient, hors d'haleine, le capucin Haspinger. Il entraîne Hofer dans l'appartement, traite la paix de fable, l'armistice tant de fois promis et violé par Napoléon, d'évident mensonge, les officiers qui veulent se retirer, de poltrons et de lâches. Quant à lui, il ne croit qu'à la parole de l'empereur François qui ne peut se démentir ainsi, et il jure sur l'honneur que si le porteur de ces fausses lettres est tombé foudroyé, c'est un châtiment du Ciel.
Hofer l'écoutait stupéfait... Enfin, son amour pour l'Autriche, son horreur pour la domination bavaroise, son respect pour le caractère sacré de Haspinger, l'emportèrent ; malgré
l'opposition des assistants, il suivit à Matrey le
ANDRÉ HO FER
trop ardent capucin. Mais il n'y avait plus d'entente parmi les chefs, plus d'unité parmi le peuple. Dès lors toutétait perdu, et les Tyroliens vaincus, même avant de combattre.
Néanmoins, André, à qui le général Drouet venait de refuser une prolongation de l'armistice, écrivait à Straub (30 novembre) : ce Cher Straub, nous sommes réduits à l'extrémité, mais nous voulons tout risquer... S'ils nous prennent une fois nos carabines, ils feront de nous tout ce qu'ils voudront ! Nous allons tenter un coup désespéré, il sera décisif, Dieu aidant. Mes gens vont se jeter durant la nuit sur l'ennemi campé à Hœtting. Quand vous entendrez la fusillade, attention! coupez-lui la retraite. Adieu. »
Le lendemain, bien avant le jour, Straub au pont de Volders, Speckbacher près de Hall, Sieberer en face du château d'Ambras, après avoir, comme toujours, entendu la messe et reçu l'absolution, se disposaient à l'attaque,
n'attendant plus que le signal. Il devait partir de la rive gauche où commandait un nommé Firler; celuf-ci, adonné au vin, avait bu avec excès la veille et dormait du sommeil de l'ivresse. Il se réveille enfin, recueille ses idées confuses, et bien que fort en retard, exige que son aumônier lui fasse durant la messe un long sermon sur le caractère de Napoléon. . .
Dans 1'inlervalle, le jour parut, l'ennemi qu'on pensait surprendre se trouva sur ses gardes, et le Berg-Isel après un combat de trois heures restait aux mains des Bavarois.
Le brave Speckbacher tint tout le jour sur la rive droite et le soir se replia sur Rinn ; Hofer gagna Matrey, puis Steinach, pour être à portée du Brenner. Là il fut décidé en conseil que le major Sieberer et l'aumônier en chef Donay , qui parlait bien français , iraient trouver le prince Eugène pour traiter de la paix. Bien reçus au eamp de Villach, les deux députés dînèrent avec les officiers français et
burent comme eux « au grand Napoléon et à la nation française, au brave général Barbon et au peuple tyrolien >. Le vice- roi promit tout ce qu'on lui demanda.
Durant ce temps Hofer qui ne cessait de répéter : « Le bon Seigneur Dieu arrangera tout fort bien », fit proposer au général Drouet d'Erlon de congédier les milices tyroliennes, mais à condition que les troupes cesseraient d'avancer, jusqu'à ce que le peuple eût regagné ses foyers. Le général publia cet écrit comme un acte de soumission pure et simple, avec menace de fusiller désormais quiconque serait trouvé porteur d'une arme.
Ce procédé blessa profondément Hofer, qui se retira à Sterzing, le désespoir dans l'âme.
Les députés Donay et Sieberer y arrivèrent le 9 novembre et combattirent avec succès tout projet belliqueux. « Retournez à vos amis, avait dit le prince Eugène, et dites-leur de ma part que l'ouvrier revienne à son atelier, le
bourgeois à ses affaires, le paysan à sa charrue. Que les Tyroliens me fassent part de leurs plaintes et elles seront écoutées. » Le sandwirth satisfait pria Donay de prendre toutes les mesures pour calmer le peuple, et celai-ci dicta aux secrétaires une proclamation qui annonçait la fin de l'insurrection. Elle fut envoyée de tous côtés, les paysans se dispersèrent, les prisonniers bavarois furent relâchés, en plusieurs localités on livra même les armes.
Hofer se retira à Passeyer.
