‹ André Marvell poète, puritain, patriote 1621-1678Chapitre 59 sur 88 · LATE · texte numérisé non relu

LATE

commet-il une erreur en l’attribuant à Marvell. D'ailleurs les noms des traducteurs de 1698 sont donnés dans cette édition.

(88) Plain dealing or a full and particular examination of a late Treatise entituled Humane Reason By À. M. a Countrey Gentleman. London Printed by Andr. Clark, for Henry Dickinson bookseller in Cambridge

Pp. 165. In-12. — Attribué à Marvell par le catalogue imprimé du Musée britannique, sans autre raison, semble-t-il, que l'identité des initiales avec celles &e Marvell. En réalité ce pamphlet est une réfutation des théories rationalistes (cartésiennes ?) et un plaidoyer en faveur de l'autorité dans l’église, Il réclame (p. 16) « moderate penalties » pour maintenir les sujets du Roi within the pales and limits of the best and most Christian church in the world ». C’est @ire que Marvell ne peut en être l’auteur. — Le style est d’ailleurs très incolore.

(80) À Letter from a person of quality to his Friend in the Country. Printed in year 1675.

P. 34. — In-4°. — Le premier, semble-t-il, à suggérer que Marvell, s’il n'était l'unique auteur de ce pamphlet, y avait du moins collaboré, est E. S. de Beer, dans sa thèse pour le doctorat de l’Université de Londres, The country party and Danby, 1924 (cité par Robbins, op. cit., p. 195). Jusqu'ici l’on hésitait entre Shaftesbury et Locke. Le catalogue du Musée britannique attribue la lettre à chacun des deux, celui de la Bodléienne, au premier seulement. Bastide, John Locke, Paris (1907) repousse (p. 36) l'attribution au philosophe (mais dans une note se montre moins catégorique). Il est pourtant difficile de croire que l’homme d'état soit l’auteur, même sous le voile de l’anonymat, d’un écrit qui fait son éloge d’un bout à l’autre et dans les termes les plus explicites. Outre Shaftesbury, la lettre loue Wharton (p. 22) et Buckingham (p. 31) « whose quality, admirable wit, and unusual pains, makes me mention him... as general of the partie; [hel made a speech late at night of Eloquent, and wellplaced Nonsense… hoping that might do, when Sense would not ». (Cf. chap. V, note 198 supra). Par contre Carlisle est accusé d’avoir abandonné ses amis pour une pension, et Falconberg de s'être abstenu pour conserver sa charge à la cour (p. 32). — Le sujet de la lettre est un projet de loi de Danby excluant de la vie publique tous ceux qui ne souscriraient pas aux doctrines de la Haute-église sur la non-résistance au pouvoir royal, projet qui fut discuté au cours de la 13° session du Parlement-cavalier et dont Marvell dit : « No conveyancer could ever in more compendious or binding terms have drawn a dissettlement of the whole birth-right of England » (Grosart, IV, 308. — L'histoire de ce projet occupe les pp. 304-10). — La doctrine de ce pamphlet diffère seulement de celle de The Growth of Popery en ce qu'il insiste davantage sur le rôle salutaire de ia Chambre haute; quant au style il est aussi vigoureux et clair, mais l'ironie y est discrète et rare. Au total rien dans la lettre n'empêche de l’attribuer à Marvell, maïs rien non plus n’y invite particu-

lièrement ; en l’absence de tout témoignage extérieur on fera sagement de ne pas retenir cette attribution.

(00) À Seasonable Question and a useful Answer, contained in an exchange of a Letter between a Parliament Man in Cornwall and a Bencher of the Temple London. Printed in the year MDCLXXVI.

