‹ Andromaque (volume 5)Chapitre 109 sur 160 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ANDROMAQUE, CÉPlllSE.

AN DIIOMAQUE.

Quel mépris la cruelle attache à ses refus 1

deux ecntiinents, l'é^^oïsme ruaternel et le devoir de la vengeance, aux priset chez la veuve d uii soldat; il donne la victoire au devoir.

Voy., iinns \ Art de la lecture, de M Legouvé, p. 237 et suiv., un parallèle de cette tirade avec deux autres supplication fa . euses, celle des Deux Piyeons de La FONTAiNEetcelledeMarion Deloraie (ians le drame de cenoin, par v ictor Hugo; c'est là une excellente et « triple leçon de lecture et de littérature comparée ». « Ces vers (ceux de Racine), conclut M. Legouvé (p. 23V)i, sont sans doute pleins de pathétique épuré, ennobli par 1 art le plus exquis. Praxitèle sinon Fhiuias a passe par là. Une uouleur profonde, mais contenue; l'harmonie devenue une des formes de I émotion : des vers coulant co iiine un ilot de larmes qui inon >el6 visage sans contracter les traits ni briser la voix i U semble qu'ils sortent directeuient du cœur, sans passer par aucun organe corporel. »

1. Nous étions près, tout à 1 heure, en présence de !a joie et des illusions d Hermione, de nous intéresser à elle, bien plus de passer de son côté et nous oubliions Andromaque. a Cest ici, dit Saint-Marc-Girardin, quavec un art admirable Rac ne nous arrête et nous ramène à son personnage principal. Andromaque vient i<< plorer Hermione... Hermione ressent encore de trop près les angoisses et les colères de la lutte pour être clémente et magnanime. Elle insulte à sa rivale... Ce mépris perd Hermicne dans l'esprit des spectateurs. Nous nous intéressions à l amante et aux irrésistibles épanchements de sa joie; nous nous éloignons de la femme qui repousse la prière d'une mère, et si elle est tout à I heure punie de son orgueil par l'éloi nement de son amant, nous trouverons qu'dle a mérité son sort ». {Eœam, crit. d'Andr., p. «99-2oO. Celte courte scène iiiiprime ainsi à l'action un élan nouveau : «Que devait faire Hermione si elle avait eu une omore de sagesse? Tout promettre, se faire sa protectrice, et par- /iessus tout 1 éloigner de Pyrrhus, et les empêcher de se réunir, même un instant. Au contraire, l'orgueil de 1 amour triomphant, la baine .'une rivale, la joie de la voir humiliée, tout lui ferme les yeux, et elle laisse échapper ce mot fatal : s u faut fléchir Pyrrhus, qui le peut mieux que vous?

Far cet emportement déréglé tSle renvoie elle-même Andromaque aux pieds de Pyrrhus; elle rallume de celui-ci les feux mal éteints; elle travaille à sa ruine, et elle relevé le drame, une seounde lois prêt a se dénouer. » (P. Ja.net, Rhv. det Deux Mondes i5 septembre 1873. i — Dans VAnd >maque d Euripide, comme dans celle de Racine, Hermione se trouve une fois (v. U7-273) en présence d'Andromaque; son emportement furieux et ses invectives contre sa rivale contrastent avec la fermeté modeste de celle-ci (Voy. ci-dessus, p. JOHI .)

c L'éjiOÏ8m« de la passion s'accentue dans Hermione d'une sorte de méchanceté

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