SCÈNE VI
PYRRHUS, ANDROiMAQUi:, PIIŒNIX, CÉPHISE,
PYRRHUS, à Phœnix2.
Où donc est la princesse? 890 Ne m'avciis-tu pas dit qu'elle était en ces lieux 3?
PUOBNIX.
Je lê croyais.
ANDROMAQUE, i CéphUt.
Tu vois le pouvoir de mes yeux*l
PYRRHUS
Que dit-elle Piiœnix?
Hélas I tout m'abandonne!
garcastique. H y a de l'esprit de cour dans cette grande dame de la maison des Atiiues, de cet esprit raidde et hautain qui tue en passant, et de haut en bas. » (P. DB SAir*T-N icTOR, les Deux 3Jaii(jues, t. HI, p. 344.)
1. C est la preiiùère fois que Cépliise ouvre la bouche. Son rôle, tout de l'invention de Racine, est peu sympathique; elle ne comprend rien à la noblesse de cœur et à la délicatesse de sentiments de sa maîtresse; les conseils qu'elle lui donne sont ceux d une créature aussi vulgaire que bien intentionnée. Dans EuRi' ide, Androniaque a, non pas une suivanic, mais uim* compagne d'esclavage, bien plus inléressant»;' qu<; Ctphiâ (Voy. \ ArtUi oni<s')"f. grecque, v. 56-90, ci-debsus, p. 4, n. 2.)
5!, Var. Pyrrhus, à Phœnix, dam h fond du théâtre.
3. C'esi-à-dire Hermione. Si la princesse, désignait Andromaque, une nuance de comique un peu trop forte se mêlerait au tragique. Toutefois, ce comique déjà signalé dans Anrtfroma^we (voy. ci-dessus, p. \ \\, n. 4) se retrouve encor.« dans cette scène, toujours provoqué par les iiTésol;itio;^s' de Pyrrhus ei le. contraste inévitable mue ses pensée- et ses paroles. Use marque surtou' par J'éloignement de Phœnix (va m'autndre, v. 947), témoin inconmode, lorsque Pyn hus vaincu par les larmes d'Andromaque se s-ent près de céder.
k. La Harpe remarque justement que ce vers doit-être dit « avec l'accent a'un»; ironie plaintive ». Cependant, qu' lques comédiennes ont fait un contreleiis en y mettant une iûtention de vanité coquette, et, au temps de U Harpe, a Iralîtion mainttnait eaooit celtt iotsrprtiflatioB.
ANDHOMAQUë
PHOENIX
Allons, seigneur, marchons sur les pas d'Hermione.
CÉPHISE
Qu'attendez- vous? Rompez ce silence obstiné*. 895
Il a promis mon fils.
CEPHISE.
Il ne Ta pas donné.
Non, non, j'ai beau pleurer, sa mort est lésolue.
PYRRHUS
Daigne-l-elle sur nous tourner au moins la vue? Quel orgueil?
Je ne fais que l'irriter encor,
Sortons.
PYRRHUS
Allons aux Grecs livrer le liis d'Hector. 900
Ah, seigneur! arrêtez! Que prélcndez-vous faire?
Si vous livrez le fils, livrez-leur donc la more!
Vos serments. m'ont tantôt juré tant d amitié!
Dieux 1 ne pourrai-je au moins toucher votre pitié 3?
Sans espoir de pardon * m'avez-vous condamnée? 90o
PYRRHUS
Phœnix vous le dira, ma parole est donnée,
V'»us qui braviez. pvMH moi tant de périls diverti
1. \ar» Qu aUende£-vous ? forcer ce filencs obstiné, (i 638-57. |
2. L'édition rie 1736 ajoute : « se Jetant aux pieds de Pyrrhus. »