Nous n'avons pu découvrir l'édition originale au Musée britannique et nous donnons le titre tel qu'il se trouve dans Thompson, sauf que nous supprimons cette interpolation évidente (entre & London » et « Printed ») : « By Andrew Marvell » (cf. n° 86 supra). Même, ou plutôt surtout, si celui-ci avait été l’auteur de ce pamphlet, il ne l’aurait pas signé de son nom. — Thompson ne donne pas, semble-t-il, ses raisons pour attribuer ce pamphlet à Marvell mais l’imprime dans son volume Il, pp. 523-54. Grosart (vol. II, p. xr) dit : « The original edition is in my possession and is anonymous. The writer of it is exactly what he describes himself to be, a lawyer and the entire composition is legal and has no single characteristic of Marvell ». Nous ne pouvons qu'approuver Grosart d’avoir exclu cet écrit du canon marvellien.

(01) À Seasonable Argument To Perswade Al the Grand Juries in England, to Petition for A Mew Parliament. Or, A List Of the Principal Labourers in the Great Design of Popery and Arbitrary Power: Who have Betrayed their Country to the Conspirators, and Bargain d with them to Maintain a Standing Army in England, under the Command of

the Biggotted Popish D. Who by the Assistance of the L. L’s Scotch Army, the Forces in Ireland, and those in France, hopes to bring all Back to Rome. [Réglet] Veritas non quaerit Angulos. Nunc Omnia Romae Venalia. [Réglet] Amsterdam, Printed in the year, 1677.

Pr. 24. — In-folio. — Un exemplaire manuscrit de ce pamphlet se trouve au Musée britannique (Add. MS. 4106, ff. 166-76) mais ce n’est qu’une copie du texte imprimé, sans valeur propre. — Cobbetfs Parliamentary History, vol. IV (1808) reproduit ce pamphlet en appendice avec cette note : « It is supposed to have been written by

the celebrated Andrew Marvell ». Sur cette attribution, voir le n° 92 infra.

(02) Flagellum Parliamentarium : Being sarcastic notices of nearly two hundred Members of the First Parliament after the Restoration. A. D. 1661, to À. D. 1678... London. 1827.

Bp. xII1 + 34. — Cette publication est l’œuvre &e Sir Harris Nicholas. Le pamphlet a été réimprimé sur l'édition de 1827 dans «€ Invenire ». Aungervyle Society Reprints. First Series. Edinburgh. 1881, pp. 1-24.

L'édition de 1827 reproduit, en y ajoutant un titre, un manuscrit qui se trouve au Musée britannique (Lansdowne MS. 805. ff. 83-09) et qu’elle Gate avec raison de la fin de 1671 ou du début de 1672 (terminus a quo : & Sir Edward Turner. now made Lord Chief Baron » (p. 13); cet évènement eut lieu le 23 mai 1671; — terminus ad quem : & Sir Thomas Clifford » (p. 11); Clifford est créé baron le 22 avril 1672). Elle n’émet aucune hypothèse sur l’auteur; par contre l'édition de 188: dit «The British Museum has two MS. copies, one being in the undoubted handwriting of Andrew Marvell ». En réalité les deux manuscrits, celui du n° 01 supra et celui cu Flagellum, sont fort différents comme texte, et ni l’un ni l’autre n’est écrit de la main de Marvell. Il est possible que les deux pamphlets aient le même auteur; en tout cas le second par la date de la rédaction, À Seasonable Argument, est une reprise du premier, fort développé et mis à jour. Par exemple « Anthony Ashley, son of the Lord that looks on both si&es, and one wry, who is the great Bribe-taker, and has got and cheated 150.000 1. st. » du texte de 1672 (Flagellum, ed. 1887, p. 12) disparaît en 1677. Par contre on voit apparaître à cette dernière date la notice suivante : « Castle Rising [Norfolk] : Samuel Pepys Esquire, once a Taylour, then serving-man to the Lord Sandwich, now Secretary to the Admiralty; got by Passes and other illegal wayes, 40.000 I. st. ».

