‹ Andromaque (volume 5)Chapitre 112 sur 160 · SéNt UE {Troyennes, G · texte numérisé non relu

SéNt UE {Troyennes, G

Ad geniia accido Suppicx, Ulysse, quamque nullîug pedea (ïûverie ijeitram, pedihuâ admoveu tui«.

iNDROMAQUE

CÉPHISE

Madame...

ANDROMAQUE, à Céphlie.

Et que veux-tu que je lui dise encore? Auteur de tous mes maux, crois-tu qu'il les ignore?

(A Pyrrhus )

Seigneur, voyez l'état où vous me réduisez.

J'ai vu mon père mort et nos murs embrasés * ;

J'ai vu trancher les jours de ma famille ont ère.

Et mon époux sanglant traîné sur la poussière, 930

Son fils seul avec moi, réservé pour les fers.

Mais que ne peut un fils! Je respire, je sers*.

J'ai fait plus; je me suis quelquefois consolée

Qu'ici, plutôt qu'ailleurs, le sort m'eût exilée:

Qu'heureux dans son malheur, le fils de tanl de rois, 935

Puisqu'il devait servir, lut tombé sous vos lois :

J'ai cru que sa prison deviendrait son asile.

Jadis Priam soumis fut respecté d'Achille 3 :

J'attendais de son fils encore plus de bonté.

Pardonne, cher Hector, h ma crédulité! 940

Je n'ai pu soupçonner ton ennemi d'un crime * ;

Malgré lui-même enfin je l'ai cru magnanime.

1. Ce vers elles suivants rappeUenl les paroles qu*Andromaque aflresse à Hector dans Homère {Iliade, IV, 407-439), et dont nous avons cité une partie.; voy. plus haut, p. 90, n. a,

S^ay*? î*^* "EvTopoç Xf9yy{kàtw%

Aùxr^ 8î ^oû^Yj vaij; lit* 'Apyituv {St^v.

€ J'ai VU le cadavre d'Hector traîné derrière un char, Uion impitoyablement livrée aux flamn es; moi-même, devenue esclave, je montai sur les vaisseaux des

Grecs, o

3. Souvenir d*une des plus belles scènes de V Iliade, ch. xxiv, 408-51 1.

A. Il faudrait analyser à pari chaque vers de ce couplet poui faire sufTisamment ressortir l'admirable science psyciioltgique de Tensemlile, la valeur de chaque détail. AncJroniaque, désespérée, se résigne, pour sauver son fils, à laisser entrevoir quelque lueur ti'espérance à P.\rrhus. Déjà, tout à l'heure, elle avait prononcé, non pas le mot ô\imour, mais celui û'amitié (v. 903»; elle avoue maintenant (93;i-93/i)que, dans son esclavage, elle préfère ce maiire à tous coux que le sort aurait pu lui donner. Pyrrhus rayonne de joie; Astyanax est sauvé. Mais, aussitôt, rougissant <le cet aveu, si retenu pourtant et si pudique. An iromaque le reprend et le corrige; cesl pour Astyanax qu'elle est heureuse n'élre resclave de Pyrrhus. Et coin me le nom de son'fils ne lui semble pas une sauvegarde suffisante, elle prononce une lois de f)lus le nom d'Hector, et relève ainsi, entre elle et Pyrrhus, 1 obsluch qu elle semblait abaisser. Enfin, cette apostrophe à Hector eat alléfuu'e elle-métrie par une sorte de parallèle diserel, qui apaist Pyrrhus en le relevant à ies propres yeyx.

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