Tout à coup paraissent à Méran les cavaliers du sandwirth, criant par les rues que le Commandant a repris les armes, que toutes les cloches sonnent dans les dallées, que les bandes armées se rassemblent. Le peuple, les jeunes gens surtout accueillent cette nouvelle avec une joie frénétique. Donay croit pouvoir apaiser ce tumulte, comme il avait fait quelque temps auparavant à Inspruck, quand, le sabre nu, il
avait mis en fuite la populace qui voulait piller
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les maisons. Mais en vain retentit sa voix tonnante; elle est couverte par les cris et les huées: « Il a trahi le pays, trahi le sandwirth!... » Il échappa non sans peine à ces furieux et regagna son village de Schlanders, où sa mère Taccueillit sur le seuil de sa maison par l'épithète de vendeur d'âmes!
Que s'élail-il passé? Obsédé par les prières, les reproches, les menaces de ses amis dont l'un alla jusqu'à lui appliquer le canon d'un pistolet sur la poitrine, Hofer n'avait que trop réellement signé l'ordre d'un nouveau soulèvement.
Ce fut une faute, qu'il déplora plus lard et qu'il devait expier parla mort.
Malgré les exhortations des prêtres qui suppliaient leurs paysans de garder fidèlement la parole donnée, de ne pas inutilement troubler la paix rétablie, on reprit les armes, mais sans concert, et moins excité par la confiance de vaincre que par la fureur de la vengeance et
du désespoir. Une étincelle avait ranimé l'incendie mal éteint; niais cet infortuné pays', épuisé par tant de sang répandu et d'héroïques efforts, écrasé sous le pied du vainqueur, se débattit en vain sous cette terrible étreinte; il ne put qu'illustrer son agonie par de nouveaux exploits.
Souvent les cimetières en furent le théâtre.
Chassés de leurs villages par le pillagC et l'incendie, les paysans se retiraient dans le champ du repos transformé en champ de bataille, pratiquaient des meurtrières, fortifiaient les abords; puis, plaçant leurs vieux parents, leurs enfants, leurs malades près des croix et des tombes de leurs familles, ils attendaient l'ennemi. Quand l'artillerie avait renversé les remparts improvisés de ces forteresses funèbres, tous couraient aux portes, montaient sur les murs croulants, criant : « Vive la religion! paix à nos morts! » Parfois ces désespérés demeuraient maîtres de leur dernier et lugubre asile; sinon, ils tom-
baient du moins près des tombes de ceux qu'ils aimaient, et la nuit venue, leurs mères ou leurs sœurs n'avaient qu'à remuer un peu la terre pour leur donner une sépulture chrétienne (1).
Les femmes tyroliennes ne manquaient d'ailleurs nulle part à ce saint devoir. Après le combat, elles venaient dans les ténèbres recueillir les cadavres sanglants; on en vit même, dit-on, descendre £ l'aide d'une corde dans le précipice où gisaient ces chères dépouilles.
Si un raffinement de barbarie les privait de cette consolation suprême, leur tristesse se changeait en désespoir. On raconte qu'un jour le corps d'un jeune officier tyrolien ayant été jeté dans l'Eisack, sa vieille mère folle de dou-
1. Non loin d'Inspruck, près du château d'Ambras, se cache dans les bois un petit cimetière où reposent ensemble Tyroliens, Bavarois, Français. Le silence de ce lieu perdu dans la montagne, l'ombre triste des hauts sapins, les souvenirs évoqués par ces noms, ces inscriptions et ces tombes, les fleurs pieusement entretenues depuis soixante ans, ces paysans qui pour tous ces morts récitent le rosaire et font le chemin de croix, tout produit là dans Tàme une indéfinissable impression.
leur alla s'asseoir au bord de l'étroit chemin par lequel s'avançait un régiment. Ses cheveux blancs en désordre, elle entendit sans mot dire les insultes des soldats ; mais à peine parut le colonel, un jeune homme aussi, que la malheureuse s'élance un poignard à la main et lui perce le cœur, en s 'écriant : Vive le Tyrol... et mon fils!
Elle expira sous les baïonnettes, mais sa mort fut pleurée, enviée par plus d'une mère.