L'attribution à Marvell du n° 91, acceptée par Thompson mais repoussée par Grosart, (et, par voie d’inférence, celle du n° 92) repose sur ce fait qu’il a paru en même temps que le n° 69 supra, que la tendance en est la même et que certains traits de l'un se retrouvent dans l’autre (cf. la conclusion de À Seasonable Argument avec An Account of the Growth of Popery, Grosart, IV, 322-3). Le gouvernement lança simultanément ses foudres contre les deux pamphlets (voir chap. V supra) et L’Estrange (voir n° 76 supra) insinue (p. 5) que tous deux proviennent de la même plume. Rien ne nous oblige à accepter cette supposition d’un ennemi peu scrupuleux, mais rien ne permet non plus de la rejeter catégoriquement. Pourtant on peut noter que dans sa lettre du 10 juin 1678 à Popple où il reconnaît implicitement être l’auteur de The Growth of Popery Marvell ne souffle mot de À Seasonable Argument. — Il existe dans la bibliothèque du collège de Christchurch, à Oxford, une liste imprimée ces membres du Parlement-cavalier, sur laquelle un contemporain a mis des annotations à la plume qui ressemblent beaucoup aux appréciations contenues dans À Seasonable Argument. Ou bien l’auteur des annotations transcrivait, en l’arrangeant, le pamphlet imprimé, ou bien les annotations représentent une ébauche du pamphlet: (Nous devons ce renseignement à l’obligeance de Monsieur Feiling).

(03) À Letter from a Parliament-Man to his Friend C oncerning the Proceedings of the House of Commons this last Sessions, begun the 13th. of October 1675. Printed in the Year 1675.

Nous n'avons pu découvrir d'exemplaire de cette édition au Musée britannique, mais la Bodléienne en possède trois, nous dit M. Margoliouth, qui figurent au catalogue

sous le nom de Shaftesbury. — Ce pamphlet in-4°, signé T. E. à la fin, fut réimprimé dans State tracts 1689 (voir supra, n° 73) où il occupe les pages 69-71, puis dans State tracts 1693 (voir supra, n° 74). —— L’Estrange dans The Growth of Knavery

(n° 76 supra), p. 5, l’attribue à Marvell, ou du moins au même auteur que The Growth of Popery et À Seasonable Argument, mais le style en est plus brusque et nerveux. Voici pourtant une comparaison qui ne surprendrait pas dans un des pamphlets authentiques : «I think it would not be more a vanity, to compel the Ladies to wear Queen Elizabéth's Ruff, than to force the Nonconformists to be drest in her Religion ».

ni

D) D Ù | Hi: LA” "126 Ltd AD RE

(04) The Earl of Shaftesbury's Speëch in the House ef LE

upon the Debate of Appointing a Day for the hearing Dr Shirley's Cause Oct.

Occupe REC AR ne Le DEA des avr atrtut À Mare De dans la Rste, que donne Firth dans le D. N.B.. des œuvres attribuées à Marvell sans preuves suffisantes Firth renvoie au recueil intitalé Miscellencous Ierès written D Geerge, Late dube ef PBuchinghem… To mkick 5s added a collection ef. Lenden : 1704 qui contient en efet ce discours (IF partie, ph 50-75) mais sans attri- PASSES At à ën moins dans l'exemplaire du Musée britannique Les idées et le style ressemblent fort à ceux du n° 03 et il n'y à aucune raison de supposer que le disoours n'est pas de Shaïtesbury Imi-mème.

(os) His M—y's most Gracious Speech to both Houses of P—+. By A. Marvel.

Occupe les pages S4 sag du volume III de Poems on Affairs ef State. 1704 (voir

I existe au Musée britannique (Stome MS. 180. À 77) un exemplaire manucerit de ce disvours que nous avons collationné avec le texte imprimé; les variantes ne sem RES nee fous moe à AUS CS Monseur Margokouth nous signale deux autres exemplaires du discours au Musée britannique dans le Harieiss 731s et lPAd MS. 343627; celui-ci est expressèment daté du 13 RS Signale un autre exemplaire manuorit aux archives natonales (S. P. Dom. Car. IL 360 n° 107) qui ini non plus ne semble pas différer sensiblement du texte imprimé, — et une allusion contemporaine : « 1 have not yet heard of the Mock Speech but if I Keght on it vou shall have it » (Hit MSS. Com. Rep. vis. 47. Eù Verney to Sir Richard Verney). Rien de tout ceci 2e contredit Fatinibution à Marvell, que confirment au contraire le fond et la forme äu discours (voir supra, pp 277 et 3on).

