‹ Andromaque (volume 5)Chapitre 113 sur 160 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

PYRRHUS

Madame, demeurez.

On peut vous rendre encor ce fils que vous pleurez. Oui, je sens à regret qu'en excitant vos larmes Je ne fais contre moi que vous donner des armes: 950 Je croyais apporter plus de haine en ces lieux. Mais, madame, du moins tournez vers moi les yeux: Voyez si mes regards sont d'un jui^e sévère. S'ils sont d'un ennemi qui cherche à vous déplaire. Pourquoi me forcez-vous vous-me*me à vous trahir? 955 Au nom de votre fils, cessons de nous haïr. A le sauver enfin c'est moi qui vous convie. Faut-il que mes soupirs vous demandent sa vie? Faul-il qu'en sa faveur j'embrasse vos genoux? Pour la dernière fcis, sauvez-le, sauvez- vous. 060 Je s.iis de quels serments je romps pour vous les chaînes ; Combien je vais sur moi faire éclater de haines. Je renvoie Hermione, el je mets sur son front. Au lieu de ma couronne, un éternel affront: Je vous conduis au temple où son hymen s'apprête; 965 Je vous ceins du bandeau préparé pour sa tête.

1. C'est, non pas le tombeau, mnlsle cénotaphe dont parle Virgile, dans les vers que Kacine cilail au début <le sa préface :

llecloreiim aJ (uniiilum, viridi qiiom c^Kpilo inanem El gonuii.'is, CHusnra lacrimis, sacraveial aras.

2. « Mot channanl qui pourrait encore élre de la comédie, puisque Pyrrhus semble ne vouloir pas avouer -le^ani Phipnix toute sa défaite, et qui^ n'est de la Ira^'édie qin' irce qu'il délivre Aslyan ix du péril et 1<' speciatem de i'aniroisse qu il rouve devant celle mère de-es érée, » Saint-Marc-Uirardin, Examen critique d'Andromnque, p. 187-189.) Oui, mais avall-oD pris ces menaces au «érifUK r (Voy. ci-dessiis, p. |6, n. 1.)

AND'^OMAQUE

Mais ce n*est plus, madame, une otTre* à dédaigner;

Je vous le dis; il faut ou péri}, ou régner

Mon cœur, désespéré d'un an d'ingratitude.

Ne peut plus de son sort souiïrir l'incertitude. 970

C'est craindre, menacer, et gémir trop longtemps.

Je meurs si je vous perds; maïs je meurs si j'atlends.

Songez-y 3: je vous laisse;- et je viendrai vous prendn^

Pour vous mener au temple oii ce fils doit m'attendre;

Et là vous me verrez, soumis ou furieux, 975

Vous couronner, madame, ou le perdre à vos yeux ^.

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