Moins tragique, mais plus étonnante encore est l'histoire des femmes de Paznaun. C'est le nom d'une étroite vallée dont l'unique entrée est un défilé, ou plutôt un ravin profond communiquant avec rOberinnthal. Le 24 novembre, quand déjà presque tout le Tyrol était soumis, le général Raglovich, dont le quartier était à Landeck, partit avec deux fortes colonnes pour arracher les armes aux mains dea gens de Paznaun toujours soulevés. Les paysans étaient maîtres du château de Wiesberg qui, comme
20S ANDRÉ HOFER
une sentinelle avancée, se dresse sur un rocher â pic tout à l'entrée de la vallée; mais l'attaque des Bavarois fut si impétueuse, leur canonnade si terrible, que les Tyroliens s'enfuirent déconcertés. Les- soldats les poursuivirent sur un terrain en pente, rocailleux et rendu par la glace extrêmement- glissant; "malgré tout ils avançaient et c'en était fait des paysans, si la présence d'esprit de leur curé Krismer et l'intrépidité de leurs femmes n'eussent tout sauvé.
Elles se lamentaient à l'église, priant devant la Madone et la statue de saint Antoine de Padoue, quand le brave prêtre leur dit : « Ah ça ! il y a mieux à faire que de pleurer; prenez des fusils, des faux, et allons sauver vos maris. » L'étrange proposition parut si naturelle, que trois cents femmes se groupèrent à l'inslant sous les ordres de la sœur du curé, fort habile — comme plus d'une Tyrolienne — à manier la carabine.
Krismer, à travers un bois épais, conduit les
amazones en avant du hameau de See sur le versant opposé à celui où marchait l'ennemi.
Les Bavarois, étonnés de recevoir une nouvelle décharge, tandis qu'ils aperçoivent leurs ennemis fuir au loin devant eux, trébuchant du reste à chaque pas et ne pouvant guère user de leurs armes, s'arrêtent indécis. Mais les paysans ont tout vu ; humiliés, enhardis, ils gravissent les hauteurs, tombent sur les soldats qui, pris entre deux feux, se rendent prisonniers et sont enfermés dans l'église de See. Plusieurs avaient été tués ou blessés par la sœur du curé.
Celui-ci, le jour suivant, fête de sainte Catherine, conclut une convention avec ses captifs qu'il renvoya honorablement à Landeck. On remercia de sa protection saint Antoine, à qui deux des héroïnes, partant pour le combat, avaient dit en montrant le poing, comme les Lazzaroni à saint Janvier : « Si tu ne nous aides pas aujourd'hui, nous ne te disons plus le moindre Pater noster. »
Mais déjà cette longue lutte de l'indépendance nationale, commencée par les hommes de Passeyer, venait de s'achever dans leur vallée même. Une colonne détachée du corps du gé- , néral Barbou et commandée par le brigadier Dorelli, dans un combat aux environs de Saint- Léonard, avait, il est vrai, laissé quatre cents, hommes sur la place et après une résistance acharnée s'était rendue à Hofer, qui accorda la vie sauve aux soldats, tout en exigeant une indemnité pour l'incendie des églises et des villages (20 et 21 novembre) (1). Mais trois jours après, un Français qui sut se faire craindre et aimer des . Tyroliens, Baraguay d'Hilliers, <( aussi brave que prudent et humain > (2),
1 . Un officier français qui s'était rendu à un paysan fut par lui volé et laissé pour mort sur la place. Plus tard, quand la vallée fut occupée militairement, l'officier reconnut ce malheureux, et par une générosité vraiment chrétienne, il demanda et obtint sa grâce. — De tels faits étaient rares, du reste, car Hofer faisait fusiller lui-môme celui qui par un vol déshonorait ses compagnons d'armes.
2. D r Rapp. — Le général Baraguay d'Hilliers commandait alors l'aile gauche de l'armée d'Italie placée sous
arriva lui-même. Il envoya deux capucins pour calmer le peuple et l'inviter à retourner chez lui.
Hélas! il ne restait debout à Saint- Léonard que deux maisons et un moulin...
Le général occupa le bourg de Tyrôl, et bientôt on ne vit plus dans Passeyer un seul paysan armé. Peu à peu, les environs de Bozen • et de Méran devinrent tranquilles ; l'insurrec- . tion était enfin étouffée.
« Ce qu'il y eut de remarquable, écrit un officier bavarois protestant, qui fit alors la guerre en Tyrol (1), ce qui témoigne d'une origine vraiment germanique, c'est que, dès que le peuple crut à la pleine soumission du pays, il n'y eut plus trace d'inimitié, pas un meurtre, pas un mauvais traitement envers le moindre soldat, et si l'on compte pour rien la plèbe qui
les ordres du prince Eugène. Son corps se composait d'Italiens auxquels, pour leur donner du cœur, on avait mêlé quelques Français.