Maïs Robhins p 225. signale une édition du mème discours sous le titre Herse and A-JPar er. « S— ècfore Parting, by Parsen Hicternalll Printed by C. Berèer wear the Pyremid of the Sirand in Am mpcExIX. — L'exemplaire du Musée bntannique — :2SS2 & 2 (232) — contient anst Ver et Lachryme Aunglorum, er ike Frue Enclicimaen’s Complaimt humbly offereg îe îhe serious considerahos f her Represcntatives ie Perliement ei their ment sûtiine, pamphlet paru pour la première fois en 1667 (voir catalogue du Musée britannique au mot Engäiskmen). Robhins sageère dfférentes exphcations — La date de 1660 peut être une fante di

impression, | on bien cette édition peut ètre un faux comme on en fit beaucoup au XVIIF siècle, —

mais tend à accepter et la date de 1669 et l'attribution à Hickermall Nous 2e HO ire POS TR Ce n'ayant pas collationné le texte de 1669 LE] avec cela de 1704, qui ne peut avoir été rédigé Œfmtivemen, vale,

Hckernaill dans le titre imprimé d'un paxpèlet SStienx prouve gui n'en était pas l'auteur (cf chap vr supra, Fattribution à Denham des Anis an feimire) Un ses ennemis, peut-ètre Marvel, ki a joué ce mauvais tour; — @) que le disvours a pu ètre antidat afin de dérouter la police (Sasgeston &e Monsieur Margoliouth) ; — ( ge parmi les ouvrages dont l'attribution à Marvel n'et pas sûrement établie

cœm-c seul mérite qu'on'le réclame pour ini et répond à l'idée que nous nous faisons de son esprit |

() Inédite.

(06) The Alarme.

Te D Me AR Souk College Oxford, val. 167, fol. 10; le enpiste désigne Marvell comme l'au teur. Un autre exemplaire celui-ci anonyme, s trouve aux archives nationales S. P. Dem. Car. Il, 266, n° xs2). Voir Margoliouth, 1. 2:09. — Nous n'avons va ni Fun ni lamire de ©s manuscrits mais Mademoiselle Robbins, qui a découvert celui des archives a eu l'obligeance de nous en communiquer une copie: elle nous a signalé aussi une allusion possible à ce pamphlet dans un poème composé à l'occasion de le mort de Marvell (voir safra, n° 208) : é

Truth, wit and eloquence, his constant friends È

With swift despaich he to the mainguard snds

The Alrm straight their courage did excite.

Wbick check’ä the hanghty foes hol& enterprire. ne nm SE The Alarme à Marvell. Avait-il raison ? Cal nous sem style ne ressemble pas particulièrement à cehm des pampèlets authentiques ; et, quant aux idées, elles étaient communes à toute

à Dh LS tm, MON

dre

l'opposition. Sans doute l’auteur de The Alarme avait-il lu The Last Instructions; on ne peut guère s’avancer plus loin.

L’exemplaire des archives porte au verso : « For Mr. Garroway ». Sur ce député voir The Last Instructions, V. 208 (allusion élogieuse) et Britannia and Rawleigh, v. 17 (allusion médisante). — L’exemplaire destiné à Garroway est tombé entre les mains éu secrétaire d'état Williamson qui a noté sur le document : « The Alarme A libell scattered in Westminster Hall Oct : 20 1669 at the meeting of Parliament ». Cette façon de répandre un pamphlet parmi les députés ressemble à celle dont fut distribué le discours du Roi (n° 95 supra) selon la tradition (voir chap. V supra).

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