‹ Andromaque (volume 5)Chapitre 11 sur 160 · Voy. ci-après, p. -155, n · texte numérisé non relu

Voy. ci-après, p. -155, n

A. PrAface du commentaire sur Perthante. Yollaire croyait avoir fait là une découverte Il se trompait. Le Commentaire sur Corneille parut en A 764, et, dès 1736» l'abbé Desfontaines avait indiqué la ressemblance entre Perlharite et Andromaque 4ans le t. IV de ses Observations sur les écrits modernes.

NOTICE HISTORIQUE

Pyrrhus a quitté Hermi -ne [)()ur Andiomnq e, et Racine n'a pns eu besoin de trouver dans G )rneille la rivalité de sjs deux héroïnes, l'ayant déjà trouvée dans Euripide et d -ns son sujet même. Il y a, dans Pertharitey un fils de Rodelinde que Grimoald menace quelquefois de tuer pour effraNer sa mère et fléchir sa rigne'ir; mais il y a aussi dans Euripi ie un lils d'Andromaque que ^^a uière défend de la mort. Tim-» les é' ènements comme tous les personnages viennent donc à Racine de l'antiquité; et les sentiments, Tamour m^iternel d'Andromaque, la pis^ion de Pyrrhus, la jalousie et le désespoir d'Hermione, ont la même o ij^ine. Les malheurs et les passions des princesses et des princes 1 mbirds n'y sont p )nr rien. Il est possible assurément que Racine ait lu Pertharite soit avant, soit pendant Andromaqi(e, et qu'il ait senti qu.lque ressemblance entre la tragédie qu'il concevait et cel'e de Perlharite; mais il n'y a certes pas pris la disposition de sa pièc^; il ne s'est pas inspiré des sentiments qu'il y trouvait ; il s'en r\sl éloigné à dessein pour se rapprocher de la vérité et de la natup.'. Je dirais volontiers que loin d'avoir pu se servir de Pertharite comujc d'un germe à féconder, R icine n'a pu s*ei servir que comme d'un " cvemple à éviter*. » Il devait arriver, cependant, que le^ deux poètes, traitant (ies situations analogues, se rencontrassent parfois dans l'expression des mêmes sentiments. Nous relèverons dans le commentaire (ÏAndromique les principal s de ces analogies.

Comm^* n«)us le re«naiquions en commençant, l'intrigue (VAndromoque est aussi simple que forte ; il n'est pas de pièce d'une marche plus régulière et plus logique, d'un enchaînement plus rigoureux et mieux suivi, et surtout d'une science psychologique plus profonde. Le plus habile des autours dramatiques de notre temps dans la combinaison et la conduite d'une intrigue, Eugène Scribe, citait celle-là comme un modèle et l'analysait avec adujiration ^ ; lui qui avait fait «lu théiltre une application de la logique et de la géométrie, voyait surtout dans Andromaque l'habileté supérieure, presque invisible à force de perfection, qui en combinait les ressorts. Mais ce mécanisme n'est que le squelette du drame. Ce qui en est fâme et la vie, c'est la science du cœur et des passions que l'on y voit partout, dans les détails comme dans l ensemble, jamais dogmatique ni traduite en exposition, mais agissante et vivante. Un éminent philosophe, M. Paul Janet, étudiait récemment Andromaque à ce point de vue^, et montrait comment les passions, dans leur action réciproque les unes sur ies autres, en déterminent avec une justesse et une corrélation irréprochables, toute la conduite et toutes les péripéties. « S'il y a undrdm% iisait-il, où l'homme apparaisse comme un automate spirituel, c'est Jans ce premier chef-d'œuvre de Racine. Ërcepté dans lé personnage

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