‹ Andromaque (volume 5)Chapitre 121 sur 160 · ACTE IV, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I

M.iis qifil ne songe plus, CépUise, à nous venger:

Nous lui laissons un maître, il le doit ménager. llîû

Qu'il ait de ses aïeux un souvenir modeste > :

11 est du sang d'Hector, mais il en est le reste;

Et pour ce reste enfm j'ai moi-même, en un jour,

Sacrifié mon sang, ma haine et mon amour 2.

fiaihétique. On a rapproché des paroles d'Andromaque sur Astvanax celleiî d'Ajax dans Sophocle (Ajax fur., v. 550-551), el d'Enoe dans Virgile (fin.. XH. 438-440) :

xù. a/.X' o'iAOïoç* xa\ "(v/ot.' âv où xaXôc»

« Mon enfanl. sois plus heureux que ton père; pour le reste ressemble-lai; mais ne sois pas moins brave que lui. »

Disre puer, viriutem ex me, veramque laborem,

Foilunaiij ex nliis

Tu f.icito, mox ciim nniura adileve-it aelas

Sis meuior, cl te nnimo repel.nl'Mn ex ' mpl • tiiornm

Et pater JEnns et avuarulus excitât lltcior.

Celles-ci ranpeilent. elle>-mêmes, les paroles d'Hector (fl., IV. 47fi-4Rl), cit(^(»s ci-<lessus (p. 145, n. 1). On peut com|,arer aussi le passage de nacme à c«;lui d'KuRii'iDE, dans lequel Alceste, victime de son dévouement conjugal, fait ses a'Iieux à son mari et lui recommande ses enfants. Il est trop long pour être cité ; no s nous contentons d'y renvoyer {Alceste, 280-32o), On y trouvera peu de ressemblance de détail, mais le mouvement général, l'élévation de la penstîe, l'émotion profonde qui s'en dégagent olFrent 1 eaucoup d'analogie.

1. Dans SéNÈûUB {Trnyennes, 709 et suiv.), Andromaque dit à son lila:

Submitfe manus

Dominique peJes supplice ilextra Stratus adora: nec turpe piifa Oi'i'Itjuid miseros fortune jul)>^t.

l*ûne ex animo rages at ivos.

MaÉfnique sonis juta per onines.

Inrl)ta tétras ^excidat Hector, (îere CHptivum.

On peut appliquer à ces vers les réllexions clLée<5 plus haut (lift, n. 4) de M. Patin sur un antre passage de Sénèque imite et transformé, comme celuici, par Racine :

2. Chateaubriand, dans une étude déjà cHôe (p. 89, n. i), commente ce passage de la Uianière suivante: « Lorsque la veuve d'Hector liit à Céphise dans Hacine . ,

Q'i'il ait de ses nîpux un souvenir inodosle. 11 est lia snng d'Ueclor, mais il en est le reste.

qui ne reconnaît la chrétienne? C'est ie deposuit potentes de seJe. L'antiquité ne parle pas de la sorte, car elle n'imite que les sentiments naturel»: or, left, sentiments exprimés dans ces vers de Racine ne sont point purement dans la nature, ils contredisent la voix du cœur...

Ois lui par quels exploits leurs noms ont éclaté,

elle ajoute :

Plutôt ce qu'Us ont fait que ce qu'ils ont été. Or, de tels préceptes sont directement opposés au cri de l'orgueil; on y volt la nature corrigée, la nature plus belle, la nature évangélique. Cei.e humilité que la nature a répandue dans les seniimenis. et qui a changé pour nous le rapport des passions, perce à travers le rôle de la moderne Andromaque. »

Ce commentaire Lire des vers commentés beaucoup plus qu'il ny a réellement. Ici, Anuroniittjne est aussi païenne que chr uieune. D abord, les deux derniers vers du passage sont peut-être, on vient de le voir, un souvenir de SuHHOULB et de Vihuhk De plus, la veuve d'Hector n'est guère plus résignée

CÉPHISE

Hélas I

Ne me suis point, si Ion cœur en alarmes 1125 Prévoit qu'il ne pourra commandtir à tes larmes. On vient. Cache tes pleurs, Céphi>e, et sou viens- toi Que le sort d'Andromaque est commis à ta foi. C'est Hermione. Allons, fuyons sa violence.

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